• Nominations :
    • Mission « Diaconie et Solidarité » : Ayant reçu l’agrément de l’administration, madame Sophie MASSON est nommée responsable de l’aumônerie de l’Établissement Public de Santé Mentale de la Marne (EPSMM) à compter du 1er septembre 2020.

    • Mission « Jeunes, Familles, Vocations » : Monsieur François THUILLIER, diacre, est nommé diacre accompagnateur du lycée Frédéric Ozanam. Il fera appel aux services d’un prêtre ponctuellement selon les besoins.

  • Nominations au 1er septembre 2020
    • Mission « Jeunes, Familles et Vocations » : Monsieur et Madame Stanislas et Gaëlle MILCENT sont nommés conjointement délégués diocésains pour la pastorale des familles ;
    • Action Catholique : Madame Suzanne CONRAUX, salariée au secrétariat diocésain, est nommée animatrice bénévole du Conseil Diocésain de la Mission Ouvrière ;
    • Curie diocésaine : Mademoiselle Pascale PUPPINCK, Fille du Cœur de Marie, membre du conseil épiscopal, est chargée du suivi des Laïcs en Mission Ecclésiale (LME).

« À la suite de problèmes récurrents dans la vie et le ministère du Père Grégoire HERMAN, et après des échanges et mises au point avec lui en 2018 et 2019 tant en France qu’en Pologne, j’ai dû informer Mgr Piotr SAWCZUK, évêque de Drohiczyn, diocèse où il est incardiné, de ma décision de mettre fin aux accords de collaboration en vigueur depuis 2005 et de le remettre sans délai à sa disposition sous son autorité. Je précise qu’il ne s’agit aucunement de faits de pédo-criminalité pour lesquels j’aurais procédé à un signalement à la Justice tout en le maintenant sur le territoire français, ni rien de criminel ou délictuel selon la loi. Il ne s’agit que de questions de vie et de discipline sacerdotales. J’ai notifié au père Grégoire Herman cette décision le 10 août, en lui retirant ses charges de curé des paroisses Saint-Vincent (Côte des Blancs) et Saint-Leu (Mont-Aimé), et d’aumônier de la maison d’arrêt de Châlons à compter du 22 août 2020. Il n’a pas fait de recours hiérarchique comme je lui en avais indiqué la possibilité conformément au Droit de l’Église. Son départ du diocèse est l’occasion pour lui d’un nouveau départ. » (Extrait du communiqué du 23 août 2020).

Suite à ce départ, les nominations parues en juillet sont modifiées de la façon suivante :

    • Espace Missionnaire du Vignoble :
      • Conformément aux Can. 517§1 et 543, l’abbé François de MIANVILLE, l’abbé Pierre HUYNH et l’abbé Édouard SANOU, du diocèse de Bobo-Dioulasso, sont nommés prêtre « in solidum » pour les paroisses Saint-Remi (Épernay), Saint-Benoit (Côteaux Sud d’Épernay), Saint-Sébastien (Rives de Marne), Saint-Hildegrin (Vallée de la Marne), Saint-Vincent (Côte des Blancs) et Saint-Leu (Mont-Aimé). Ils résident à Épernay. L’abbé François de MIANVILLE est le modérateur ;
      • Avec l’accord de Monseigneur Benoit RIVIÈRE, évêque d’Autun, Chalon et Mâcon, l’abbé David BONNETAIN, diacre, est nommé au service des paroisses Saint-Remi (Épernay), Saint-Benoit (Côteaux Sud d’Épernay), Saint-Sébastien (Rives de Marne), Saint-Hildegrin (Vallée de la Marne), Saint-Vincent (Côte des Blancs) et Saint-Leu (Mont-Aimé). Il réside à Épernay ;
    • Espace Missionnaire de Châlons et Champagne : l’abbé Théophile MAMPUYA, du diocèse d’Idiofa, est nommé prêtre coopérateur pour la paroisse Saint-Antoine Saint-Martin (Châlons Nord) et la paroisse Saint-Jean XXIII (Châlons Rive gauche). Il demeure prêtre coopérateur pour la paroisse Sainte-Thérèse (Châlons Sud) et la paroisse Saint-Memmie (Saint-Memmie) ;
  • Remerciements

Le diocèse adresse sa très vive reconnaissance à Madame Blandine SAGE qui a demandé à cesser sa mission le 31 août 2020. Elle accompagne son époux dans un changement professionnel qui les conduit dans les Bouches du Rhône. Blandine avait débuté sa mission au sein du CMR et avait poursuivi dans le cadre du Service Diocésain de Catéchèse (SDC) dont elle était devenue responsable en 2019. Nous lui souhaitons bonheur et paix dans cette nouvelle étape de sa vie familiale et personnelle.

  • À compter du 1er septembre 2020 :

    • L’abbé Didier BERTHION est nommé vicaire épiscopal pour le grand espace missionnaire regroupant les espaces missionnaires actuels de Châlons et de Champagne.
    • Les diacres Pierre PAGET et Pierre TABOUILLOT sont nommés, avec leurs épouses respectives, délégués diocésains au diaconat permanent.
    • L’abbé Denis VEJUX est nommé prêtre accompagnateur du comité diocésain du diaconat (CDD).
    • Don Erwan COURGIBET, avec l’accord de Don Paul PREAUX, Modérateur Général de la Communauté St Martin, et Mme Nadège BOONE sont nommés responsables de la Pastorale des Jeunes.
    • L’abbé François de MIANVILLE est nommé prêtre accompagnateur du Service Diocésain de Catéchèse.
    • Mme Brigitte PORT est nommée Responsable Diocésaine des Aumôneries des Hôpitaux (RDAH).
    • Avec l’accord de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, archevêque métropolitain de Reims, Mgr Bruno FEILLET, évêque auxiliaire, assurera la fonction de Délégué Diocésain à la Formation au Ministère pour les deux diocèses de Reims et de Châlons (DDFM).
  • Juin 2020
    • Nominations
      à compter du 1er juin 2020
      Curie diocésaine :
      Conformément au Can. 482, et avec l’accord de Monseigneur Benoit RIVIERE, évêque d’Autun, Chalon et Mâcon, l’abbé David BONNETAIN, diacre, est nommé Chancelier ad interim.
      à compter du 1er septembre 2020
      Curie diocésaine :
      L’abbé Pierre HUYNH est nommé délégué épiscopal pour la Mission « Liturgie et Sacrements ».
      Espace missionnaire de Châlons et espace missionnaire de Champagne :
      Sur proposition de Don Paul PREAUX, Modérateur Général de la Communauté Saint-Martin,
      – Don Erwan COURGIBET est nommé curé des paroisses Saint-Etienne (Châlons centre), Saint-François-de-Sales (Les Mothées) et Sainte-Marie (Sources de la Vesle), et Recteur du sanctuaire Notre-Dame de L’Épine. Il poursuit sa mission dans la pastorale des jeunes. Il succède à Don Bruno ATTUYT qui rejoint l’archidiocèse de Lyon.
      – Don Jérôme ELISABETH (26 ans) et Don Paul GANTOIS (29 ans), qui seront ordonnés diacres le 27 juin 2020, rejoignent la communauté de Châlons.
      Espace missionnaire du Vignoble :
      – Conformément aux Can.517 §1 et 543, l’abbé François de MIANVILLE et l’abbé Pierre HUYNH sont nommés prêtres « in solidum » pour les paroisses Saint-Benoît (Les Coteaux Sud d’Epernay), Saint-Hildegrin (Vallée de la Marne), Saint-Rémi (Epernay), Saint-Sébastien (Les Rives de la Marne). Ils résident à Epernay. L’abbé François de MIANVILLE est le modérateur.
      – En l’état actuel, le projet de partenariat avec le diocèse de Fréjus-Toulon présenté en 2019 ne peut malheureusement pas être poursuivi. L’évêque de Fréjus-Toulon rappelle l’abbé François-Régis FAVRE.
      – Avec l’accord de Monseigneur Benoit RIVIERE, évêque d’Autun, Chalon et Mâcon, l’abbé David BONNETAIN, diacre, est nommé au service des paroisses Saint-Benoît (Les Coteaux Sud d’Épernay), Saint-Hildegrin (Vallée de la Marne), Saint-Rémi (Epernay), Saint-Sébastien (Les Rives de la Marne). Il réside à Épernay.
      Espace missionnaire du Perthois :
      Conformément aux Can.517 §1 et 543, l’abbé Marc HEMAR et l’abbé Gaspar KOMISER sont nommés prêtres « in solidum » pour les paroisses Bienheureux-Charles-de-Foucauld (Vitry le François), Saint-Jean-Apôtre (Marne et Bocage), Saint-Jean-Bosco (Seuil du Perthois), Saint-Pierre (Les Monts Torlors), Sainte-Marie (La côte de Vergeois). Ils résident à Vitry-le-François.
      L’abbé Marc HEMAR est le modérateur.
      Espace missionnaire de la Brie :
      Conformément aux Can.517 §1 et 543, l’abbé Denis VEJUX, l’abbé Mathieu OUOBA et l’abbé Jean-Baptiste VU sont nommés prêtres « in solidum » pour les paroisses Bienheureux-Frédéric-Ozanam (Aube et Seine), Saint-Augustin (Fère Ensemble), Saint-Alpin (Le Surmelin), Saint-Louis-Marie-Grignon-de-Montfort (Le Grand Morin), Saint-Vincent-de-Paul (Montmirail), Sainte-Léonie-Aviat (Le Sézannais). L’abbé Denis VEJUX est le modérateur. Ils conservent leurs résidences respectives avant de se regrouper à Sézanne quand le nouveau presbytère aura été aménagé dans la maison des Sœurs de Bon Secours que le diocèse achète à la congrégation.
      Prêtres retirés
      L’abbé Pierre HUBLART a demandé à mettre fin à sa mission d’aumônier des Sœurs de Saint Frai, à Tarbes. Il revient dans le diocèse et réside à Breuvery-sur-Coole.

Note : la règle traditionnelle de l’Eglise est : « une paroisse, un curé » (Can. 519). Depuis des années, on rencontre la situation : un même curé pour plusieurs paroisses (Can. 526 §1). Mais il ne peut y avoir plusieurs curés pour une même paroisse (Can. 526 §2), et la charge pastorale ne peut être confiée à une personne juridique comme, par exemple, une communauté religieuse (Can. 520 §1). Le droit de l’Eglise permet exceptionnellement à l’évêque, lorsque les circonstances l’exigent, de confier conjointement la charge pastorale de plusieurs paroisses à plusieurs prêtres « in solidum » (Can. 517 §1). On ne parle pas de « curé » même si chacun des prêtres jouit des droits et est soumis aux devoirs d’un curé. L’un d’entre eux (en latin : moderator) dirige l’activité commune, en répond devant l’évêque et représente les paroisses auprès des autorités civiles et dans les affaires juridiques (Can. 543).

La mise en place d’équipes de prêtres « in solidum » nécessite un réel travail d’équipe sous la vigilance du modérateur et une véritable mutualisation entre les paroisses. Mais elle ne porte pas atteinte à l’existence ou à l’autonomie de chaque paroisse. Les paroisses ne sont pas « rattachées » à la paroisse la plus centrale, mais elles participent à une pastorale d’ensemble sous la conduite des prêtres « in solidum », avec la collaboration des diacres et des fidèles laïcs.

  • Mai 2020
    • Les nominations des membres de la Communauté Saint-Martin étant rendues publiques ce jour par Don Paul Préaux, modérateur Général, Mgr François Touvet annonce celles qui concernent la communauté présente dans le diocèse de Châlons, et qui prendront effet au 1er septembre 2020 :
      • Don Bruno ATTUYT rejoint le diocèse de Lyon où il sera nommé curé et responsable d’une nouvelle communauté à Oullins, Pierre-Bénite et la Mulatière.
      • Don Erwan COURGIBET lui succède comme responsable de communauté, curé des paroisses Saint-Etienne (Châlons centre), Saint François de Sales (Les Mothées) et Sainte Marie (Sources de la Vesle), et Recteur du sanctuaire Notre-Dame de L’Epine. Il poursuit sa mission dans la pastorale des jeunes.
      • Don Antonin DICHAMP et Don Martin BONNASSIEUX poursuivent leurs missions actuelles.
      • Don Jérôme ELISABETH (26 ans) et Don Paul GANTOIS (29 ans), qui seront ordonnés diacres le 27 juin 2020, rejoignent la communauté de Châlons.
Nous sommes tous invités à prier pour chacun d’entre eux.
    • Après avoir entendu les membres du conseil de tutelle de l’enseignement catholique, Mgr Touvet nomme pour la rentrée scolaire de septembre 2020 :
      • Madame Céleste BORIES, chef d’établissement de l’école St Joseph, de Vertus
      • Madame Marie-Dominique DELMAS, chef d’établissement du collège Notre-Dame Perrier, de Châlons
      • Monsieur Jérémie GILLIS, chef d’établissement du collège Saint-Etienne, de Châlons.
  • Octobre 2019 (Complément des nominations publiées le 29 juin 2019)
    • À sa demande, l’abbé Pierre HUBLART est mis à disposition du diocèse de Tarbes-Lourdes où il est nommé par Mgr Nicolas Brouwet, aumônier de la maison de retraite des Sœurs de Saint Frai à Tarbes. Il renonce à son office d’Exorciste diocésain.
    • Une nouvelle équipe de conduite est envoyée en mission dans la paroisse Saint Hildegrin, le Dimanche 3 novembre à Dormans :
      • Curé : P. Gaspard KOMISER
      • Célébrer : M. Thien NGUON et Mme Marie NGUON
      • Témoigner : Mme Hélène GALLAND
      • Servir : Mme Monique DUJARIER
      • Intendant : M. René LECLÈRE
  • Septembre 2019 :
    • Curie diocésaine
      Monsieur Jean-Pierre CASPAR et Monsieur Denis CASTERS sont nommés Délégués Diocésains pour les Équipes Pastorales de Conduite des Paroisses (EPCP).
    • Mission « Diaconie et Solidarité »
      Ayant reçu l’agrément de l’administration hospitalière, Madame Sophie MASSON est nommée Responsable d’aumônerie au centre hospitalier de Vitry-le-François.
      Ayant reçu l’agrément du mouvement, Madame Chantal HOURLIER est nommée Déléguée Diocésaine de Pax Christi.
      L’abbé Jean-Luc GIGET est nommé prêtre accompagnateur du Mouvement Pax Christi.
      Madame Isabelle VELU est nommée Responsable-adjointe du Service Évangélique des Malades (SEM).
      Le Diacre Philippe OUDIN est nommé Délégué Diocésain pour la Pastorale des Personnes Handicapées.
      Le Diacre Philippe OUDIN est nommé Aumônier diocésain des Sapeurs-Pompiers.
    • Mission « Jeunes, Familles et Vocations »
      Madame Blandine SAGE est nommée Déléguée Diocésaine pour la catéchèse des enfants, et Responsable du service diocésain de catéchèse.
    • Mission « Initiation et Formation »
      Monsieur Daniel VIPREY est chargé de la mise en place d’un parcours de Première Annonce pour adultes, avec l’appui de la Mission « Communication et Nouvelle Évangélisation ».
      Monsieur et Madame Yannic et Monique COSSIEZ sont nommés conjointement Délégués Diocésains pour l’unité des chrétiens.
    • Espace Missionnaire du Perthois
      Madame Myriam KUHN est nommée Assistante pastorale du Doyen, chargée des fraternités missionnaires, de la catéchèse, et du catéchuménat.
    • Espace Missionnaire de Châlons
      Madame Christine MENU est nommée Assistante pastorale du Doyen. Elle demeure animatrice pastorale au service de la paroisse Saint Antoine-Saint Martin.
  • Le Dimanche 9 juin 2019, solennité de la Pentecôte, Monseigneur François Touvet publie les nominations suivantes qui concernent les prêtres et prennent effet au 1er septembre 2019 :
    • Avec l’accord de Monseigneur Dominique REY, évêque de Fréjus-Toulon, l’abbé François-Régis FAVRE est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Remi (Épernay) et Saint-Benoit (Côteaux Sud d’Épernay).
    • Avec l’accord de Monseigneur Paul OUEDRAOGO, archevêque de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), l’abbé Edouard Kalo SANOU est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Antoine/Saint-Martin (Châlons Nord) et Saint Jean XXIII (Châlons Rive gauche).
    • Sur proposition de Don Paul PREAUX, Modérateur Général de la Communauté Saint-Martin, Don Martin BONNASSIEUX est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Etienne (Châlons centre), Saint-François-de-Sales (Les Mothées) et Sainte Marie (Sources de la Vesle)
    • L’abbé Claude VIGNIER est autorisé à prendre sa retraite. Il réside à Sézanne.
    • Avec l’accord de Monseigneur Rosario VELLA, évêque d’Ambanja (Madagascar), l’abbé Théophile JAOFENO achève sa mission dans le diocèse de Châlons le 31 août 2019, et recevra une mission dans son diocèse.
    • Don Clément de MONCK d’UZER, ordonné prêtre le 29 juin 2019, est envoyé en mission par Don Paul PREAUX, Modérateur Général de la Communauté Saint-Martin, à Chinon (diocèse de Tours).
  • Le dimanche 10 février 2019, Mgr Touvet a nommé, en la chapelle de l’abbaye d’Andecy, l’équipe pastorale pour la conduite de la paroisse St Alpin du Surmelin :
    curé : Père Matthieu Ouoba
    délégué pastoral : M.Philippe GRUSON
    veilleur pour la prière et la liturgie : M. Bernard Lisch
    veilleur pour l’annonce de la foi : Mme Blandine Pigeon
    veilleur pour la justice et la solidarité : Mme Anne Filiette
    intendant : M. Jean-Pierre Fayet
  • Décès du père Michel MatetMonseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de Saint-Loup de Châlons, les anciens de l’Espérance et du patronage de la Maison des Œuvres, les membres de l’Action Catholique Ouvrière et de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, les membres du Secours Catholique, les paroissiens de Vitry-le-François, les paroissiens de Saint-Jean XXIII (Châlons Rive Gauche), le personnel et les résidents de la Résidence Mgr Bardonne, Geneviève OLIVIER, Monique MATET, ses sœurs, Éric et Huguette, Hervé et Christine, ses neveux et nièces, ainsi que toute sa famille et ses amis, vous font part du décès de l’Abbé Michel MATET survenu le 12 octobre 2020 à Châlons en Champagne à l’âge de 94 ans, dans la 69e année de sa vie sacerdotale. La messe d’Adieu sera célébrée le samedi 17 octobre à 9h00 en l’église Sainte Pudentienne à Châlons en Champagne suivie de l’inhumation au cimetière de l’Ouest de Châlons-en-Champagne.
    Ni fleur ni couronne
  • Informations – 1er septembre 2020
    • Visites pastorales : dans le contexte sanitaire actuel, les visites pastorales que devaient effectuer Mgr Touvet dans les paroisses de l’espace missionnaire de la Brie sont reportées à une date ultérieure. Puisque tout a été à l’arrêt ou presque depuis 6 mois et que les mesures de précaution demeurent, priorité est donnée à la reprise la meilleure possible des activités, des célébrations, et au rassemblement de chaque communauté paroissiale. Le Père Denis Véjux et Mgr Touvet se sont mis d’accord sur le fait de ne pas surcharger les paroisses déjà très fragilisées. L’évêque viendra célébrer dans les différentes paroisses le Dimanche aux dates prévues, ainsi que pour les confirmations. Il rencontrera alors les paroissiens pour les encourager et les conforter dans la foi et l’espérance.
    • Confirmations : à cause des mesures de confinement et de déconfinement, certaines célébrations du sacrement de confirmations avaient été reportées au samedi 26 septembre à la cathédrale, avec l’espoir que les restrictions de rassemblement seraient levées ou assouplies. Comme il n’en est rien, et afin de permettre aux confirmands d’être entourés de leurs familles et amis, le sacrement de la confirmation sera célébré comme prévu le samedi 26 septembre 2020, mais en plusieurs lieux :
      • à Épernay à 10h30 pour l’espace missionnaire du Vignoble par le Père François de Mianville ;
      • à Mourmelon-le-grand à 10h pour les paroisses Saint Dominique Savio et Sainte Édith Stein par le Père Didier Berthion, vicaire épiscopal ;
      • à la cathédrale à 10h00 pour les paroisses de Châlons et les établissements d’enseignement catholique et les confirmands adultes (sauf ceux du Vignoble et de Suippes-Mourmelon) par Mgr Touvet.
    • Pèlerinage diocésain : à cause des mesures de confinement, le pèlerinage diocésain du 10 mai a été reporté au samedi 10 octobre. C’est une date importante pour tous parce que Mgr Touvet présentera le projet missionnaire diocésain pour les années à venir, en présence de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, Archevêque métropolitain de Reims. Le pèlerinage est donc maintenu mais sera vécu d’une façon inhabituelle. Afin de permettre au plus grand nombre de diocésains d’y participer, la marche conduira les pèlerins de L’Épine jusqu’à la cathédrale. Le programme précis sera communiqué dans le courant du mois de septembre.
  • Décès du père Antoine d’Halluin
    Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de la Côte des Blancs et d’Épernay, les membres de l’Action Catholique des Milieux Indépendants, les membres de l’aumônerie de l’hôpital d’Épernay et du Hameau Champenois vous font part du décès de l’Abbé Antoine d’HALLUIN le 28 août 2020 à Épernay à l’âge de 99 ans, dans la 74ème année de sa vie sacerdotale.
    La messe d’Adieu sera célébrée le vendredi 4 septembre à 10 heures à Épernay en l’église Notre-Dame, suivie de l’inhumation au cimetière d’Épernay.
  • Décision
    À la suite des visites pastorales effectuées par Mgr Touvet en 2019, les deux espaces missionnaires de Châlons et de Champagne fusionnent à compter du 1er septembre. Le nouvel espace missionnaire ainsi constitué sera dénommé après avis du conseil pastoral au cours de l’année 2020-2021.
  • Décès de Bernard Leclerc
    Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de Saint-Jean XXIII (Châlons rive gauche), l’aumônerie de la maison d’arrêt, le personnel de l’évêché, Monsieur et Madame Gaston Leclerc, son frère et sa belle-sœur, Ses neveux et nièces, vous font part du décès de :
    Monsieur Bernard LECLERC, diacre, Chancelier du diocèse, survenu le 15 mai 2020 à Châlons à l’âge de 63 ans, dans la 19e année de son ministère diaconal.
    La messe d’Adieu sera célébrée le 22 mai à 10h30 en l’église Sainte Pudentienne, à Châlons dans les conditions actuelles de restriction dues à la pandémie. Une messe sera célébrée ultérieurement à Sainte Pudentienne.
  • Décès du père Soller : Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du diocèse, Henri et Jeanne SOLLER, son frère et sa belle-sœur, Nicole LESPRIT, sa sœur, ses neveux et nièces et toute la famille vous font part du décès de l’Abbé André SOLLER survenu le Dimanche 19 avril 2020 à Châlons, à l’âge de 95 ans, dans la 74è année de sa vie sacerdotale. Il fut successivement vicaire à Épernay, vicaire à la cathédrale Saint-Etienne, puis curé de Saint-Jean à Châlons, et responsable du secteur de Châlons-centre, avant de participer au service de formation. Ses obsèques seront célébrées le mardi 28 avril 2020 à 10 heures en l’église Saint-Jean de Châlons-en-Champagne dans les conditions actuelles de restriction dues au confinement. Une messe sera célébrée ultérieurement à l’église Saint-Jean.
  • Décès du père Thierry Malette : Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons en Champagne,
    Monseigneur Jacques Benoit-Gonin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis,
    les prêtres et diacres des diocèses de Châlons et Beauvais,
    Madame Sylviane Malette, sa mère,
    vous font part du décès de l’Abbé Thierry (Vincent-Marie) MALETTE, prêtre du diocèse de Beauvais survenu le Samedi-Saint 11 avril 2020 à Épernay à l’âge de 61 ans, dans sa 30e année de sacerdoce. Il fut membre de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie durant 32 ans et rendait service à la paroisse d’Épernay depuis 2015. Les obsèques seront célébrées le 22 avril 2020 à 9h30 en l’église de Saint-Pierre Saint-Paul d’Épernay dans les conditions actuelles de restriction dues au confinement. Une messe sera célébrée ultérieurement à la paroisse. Requiescat in pace.
  • Décès du père Jean-Marie Béal : Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de Sainte Menehould, de Châlons Rive Gauche, de Sermaize-Cheminon-Thiéblemont-Perthes et de tout l’espace missionnaire du Perthois, le Foyer de Charité de Baye, la Communauté du Verbe de Vie, l’Hospitalité diocésaine Notre-Dame de Lourdes, les membres des Équipes du Rosaireles Sœurs de Nazareth à Montmirail, sa famille et ses amis vous font part du décès de l’Abbé Jean-Marie BÉAL, le dimanche 16 février 2020 à la résidence Monseigneur Bardonne à l’âge de 86 ans, dans la 46e année de sa vie sacerdotale. Ayant fait don de son corps à la médecine, une messe sera célébrée à son intention le jeudi 20 février 2020 à 15h00en l’église Saint Pierre Saint-Paul de Orbais-l’Abbaye.
  • Prêtres et diacres jubilaires en 2020
    • 75 ans de sacerdoce
      Père François VAXELAIRE ( ordonné en 1945)
    • 60 ans de sacerdoce
      Père Claude NICOLAS (1960)
      Père Henri PETIPAS (1960)>
      Père Étienne ROLLET (1960)
    • 50 ans de sacerdoce
      Père Joël MORLET (1970)
    • 25 ans de sacerdoce
      Père Gaspard KOMISER (1995)
      Père Claude VIGNIER (1995)
  • Décès du père Albert Mathieu : « Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11,25)Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons,
    les prêtres et diacres du diocèse,
    les paroissiens de Sézanne, Broyes, Allemant, Peas, Mondement-Montgivroux, Sainte Ménehould, Les-Essarts-les-Sézanne, La Noue, Lachy, Verdey, Le Meix-Saint-Epoing, Mœurs, Pierry, Moussy, Sainte Thérèse de Châlons, Courtisols, Somme-Vesle, Poix, Tilloy-et-Bellay, du sanctuaire Notre Dame de l’Épine,
    les salariés et bénévoles de l’évêché et de la bibliothèque diocésaine, vous font part du rappel à Dieu de l’Abbé Albert MATHIEU le 12 janvier 2020 à la résidence Monseigneur BARDONNE à l’âge de 94 ans, dans la 72e année de sa vie sacerdotale. La messe d’Adieu sera célébrée le samedi 18 janvier 2020 à 10h30 en l’église Saint Martin de Courtisols, suivie de l’inhumation au cimetière de Fère Champenoise à 15 heures.
  • Le Foyer de charité de Baye accueille le Père Jean-Claude LENAIN pour quelques mois. Il était le Père du Foyer de Roquefort-les-Pins (diocèse de Nice). Le Père François-Jérôme LEROY quitte Baye après une vingtaine d’années de présence. Suite aux accusations graves dont il avait été la cible au printemps 2018, et au signalement fait à la Justice, après une enquête approfondie menée par les gendarmes d’Épernay et l’annonce du Procureur de les poursuivre pour dénonciation calomnieuse, ses accusateurs ont été condamnés en première instance à Châlons en février 2019 et avaient fait appel. La Cour d’Appel de Reims a confirmé le jugement le 4 septembre 2019 et doublé la peine, les condamnant à 6 mois de prison avec sursis et à 5000 € de dommages et intérets. Le Père Leroy est innocent des faits qui lui étaient reprochés. La diocèse tout entier lui exprime son soutien et l’assure de la prière de chacun.
  • Décès du père Pierre Guyot : Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de Saint-Jean à Châlons, de Vitry-le-François, de Sainte-Menehould, de Fère-Champenoise, les jeunes et les anciens de l’Action catholique de l’Enfance, Antoinette Wiber, Thérèse et René Langlois, ses sœurs et son beau-frère,ses neveux et nièces, et toute la famille, vous font part du décès de l’Abbé Pierre GUYOT le 23 novembre 2019 à l’hôpital de Châlons-en-Champagne à l’âge de 88 ans, dans la 62e année de sa vie sacerdotale. La messe d’Adieu sera célébrée le jeudi 28 novembre 2019 à 14h30 en la Chapelle de la résidence Monseigneur Bardonne.
  • Le diocèse rend grâce pour la présence et le témoignage des Sœurs Passionistes à Anglure et dans la Brie, et invite à prier pour elles qui renouvelleront leurs vœux le 21 novembre à l’issue d’une neuvaine.
  • Le diocèse se réjouit de l’entrée de Jeanne le dimanche 20 octobre 2019 à l’Abbaye cistercienne Sainte Marie de Boulaur (diocèse d’Auch). Elle est originaire de la paroisse St François de Sales (Mothées) et fut cheftaine de louveteaux chez les Scouts Unitaires de France de Châlons. Elle peut compter sur la prière de tous. Mgr Touvet lui a demandé de prier pour le diocèse de Châlons.
  • Décès du père René Mirault
    Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de Saint Martin-d’Ablois, Fontaine-Denis-Nuisy, Barbonne-Fayel, et de l’espace missionnaire d’Argonne, Michèle, son aide au prêtre, ses neveux et nièces et leurs enfants, ses cousins et cousines, les familles MIRAULT-MULHAUSER vous font part du rappel à Dieu de l’Abbé René MIRAULT le 1er octobre 2019 à Sainte Ménehould à l’âge de 95 ans, dans la 71e année de sa vie sacerdotale. La messe d’Adieu a été célébrée le vendredi 4 octobre 2019 à 14h30 en l’église Saint Laurent de Givry-en-Argonne. suivie de l’inhumation au cimetière du Thoult-Trosnay.
  • Décès du père Willem Den Ouden
    Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du Diocèse vous font part du décès du Père Willem Den OUDEN survenu le 1er septembre 2019 à Épernay à l’âge de 77 ans, dans la 49 e année de sa vie sacerdotale. Les obsèques seront célébrées le vendredi 6 septembre 2019 à 14h30 à la chapelle de l’hôpital d’Épernay.
    Priez pour lui.
  • 1er Septembre 2019
  • Le diocèse se réjouit de l’entrée de Jean en année de propédeutique à la maison St François de Sales à Paray-le-Monial, et l’assure de la prière de tous. Chacun est invité à persévérer dans la prière diocésaine pour les vocations, et les paroisses et communautés religieuses à reprendre avec fidélité le rythme mensuel du 1er vendredi et du 1er dimanche de chaque mois.
  • Le Diocèse s’associe à l’action de grâce de la Congrégation des Sœurs de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso le 1er août 2019 à l’occasion de la profession perpétuelle de Sœur Adeline (communauté de Dormans) et assure ses sœurs en religion et les membres de sa famille de la prière de tous.
  • Le diocèse s’associe à l’action de grâce de la Communauté de l’Agneau le 18 août 2019 à l’occasion de la première profession de François-Xavier MASSIOU, en religion Petit Frère Ambroise, originaire de Châlons, et assure ses parents de la prière de tous.
  • Mgr TOUVET a reçu la lettre de remerciements suivante :
    Monseigneur,
    Je m’empresse d’accuser réception de la somme de 5.395,00 € que vous avez bien voulu faire parvenir comme contribution de votre diocèse pour le denier de Saint-Pierre.
    Je désire vous transmettre la profonde gratitude du Saint-Siège pour ce nouveau et généreux geste de communion et de solidarité ecclésiale.
    En vous assurant de ma prière pour vous-même et pour votre communauté chrétienne, je vous assure, Monseigneur, de mon cordial dévouement dans le Christ.
    Luigi Ventura
    Nonce apostolique
  • Décès du père Pierre Van der BORGH, prêtre du diocèse de Châlons
    Il est entré dans la Maison du Père le 18 avril 2019, Jeudi Saint, dans sa 89e année et la 60e année de sa vie sacerdotale.
    Il fut successivement vicaire à La Chapelle Lasson, à Pargny sur Saulx, à Épernay puis curé à Pargny sur Saulx.
    Depuis plusieurs années il s’était retiré à Amersfoort au Pays Bas.
    Ses obsèques ont été célébrées le 24 avril 2019 à Blaricum (Pays-Bas) où il a été inhumé.
    Monseigneur François Touvet célébrera une messe à son intention le vendredi 14 juin 2019 en l’église de l’Assomption à Pargny sur Saulx à 16 h 30

Denier de Saint Pierre

Mgr le Nonce Apostolique nous informe que le Saint-Père a décidé de reporter la quête pour le Denier de Saint-Pierre au Dimanche 4 octobre 2020. Cette quête était prévue initialement le 15 août dans notre diocèse. La quête du 15 août sera donc conservée par les paroisses.

Quête pour les lieux saints

Prévue le Vendredi Saint, elle est reportée au Dimanche 13 septembre (veille de la Fête de la Croix Glorieuse) par décision du Cardinal Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Églises orientales.

Au nom du Saint Père

  • le Cardinal Léonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, exprime sa profonde gratitude envers les fidèles du diocèse pour leur offrande de 950 €, provenant de la quête du Vendredi-Saint 2019  pour la Terre Sainte.
  • Mgr Andréa FERRANTE, représentant la nonciature apostolique, exprime sa profonde gratitude envers les fidèles du diocèse pour leur offrande de 2 234€, provenant de la quête pour le Denier de Saint-Pierre.

Le casuel

Rappel :
Conformément à la circulaire de Mgr TOUVET en date du 1er juillet 2018, les offrandes indiquées aux familles pour la célébration des baptêmes, des mariages et des funérailles, sont les suivantes :

  • Baptêmes : entre 50€ et 150€
  • Mariages : entre 200€ et 500€
  • Funérailles : 180€ ou plus

Les feuillets réalisés par le SEDICOM sont disponibles à l’évêché pour les paroisses et les pompes funèbres. Ils doivent être donnés aux familles avec une enveloppe-réponse pré-imprimée disponible aussi à l’évêché.

Ces mesures concernent tout le diocèse et doivent être appliquées comme telles.

Il est demandé que les familles établissent un chèque du montant total de leur offrande au nom de la paroisse.

Lettre Pastorale “Prophètes de l’Espérance” – 10 octobre 2020

Circulaire sur le catéchuménat des adultes (Repères pratiques) Télécharger le document

Avance au large Télécharger le document

Lettre pastorale Disciples missionnaires Télécharger le document

Orientations diocésaines pour la célébration des funérailles Télécharger le document

En vue des visites pastorales, vivre la joie de l’Évangile Télécharger le document

Homélies de Mgr Touvet

Chers frères et sœurs,

La fête de la Toussaint revêt cette année des accents bien particuliers. Non seulement, nous entamons la saison 2 du confinement avec sa longue litanie d’interdictions et de restrictions pour notre bien, mais nous connaissons aussi le regain d’une menace terroriste islamiste, plus ou moins organisée, très subtile et perverse. De quoi nous rendre bien attristés, inquiets, nous qui sommes pourtant appelés à vivre dans la joie éternelle, à devenir des saints à l’image et à la ressemblance de notre Seigneur Jésus-Christ, à chanter la gloire du Dieu trois fois saint, à rendre grâce pour toutes les figures de sainteté que l’Église nous donne en exemple, à savoir reconnaître aussi tous les saints et saints anonymes, « ceux de la porte d’à côté » comme dit le Pape, qui nous édifient par leur témoignage simple et vrai. Dans les circonstances actuelles, nous pouvons spécialement invoquer le père Jacques Hamel avec force !

Toussaint. Tous saints ! Tous ! Comment répondre à cette vocation dans les temps qui sont les nôtres ? En vivant vraiment en chrétiens. Vraiment ! En apportant à notre société tellement malade notre témoignage authentique de chrétiens comme nos pères l’ont fait pendant des siècles d’Histoire de France. L’âme française est là, dans la foi chrétienne et dans la vie de l’Église catholique. Aujourd’hui, les tentations sont nombreuses de se rebeller contre les mesures contraignantes qui nous sont demandées par les autorités de l’État et de vouloir profiter de cette lutte nationale contre un virus contagieux pour mener un combat politique personnel. Les raisons sont nombreuses aussi de vouloir répondre au mal par le mal, de mettre de l’huile sur le feu, de semer la division, de s’opposer et de s’affronter. Aucune de ces deux voies n’est un chemin de sainteté. Aucun de ces chemins n’est chrétien.

Reprenons : D’aucuns, parmi nos fidèles catholiques peuvent prétendre que le Saint-Sacrement nous protégerait du virus ou que la prière nous dispenserait des mesures sanitaires de prudence, comme si la providence était devenue magique. Je veux le dire et le redire ici solennellement : tous, faisons attention au fanatisme religieux. Il n’est pas loin quand le déni de la réalité nous confine dans un piétisme à outrance. Les comportements et discours excessifs manquent forcément de cohérence et font perdre à toute l’Église sa crédibilité. On ne peut pas, d’un côté s’opposer au comportement de fanatiques religieux qui contestent la valeur des lois humaines et temporelles et voudraient nous imposer leurs lois religieuses, et de l’autre refuser nous-mêmes ostensiblement de nous conformer aux mesures sanitaires édictées par les autorités de l’État, en prétendant que notre fidélité à Dieu suffirait à nous protéger.

Nous pouvons être en désaccord avec telle ou telle mesure, telle ou telle loi… d’ailleurs il y aura des recours contre la nouvelle atteinte à la liberté de culte, bien sûr (elle était « grave et illégale » au printemps, selon le Conseil d’État, on ne voit pas par quel miracle elle serait devenue légale …) ; être en désaccord, c’est le droit à la liberté d’expression qui pourrait avantageusement s’exprimer autrement que par des caricatures laides et immondes. Préservons la liberté de conscience, la liberté religieuse inscrites dans notre constitution, et surtout rappelées avec force aux États par les pères du concile Vatican II. Mais la dynamique de l’incarnation demande aux chrétiens de vivre au cœur du monde à la manière d’un ferment, et pas en dehors, comme cela était écrit déjà au IIè siècle dans l’Epitre à Diognète : « les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements […] ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et la manière de vivre ».

 

Deuxième point d’attention : face aux attaques meurtrières et barbares perpétrées sur notre sol, et même jusque dans nos églises, ces lieux où on donne la vie de Dieu, tout désir de vengeance n’aurait rien de chrétien.  Certes, il faut appeler le mal « mal », le dénoncer et le combattre. Mais comme le dit saint Paul, nous ne pourrons vaincre le mal que par le bien. On ne soigne pas un cancer par le cancer. Nous ne pourrons désarmer l’ennemi violent que par la douceur : « Heureux les doux, ils recevront la terre en héritage ». Un témoignage évangélique authentique est attendu. C’est ce qui est à notre portée, l’État conservant le droit à l’usage de la force contre la violence, pour éradiquer, en légitime défense, un fléau si odieux. Il serait totalement incohérent pour les chrétiens que nous sommes, de condamner sans cesse la violence de ces quelques musulmans fanatisés par ceux qui voudraient nous imposer la charia, tout en prônant nous-mêmes la violence.

Je crois au contraire que nous pouvons aider les musulmans sincères qui vivent dans notre pays à comprendre qu’on peut vivre sa religion tout en respectant les lois humaines qui régissent la vie courante. En effet, l’essentiel de la religion ne se situe pas dans des prescriptions alimentaires ou vestimentaires. Peu importe. C’est avant tout une question d’intériorité, de relation à Dieu et de relation aux autres.

Préservons notre droit à l’objection de conscience, oui, mais sur des sujets particulièrement graves, comme en ce moment pour les avortements. Selon les projets de loi actuels, les praticiens seraient obligés de procéder à ces actions de mort. Nous devons défendre le droit à l’objection de conscience et dénoncer les incohérences : prétendre défendre la vie humaine et sauver des vies du virus, et « en même temps » légaliser des avortements jusqu’au dernier mois de grossesse. Ça ne tient pas !

Au milieu de toutes ces incohérences, nous sommes appelés comme témoins de la vérité, disciples de Jésus, missionnaires de l’Évangile, prophètes de l’espérance. Un dieu qui appellerait à semer la mort, à faire du mal ou à se venger, n’existe pas. C’est un faux dieu, celui-là. Il s’appelle le diable, ou Satan. Dieu, le Seigneur notre Dieu, n’a pas créé la mort. Il nous appelle à la vie. Nous croyons à la vie. Nous croyons à la victoire de la vie et de l’amour. Nous croyons que Jésus, le Fils de Dieu, par sa mort sur la croix et sa résurrection au matin de Pâques, nous a ouvert les portes de la vie.

Nous croyons que tout pardon donné et reçu est déjà une résurrection, une victoire de la vie : « heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ». Nous croyons que toute action en faveur de la paix et du dialogue est un germe de résurrection, et déjà une victoire de la vie : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ». Nous croyons que toute vie donnée par amour est une annonce de résurrection, et déjà une victoire de la vie : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux ». Nous croyons à la force incomparable des Béatitudes, à la puissance de l’Évangile proclamé tant par les actes que par les paroles.

Frères et sœurs, dans ce monde de haine et de violence, le Pape François nous appelle à être « tous frères » « Fratelli tutti ». Il le disait déjà avec le Grand Imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayeb, dans leur déclaration commune sur la fraternité le 4 février 2019 à Abou Dhabi. « Tous frères » : n’est-ce pas là un moyen de répondre à notre vocation universelle à la sainteté, en mettant en pratique le commandement nouveau de l’Évangile : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Commandement de la vie fraternelle, chemin de sainteté.

En ce jour béni, nous voulons redire notre refus de tous les chemins qui opposent, font du mal, blessent, divisent et conduisent à la mort. Nous voulons ne pas céder à la colère même si nous l’exprimons légitimement, nous voulons nous lever tous et dire notre oui à la vie. Nous le ferons dans un instant en chantant à pleine voix le Credo de l’Église catholique. Dieu est vivant. Dieu est saint. A nous de refléter sa présence et son être profond par notre sainteté personnelle et communautaire. Saint Paul nous le dit : « voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu […] nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est ». Oui, Dieu est Amour ! Dieu est lumière ! Dieu est paix ! Dieu est vivant !

Amen.

[texte reconstitué d’après les notes de Mgr Touvet]

Chers amis, chers frères et sœurs,

Dans sa lettre aux Colossiens, l’apôtre saint Paul nous parle de charité, de paix, d’humilité, de pardon, parce que nous sommes les membres d’un seul corps, l’Église, dont Jésus est la Tête. Il nous invite aussi à « chanter à Dieu notre reconnaissance ».

La vie chrétienne selon l’Évangile est une belle aventure qui exige de notre part à chacun une conversion quotidienne pour écarter l’égoïsme qui écrase, et l’orgueil nombriliste et narcissique. Par notre charité et notre sainteté, notre fidélité et notre générosité, nous chantons la gloire de Dieu

 

Cette église, cette basilique, comme toutes les autres églises, est le signe de ce corps dont nous sommes les membres. Saint Pierre nous dit que nous sommes les pierres vivantes qui servent à construire le temple spirituel, le Corps du Christ. Ici, tout nous parle de Dieu, nous dit sa présence, nous transmet son appel : l’harmonie de l’architecture, la beauté, les proportions, la lumière, etc. C’est là que nous aimons nous rassembler pour chanter à Dieu notre reconnaissance. Nous le faisons principalement dans la célébration de la liturgie chrétienne, le mystère pascal, mystère de la mort et de la résurrection de Jésus le Sauveur.

 

Bénir l’orgue aujourd’hui, c’est l’accueillir comme un acteur de la liturgie, un priant, un contemplatif, un missionnaire. Dans ce lieu consacré et qui le reste, affecté au culte catholique par la loi républicaine, nous ne glorifions pas Apollon ou Phébus, dieu de la musique, ni les talents des organistes ou des facteurs d’orgue, si extraordinaires soient-ils, nous chantons avec l’orgue, et l’orgue chante avec nous la sainteté, la grandeur et la beauté de Dieu.

Ses innombrables tuyaux que l’on aperçoit sur le buffet, ses différents jeux, comme la bombarde, le cromorne, le cornetin, la flûte, le bourdon (je ne connais pas exactement la composition de cet orgue), leur harmonie constituent une parabole de la charité qui fait l’unité dans la différence. La symphonie est l’œuvre de Dieu. La cacophonie est l’œuvre du diable. Quelle belle leçon pour nous tous, membres de l’Église, mais aussi agents et facteurs de la cohésion sociale.

Nous admirons le travail des facteurs et la virtuosité des organistes, mais surtout nous contemplons le mystère de Dieu : lui, le Créateur, s’est fait homme parmi les hommes, semblable à nous, il est mort sur la croix par amour pour nous, il est ressuscité, il s’est relevé du tombeau comme le soleil levant qui inonde de sa lumière le chevet de la basilique chaque matin après les ténèbres de la nuit.

Tout cela l’orgue va le chanter maintenant en réponse à mon appel, à l’appel de l’Église.

Nous nous associons à ce chant et nous entrons avec lui dans la contemplation.

Amen.

Chers frères et sœurs,

« Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme,
ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles
. […]Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, […] il vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. » (Ap)

Ce double signe évoqué dans le livre de l’Apocalypse nous renvoie aux signes d’aujourd’hui. Il nous faut essayer de les repérer et de les décrypter. Il s’agit d’un grand combat, celui que Jésus lui-même a mené et gagné contre le prince de ce monde, Satan, par l’offrande de sa vie. Il y avait bien la Croix silencieuse et grave, et les mots de Jésus « pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font », il y avait ce regard de Marie, la Pieta plongée dans la douleur et le cœur déjà dans l’espérance. Il y avait aussi la furie humaine avec fouets et lances, couronne d’épines, injures, accompagnés de ces cris « à mort ! à mort ! » et la tentation « si tu es le roi des juifs, sauve-toi toi-même ».

D’aucuns estiment que ce combat est d’un autre temps. Certains pensent qu’il est définitivement perdu et d’autres croient qu’il est déjà gagné. Certains s’acharnent contre tout ce qui est droit, juste, vrai et beau pendant que d’autres, et nous voulons en être, essaient, contre toute espérance, de semer la charité avec courage et patience, à travers un témoignage cohérent, en paroles et en actes. Notre société est aujourd’hui fragmentée, éclatée. Divisions et violences nous sont présentées chaque jour. Sans oublier le fameux virus avec ses victimes directes et collatérales, le manque de confiance, l’inquiétude devant l’avenir. Le dragon est là, toujours prêt à dévorer les germes de cohésion et de communion, prêt à souffler sur tous les grands repères fondamentaux de la vie sociale et familiale pour les faire voler en éclat.

Le combat est là, frères et sœurs. Il est déjà gagné par la résurrection de Jésus, et saint Paul nous le redit avec force en évoquant le jour de la résurrection des morts : « Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort, car il a tout mis sous ses pieds. » Mais le combat est encore à vivre, comme le même saint Paul nous le rappelle aussi dans une autre lettre : « la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. » (Rm 8, 20-22).

L’Assomption de la Vierge Marie est la grande fête de l’été. Malgré les mesures sanitaires contraignantes et que nous mettons en œuvre avec loyauté, nous sommes là pour la chanter. Avec l’Église, nous croyons que dès l’instant de sa mort, elle fut élevée au Ciel avec son corps et son âme. L’Immaculée n’a pas connu la corruption du tombeau. Dans la vie de cette femme d’Israël, la victoire de Dieu éclate aux yeux de tous. Et se dessine ainsi notre destinée éternelle : après le combat contre le péché et le mal, nous sommes invités et appelés à ressusciter avec Jésus. La Vierge de Nazareth, la Mère de Bethléem, la femme de Cana, la Pieta au calvaire, la Reine au Cénacle avec les Apôtres, resplendit de la beauté et de la sainteté de Dieu. Cette mère, Vierge de lumière, comme nous l’avons chantée hier soir avec nos flambeaux, nous conduit vers Jésus. Elle nous introduit dans le mystère de son Cœur doux et humble, elle nous apprend à écouter sa Parole et à la mettre en pratique, elle nous rassemble comme frères et sœurs autour de lui, elle nous enseigne l’offrande totale et le sens du sacrifice, elle grave en nos cœurs le service de la charité et la douceur de l’espérance. Comme une Maman attentive et fidèle, elle nous soutient dans le combat que nous devons mener aujourd’hui. Le combat de la foi au milieu d’un immense désert d’indifférence, le combat de la charité dans un monde en proie aux divisions et aux règlements de compte, le combat de l’espérance pour continuer la route même quand une bataille a été perdue. Elle chante dans nos cœurs et nous chantons avec elle ces versets du Magnificat, entendus dans l’Évangile : « Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. ».

Frères et sœurs, depuis des siècles, les catholiques de France invoquent Notre-Dame de l’Assomption comme leur patronne principale. Cette année, les évêques de France ont fait un pèlerinage à Montmartre (le 8 juin) pour confier au Cœur de Jésus notre pays, qui lui fut consacré par un vote des députés en 1870 – eh oui par les députés ! – et qui peine et souffre tellement dans ce contexte de crise sanitaire, économique, sociale. J’ai eu la joie de pouvoir participer à ce pèlerinage d’une soirée en faisant l’aller-retour à la basilique du Sacré-Cœur. Et aujourd’hui, avec tous mes frères évêques de France dans tous les diocèses, je vous invite à vous tourner vers la Vierge Marie, en ce jour de fête nationale en quelque sorte, alors que notre pays connaît un grave désordre moral quant au respect de la vie humaine. Vous le savez sans doute, et si vous ne le savez pas, vous devez le savoir : les députés, pas tous, mais seulement 60 contre 37 (on est loin des 577 au total) ont voté à 4h du matin le 1er août un projet de loi appelé « bioéthique » qui ouvre la voie à une révolution anthropologique majeure. Un vote bien différent de celui du vœu national de 1870 que j’évoquais il y a un instant ! Cette loi n’est pas « bio » car elle introduit des processus de procréation contraires aux lois de la nature, y compris en autorisant l’implantation de cellules d’embryons humains dans des embryons d’animaux, alors qu’on se targue de vouloir et de devoir respecter la nature et l’environnement. Cette loi n’est pas « éthique » non plus car elle s’appuie sur un énorme mensonge quant à la filiation et une gigantesque tromperie sur les buts de la médecine. Tout cela en pleine crise sanitaire où les fragilités du système de santé ont été révélées au grand jour. Cerise sur le gâteau : un amendement-surprise a été glissé cette nuit-là dans le projet de loi, puis voté : la possibilité de recourir à l’avortement jusqu’au dernier mois de la grossesse dans le cas d’une « détresse psycho-sociale ». Porte ouverte à l’élargissement de l’avortement, on l’a compris, tout cela en pleine crise sanitaire où il faut effectivement tout faire pour sauver des vies. Quand on voit à quoi ressemble un fœtus de 8 ou 9 mois, il y a de quoi être horrifié. Et pour avoir dialogué plusieurs fois avec des femmes ayant eu recours à l’IVG, je peux vous assurer que, même si on appelle ça IMG et pas IVG, c’est bien le dernier moyen à utiliser pour guérir une « détresse psycho-sociale ». Car le bébé est tué. Bref. Le combat continue : celui de la vie, du respect de la vie, contre le dragon prêt à dévorer la vie naissante. Vous vous souvenez : le grand signe apparu dans le Ciel : la femme enceinte et le dragon.

Nous nous tournons vers cette Femme qui, tout en étant fille de Dieu, en est devenue la Mère, celle qui a enfanté Dieu dans le monde des hommes. Elle est aussi notre Mère.

Nous la prions pour notre pays, pour ses dirigeants, ses élus,

Nous la prions pour tous les peuples de la terre et pour la paix entre eux,

Nous la prions pour tous les malades, les soignants, leurs familles, les chercheurs,

Nous lui confions nos familles, unies, éclatées, dispersés, divisées, recomposées,

Nous la prions pour les vocations, pour Jean qui entre au séminaire, pour Wandrille qui doit d’abord se remettre d’un très grave accident survenu le mois dernier, avant d’entrer en propédeutique à Paray le Monial comme prévu,

Nus lui confions et lui consacrons notre diocèse de Châlons qui aime se rassembler ici et vénérer la Vierge couronnée, notre Reine.

Amen.

5 pains et 2 poissons !

Qu’est-ce pour tant de monde ? il y a une foule…

Les disciples se sentent dépassés : on les comprend

Situation pas facile à gérer :

impossible de les nourrir tous, c’est dérisoire

pas de cellule de crise…

les magasins sont fermés…

on va se faire insulter si on distribue ce tout petit peu, ou alors ils vont se bagarrer et on sera responsables…

 

 

Nous faisons parfois cette expérience dans la vie quotidienne,

en famille quand les cousins d’Amérique débarquent à l’improviste

dans la vie associative quand il y a beaucoup plus de monde que prévu au barbecue

dans la vie paroissiale quand on manque de variété au repas partagé du Dimanche ( comme évêque, j’ai tjrs le même menu, les mêmes salades, les mêmes quiches …parfois c’est un peu court

plus sérieusement, on le voit dans l’actualité quand des foules affamées sont jetées sur les routes sous les bombes, quand on fait parvenir des cargaisons humanitaires après un tremblement de terre ou un tsunami …

 

à vue humaine, selon la logique de gestion de stock, c’est imparable : avec 5 pains et 2 poissons, impossible pour « 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants » !

 

L’expérience des disciples est différente :

Après leur hésitation bien humaine et pratico-pratique, ils agissent selon le commandement de Jésus « donnez leur vous-mêmes à manger »

Plus ils vont donner, plus ils vont en avoir… il va même en rester …

Cette expérience peut être notre expérience spirituelle :

Plus nous offrons nos dons à Jésus, plus donnons notre vi

Amen.

Chers amis, chers frères et sœurs,

Après 3 mois de confinement et de déconfinement, phase toujours pas achevée, nous sommes heureux d’être rassemblés dans notre église cathédrale pour un évènement diocésain. La messe chrismale n’a pu être célébrée dans les conditions normales au cœur de la Semaine Sainte. Les Huiles ont été bénies et le Saint-Chrême consacré le 24 mai dernier pendant la 2è « messe en voiture » au Capitole.

Tout s’était arrêté, tout essaie de reprendre, et tout va à nouveau se mettre en pause avec les vacances d’été et la dispersion à laquelle chacun aspire pour voyager, retrouver famille et amis, se reposer, se refaire une santé. Les temps que nous vivons sont bien curieux. Je vous remercie d’avoir répondu à cette invitation de venir célébrer la fête des saints apôtres Pierre et Paul. Ils sont les 2 colonnes de l’Église, comme on le voit dans l’église St Pierre St Paul à Epernay à l’entrée du chœur, mais aussi place Saint Pierre à Rome et dans bien d’autres lieux. Avec eux je vous appelle à « redire oui au Seigneur ». Chacun à leur façon, ils ont été de fidèles serviteurs et témoins. A leur suite et avec eux, forts aussi de leur intercession, nous voulons refaire ce pas de la foi, renouveler notre engagement initial et tous les engagements célébrés solennellement au milieu de nos frères et sœurs de l’Eglise.

 

Saint Pierre est une figure extraordinaire. Il avait professé sa foi devant tous, nous venons de l’entendre dans le passage de l’Evangile : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » et Jésus lui confia sa mission : « Tu es Pierre et sur cette Pierre, je bâtirai mon église » (Mt 16,16-18). Il avait vacillé au moment de la Passion, reniant son Seigneur 3 fois (Jn 18, 17,25,27) et Jésus lui répétera 3 fois la nature de sa mission « sois le pasteur de mes brebis » (Jn 21,15-17). Il sera martyrisé à Rome et son tombeau se trouve sous l’autel de la basilique St Pierre. Les évêques, en communion avec le successeur de Pierre exercent le ministère des Apôtres pour enseigner, sanctifier et conduire toute la communauté des disciples de Jésus. En gardant le dépôt de la foi et en le transmettant en tous lieux et en tous temps par leur Magistère ordinaire, ils assurent la solidité de ce temple spirituel, et sont au service de la communion et de l’unité entre tous les membres du corps, par l’exercice de la charge pastorale.

 

Saint Paul a une histoire bien différente. Il a reçu le titre d’Apôtre sans avoir fait partie des Douze. C’était après l’événement de la Pentecôte. Alors qu’il poursuivait les disciples de Jésus et les conduisait en prison (Ac 8,3 ; 9,1-2, 13 ; 1 Th 15,9 ; Ga 1,13-14 ), Paul fit une rencontre fulgurante avec le Christ ressuscité sur le chemin de Damas. Sa conversion fut saisissante : de Saul le persécuteur, il devint Paul le missionnaire. De façon infatigable, il parcourt le bassin méditerranéen pour annoncer l’Évangile et fonder des communautés. Rien ne l’arrête, pas même la prison à plusieurs reprises. Il est « l’Apôtre des païens », et proclame le cœur de la foi, le kérygme, « à temps et à contretemps » (2 Tm 4,2). Il va à la rencontre de ceux qui ne connaissent pas le Christ Jésus et il témoigne : « malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile » (1 Co 9,16). Il nous rappelle ainsi aujourd’hui que c’est la nature même de l’Église d’être missionnaire. Il nous accompagne et nous soutient donc, « Eglise en sortie » EG §20-24, §46) « vers les périphéries » (EG §20, 630, §46) pour un authentique témoignage en paroles.

 

Redire oui au Seigneur, c’est répondre, comme Pierre et Paul, chacun à notre façon, à la question du Seigneur Jésus : « pour toi qui suis-je ? » Je suis frappé, dans mes rencontres avec les confirmands adolescents, et aussi avec les catéchumènes adultes, par la difficulté de beaucoup à parler de Jésus, à dire les mots de la foi. Et vous tous qui rencontrez les parents des enfants présentés au baptême ou des enfants catéchisés, qui accompagnez les fiancés vers le mariage, qui accueillez les familles en deuil, vous faites la même expérience. Pourtant, Jésus nous le demande explicitement : « pour toi, qui suis-je ? » Il s’agit pour nous d’entrer dans une expérience spirituelle : la rencontre avec le Seigneur. Il s’agit de ne pas en rester à une religion de façade ou de routine, comme me le disent souvent les confirmands adultes, mais de découvrir que Jésus est vivant, sauveur, qu’il nous parle et nous révèle l’amour du Père et répand en nos cœurs son Esprit Saint. Redire oui au Seigneur, c’est se joindre à la réponse de Pierre : « tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » ou à la déclaration de Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. » (Ga 2,20).

Le 29 juin est souvent choisi, ou le dimanche le plus proche, pour célébrer les ordinations des prêtres. Comme nous n’avons pas encore cette joie, je vais moi-même, successeur des apôtres, avec les prêtres et les diacres présents, redire oui au Seigneur devant vous et vous demander votre prière. Nous avons reçu l’imposition des mains nous configurant au Christ Prêtre, Pasteur, serviteur. Le Seigneur nous a consacrés et envoyés à votre service.

Nous rendons grâce pour ceux qui fêtent un jubilé : 25 ou 50 ans, ou même 60 ou 75 ans d’ordination. Ils redisent oui au Seigneur d’une façon toute particulière. Nous sommes heureux aussi de la présence, dans notre assemblée, de Jean qui entre au séminaire en septembre, et nous prions pour Wandrille qui entre en année de propédeutique à Paray le Monial, habité déjà par un grand désir de devenir prêtre. Ils disent tous les deux les premiers grands oui de leur vie au Seigneur. Ils seront appelés à redire ce oui solennellement ici même dans quelques années, si Dieu le veut.

Cette fête du ministère ordonné n’exclut pas bien sûr ceux qui vivent une autre vocation. Les ministres ordonnés ne le sont pas pour eux-mêmes mais pour les autres. Et ils n’exercent pas leur ministère chacun dans leur coin, mais avec les autres, dans le respect mutuel des vocations différentes, sans affadir sa propre vocation ou vouloir ne pas avoir l’air, mais en donnant le meilleur de soi-même et en mettant en valeur la richesse de la vocation de l’autre.

Frères et sœurs baptisés, confirmés, mariés, consacrés, ordonnés, redisons ensemble oui au Seigneur : « Pour toi qui suis-je ? » « Tu es le Christ ! ».

Offrons-lui notre vie tout entière avec le pain et le vin à l’autel. Nous sommes là pour faire son œuvre et non pour faire fonctionner une œuvre humaine.

« Viens Esprit-Saint, viens remplir nos cœurs, et allume en nous le feu de ton amour ».

Amen.

Chers frères et sœurs,

Notre cathédrale ouvre enfin ses portes !

Même si les places assises sont à distance les unes des autres, selon l’expression épouvantable qu’on nous répète depuis 2 mois et demi : « distanciation sociale », nous sommes dans la joie d’être à nouveau rassemblés sous ses voûtes majestueuses.

Même si la joie était palpable lors de nos 2 messes en voiture sur le parking du Capitole les deux derniers dimanches, notre joie est plus grande encore de pouvoir chanter dans cette vaste nef et faire monter vers le Seigneur notre louange.

Même si nous n’avons pas arrêté de vivre en chrétiens pendant ce temps de confinement, notre joie est immense de pouvoir enfin célébrer les saints mystères de notre foi.

 

Moi-même, j’ai dû présider ici les offices de la Semaine Sainte : la cathédrale était vide. Nous étions 5 dans le chœur et 5 à la technique pour la retransmission. Je garderai pour toujours dans ma mémoire cette impression grave et curieuse de devoir parler devant des chaises vides.

Nous avons été privés de célébration dans nos églises, et ce fut une épreuve profonde et durable qui a généré beaucoup d’incompréhension, surtout quand les écoles, les commerces et les transports en commun reprenaient leur activité. Les évêques de France, vos évêques, sachez-le, ont constamment fait valoir leurs droits, nos droits aux autorités dans des courriers et des réunions officielles. Ils ont fait le choix du dialogue plutôt que celui du contentieux. Le Conseil d’État s’est finalement prononcé le 18 mai dernier en affirmant que les mesures d’interdiction du célébrations étaient, je cite, une « atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de culte. Et cerise sur le gâteau : jeudi, je lis dans le journal local, photo à l’appui, vous l’avez peut-être remarqué aussi, qu’un maire a organisé l’élection du maire et de ses adjoints dans l’église du village, sans autorisation du curé. Ma réaction contre cet acte illégal a été immédiate. Toutes ces épreuves accumulées ne font que renforcer cette joie profonde d’être aujourd’hui libérés de nos entraves pour ouvrir nos cœurs à l’amour du Père révélé par Jésus mort et ressuscité, et répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit.  Jésus nous dit que cet Esprit nous rend libres, qu’il nous conduit vers la vérité toute entière. Avec les Apôtres, nous accueillons ce souffle de vie, cet air vivifiant, ce grand coup de vent qui renouvelle toute chose en nous et entre nous. Vous sentez … ?  …malgré le masque ! … la douceur de la grâce qui vous habite, qui vous fait du bien, qui vous apporte la paix, qui vous comble de bonheur ? Aujourd’hui, nous prenons le temps de goûter cette expérience spirituelle : la venue de Dieu en nous. Chers frères et sœurs, le Seigneur est présent au milieu de nous, il est là, il nous visite, il nous regarde, il nous parle, il nous écoute, il se donne à nous, il nous appelle.

 

Saint Paul nous redit que nous sommes les membres d’un même corps dont le Christ Jésus est la Tête. Dans ce corps, les dons, les services, les activités sont variés. « Mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien ». (1 Co 12)

Nous le savons, notre société soit-disant si formidable se trouve vraiment fragilisée par la crise sanitaire et ses conséquences. Rappelons-nous déjà que nous sommes membre du corps social, et que notre premier lieu d’engagement chrétien, c’est le monde. Les pères du concile Vatican II le disaient de façon explicite dans le décret sur l’apostolat des laïcs : « Le propre de l’état des laïcs étant de mener leur vie au milieu du monde et des affaires profanes ; ils sont appelés par Dieu à exercer leur apostolat dans le monde à la manière d’un ferment, grâce à la vigueur de leur esprit chrétien ». (Vat II, AA§2). Comme nous avons su déployer toutes sortes d’initiatives pour rester connectés, prier ensemble, suivre les célébrations, rendre service, il faudra être aussi inventifs et entreprenants pour nous porter au secours des personnes meurtries par cette crise : celles qui ont connu un ou plusieurs décès sans pouvoir vraiment dire Adieu ; celles qui auront perdu leur emploi, leur commerce, leur entreprise ; celles qui restent murées dans l’angoisse générée par ce climat anxiogène ; les enfants qui auront décroché de l’école ; les soignants qui garderont des séquelles de la grande tension vécue dans les hôpitaux ou maisons de retraite ; etc… Demandons au Seigneur son Esprit de force et de sagesse, son Esprit de lumière et de paix pour que nous sachions partir en mission dans ce corps social tellement blessé. Je vous relis le début de la constitution du concile Vatican II sur l’Église dans le monde de ce temps, un texte qui pourra nous éclairer chacun : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire. » (Vat II, GS §1) 

Membres d’un même corps. Il y a non seulement le corps social, mais aussi le corps mystique du Christ, l’Église. Nous lui appartenons depuis le jour de notre Baptême car nous avons été lavés de tout péché et adoptés comme fils et filles de Dieu, à la ressemblance du Christ ressuscité. Comme le corps de Jésus flagellé et crucifié, le corps de l’Église a été meurtri dans l’histoire, principalement par toutes sortes de divisions. Nous pensons aussi à tous les scandales insupportables, anciens ou récents, qui ont fait et font un mal fou, et contre lesquels nous sommes tous engagés à lutter. L’Esprit qui nous est donné, et que devaient recevoir ici-même les confirmands adultes, nous fortifie pour la Mission. Alors, sans prendre la place de l’autre mais en respectant la vocation et la mission de chacun, sans céder aux caprices idéologiques et aux provocations comme la dernière en date de cette féministe du journal « témoignage chrétien » pas très catholique qui se déclare candidate pour devenir archevêque de Lyon, sans céder aux luttes de pouvoir ou à l’autoritarisme source de tous les abus, nous sommes appelés par Dieu et envoyés par lui pour annoncer l’Évangile, célébrer la vie de Dieu et servir le monde. Demandons au Seigneur son Esprit de force et de sagesse, son Esprit de lumière et de paix pour que nous sachions prendre notre part, comme pierre vivante, à l’édification de l’Église corps du Christ. Ce n’est ni une association ni une multinationale, ni un syndicat ni un groupe de pression, ni une loge ni un journal, c’est le peuple de Dieu, le peuple saint pourtant composé de pécheurs. L’Église est riche de son histoire et de sa sainte Tradition. Elle est, nous disent les pères du concile Vatican II : « à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain ».

En ce jour de Pentecôte, jour de naissance de l’Église, et cette année jour de renaissance, le cœur rempli d’Esprit-Saint, redisons notre amour pour l’Église et notre disponibilité à la servir.

Engagement dans le monde et engagement dans l’Église, voilà notre mission. C’est l’œuvre de Dieu, avec sa grâce, par la puissance de l’Esprit.

Amen.

Chers amis, chers frères et sœurs,

C’est avec une grande émotion que je préside cette messe ici près de la tombe de l’abbé Joëssel que j’appelle « oncle Dani ». Je tiens à remercier Monseigneur Rougé de m’avoir laissé sa place au jour où le diocèse de Nanterre achève la neuvaine pour les vocations placée sous l’intercession de ce prêtre de 32 ans, offrant sa mort au combat pour qu’il y ait des prêtres après lui. Monsieur le curé, par l’intermédiaire de votre vicaire l’abbé Julien Brissier, vous m’avez invité à cet événement qui marque le 80è anniversaire de sa mort, et je vous en suis très reconnaissant, avec mon cousin l’abbé Cyril, prêtre du diocèse de Nîmes, lui aussi petit neveu d’oncle Dani.

Nos trois diocèses étaient unis par la prière depuis 9 jours, demandant des vocations de prêtres. Moi-même, j’ai vécu cette neuvaine devant le crucifix d’oncle Dani accroché dans mon bureau à l’évêché face à moi. Et hier, en méditant cette parole « Sacrifice, car on ne peut être chrétien sans cela, sans oser regarder la croix », je me suis décidé à l’apporter ; le voici ! Prière pour les vocations devant cette croix : oui, avec seulement 20 prêtres actifs de moins de 75 ans, dont seulement 7 sont du diocèse, ces 7 là étant plus âgés que moi, vous pensez bien que ma prière a été fervente. C’est une de mes croix d’évêque que de me demander quand je pourrai un jour célébrer une ordination. J’ai toujours entendu parler de l’abbé Joëssel comme d’un grand oncle dont j’étais, et Cyril aussi, en quelque sorte héritier puisqu’il avait dicté une lettre à ma grand-mère, sa sœur aînée Andrée, 2 jours avant de mourir, dans laquelle il affirmait offrir ce sacrifice pour qu’il y ait des prêtres parmi ses neveux. J’ai prié avec vous pour que le témoignage de ce jeune prêtre d’Asnières, dans sa vie comme dans sa mort, permette à des jeunes des diocèses de Nanterre, de Nîmes ou de Châlons de se lever pour dire avec la même fougue, le même élan de générosité : « me voici ». Il y en eut ici 7 au moins, en l’espace de 15 ans, qui furent ordonnés prêtres.

 

L’Église célèbre aujourd’hui la mémoire de sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France, dont nous connaissons aussi le sacrifice pour la Patrie. Elle fut canonisée il y a 100 ans, le 16 mai 1920. Les fêtes johanniques ont été annulées partout cette année, à Orléans, à Rouen, et même à Châlons : je devais conduire une marche sur le parcours qui l’amena chez mon prédécesseur de l’époque le 14 juillet (coïncidence amusante) 1429, 3 jours avant le sacre du Dauphin à Reims. Évoquer la mort pour la France d’oncle Dani sous le regard de cette jeune sainte proposée par le Pape François comme un modèle pour les jeunes est une grâce pour nous tous. Combien de fois dans la prière familiale, nous l’invoquions en lui demandant de sauver la France comme elle le fit il y a 6 siècles. Avant la messe, les honneurs ont été rendus au lieutenant du 30è régiment d’Artillerie dont son frère Yves, dans ses dernières années, disait ceci : « après la guerre, je reçus une lettre d’un de ses sous-officiers qui avait été fait prisonnier et qui me donnait des détails sur la façon dont il avait été blessé. J’espère retrouver un jour cette lettre. D’après mon souvenir, Dani, après avoir donné l’ordre à ses hommes de partir dans une direction, était parti en sens opposé pour attirer sur lui le feu de l’ennemi ». Dans le monde troublé qui est le nôtre, nous pouvons confier au Seigneur tous ceux qui aujourd’hui défendent les couleurs de la France, risquant de tomber au champ d’honneur. Oncle Dani portait le sabre et le goupillon, fidèle à l’héritage familial, dans un esprit de service enraciné profondément dans sa foi. Une telle attitude doit pouvoir aussi nous éclairer dans nos combats contemporains sur les champs de bataille idéologiques.  

 

Je garde le souvenir des récits entendus dans mon enfance de la bouche de ma grand-mère ou de son frère Oncle Yves. Je vois encore, dans les albums que nous pouvions feuilleter avec les parents, des photos de famille avec oncle Dani en soutane ou en uniforme auprès des siens, et Papa me racontant ses souvenirs. D’autres photos le montrent aussi avec les jeunes de cette paroisse qu’il a tant marqués, tant au patronage qu’aux scouts. Celui d’entre eux qui vint à mon ordination épiscopale à Châlons il y a 4 ans ne peut pas ne pas avoir été marqué par l’abbé Jo ; sa présence m’avait bouleversé.

 

Pourquoi et comment une telle fécondité de son ministère ? Quand je vois les difficultés rencontrées par les prêtres aujourd’hui pour accompagner les enfants et les jeunes sur le chemin de la foi….  Saint Paul nous le dit, nous l’avons entendu dans la lecture de la première lettre aux corinthiens : ce qu’il y a de fou, de faible, de modeste, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est sage, fort, ce qui est. Et Jésus, dans l’Évangile selon St Matthieu, nous décrit le chemin : « si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive […] qui perd sa vie à cause de moi la sauvera ». Comme j’aimerais en être là ! Comme c’est difficile de ne pas se contenter de notre vaine gloire, mais d’aller toujours plus haut « in altum » ! en restant toujours petit et pauvre, humble, donné, enfant recevant du Père les grâces nécessaires !

Humblement, je crois pouvoir dire que nous avons en Daniel Joëssel une figure de sainteté. Son frère Yves l’écrivait en évoquant leur enfance : « on peut vivre à côté d’un saint sans en connaître l’âme ». Et l’abbé Pressoir, ancien supérieur de séminaire d’oncle Dani, le dit lui-même le jour où la dépouille du vicaire fut déposée, à la demande des paroissiens, dans cette église 9 ans après sa mort : « On avait parfois l’impression qu’on frôlait quelque chose qui ressemble beaucoup à de la sainteté. Et pas une sainteté morose » – « le secret de cette vie intense, c’était une piété profonde […] il aimait d’amour » – « Ne m’a-t-on pas dit que dans beaucoup de familles, sa photographie est à l’honneur près du crucifix ? » – « et voici que la glorieuse dépouille mortelle du prêtre tant aimé vous est rendue et va reposer dans votre église : insigne faveur et source de nombreuses grâces ». Sans tomber dans une hagiographie trop « merveilleuse », retenons tout de même ce récit de la prière à la maison. Ceux qui ont connu oncle Yves, son frère, y reconnaîtront l’humour Joëssel et l’imagineront en train de raconter : « Avant de nous mettre au travail, nous nous mettions à genoux et récitions ensemble un Pater et un Ave. Ce jour-là, l’institutrice fut tellement frappée par l’attitude angélique de Dani qu’elle me demanda de continuer à réciter des prières pendant qu’elle allait chercher ma mère pour lui faire contempler ce spectacle : je dus donc réciter un certain nombre de Pater et d’Ave avant que ma mère arrive. Sans se douter de rien, Dani qui avait 7 ans, continua à prier avec la même ferveur, alors que, personnellement, je trouvais cela un peu long ». Oncle Yves ajoutait un souvenir de 1919 : « Je me souviens que, frappé par l’attitude de Dani, j’avais dit à ma mère qu’il me semblait que Dani avait la vocation. Ma mère avait été d’autant moins surprise que Dani lui en avait déjà parlé ». Ou encore ceci qui nous fera sourire aussi : « Nous jouions à ce que nous appelions le tennis de table que nous pratiquions sur la table de la salle à manger dont les extrémités étaient en demi-cercle ce qui augmentait la difficulté. Nous étions à peu près de la même force et nous battions chacun à notre tour. Quand je perdais, je montrais mon mauvais caractère : qu’il perde ou qu’il gagne, Dani avait un large sourire qui augmentait mon exaspération ».

Voilà donc la source de cette fécondité : une sainteté simple et joyeuse, un grand rayonnement. Oncle Dani ne laissait pas indifférent. Il était, comme le dit le Cardinal Marty à Jean-Paul II il y a exactement 40 ans au Parc des Princes « un sportif de Dieu ». Nous pourrions en raconter encore beaucoup. Un magnifique travail de recherche d’archives a été entrepris et c’est très émouvant de lire les documents. Je voudrais pour terminer vous inviter tous à venir en pèlerinage ici sur sa tombe, pour lui demander les prêtres dont notre Église a besoin aujourd’hui pour un renouveau de foi, de charité et d’espérance. Nous porterons cette intention dans l’offrande du sacrifice eucharistique à l’autel même où l’abbé Joëssel célébrait la messe avec tant de ferveur. Oncle Yves nous y invite, je le cite pour terminer : il évoque une période très difficile de sa vie professionnelle pendant laquelle il a beaucoup souffert. Il habitait alors chez ses parents dans l’immeuble parisien où j’ai moi-même vécu pendant 7 ans, mûrissant là, avec les parents et les prêtres de St Pierre du Gros Caillou, ma vocation sacerdotale. C’était en 1932, et Oncle Dani était au séminaire. Il écrit : « Dani et moi n’étions pas porté aux confidences. Ce jour-là, je le rencontrai dans un couloir de l’appartement ‘tu sais, me dit-il, je prie pour toi’ – ‘Pas assez’ lui répondis-je. Or de cette minute, il s’opéra en moi un redressement auquel j’avais l’impression d’être étranger. Quand je sus, après sa mort, de quelles mortifications il accompagnait ses prières, j’eus des remords de l’avoir probablement fait souffrir. Mais maintenant, il m’arrive de le prier ».

Amen.

Chers amis, chers frères et sœurs,

Les Apôtres étaient réunis au Cénacle à Jérusalem, assidus à la prière. Voici 2 mois que nous étions réduits à prier et vivre notre foi dans nos cénacles domestiques, « Eglise à la maison », les uns en famille, les autres en solitude. Nous étions en communion les uns avec les autres, communion invisible, mais bien réelle par les liens de la foi, par notre consécration baptismale commune, en plus des réseaux sociaux et de notre radio diocésaine RCF que d’aucun ont pu ainsi heureusement découvrir.

Le grand coup de vent de la Pentecôte va libérer les Apôtres de leur enfermement et leur permettre de proclamer les merveilles de Dieu. Voici venu pour nous le temps de sortir, et de nous rassembler à nouveau. Dans notre diocèse, comme dans celui de Reims, de Soissons ou de Strasbourg par exemple, nous retrouverons nos églises le Dimanche de la Pentecôte, fête très symbolique de la naissance de l’Eglise et des débuts de l’évangélisation sous la motion de l’Esprit.

C’est cela qui nous intéresse. Peu importe le retentissement médiatique de notre « messe en voiture » à Madrid, Londres et jusqu’en Indonésie, peu importe les opinions exprimées par tel ou tel toujours prêt à critiquer sans jamais se lancer dans l’action, peu importe les incohérences de telle ou telle mesure de restriction de liberté. Finalement, l’essentiel, c’est que nous soyons là, formant cette assemblée sainte, le peuple de Dieu en route vers la vie éternelle.

C’est cela qui nous intéresse : vivre de la vie de Dieu. Notre participation à l’Eucharistie aujourd’hui nous oblige à porter du fruit de charité dans la vie quotidienne, à témoigner de notre espérance, à offrir la connaissance du vrai Dieu, révélé en Jésus son Fils mort et ressuscité répandant son Esprit dans nos cœurs. C’est cela la vie ! Et nous comprenons bien que, même s’il est légitime de tout faire pour soigner les corps et arrêter l’expansion virale, il est légitime aussi, et encore plus, de laisser chacun nourrir son âme de la vie de Dieu. Nous ne sommes pas que des corps à protéger d’un virus, mais aussi des âmes à guider vers la vie éternelle. Le fait de pouvoir désormais se rassembler dans nos églises et y célébrer le mystère chrétien ne peut que renforcer notre capacité à agir sur les corps humains et sur le corps social, sur la santé physique et la santé spirituelle et morale, sur le virus biologique et sur la contamination du péché.  Nous sommes avertis, dans les semaines et les mois à venir, des formes nouvelles de souffrance et de pauvreté vont apparaître et nous frapper de plein fouet. Nous sommes attendus pour tendre la main, secourir, relever, dialoguer. Les détresses et les cris des pauvres nous provoqueront. Retrouver l’Eucharistie après 2 mois de privation nous permet de découvrir son goût d’une façon nouvelle pour que cette nourriture irrigue nos vies, les transforme et nous rende forts pour agir dans le monde et le transformer. L’Eglise n’a pas le droit de manquer ce grand rendez-vous de la libération, de la renaissance, de la fraternité. Frères et sœurs, je compte sur vous tous.

 

Les Huiles que je vais bénir devant vous comme j’aurais dû le faire à la cathédrale pendant la Messe Chrismale au cœur de la Semaine Sainte, nous placent ce matin devant ce grand défi. Huile des malades pour soutenir les souffrants dans leur épreuve. Huile des catéchumènes pour fortifier les candidats au baptême dans leur combat spirituel et leur naissance dans la foi. Saint-Chrême pour consacrer les baptisés, les confirmés, les prêtres et évêques, les autels et les églises. Ces 3 Huiles Saintes nous invitent à porter dans notre prière les malades de cette pandémie et de tous les autres maux, ainsi que les soignants ; les catéchumènes dont le baptême a été reporté, les confirmands qui ont demandé à recevoir la force de l’Esprit-Saint pour devenir missionnaires. Ces Huiles que j’irai moi-même distribuer ensuite dans les paroisses nous sont données comme le signe que c’est le Seigneur qui guérit, qui mène le combat contre le mal, et qui nous sanctifie en faisant de nous ses enfants, ses témoins, ses porte-parole, ses ministres pasteurs de son peuple. Je le sais, vous ne voyez pas forcément grand-chose, mais nous sommes là, rassemblés. Comme les Apôtres réunis au Cénacle avec Marie, nous sommes là, dans nos cénacles motorisés, nos petites chapelles sur 4 roues. Invoquons maintenant l’Esprit-Saint afin qu’il vienne bénir et sanctifier ces huiles pour que ceux qui en seront marqués soient bénis et sanctifiés. Et nous tous baptisés, rappelons-nous que nous avons été lavés de tout péché, et marqués à jamais avec le Saint-Chrême, Huile parfumée. Ne gardons pas l’odeur du renfermé mais répandons la bonne odeur de Dieu.

Le confinement, c’est fini. On déconfine avec prudence. On part en mission avec audace.               

Amen. Alleluia

Chers amis, chers frères et sœurs,

Vous vous souvenez sans doute du jour de mon ordination épiscopale. C’était quelques semaines après les attentats du Bataclan. Il avait fallu mettre en place d’importantes mesures de sécurité et un filtrage très strict aux portes de la cathédrale. Aux autorités que je remerciais à la fin de la célébration, j’avais indiqué une faille dans le dispositif : le Saint-Esprit avait réussi à passer ! Rien ni personne n’avait pu l’empêcher d’être là et d’agir !

 

Les 2 mois de confinement que nous venons de vivre en ont fait à nouveau la démonstration : nous étions bien installés dans nos habitudes de vie, de consommation, de déplacements, sans aucune limite dans aucun domaine, et tout à coup, le monde s’est arrêté : 4 milliards de personnes confinées. La moitié de la population mondiale ! Nous, fidèles catholiques, avons obéi loyalement, appliquant les restrictions demandées à tous. Et ça a été dur ! N’est-ce pas ? Le Carême… encore, ça lui donnait une note de pénitence très concrète, mais les Rameaux, la Semaine Sainte, la fête de Pâques (la plus grand fête chrétienne) … rien, aucun office en public. On se souvient du Pape François, tout seul sur la place Saint-Pierre, invitant le monde à réfléchir, à se convertir, à vivre un véritable renouveau, quittant les vieilles habitudes pour entrer dans une vie nouvelle.

Eh bien, le Saint-Esprit…. personne n’a pu le confiner ! Aucune loi, aucun décret limitant l’activité cultuelle n’a pu freiner l’action de Dieu. Et personne ne le pourra jamais. Nous avons été témoins de tellement de charité et de dévouement, en particulier de la part des soignants qui ont accompli des miracles, si j’ose dire… mais aussi de tant d’autres qui ont su trouver les moyens pour rendre service aux personnes âgées, aux enfants, aux handicapés, aux migrants, aux sdf… ça changeait de l’égoïsme ambiant, du chacun pour soi. On a pu redécouvrir la beauté du silence que pourtant nous refusons, la vigueur de la nature que pourtant nous abîmons, la richesse de la famille que pourtant nous écartelons. Et nous, fidèles catholiques, nous avons su développer la charité de multiples façons, nous avons su trouver les moyens de prier ensemble de façon connectée grâce aux moyens numériques et à notre radio diocésaine RCF Cœur de Champagne qui vous permet de m’entendre dans vos voitures. Nous avons fait preuve de grande inventivité pour vivre ce temps du confinement, toujours avec un esprit civique et loyal.

 

Voici venu le déconfinement progressif et adapté. Et nous attendons le jour d’après … après le 2 juin… après 10 juillet … Toutes les voix officielles ont annoncé que le jour d’après ne serait pas comme avant. Facile à dire ! Mais comment faire ? A qui se référer ? Qui écouter ? Eh bien justement, je crois que la foi chrétienne est une expérience permanente de déconfinement. C’est le mystère du salut, le passage de la mort à la vie, que nous retrouvons à chaque page de la Bible, le livre le plus vendu au monde. Tenez par exemple : les hébreux retenus en Egypte par Pharaon. Sous la conduite de Moïse, ils vont sortir, traverser la Mer Rouge puis le désert pour aller en Terre promise. Ce n’est plus comme avant ! Ils ont été sauvés ! Et plus tard, toujours le peuple d’Israël, déporté à Babylone, va retrouver sa liberté, rentrer à Jérusalem, rebâtir le Temple. Ce n’est plus comme avant ! Ils ont été sauvés ! Et ces personnes qui rencontrent Jésus : ils sont paralysés, sourds, aveugles, lépreux… et ils repartent en portant leur brancard. Ce n’est plus comme avant ! Ils ont été sauvés !

C’est le mystère de Pâques, que nous n’avons pas pu célébrer ensemble cette année. Mais l’Alleluia a retenti partout dans le monde, car cette Parole de salut et de délivrance ne peut être confinée. Mort sur la croix, Jésus a été mis au tombeau. Malgré la pierre roulée et les gardes en faction, il est sorti du tombeau, vivant à jamais. C’est le déconfinement central de toute l’histoire de l’humanité. Plus tard, les Apôtres se sont enfermés par peur de devoir être mis à mort comme leur Maître et Seigneur. Le Saint-Esprit de la Pentecôte les fait sortir et proclamer les merveilles de Dieu. Et ce sont eux ensuite qui relèvent l’infirme de la Belle Porte et accomplissent tous ces signes. Ce n’est plus comme avant ! Ils sont messagers du salut. Je vous le disais, personne ne peut confiner le Saint-Esprit ni l’empêcher de renouveler la face de la terre.

 

Dans quelques jours, nous célébrerons la Pentecôte… dans nos églises enfin retrouvées … ou encore ici. Nous allons accueillir le Saint-Esprit. Jésus a promis de nous le donner. Et nous accomplirons les signes du Royaume dans ce monde blessé et terrassé par un petit virus invisible, nous annoncerons l’espérance à ceux qui n’en peuvent plus d’entendre les statistiques quotidiennes, nous construirons des ponts et pas des murs entre les personnes, nous serons artisans de paix au milieu des tensions et règlements de compte, nous tendrons nos mains et ouvrirons nos maisons à ceux qui auront perdu le peu qu’il leur restait encore dans ce monde violent et injuste. Et encore et encore …

Ce ne sera plus comme avant seulement si nous acceptons de laisser là nos mondanités, nos certitudes, nos rigidités, nos égoïsmes, nos stérilités, nos structures pesantes, nos intégrismes de tous poils, et de nous laisser guider par l’Esprit de Dieu… ce ne sera plus comme avant si nous choisissons de nous convertir tout simplement. Saint Paul nous le dit « Dépouillez-vous du vieil homme et de ses agissements, et revêtez l’homme nouveau » (cf Col ; 3,9-10). Et aussi « Voici le moment favorable, voici le jour du salut » (2 Co 6,2). Le déconfinement est un temps de conversion et de renaissance.

Prenez donc le temps de célébrer le sacrement de pénitence et de réconciliation d’ici la Pentecôte. Priez et agissez. Préparez vos cœurs.

Et dans quelques minutes, vous allez faire votre 1è communion…. La 1è après 2 mois de famine. Pensez au jour de la toute première. Recueillez-vous, communiez avec foi en recevant dans votre main, bien ouverte et bien à plat, le Corps du Christ. Dites « Amen ».

Par Lui, avec Lui et en Lui, demain ne sera pas comme hier. Soyez des prophètes de l’espérance !

Amen. Alleluia

Chers frères et sœurs,

Quelle joie ….de chanter ce soir l’Alleluia pascal dans la cathédrale. Quelle joie ! Ici, nous ne sommes que 10, en communion avec chacun d’entre vous à la maison, à l’hôpital ou à la maison de retraite : jamais, peut-être, nous n’avions tant éprouvé le besoin de le chanter, n’est-ce pas ? Le Carême exceptionnel que nous venons de vivre, temps habituel d’entrainement à la vie chrétienne, a été marqué profondément par l’épidémie et les mesures sanitaires de confinement. Nous nous sentons tous enfermés chez nous et éprouvons le désir de sortir, de retrouver les autres. Même si, nous le savons, cette situation va encore durer – et nous, chrétiens, mettons un point d’honneur à respecter les consignes – nous chantons ce soir la résurrection du Seigneur Jésus. La mort n’a pas et n’aura pas le dernier mot. Cette Bonne Nouvelle retentit comme le plus beau message qui puisse apaiser les angoisses, les inquiétudes, les deuils, les solitudes, les détresses. Le printemps arrivé ces derniers jours en est d’ailleurs une formidable image donnée par le Créateur.

Arrêtons-nous simplement sur quelques aspects de la liturgie de la vigile pascale :

La Lumière : le cierge pascal est au milieu de nous le Christ Lumière. Jésus nous dit : « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres. Il aura la lumière de la vie ». Au matin de Pâques, le 3è jour, Jésus se lève du tombeau comme le soleil levant. Il est vainqueur des ténèbres de la mort et nous ouvre les portes de la vie. Jésus nous éclaire sur le chemin de l’existence, il vient illuminer nos ténèbres. Il est et demeure le Ressuscité, la lumière éternelle.
Rappelons-nous que nous avons reçu cette lumière au jour de notre Baptême : nous sommes des « porte-lumière » et, plus encore, Jésus nous dit : « vous êtes la lumière du monde », nous précisant ainsi notre mission d’être des témoins de sa résurrection.

La Parole de Dieu : il est rare que l’on prenne le temps d’écouter toutes les lectures proposées par l’Église pour la vigile pascale. Le prétexte, avouons-le, c’est que ça va durer trop longtemps… « vous comprenez, on peut pas imposer ça aux gens ! »….En fait, c’est incroyable, ce que nous disons là : trop de temps ? Eh bien, nous avons pris le temps ce soir d’écouter Dieu nous parler. Nous avons ainsi marché avec le peuple d’Israël depuis la création jusqu’à la « nouvelle création » en Jésus ressuscité, nous avons compris comment se réalise la promesse du Seigneur pour son peuple. Et Dieu tient parole. Jésus est la Parole de Dieu. C’est lui qui nous parle. Cela vaut le coup de prendre le temps de l’écouter, pas seulement ce soir, mais chaque jour de notre vie. Rappelons-nous que nous avons reçu cette Parole, l’Évangile quand nous avons été baptisés pour qu’elle soit notre nourriture.

La Profession de foi : dans un instant, au baptistère, nous allons renouveler les engagements de notre baptême. Nous allons rejeter le péché et tout ce qui y conduit, puis redire notre adhésion à Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit.
Rappelons-nous qu’au jour de notre baptême, nous avons vécu cette conversion, ce retournement : avec nos parrain et marraine, nous nous sommes détournés du mal pour nous tourner vers Dieu. Ce choix est à refaire à chaque instant de nos vies. Pas seulement ce soir avec un cierge à la main, mais aussi dans la vie de famille, professionnelle, paroissiale, sociale.

L’Eucharistie : le sacrement du corps et du sang du Seigneur, institué par Jésus le Jeudi-Saint. Le ressuscité demeure ainsi présent au milieu de nous et il se donne à nous en nourriture. Ce repas est un avant-goût de ce que nous vivrons en plénitude dans l’éternité : chaque fois que nous mangeons le pain consacré, le corps du Seigneur, nous communions à la vie de Dieu. 
Rappelons-nous que, le jour de notre baptême, nous avons reçu ce sacrement, comme une promesse si nous étions tout-petit, ou juste après si nous étions adultes.
Nous l’avons vu, les 4 étapes de la liturgie de ce soir nous rappellent quelque chose d’essentiel de notre vie de baptisés. Alors, nos pensées et prières vont vers nos catéchumènes. Ils étaient 15 au début du Carême quand je les ai appelés officiellement. Ils ne seront pas baptisés cette nuit… Les circonstances m’ont amené à repousser la date de leur baptême à la vigile de Pentecôte. Ils seront confirmés aussi ce soir-là, et recevront l’Eucharistie pour la première fois. Leur démarche nous invite tous, nous les « vieux baptisés », à retrouver l’essentiel de notre vie chrétienne : il s’agit d’être disciple de Jésus et missionnaire de son Évangile. Être chrétien, ce n’est pas seulement partager des valeurs, comme on dit, (d’ailleurs il faudrait préciser lesquelles), ce n’est pas non plus appliquer une certaine morale, ou satisfaire à des obligations rituelles ; être chrétien, c’est ressembler au Christ, c’est mourir avec Lui pour renaître avec Lui. Le mystère de Pâques que nous célébrons depuis 3 jours est inscrit dans notre être tout entier. Notre vocation est de vivre de la vie donnée par Dieu. Dans ce temps de confinement, prenons le temps de réactualiser ou mettre à jour les grâces du Baptême, de la Confirmation et de l’Eucharistie, pour en vivre pleinement.

Enfin, frères et sœurs, au cœur de cette grande fête de la Résurrection du Seigneur, nous prenons dans notre prière toutes les épreuves, les nuits, les deuils et les blessures de l’humanité et de chaque personne humaine, tout spécialement ceux qui sont victimes de cette pandémie et ceux qui se donnent sans compter pour soigner et sauver des vies. Nous les mettons dans la Lumière du Ressuscité afin que tout soit transfiguré par sa victoire, et que le monde soit ainsi renouvelé. L’Évangile de la Résurrection est : dans la crise écologique, une parole d’espérance ; dans la crise sanitaire, une parole de guérison ; dans la crise économique, une parole de sagesse ; dans la crise morale, une parole de vérité ; dans la crise sociale, une parole de fraternité ; dans la crise internationale, une parole de paix. Et si c’était le temps de l’Évangile … ?… pour des transformations salutaires … !
Même s’il faudra attendre encore pour sortir, chantons donc Alleluia ici à la cathédrale, et chez nous à la maison, et chacun dans notre cœur. Le Christ est ressuscité. Il est vainqueur de la mort. Mettons notre foi en Lui ! Il est notre espérance ! et vivons de sa charité !

Amen. Alleluia

Chers frères et sœurs,

Voilà une expérience incontournable dans notre vie : la mort d’un être cher. Un époux ou une épouse, un enfant, notre père, notre mère, un ami, une collègue, un confrère… Dans le moment du deuil, nous prenons le temps d’être là, souvent dans le silence. Nous pleurons, nous prions, nous racontons, nous rions même parfois… Nous manifestons notre affection et notre amitié avec émotion. Puis vient le moment de la mise au tombeau. Instant grave, toujours impressionnant. Les mots nous manquent. Les regards, les gestes, les silences en disent plus long que des paroles maladroites.

Depuis presque 4 semaines, beaucoup de familles dans le deuil sont privées de ces gestes et témoignages d’affection. Déjà qu’elles n’ont pas pu dire adieu à la personne qui rendait difficilement son dernier souffle ! Sans pouvoir rassembler la famille et les amis, les obsèques sont célébrées dans une simplicité et une sobriété bouleversantes, en tout petit comité et à distance les uns des autres.

La liturgie grave et silencieuse du Vendredi-Saint nous invite à rejoindre nos amis et voisins marqués par le deuil, tous ceux qui portent leur lourde croix, qui crient vers le ciel « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Cette liturgie nous introduit aussi plus profondément dans le mystère de la mort de Jésus. Le prophète Isaïe nous décrit le serviteur souffrant : « il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche ». (Is 53,7) Cette préfiguration nous permet de mieux comprendre l’attitude de Jésus qui avance résolument vers sa mort, pas dans une démarche suicidaire, mais dans celle du sacrifice : « ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne »(Jn 10,18). Il ne se débat pas, il n’envoie pas les anges ou les gardes pour le délivrer, il ne répond pas à la violence par la violence, il fait le choix du silence. Il répond à peine au Grand Prêtre et à Pilate.  Et sur la croix, il prononce 7 paroles qui d’ailleurs, ont donné lieu à des œuvres musicales extraordinaires. Ces 7 paroles sont des prières « entre tes mains je remets mon esprit »(Lc 23,46), elles sont aussi des mots de pardon « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »(Lc 23,34), des mots de confiance « Voici ton fils, voici ta Mère » (Jn 19,26-27), des mots d’espérance « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis »(Lc 23,43).

À la fin du magnifique récit de la Passion dans l’Évangile selon saint Jean, nous voyons Joseph d’Arimathie prendre le corps de Jésus et le déposer dans le tombeau. « A l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne […] C’est là qu’ils déposèrent Jésus » (Jn 19,41-42). Et selon les autres évangélistes, on va rouler la pierre, et mettre des gardes devant, au cas où il aurait l’intention de sortir. Je revois les magnifiques sculptures Renaissance de la mise au tombeau déjà admirées à Semur-en-Auxois, Châtillon-sur-Seine, Chaumont et aussi dans notre basilique de L’Epine. Chaque fois, les visages de ces personnages grandeur nature expriment tant d’émotion spirituelle : simultanément l’infinie tristesse et la grande espérance.

Le confinement de Jésus dans le tombeau est pour nous tous un temps d’attente croyante. Ce n’est pas la fin de tout. A vue humaine, oui, pour les Apôtres, tout s’écroule. C’est d’ailleurs ce désarroi que ressentent beaucoup de personnes devant la mort d’un être cher, prostrés, là, silencieux devant la tombe où l’on dépose le cercueil. Frères et sœurs, nous le savons, le Seigneur avait annoncé à plusieurs reprises à ses Apôtres qu’il allait mourir et ressusciter : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera. » (Mc 10,33-34). Nous savons aussi que plusieurs fois, dans l’Évangile, Jésus offre une parole d’espérance à ceux qui sont frappés par la mort. Ainsi lorsqu’il arrive chez Jaïre dont la fille vient de mourir, il dit « ne pleurez pas ; elle n’est pas morte, elle dort » (Lc 8,53). Et aux amis de Lazare, il dit : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » (Jn 11,11). Dans la gravité de ce jour, dans ce profond silence, nous entendons Jésus, le Verbe éternel, la Parole de Dieu, nous dire à chacun la puissance de sa grâce et nous appeler à un acte de foi. « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jn 11,25-26)

En ce Vendredi-Saint, nous allons vénérer la sainte croix de Jésus. Chez vous, à la maison, grâce à la vidéo, ou si vous nous suivez par la radio seulement, je vous invite à regarder la croix du Seigneur. Elle est là dans votre salon ou votre chambre, elle est là sur l’autel de la cathédrale. Contemplez-la. Regardez Jésus. Et choisissez de vous convertir, de mourir à vous-même et à tous les agissements de l’homme ancien, comme dit saint Paul, pour renaître et revêtir l’homme nouveau ; choisissez de mourir au péché pour vivre de la vie même de Dieu. Vous qui êtes crucifiés par trop d’épreuves, de violence, de mensonges et d’injustice, regardez cette source de vie qui jaillit du cœur de Jésus : « un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau » (Jn 19,34). A cette source, puisez toute la force dont vous avez besoin pour avancer et pour formuler votre acte de foi, avec le disciple bienaimé qui écrit : « celui qui a vu rend témoignage et son témoignage est véridique, et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez » (Jn 19,35).

Vendredi-Saint…. Silence sur la terre aujourd’hui, et demain, Samedi-saint. Nous entrons dans le temps de l’Espérance.

Amen

Chers frères et sœurs,

Nous l’avons entendu dans le livre de l’Exode : les hébreux attendaient dans leurs maisons la libération de l’esclavage en Égypte. Selon le commandement du Seigneur, le sang de l’agneau marquant le linteau de leurs maisons fut le signe qui écarta le fléau frappant tout le pays : la dixième plaie d’Égypte.
A nous qui sommes confinés dans nos maisons pour échapper au fléau d’aujourd’hui, ce récit de la Pâque juive apporte quelques lumières en ce Jeudi-Saint où Jésus rassemble les Douze pour le repas de la Pâque. La plaie « covid19 » ne vient pas d’Égypte et ne frappe pas que l’Égypte, mais elle est là, et bien là, dans le monde entier. Nous vivons un temps d’épreuve au cœur d’un monde qui découvre tout à coup qu’il n’est pas tout-puissant. La crise mondiale est venue d’un virus, quelque chose d’infiniment petit : le monde qui courrait avec folie, entretenant toutes sortes d’illusions, détruisant petit-à-petit la planète et la biodiversité, croyant maitriser toutes les techniques et prétendant construire un avenir extraordinaire en se lançant dans le transhumanisme… ce monde s’est presque arrêté de vivre, terrassé par ce petit microbe invisible. Pharaon lui-même se prenait pour le maître du monde, avec ses garde-chiourmes, puis avec son armée, ses chars et ses chevaux. Mais dans la mer, ils furent stoppés net, engloutis, anéantis. Voilà que l’humanité découvre sa vulnérabilité. Oui, nous sommes fragiles.
Avec les philosophes des Lumières, les grandes idéologies marxiste et nazie, puis l’ultra-libéralisme et le règne de l’argent, et le libertarisme, Dieu a été chassé du paysage, tué, déclaré mort. Et l’homme est devenu maître du monde, sans limites de puissance et de jouissance. C’était la tentation d’Adam et Ève ! Benoit XVI déclarait en 2008 (je cite quelques lignes) : « En se débarrassant de Dieu et en n’attendant pas de Lui son salut, l’homme croit pouvoir faire ce qui lui plaît et se présenter comme seule mesure de lui-même et de sa propre action. Mais, quand l’homme élimine Dieu de son propre horizon, qu’il déclare Dieu “mort”, est-il vraiment plus heureux ? Devient-il vraiment plus libre ? Quand les hommes se proclament propriétaires absolus d’eux-mêmes et uniques maîtres de la création, peuvent-ils vraiment construire une société où règnent la liberté, la justice et la paix ? N’arrive-t-il pas plutôt – comme nous le démontre amplement la chronique quotidienne – que s’étendent l’arbitraire du pouvoir, les intérêts égoïstes, l’injustice et l’exploitation, la violence dans chacune de ses expressions ? Le point d’arrivée, à la fin, est que l’homme se retrouve plus seul et la société plus divisée et confuse. » Ces propos du Pape émérite sont d’une éminente actualité ! C’est l’épreuve de vérité. Le drame de la Passion se joue encore aujourd’hui dans notre monde. Et Jésus apporte le salut. C’est ce que nous célébrons ce soir, en communion de foi les uns avec les autres, nous qui attendons d’être libérés. Dieu s’est abaissé, anéanti, mis à genoux pour nous remettre debout. Lui, le Maître et Seigneur, lave les pieds de ses disciples ! Lui, le Roi, se fait serviteur ! Lui le Pasteur, devient l’Agneau si fragile conduit à l’abattoir ! Ce n’est pas une histoire du passé, ni une contine pour distraire les enfants. C’est l’Histoire de l’humanité, l’Histoire du salut. Ce soir, en contemplant Jésus à genoux par terre devant ses disciples ou dans la profonde et ténébreuse solitude du jardin des Oliviers, alors que ses propres disciples s’endorment, nous accueillons le grand mystère du salut. C’est la Pâque du Seigneur ! Nous entrons dans le grand silence de l’offrande et du sacrifice où Dieu va mourir pour que nous vivions par sa victoire. Le grand silence du confinement en est une image : nous y percevons le cri des malades ou des personnes âgées, les appels de détresse des soignants et le râle des agonisants. Après le confinement, il faudra revivre, mais d’une façon nouvelle.
Je vous invite tous à vous arrêter dans le silence ce soir chez vous, seul ou en famille. Mettez-vous à genoux, veillez et priez avec Jésus, et tâchez de tenir, pourquoi pas, une heure avec Lui, sans vous endormir comme Jacques et Jean. Offrez à Dieu cette souffrance, l’angoisse des malades et des pauvres qui subissent de plein fouet l’épidémie et ses conséquences. Faites silence ce soir. Entrez dans la Passion. Donnez votre vie. Faites cette offrande « pour la gloire de Dieu et le salut du monde » !
Et dans ce silence, redites au Seigneur votre acte de foi en sa présence. Certes nous vivons une sorte de famine eucharistique, ou au moins, un jeûne prolongé. Je sais votre souffrance de ne pouvoir vous rassembler ni communier. Il ne faudrait pas perdre le goût de cet aliment spirituel, le pain de la Vie éternelle. Je souhaite que ce jeûne forcé, qui va durer encore, fortifie et fasse grandir en vous la foi dans la présence réelle du Seigneur dans le pain et le vin consacrés. On est tellement dans la routine, avouons-le, on communie sans se poser de questions et sans que cela change véritablement notre vie. On ne sait même plus s’agenouiller devant ce mystère. On fait un geste banal avec des mains maladroites, on va à la messe quand on a le temps …. Et pourtant, le Seigneur Jésus est bien là : « ceci est mon corps » « ceci est mon sang ». Ce n’est pas un spectacle, un mime, une reconstitution, ou même un rite, une tradition, encore moins une dérive ou un délire. C’est une anamnèse : aujourd’hui, Jésus donne sa vie pour toi ! Saint Paul nous le dit : « Chaque fois que vous mangez ce pain et buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne ». Même si nous ne pouvons pas tous communier, Il est là, bien présent au milieu de nous. Il se donne à nous.

J’offre la célébration de la messe pour vous tous ce soir. Et je vous invite à communier spirituellement, à adorer dans le silence de votre chambre, à demander au Seigneur son amour infini, à lui exprimer votre faim, à lui rendre grâce pour ses bienfaits. Et vous qui êtes comme des brebis sans berger, dites merci aux prêtres, consacrés pour rendre Jésus présent dans l’Eucharistie : ce sont eux qui vous donnent son Corps et son Sang et qui donnent leur vie pour vous. Eux aussi souffrent, vous savez, d’être comme des bergers sans brebis.

Dites aussi merci aux diacres, consacrés pour rendre Jésus présent dans le service fraternel.
Jeudi-Saint…. Dans 3 jours, nous chanterons la résurrection, avec les cloches de nos églises à grande volée. Même si le confinement doit encore durer, je ne doute pas que ces célébrations si particulières nous fortifieront pour une vraie résurrection de notre vie chrétienne, familiale, paroissiale, sociale, un vrai renouveau de nos cœurs pour répondre à notre vocation de disciples missionnaires.

Amen.

Chers frères et sœurs,

« Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

Les rues de Jérusalem étaient pleines pour acclamer le Roi qui entrait dans la ville !

Elle est bien vide, notre cathédrale, c’est très impressionnant. Et pourtant, avec vous tous qui êtes confinés à la maison, ici dans la Marne ou ailleurs en France et dans le monde, à Châtillon sur Seine par exemple, et qui suivez la retransmission sur internet, facebook ou RCF, la même acclamation a retenti sous les voûtes magnifiques de notre église-mère. D’une façon très mystérieuse, je vous entendais chanter avec nous 4 lors de la procession d’entrée. Nous sommes réunis dans la prière, chacun avec le poids de la souffrance et de l’inquiétude, mais aussi avec la lumière de l’espérance chrétienne.

Nous entrons dans la Semaine Sainte, après un Carême bien particulier. Dès la 3è semaine, le confinement demandé à toute la population française nous a fait vivre une expérience de désert inouïe (pas encore 40 jours, mais ça pourrait venir !) : davantage de silence dans les rues et les cours de récréation, percé toutefois par les cris de douleur des malades et des mourants, et par les appels de détresse des soignants … une fraternité qui a pris un visage plus concret dans les multiples services à rendre pour faire les courses des personnes âgées ou accueillir les enfants du personnel médical ou d’autres personnes obligées de se rendre au travail… et aussi la privation des réunions, des assemblées et des sacrements, de nos équipes de lectio divina « A la table de la Parole », de nos chemins de croix le vendredi après-midi. Les catéchumènes appelés n’ont pu célébrer les scrutins et voient leur baptême reporté à la Pentecôte, si tout va bien. Je veux leur redire ici, en complément de ma vidéo, combien je pense à eux tout particulièrement.

Beaucoup de textes, prières, méditations circulent sur internet. Et c’est bien. Beaucoup de témoignages d’amitié aussi. C’est bien. Nos smartphones sont en surchauffe. Grande activité tout de même dans ce désert du confinement.

Ce Dimanche des Rameaux est pour nous le moment de nous arrêter un peu pour prendre du recul et regarder comment nous vivons ce temps exceptionnel, et comment nous pouvons vivre cette Semaine Sainte hors norme : n’est-ce pas l’occasion de nous demander quel rôle nous tenons dans le récit de la Passion … et donc dans le drame de souffrance et de mort que vit notre humanité aujourd’hui ?

  • Suis-je Judas qui ai trahi mon Maître et Seigneur en faisant mine de l’embrasser : après tout, derrière ma façade de disciple fidèle, peut-être que je m’accommode assez bien de ce manque de messe et de confession ?
  • Suis-je dans la foule, un de ceux qui hurlent et crachent : c’est facile de hurler sur les autorités, les institutions, et aussi sur l’Église, notre Église ?
  • Suis-je comme Pilate, en train de me laver les mains dans mon indifférence devant l’injustice et la souffrance, continuant ma petite vie bien tranquille chez moi comme si de rien n’était ? Et restant dans le déni devant la gravité de la situation … ?
  • Ou suis-je Simon de Cyrène, portant la croix des autres, me portant même volontaire, pourquoi pas, pour rendre service, venir en aide, soutenir les soignants… il y a tellement d’appels à saisir dans le cadre de cette mobilisation générale.
  • Suis-je Jacques ou Jean qui me suis endormi : spirituellement, je me suis peut-être mis en sourdine, en pause… et concrètement, j’ai tiré les volets un peu trop et je n’entends plus, je n’écoute plus les appels à l’aide …mais il ne faudrait pas que ça dure, je risquerais de ne pas me réveiller !
  • Suis-je Pierre qui jure de ne jamais laisser tomber Jésus et qui le renie pourtant à 3 reprises, qui recule devant les obstacles, les prises de parole courageuses, les actes de bravoure et de dévouement ?

Je le crois, cette période, avec ses souffrances et ses deuils, nous permettra providentiellement de renaître à une vie nouvelle. Et l’humilité sera nécessaire à tous et à chacun, et à la collectivité tout entière, pour repartir sur des bases saines, sans se croire si solide et si puissant. Il faudra être vigilants pour garder les réflexes de service et de solidarité, approfondir le sens de l’engagement social et civique, d’autant plus nécessaire que cette crise est et sera aussi sociale et économique. Il nous faudra aussi reprendre le chemin de nos assemblées, redécouvrir le goût et donc la foi en l’Eucharistie, présence réelle du Seigneur Jésus. Sans oublier de nous émerveiller ensemble devant la beauté de la famille, la dignité de la vie humaine à protéger et à sauver quoi qu’il en coûte.

Et je voudrais lancer un vibrant appel au cœur de cette liturgie : nous devons veiller au contact avec les personnes âgées, tout spécialement dans les EHPAD. Leur isolement est très lourd. Un véritable drame est à notre porte. Le téléphone existe. Mais aussi parfois des tablettes mises à disposition par le Département. Prenons du temps avec nos anciens.

Frères et Sœurs, cette Semaine Sainte, vivez-la saintement, non seulement par la prière et la liturgie le mieux possible, grâce aux retransmissions, mais aussi par la charité active en portant la croix de Jésus, la croix de l’humanité souffrante, la croix de nos malades et de nos soignants, la croix des mourants et de leurs familles.

Que vous en ayez aujourd’hui, ou plus tard après le confinement, accrochez les rameaux sur la croix que vous avez chez vous : ce n’est pas un gri-gri mais dites ainsi que la croix n’est pas qu’un gibet, elle est l’arbre de la vie ! Et ainsi préparons-nous à recevoir toutes les grâces de la résurrection.

Amen.

« Sois sans crainte, tu as trouvé grâce auprès de Dieu »

Des mots qui résonnent de façon curieuse, alors qu’angoisse, peur, inquiétude nous habitent. Nous découvrons l’ampleur du mal qui frappe des milliers de personnes, et aussi des soignants qui montent au front, tels de valeureux soldats sur le champ de bataille.

A nous, il est seulement demandé de rester à la maison. Certes, c’est un grand bouleversement par rapport à nos modes de vie en famille, en société, au travail, à l’école. Il nous faut apprendre de nouveaux comportements. Ça va durer.

Même pour notre vie de prière, la nourriture spirituelle, la vie sacramentelle. Que de renoncements, y compris pour la Semaine Sainte à venir. C’est du jamais vu !

« Sois sans crainte »

La salutation de l’Ange que nous reprenons dans le chapelet « je vous salue Marie » nous invite à redoubler de confiance en Dieu : « L’Esprit Saint viendra sur toi » répond-il à Marie qui demande « comment cela va-t-il se faire ? » les circonstances actuelles, si douloureuses soient-elles, nous invitent à redire notre foi au Dieu vivant, à Jésus Sauveur, à l’Esprit Consolateur.

Et si au moins, cette crise sanitaire, en plus de conduire à un examen lucide des choix politiques des dernières décennies et à une juste remise en question des prétentions humaines soi-disant modernes…, si cette crise pouvait provoquer en nous un sursaut, un déclic, une conversion !

Tiens, tiens, …on entend parler d’épidémie et de mort …et on se remet à prier…et on fait davantage attention au prochain…, et on renforce la solidarité entre tous…il faudra continuer après, quand on sortira de chez nous. Une fois les retrouvailles célébrées, il faudra comme pour des gestes d’hygiène, pour les circuits commerciaux, la vie de famille, …il faudra poursuivre et renforcer ce retour à Dieu.

Souvent les efforts de Carême retombent vite… là notre Carême très spécial devra continuer de porter du fruit.

« Sois sans crainte » …pourquoi ?

« Le Seigneur est avec toi ».

Cette fête de l’Annonciation nous permet d’accueillir ensemble l’Evangile, la Bonne Nouvelle. Pas beaucoup de bonnes nouvelles à la télévision en ce moment ! Nous avons cette Bonne Nouvelle à dire et à redire : Dieu est avec nous. Emmanuel !

Cet Evangile, nous l’offrons au monde, aux malades, aux mourants, aux soignants. C’est une parole d’espérance car Dieu a vaincu la mort. Jésus est ressuscité !

Prenons le relais de l’Ange Gabriel et annonçons cette nouvelle, disons notre foi, invitons à la prière et aux rencontres sur les réseaux.

Témoignons dans nos conversations téléphoniques, nos textos et nos échanges.

Chers amis, la tradition locale nous rapporte qu’il 620 ans, le 25 mars 1400, des bergers trouvèrent la statue de ND de l’Epine. Depuis, les pèlerins viennent de partout en pèlerinage.

En 1793, cette statue a été cachée pour échapper au pillage révolutionnaire.

En 1914, la basilique a été épargnée grâce à la foi du Capitaine d’Hangouwart qui au lieu d’exécuter l’ordre de la détruire, est venu y prier.

Ces jours-ci nous nous sommes tournés vers Elle, notre protectrice, notre Mère. Et nous continuerons chacun, au-delà de cette neuvaine.

Que Marie de Nazareth nous apprenne à écouter les appels du Seigneur, à y répondre avec foi et générosité, à donner au monde en souffrance l’Emmanuel, Dieu avec nous, à l’instar des Filles de la Charité, les Sœurs de St Vincent de Paul qui renouvellent aujourd’hui, comme chaque année le 25 mars leurs vœux religieux, les Sœurs de l’Annonciation de Bobo Dioulasso, et les Sœurs de Bon Secours dont la congrégation fut fondée le 25 mars 1840.

Toutes, elles nous disent aussi que, annoncer l’Evangile, c’est selon les mots de St Vincent de Paul « savoir quitter Dieu pour Dieu », c’est-à-dire : quitter la prière pour servir les pauvres.

Et si nous étions tous des Filles et Fils de la Charité ? ! des frères et des Sœurs de Bon Secours ? des frères et des Sœurs de l’Annonciation ?

Amen.

Chers frères et sœurs,

Pourquoi Dieu impose-t-il au peuple de l’Exode, à peine libéré des eaux de la Mer Rouge, le passage par « le grand et terrible désert » sur la route vers la Terre promise (Dt 1,19) ? Pourquoi dans les évangiles, l’Esprit Saint pousse-t-il Jésus au désert, avant qu’il ne commence sa prédication (Mc 1,12) ? Pourquoi faut-il que, chaque année, pendant le temps du Carême, l’Église entraîne les baptisés et les catéchumènes dans le désert avant de célébrer la Pâque du Christ ?

Laissons de côté les visions romantiques qui transforment le désert en un lieu de haute et belle inspiration poétique. Laissons aussi les magnifiques émotions d’Ernest Psichari dans « le voyage du centurion ». Dans la Bible, le désert s’impose aux hommes comme une terre ingrate, stérile (Is 6,11), chaotique (Jr 2,6), repère de bêtes sauvages et de démons (Is 13,21). Le désert, terre du dénuement et de la soif, est le lieu d’une redoutable épreuve. Il prend les airs d’une malédiction. Le passage par le désert est une expérience rude pour les croyants.

Le peuple de l’Exode va pourtant séjourner 40 années dans le désert hostile. Jésus habitera le désert pendant 40 jours dans des conditions extrêmes. Et nous sommes appelés, nous aussi, à persévérer 40 jours dans le désert symbolique du Carême. En quoi ce passage au désert est-il, aux yeux de Dieu, un passage nécessaire pour les croyants ? Quel sens ce passage a-t-il pour les catéchumènes à quelques semaines de leur baptême célébré pendant la vigile pascale ? Qu’est-ce donc qui est en jeu dans cette traversée spirituelle ? Que nous dit-elle de décisif sur notre humanité et notre vie chrétienne ?

Dans l’immensité du désert, l’homme s’éprouve démuni. Il se sent particulièrement vulnérable et petit. Dans ce monde étrange et vide, il perd ses repères et ses points d’appui. Il est comme mis à nu et prend conscience de sa solitude. Il ne peut plus échapper à sa pauvreté. Et cette confrontation lui fait souvent peur. Pensons à toutes nos expériences personnelles où nous avons éprouvé nos limites, nos échecs, notre pauvreté, notre mortalité… On parle de « traversée du désert », n’est-ce pas ? Expérience éprouvante de notre propre finitude. Inquiétude insupportable, qui peut nous conduire à des voies sans issue ou à l’illusion de pouvoir être délivré de la fragilité.

Ce fut l’expérience des fils d’Israël qui récriminaient contre Moïse à cause de la faim et de la soif. Le peuple n’oublie pas qu’en Égypte, il était réduit en esclavage, mais, enfin, il avait de quoi manger ! Israël est tenté de préférer l’esclavage à sa liberté … le prix de celle-ci lui semble trop cher à payer. Il est tenté aussi d’adorer des idoles. Il se prosterne devant un veau d’or, un dieu misérable remplaçant. Et il espère que ce dieu marchera devant lui pour le sortir enfin du désert. Il cède à la tentation de se révolter contre Dieu, de choisir et d’adorer un autre dieu, de regretter le passé et de faire marche arrière. Mais ce ne sont là que des mirages !

Expérience que Jésus vit lui aussi : dans le désert, Satan tente de le séduire. D’une certaine manière, Jésus revit symboliquement la traversée de l’Exode. Le tentateur cherche à lui faire miroiter, tel un mirage, le rêve d’échapper à sa condition humaine bien difficile, marquée par la faim, la soif, le manque et la pauvreté. S’il est vraiment le Fils de Dieu, ne mérite-t-il pas la toute-puissance et la gloire ? Tout cela, le diable prétend lui offrir à condition qu’il se prosterne devant lui. Mais, Jésus refuse de tomber dans le piège.

Confrontés au désert dans nos vies si fragiles, nous connaissons nous aussi les tentations d’en finir avec les limites de l’existence humaine. Parfois nous refusons de vivre, nous régressons ou nous nous abandonnons à des forces illusoires qui prétendent nous extraire de nos difficultés. À l’image du peuple hébreu au désert, nous crions notre misère, nous nous révoltons contre Dieu, nous nous tournons vers des idoles, nous nous évadons dans toutes sortes de fuites ou d’addictions. Comme pour Jésus dans l’Évangile, Satan renouvelle sous de multiples formes sa proposition de nous transformer en petits dieux sans limites.

L’épreuve du désert nous place devant un appel exigeant : accepter que nous ne sommes pas Dieu et que nous avons besoin de Lui, car tout vient de Lui. Le temps du Carême nous invite à la conversion : c’est le temps favorable pour quitter notre orgueil, nos désirs d’immortalité́ et de toute-puissance, et pour nous laisser accompagner par Dieu dans notre vie.

Chers catéchumènes, comme je vous l’ai écrit à chacun, je vais vous appeler aujourd’hui. Et dans 40 jours, au terme de ce Carême, vous serez baptisés, plongés dans l’eau de la mort pour en ressortir vivants en Jésus-Christ. Vous serez unis à Lui qui est passé par le désert du mal et de la mort et qui nous ouvre à la vie éternelle. Vous recevrez le pardon de tout péché. Vous serez lavés, purifiés. Et vous ressemblerez à Jésus.

Chaque jour, unis dans l’Église, les baptisés se laissent transformer par l’amour du Christ, plus grand que leurs haines, leurs fautes et leurs infidélités. Par la marque de l’Esprit Saint reçue dans le sacrement de la Confirmation, qui leur donne le courage et la force de vivre en témoins, ils sont envoyés dans le monde pour annoncer la victoire de Dieu sur la mort. Chaque dimanche, les baptisés se nourrissent de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Ils deviennent un seul corps, l’Église, Corps du Christ.

L’espérance, enracinée dans la foi reçue au Baptême, donne aux chrétiens le courage de traverser les déserts de chaque jour. Elle leur donne la force d’accepter leurs limites et de reconnaître, dans leur pauvreté, la présence du Seigneur. Il est l’ami fidèle qui les guide vers la Terre promise de la vie éternelle.

Peut-être avez-vous connu cette grâce de croiser un jour quelqu’un qui vient de traverser le désert de la maladie, du chômage ou de la solitude. Vous auriez parié que, face à l’épreuve, il aurait fini abattu, démissionnant, ne croyant plus à rien ni à personne tant l’épreuve était rude, bouleversante, insensée. Et vous le voyez maintenant, marqué encore, certes, par la dureté de la traversée du désert. Mais c’est comme une autre densité de vie, une nouvelle et mystérieuse clarté dans l’existence, un renouveau de la foi, plus profonde, plus lucide et plus courageuse. Une vraie résurrection.

Cette expérience de la renaissance de la vie grâce à Dieu, je l’ai lue dans certaines de vos lettres, et je me suis émerveillé devant la puissance de l’Esprit-Saint à l’œuvre dans vos vies. En ce temps de Carême, temps du désert, avec l’Église, vous voici invités à scruter votre existence pour y reconnaître vos limites et ce qui doit être guéri en vous. Nous vous accompagnons dans la préparation de vos cœurs. Nous prions pour vous. Accueillez le Christ mort et ressuscité qui vient vous libérer du pouvoir du mal et de la mort, et vous faire vivre de sa vie pour toujours.

Bonne marche dans le désert vers Pâques ! Amen.

Fête de Saint Vincent – Samedi 18 janvier 2020 – Épernay

Mesdames, messieurs, Chers amis, chers frères et sœurs, chers confrères et consoeurs,

C’est une joie immense pour moi d’être présent aujourd’hui pour cette grande et belle fête de Saint Vincent qui rassemble toutes les confréries. Moi-même, venu de Bourgogne il y a 4 ans pour être votre évêque, suis tellement heureux de retrouver ici cette noble tradition populaire, comme j’aime le faire aussi dans les villages. Le vin, ici, recèle des accents exceptionnels, peu familiers aux bourguignons, et il donne aux retrouvailles, aux fêtes familiales, aux réceptions officielles, un accent tout particulier. Je ne peux, vous me pardonnerez, délaisser les Chambertin, Corton, Pommard ou Meursault dont les noms prestigieux résonnent aussi dans le monde entier, mais très différemment. En tant qu’ambassadeur des vins de Champagne, puisque l’archiconfrérie m’a fait l’honneur de m’admettre en son sein il y a 2 ans, je ne manque pas une occasion, je vous assure, de vanter la grandeur et la royauté du Champagne.

Si les vendanges de cette année ont été très intéressantes, malgré les gelées tardives et les très fortes chaleurs de l’été, le climat social dans notre cher pays a été nettement moins bon, et nous ne savons toujours pas quelle sera la vendange en ce domaine…Voilà 14 mois que l’agitation, les tensions et aussi la violence se sont installées, souvent de façon bien désolante et déplorable. La crise sociale est profonde, le dialogue difficile voire impossible, les mesures annoncées ou décidées semblent impuissantes pour apaiser. Le peuple est en révolte, et il importe que chacun, dans le cadre de ses responsabilités, prenne le temps d’écouter, de comprendre pourquoi, et de chercher comment contribuer à davantage de fraternité. Partout, on nous parle de solidarité, de dialogue, de cohésion, de partage, de tolérance, et il semble que l’esprit d’une véritable fraternité soit en train de nous échapper.

Certes, il y a des différences parce que nous n’avons pas la même histoire, la même éducation, la même culture. Et pourtant, nous sommes capables, comme à toutes les étapes de l’Histoire de France, l’histoire de nos villages et de nos familles, de nous réunir pour parler, nous soutenir et construire ensemble. La fête de Saint Vincent en est une belle illustration. Nous n’avons pas les mêmes parcelles, les mêmes superficies, nous ne travaillons pas tous la vigne de la même façon, nous sommes propriétaires, récoltants, manipulants, négociants, l’un ou l’autre, l’un et l’autre, nous sommes héritiers d’une longue lignée ou installés plus récemment, … nous voici rassemblés les uns les autres dans cette église Notre-Dame d’Épernay après le grand défilé dans l’avenue de Champagne sous nos bannières et statues du même saint. Nous formons une et une seule assemblée pour vivre en communion un moment important de notre fête de Saint-Vincent, celui de la messe pendant laquelle nous écoutons le même Évangile et pouvons recevoir le Corps du Christ en nourriture et son Sang en boisson, si nous y sommes prêts intérieurement. Cet instant est celui de la fraternité véritable, construite autour de Jésus le Sauveur, et enracinée dans la foi des Apôtres transmise de génération en génération dans nos familles. Les chrétiens que nous sommes, pour la plupart je pense, devons relever ce défi de la fraternité au cœur d’une société où les liens se délitent, chacun tirant la couverture à soi et cherchant ses intérêts particuliers. Nous avons entendu le prophète Isaïe nous rappeler la promesse de Dieu qui est d’établir cette fraternité solide et durable. Pour l’exprimer, le Seigneur nous donne l’image d’un loup et d’un agneau réunis, d’un léopard et d’un chevreau couchés près l’un de l’autre, du veau et du lionceau nourris ensemble conduits par un petit garçon, de la vache et l’ourse dans la même pâture, du nourrisson jouant sur le nid du cobra ou le trou de la vipère… Vous avez entendu ! impensable à vue humaine, et pourtant c’est la promesse de Dieu. Nous qui sommes tantôt un agneau tantôt un loup, tantôt un nourrisson tantôt une vipère, comment allons-nous relever ce défi de la fraternité ? Alors que la crise écologique révèle notre responsabilité dans la dégradation de la planète et génère des mouvements de désespoir et de catastrophisme, … alors que le Parlement étudie un projet de loi qui va, dans un déni incroyable de la réalité de la sexualité et de la procréation, détricoter tout le lien familial des vraies paternité et maternité, … alors que les débats actuels sur les retraites révèlent des manquements à la véritable solidarité entre générations, nous sommes invités à nous engager résolument pour travailler ensemble à la vigne du Seigneur, dans la recherche du Bien commun. Il nous faut pour cela puiser dans le trésor de la foi chrétienne qui est une parole de salut, de délivrance, de libération. Nous croyons que Jésus, Dieu parmi nous, est mort sur la Croix pour le pardon des péchés. Nous croyons que, par sa résurrection au matin de Pâques, il nous ouvre les portes de la vie éternelle, là où le loup et l’agneau sont réunis, où l’enfant joue sur le trou de la vipère. Frères et sœurs, notre passion commune pour le vin de Champagne nous démontre la capacité de tous et de chacun à travailler ensemble pour le bien commun et pour une vie plus fraternelle. Les forces humaines ne suffiront pas, les plans politiques, les mesures sociales, les allocations de toutes sortes, ne suffiront pas à apporter cette fraternité durable. L’Évangile est la Lumière à déployer pour éclairer tous ceux qui doutent et désespèrent. Cette Parole de Dieu est semée dans les cœurs, nous venons de l’entendre. Il y a des cœurs tendres prêts à l’accueillir, mais aussi des cœurs pleins d’épines ou de rocailles… le vigneron chrétien ne fait pas un Champagne chrétien meilleur que les autres, mais, éclairé par l’Évangile et fortifié par sa prière et le soutien de l’Église, il va travailler sa vigne, fait vivre sa famille, participe à la vie coopérative, favorise l’entraide, nourrit le dialogue, dénonce les injustices, protège la création de Dieu… c’est cela la fraternité dont notre société a soif. Un défi à la portée de chacun, de chaque personne de bonne volonté. Pas à coup de volontarisme et de prétention, mais avec humilité et pauvreté pour nous laisser conduire par le Seigneur.

Pour conclure en évoquant le sacrement de l’Eucharistie que nous allons maintenant célébrer, je voudrais évoquer 2 points : tout d’abord, très simplement rapidement mon récent voyage au Vietnam, en visite chez les religieuses qui ont établi une communauté ici à Épernay en 2011. Les catholiques vietnamiens qui n’ont pas de sécurité sociale ni de retraite ni le droit de grève, vivent sous un régime communiste de surveillance étroite après que leurs aïeux ont vécu le sang, le lavage de cerveau et la mort. Ils ont gardé la foi, chevillée au corps. Et nous, volant dans le grand vent de la liberté et du bonheur éphémère, avons tout laissé tomber. Et on s’étonne ! Quelle espérance chez les catholiques du Vietnam, quelle ferveur, des vocations en très grand nombre, les enfants et les jeunes proclamant la foi et participant à la messe dans des églises pleines…. J’évoque aussi le Père Albert Mathieu dont je célébrais les obsèques ce matin. Ambassadeur des vins de Champagne, grand érudit, conteur inimitable de l’Histoire du Champagne, ancien curé de Pierry et Moussy. Il écrivait le soir de son ordination en 1948 : « demain ce sera la 1è messe, le cœur à cœur avec la voix de Dieu, l’hostie mon corps, le vin mon sang. Que ce soit la concrétisation de mon ordination, de mon sacrifice ». Il disait ainsi sa foi en l’Eucharistie, présence réelle du Seigneur, Pain de vie éternelle et vin du Royaume. Il formulait ainsi le don de lui-même en imitant Jésus et faisant de son corps, de sa vie toute entière, un vin précieux de charité. Il doit sourire de là-Haut, lui qui peut goûter le vin de la charité divine, le vin de l’éternité. Même lui nous dit aujourd’hui, j’en suis certain, que ce vin est encore bien meilleur que le Champagne ! Il nous apprenait à nous approcher avec foi de ce grand mystère qui nourrit notre vie et lui donne tout son sens.

Que saint Vincent nous apprenne à recevoir notre vie de Dieu et à la donner aux autres. Ainsi nous porterons du fruit pour une vendange de charité sur le monde entier. Amen.