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Blason

Le Dimanche 9 juin 2019, solennité de la Pentecôte, Monseigneur François Touvet publie les nominations suivantes qui concernent les prêtres et prennent effet au 1er septembre 2019 :

  • Avec l’accord de Monseigneur Dominique REY, évêque de Fréjus-Toulon, l’abbé François-Régis FAVRE est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Remi (Épernay) et Saint-Benoit (Côteaux Sud d’Épernay).
  • Avec l’accord de Monseigneur Paul OUEDRAOGO, archevêque de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), l’abbé Edouard Kalo SANOU est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Antoine/Saint-Martin (Châlons Nord) et Saint Jean XXIII (Châlons Rive gauche).
  • Sur proposition de Don Paul PREAUX, Modérateur Général de la Communauté Saint-Martin, Don Martin BONNASSIEUX est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Etienne (Châlons centre), Saint-François-de-Sales (Les Mothées) et Sainte Marie (Sources de la Vesle)
  • L’abbé Claude VIGNIER est autorisé à prendre sa retraite. Il réside à Sézanne.
  • Avec l’accord de Monseigneur Rosario VELLA, évêque d’Ambanja (Madagascar), l’abbé Théophile JAOFENO achève sa mission dans le diocèse de Châlons le 31 août 2019, et recevra une mission dans son diocèse.
  • Don Clément de MONCK d’UZER, ordonné prêtre le 29 juin 2019, est envoyé en mission par Don Paul PREAUX, Modérateur Général de la Communauté Saint-Martin, à Chinon (diocèse de Tours).

Le dimanche 10 février 2019, Mgr Touvet a nommé, en la chapelle de l’abbaye d’Andecy, l’équipe pastorale pour la conduite de la paroisse St Alpin du Surmelin :
curé : Père Matthieu Ouoba
délégué pastoral : M.Philippe GRUSON
veilleur pour la prière et la liturgie : M. Bernard Lisch
veilleur pour l’annonce de la foi : Mme Blandine Pigeon
veilleur pour la justice et la solidarité : Mme Anne Filiette
intendant : M. Jean-Pierre Fayet

  • Mgr TOUVET a reçu la lettre de remerciements suivante :
    Monseigneur,
    Je m’empresse d’accuser réception de la somme de 5.395,00 € que vous avez bien voulu faire parvenir comme contribution de votre diocèse pour le denier de Saint-Pierre.
    Je désire vous transmettre la profonde gratitude du Saint-Siège pour ce nouveau et généreux geste de communion et de solidarité ecclésiale.
    En vous assurant de ma prière pour vous-même et pour votre communauté chrétienne, je vous assure, Monseigneur, de mon cordial dévouement dans le Christ.
    Luigi Ventura
    Nonce apostolique

  • Décès du père Pierre Van der BORGH, prêtre du diocèse de Châlons
    Il est entré dans la Maison du Père le 18 avril 2019, Jeudi Saint, dans sa 89e année et la 60e année de sa vie sacerdotale.
    Il fut successivement vicaire à La Chapelle Lasson, à Pargny sur Saulx, à Épernay puis curé à Pargny sur Saulx.
    Depuis plusieurs années il s’était retiré à Amersfoort au Pays Bas.
    Ses obsèques ont été célébrées le 24 avril 2019 à Blaricum (Pays-Bas) où il a été inhumé.
    Monseigneur François Touvet célébrera une messe à son intention le vendredi 14 juin 2019 en l’église de l’Assomption à Pargny sur Saulx à 16 h 30
  • Le casuel

    Rappel :

    Conformément à la circulaire de Mgr TOUVET en date du 1er juillet 2018, les offrandes indiquées aux familles pour la célébration des baptêmes, des mariages et des funérailles, sont les suivantes :

    • Baptêmes : entre 50€ et 150€
    • Mariages : entre 200€ et 500€
    • Funérailles : 180€ ou plus

    Les feuillets réalisés par le SEDICOM sont disponibles à l’évêché pour les paroisses et les pompes funèbres.

    Ils doivent être donnés aux familles avec une enveloppe-réponse pré-imprimée disponible aussi à l’évêché.

    Ces mesures concernent tout le diocèse et doivent être appliquées comme telles.

    Il est demandé que les familles établissent un chèque du montant total de leur offrande au nom de la paroisse.

    Orientations pastorales et missionnaires

    Lettre pastorale Disciples missionnaires

    Orientations diocésaines pour la célébration des funérailles

    En vue des visites pastorales, vivre la joie de l'Évangile

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    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Assomption de la Vierge Marie -Basilique Notre Dame de L’EPINE

    Assomption de la Vierge Marie -Basilique Notre Dame de L’EPINEChers frères et sœurs,

    Vous vous souvenez, le lundi saint cette année : nous avons été plongés dans une stupeur sans pareille en découvrant sur nos écrans le violent incendie qui ravageait la cathédrale Notre-Dame de Paris : l’émotion suscitée par ce drame a été très large, et elle s’est accrue, en tout cas dans mon esprit, lorsque nous avons constaté ce vaste élan de prière et de dévotion envers Notre-Dame, qui rassemblait des personnes de toutes conditions, plus ou moins religieuses et catholiques, dans le même mouvement : chacun se tournait vers Elle ! Bien sûr, nous avons entendu et suivi ensuite les débats sur sa reconstruction, avec toutes sortes de lamentables tentatives de récupération de ce qui reste et restera une église. L’archevêque de Paris l’a dit et répété haut et fort en des termes comme ceux-ci : « Ne reconstruisez pas la cathédrale sans les chrétiens pour en faire un musée ! Car sans le Christ, pierre angulaire et clé de voûte, sans la foi des chrétiens qui donne vie et sens à la grande nef, cette église tombera en ruine ».

    Cet incendie était-il un signe pour les temps d’aujourd’hui ? Nous le savons bien, le Président de la République devait prononcer ce soir-là une allocution télévisée si importante pour annoncer à tous des mesures et décisions devant résorber la crise dite « des gilets jaunes » ; il a tout annulé et reporté. La réponse à cette crise semblait donc être celle-ci : tournons-nous vers Notre-Dame, pas le monument, pas le bâtiment en feu, mais comme les bâtisseurs des cathédrales, vers Marie, la Sainte Mère de Dieu, l’Immaculée, notre Mère du Ciel qui veille sur nous et intercède pour nous, nous guide et nous protège.

    Marie est la sainte patronne de la France. Je le crois, c’est Elle qui peut et pourra nous relever la tête, à nous, peuple de France déchiré par tant de luttes idéologiques, muselé par un prêt-à-penser liberticide, et envahi par un grand manque de confiance. Plus que toutes les recettes politiques et sociales, plus que tous les G7, G20 et autres grands sommets internationaux, c’est la foi et la sainteté qui sauveront le monde de tous ces conflits, de toutes ces menaces (américaine, russe, chinoise, iranienne ou islamiste) sur l’équilibre mondial, de toutes ces révélations sulfureuses dans les milieux de la politique et du cinéma, et des risques du dérèglement climatique (sans catastrophisme). C’est la foi et la sainteté qui sauveront l’Europe de la crise interne qui vient déchirer son emblème d’unité et de communion entre les peuples, à cause du primat accordé à l’argent et au profit, au détriment de la personne humaine. C’est la foi et la sainteté qui permettront à la France de retrouver le chemin de sa vocation de Fille ainée de l’Église. C’est encore la foi et la sainteté qui sauveront l’Église, notre Église, des troubles profonds et des souffrances engendrés par tant de scandales et d’abus en tous genres.

    Oui, Notre-Dame brûle et des quatre coins du monde, on se tourne vers Elle. Tout s’écroule et l’image de la Vierge Marie apparaît au milieu des poutres calcinées, du plomb fondu et des tas de pierres tombées de la voûte. Elle est la Vierge qui terrasse le dragon de l’Apocalypse, elle est celle qui participe à la victoire du Sauveur sur les puissances du mal et de la mort. Ce combat est en cours chaque jour dans nos vies et dans notre monde… et l’Écriture nous assure de la victoire.

    En la couronnant tout à l’heure selon le privilège accordé par le Pape Léon XIII à l’évêque de Châlons en 1890, nous avons exprimé que nous la choisissons comme Reine et Mère. Elle est pour nous la Mère de l’espérance. Je vous invite à le redire dans votre cœur : je te choisis, Sainte Vierge Marie, comme ma Reine et ma Mère !

    Alors ? Suivons les pas de Marie qui vient visiter sa cousine Élisabeth : dans cette rencontre de la Visitation, Jésus s’approche de Jean-Baptiste, c’est le Sauveur qui vient visiter l’humanité. La Nouvelle Alliance déploie un immense mystère d’amour et de grâce au secours de l’ancienne alliance si fragile. L’humanité blessée par le péché accueille et reçoit son sauveur qui va l’arracher à la mort par sa propre mort et la grandeur de son sacrifice. Marie justement est associée à cette victoire, d’abord en versant les larmes de la Pietà, et aussi par son Assomption qui inaugure l’assomption de l’humanité vers la sainteté et la communion bienheureuse dans le ciel. Fêter l’Assomption de la Vierge Marie, c’est se plonger au cœur du mystère pascal auquel nous sommes associés par notre baptême. Nous qui étions morts à cause de nos fautes, nous voilà vivants en Jésus ressuscité. Marie est notre Mère et nous précède dans cette Pâque, d’une façon toute particulière, parce qu’Elle fut préservée du péché : nous le croyons, dès l’instant de sa mort, elle entre dans la gloire de son Fils.

    Chers frères et sœurs, il nous faut poursuivre le combat, celui contre le dragon, et Marie nous apprend à lui écraser la tête. Comment ? De 3 façons :

    En priant Marie: le chapelet, vous connaissez ? Pratique désuète ? Rite du passé ? Dévotion ridicule ? Tous ces slogans ne mènent à rien sinon à la sécheresse spirituelle. Le Pape François insiste avec force sur la dévotion populaire, la prière des petits et des simples, la prière des enfants. Le chapelet, nous l’avons prié hier soir au cours de cette magnifique procession aux flambeaux qui sera renouvelée chaque année, le chapelet c’est justement la prière des pauvres qui ne savent pas prier autrement, la prière des pèlerins qui, usés par la route, répètent inlassablement l’Ave Maria, la prière des malades qui n’ont plus d’autre force que de redire la salutation de l’ange. C’est la prière de tant et tant de personnes qui, de passage ici dans la basilique, font brûler un cierge et formulent le « Je vous salue Marie » car ils l’ont en mémoire.





    Marie nous apprend à écraser le dragon d’une deuxième façon : en accueillant en nous la présence du Verbe fait chair: déjà en écoutant la Parole de Dieu, en méditant son Évangile dont les mystères du Rosaire (joyeux, douloureux, lumineux, glorieux) sont des petits tableaux de contemplation.





    Et aussi en communiant à la sainte Eucharistie. Ce n’est pas accessoire dans la vie d’un chrétien, ce n’est pas quand on a le temps, car c’est une nécessité vitale : se nourrir de la vie de celui qui a vaincu la mort, s’abreuver de sa grâce, voilà qui nous permet de tenir bon et ferme dans la foi, et de donner le témoignage de la charité. J’étais au Burkina Faso il y a 10 jours : les églises sont pleines et les prêtres vont donner la communion à l’extérieur !







    Enfin Marie nous apprend à écraser le dragon en donnant Jésus au monde: la Mission nous attend, le monde n’attend pas. Il a faim et soif d’amour. Alors qu’on voudrait nous imposer des mœurs étrangères au cadre de la Création, des modes de procréation qui écartent la paternité et ouvrent le champ au commerce de cellules humaines et aux bébés OGM, alors qu’on nous annonce climatiquement la fin du monde sans perspective de salut et sans aucune espérance… à nous de prendre la parole pour dire ce que nous croyons du sens de la vie, de la valeur de la cellule familiale, de la dignité de la personne, de la grandeur de la procréation, de la de l’écologie intégrale, de la liberté religieuse, de l’éducation de la jeunesse. A nous de témoigner de notre foi. A nous de donner et redonner l’espérance.

    En venant en pèlerinage ici aujourd’hui invoquer ND de L’Épine, protectrice de la Champagne, nous retrouvons cette attitude profondément ancrée dans l’esprit de nos concitoyens et de nos aïeux à travers les siècles, et dans l’âme française : nous croyons au salut, à la victoire. Comme les pèlerins de Lourdes, demandons la grâce de la prière, demandons la grâce de la conversion du cœur pour suivre Marie sur ce chemin de la montée vers le Ciel et la sainteté. Seule la sainteté sauvera le monde.

    Regardons Notre-Dame, et n’attendons pas que la basilique se mette à brûler pour le faire !

    Amen.
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    Notre-Dame de l'Épine , un souvenir émouvant et inoubliable : ma 1ère sortie "officielle" comme présidente d'Espérance et Vie à l'automne 2002...

    Bonne fete a Notre maman du ciel,Notre Dame de l'Epine ,tu te fais toujours très proche!

    Bonne fete de l'Assomption Merci pour votre exhortation très inspirée

    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    DE RETOUR DE BOBO-DIOULASSO

    DE RETOUR DE BOBO-DIOULASSOMe voici rentré d’un voyage au Burkina Faso. Les précautions sécuritaires demandées par l’Ambassade de France étant assurées, ce voyage a été possible et s’est déroulé dans de très bonnes conditions. Je n’ai pas senti de pression particulière dans les villes ou le long des routes. Une protection était assurée de façon discrète à certains moments. Les évêques rencontrés nous ont remerciés d’avoir bravé les craintes du terrorisme islamique qui ronge ce pays sur une grande partie de son territoire. Ils ont reçu notre visite comme la marque d’un soutien fraternel très attendu. Ils sont en effet témoins de l’inquiétude qui habite les esprits, surtout dans la moitié Nord du pays et tout le long de la frontière avec le Mali, le Niger et le Bénin. Ces dernières semaines, plusieurs attaques de villages ont eu lieu et les chrétiens se sont vu arracher leurs croix et mis et mort. Des prêtres ont aussi été assassinés de façon horrible. (Photo du bandeau : le Cardinal Ouedraogo, archevêque de Ouagadougou, et son auxiliaire Mgr Leopold Ouedraogo, nous reçoivent à déjeuner, en compagnie du Père Pascal Ouedraogo)

    Pourquoi ce voyage ? Notre diocèse a accueilli la première implantation à Dormans d’une communauté des Sœurs de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso en 2006, ce qui donne à l’évêque de Châlons d’être considéré par les sœurs comme leur « Papa ». Nous devons cela en grande partie au Père Édouard Bontoux, qui entretient des relations avec le Burkina depuis 35 ans. C’est pourquoi je lui avais demandé de m’accompagner.

    Nous avons retrouvé là-bas Mgr de Moulins-Beaufort, Archevêque de Reims, puisque deux communautés sont désormais implantées dans son diocèse, à Chatillon sur Marne et à Charleville-Mézières. Au total, 7 communautés en France : Châlons (2), Reims (2), Aix en Provence (1), Troyes (1), Lille (1), et d’autres projets.

    Chaque année, le 1er août, la Congrégation des « SAB » organise la célébration des vœux perpétuels. Nous avons participé à cette messe de plus de 4h au cours de laquelle 8 sœurs se sont engagées pour la vie. Parmi elles, sœur Adeline, de la communauté de Dormans. Célébration très vivante et recueillie aussi. Des chants magnifiques aux rythmes inoubliables, la prière gestuée et dansée des sœurs faisant profession… La cathédrale de Bobo était remplie d’une foule immense, de très nombreuses sœurs, une cinquantaine de prêtres et une dizaine d’évêques. Affluence qui témoigne de l’infinie reconnaissance dont bénéficie la congrégation dans la population et dans les différents diocèses où elle est présente.

    Les 300 sœurs ont des missions en paroisse, mais aussi dans des écoles et collèges, dans une pouponnière où elles accueillent les enfants abandonnés, dans des dispensaires ou maisons pour les sœurs ainées, dans un centre médical en construction, dans leurs maisons de formation (« aspirat » pour les adolescentes, « juniorat », « postulat », « noviciat »). Un détail amusant : parmi les milliers et milliers de vélomoteurs circulant dans les rues de Bobo d’une façon surprenante pour les français que nous sommes, (pas de casque, chargements volumineux et non attachés, petits bébés dans le dos de leur mère, absence fréquente de feux à la nuit tombée), et cela au milieu d’une circulation automobile aux usages assez particuliers, il n’est pas rare de voir une SAB, voile au vent.

    Nous avons aussi rencontré des évêques et discuté avec eux de la situation de leur pays et de la France, de leur Église et de la nôtre, et aussi des échanges existants et des nouvelles coopérations possibles. Ainsi Mgr Paul Ouedraogo, archevêque de Bobo, nous envoie cette année l’abbé Édouard SANOU, et nous avons retrouvé l’abbé Pascal Ouedraogo, aumônier de l’hôpital d’Épernay, lors d’un déjeuner chez le Cardinal Philippe Ouedraogo, archevêque de Ouagadougou.

    J’ai été particulièrement intéressé par ce que j’ai entendu sur la vie paroissiale dans laquelle les fidèles laïcs sont très investis autour de leurs « catéchistes », véritables responsables des communautés chrétiennes de base (CCB), sous l’autorité de leur curé, le tout sans conflit de pouvoir ni revendication. De même, j’ai été frappé par la notion « d’Église-Famille » développée comme repère pastoral depuis 1977 dans tout le pays. Ces expériences rejoignent en partie nos recherches sur les « fraternités missionnaires » et la synodalité. Certes la famille est là-bas une réalité beaucoup plus forte et solide pour servir ainsi à la modélisation de la vie ecclésiale, elle est un schéma beaucoup plus traditionnel et stable là-bas que dans notre société occidentale où la multiplicité de formes nouvelles brouille tous les vrais repères de paternité, de maternité, de fraternité, d’autorité, de responsabilité éducative, de transmission de la foi.

    Je peux mentionner enfin notre visite au Grand Séminaire de Koumi, tout proche de Bobo-Dioulasso. C’’est là qu’ont étudié presque tous les prêtres burkinabés, parmi lesquels le Père Pascal Ouedraogo (Épernay) et Matthieu Ouoba (Montmirail). Les séminaristes sont plusieurs dizaines chaque année. Nous avons évoqué comment les aider par l’envoi de livres de notre bibliothèque diocésaine pour leur permettre d’étudier avec des ouvrages plus contemporains que ceux qui garnissent leurs rayonnages. Cette forme de coopération existe déjà avec les Sœurs de l’Annonciation.

    En guise de conclusion, je souhaite inviter chacun à prier pour le peuple burkinabé qui traverse une période d’inquiétude devant l’amplification du phénomène islamiste, et qui parle désormais de « ses martyrs ». Je leur ai promis en célébrant la messe ce dimanche à la cathédrale de Ouagadougou !



    Les habitants des villes et des villages connaissent encore une réelle pauvreté, mais les contrastes sont étonnants et même stupéfiants :on peut voir côte à côte une boutique de matériel hi-fi ou informatique dont le commerçant est chaussé, et une bâche sous laquelle un autre commerçant fait griller du poulet sur un feu de bois, pieds nus, à côté d’une grande flaque d’eau ; on aperçoit aussi un homme qui s’accroche à l’échelle d’un minibus aux suspensions visiblement très affaiblies et avec un chargement de 4 mètres sur le toit… cet homme est en train de téléphoner avec son portable ! A côté des milliers de vélomoteurs, quelques voitures : des 4x4 rutilants et puissants et des « France au revoir », c’est-à-dire toutes nos 205, 305, 404, et Mercedes rouillées, sans feux, avec un pare-brise éclaté…

    Quant au contraste spirituel et pastoral avec l’Église de France, il est frappant aussi. L’évangélisation du Burkina par les missionnaires français date de seulement un siècle, la pauvreté est encore très importante, mais la foi est forte : je garderai toujours cette grande émotion de voir les 1500 à 2000 personnes remplissant la cathédrale et le parking voisin pour la messe de 11h s’agenouiller pendant toute la prière eucharistique, chanter d’un seul cœur avec une puissance extraordinaire, et les familles se précipiter sur moi après la messe pour que je bénisse les enfants, les jeunes mariés, les chapelets, les médailles …

    On parle de l’urgence et de la nécessité de la conversion pastorale et missionnaire en France, j’en parle souvent, n’est-ce pas ? … et si on organisait un pèlerinage ou une retraite pour tous au Burkina ?
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    Merci pour ce partagé émouvant , union de prières

    Merci Excellence de votre visite et de vos exhortations assorties de recommandations de Foi , Espérance et Charité...

    Félicitations pour ce voyage et ce beau reportage.

    Un grand merci pour ce émouvant partage de Foi, d'Espérance et d'Amour... Un partage vécu avec émotion, d'autant plus que je suis mamie d'un petit garçon "Joseph " adopté par mes enfants voilà 15 ans au Burkina.

    notre délégation avait assister a une messe dans la Cathédrale de OUGADOUGOU pour la rentrée scolaire, oui impressionnant! Mais certain d'entre nous , avons également assister a une belle messe dans l église de TAMBAGA. tout aussi remarquable avec l'humilité en plus.

    j'ai pris connaissance du compte rendu de notre évêque, revenu du Burkina Faso, nous connaissons bien le Burkina grâce au jumelage de la ville de Saint Memmie. Je voudrais saluer avec beaucoup de reconnaissance le travail effectué par le comité de Jumelage.La ville jumelle de TAMBAGA se situe dans la province de la TAPOA .le maire de TAMBAGA avec une délégation était dans les murs de Saint Memmie, reçue par la Municipalité et le Comité de Jumelage.La commune de TAMBAGA a une forte représentation Catholique a OUGADOUGOU. J'éspére que notre évêque a pu les rencontrer?

    En Afrique souvent les messes au petit matin rassemble autant de fidèles qu'à la messe de Pâques en France. C'est dire. Je pense que le rouleau compresseur Nietzche, Sarte, Camus de nos lycées français y est pour une bonne part.

    Merci pour ce beau partage de voyage et de foi dans ce pays si éprouvé. En union de prière

    Super pour notre évêque de Chalons et notre évêque de reims et pere bontoux et les religieuses

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    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Obsèques Abbé Paul MARGUIER– église St Jean - Châlons Mardi 18 juin 2019

    Obsèques Abbé Paul MARGUIER– église St Jean - Châlons Mardi 18 juin 2019Sur la photo (2017), l’abbé Paul Marguier est le 2è en partant de la gauche

    Chers frères et sœurs,

    A quelques semaines de son 100è anniversaire, le Père Paul Marguier s’est endormi dans la paix de Dieu. Chaque fois que je le saluais et bavardais avec lui à la Résidence Mgr Bardonne, nous évoquions cette perspective du 20 octobre 2019. Je dois dire qu’il développait un joli sourire, un peu taquin, lorsqu’il me disait à chaque fois, non seulement son âge, mais aussi le fait qu’il était le doyen des prêtres du diocèse. Il ne pouvait dissimuler cette petite fierté. Il aurait fêté dans quelques jours ses 67 années de ministère sacerdotal. Réunis autour de lui aujourd’hui, nous le portons dans notre prière, le cœur plein de reconnaissance pour son témoignage et sa générosité, et nous demandons pour lui l’abondance de la miséricorde du Père des Cieux. C’est ici qu’il a débuté son ministère paroissial 2 mois après son ordination en 1952, ici qu’il a célébré la messe, qu’il a prêché, avant d’aller à Mairy et Sogny, puis surtout, pendant 30 ans à l’hôpital psychiatrique comme aumônier.

    Il était devenu aveugle ces dernières années, à tel point qu’il avait demandé à un laïc, ici même pour des funérailles en 2012, de lire l’Évangile, et qu’il s’était laissé guider à l’oreille pour dire la prière eucharistique. Il ne voyait plus la lumière, mais il était resté clairvoyant sur l’œuvre de Dieu, sur la mission de l’Église et sur la sienne. J’en suis témoin : les longues heures et journées qu’il passait sans pouvoir ni lire ni écrire ni regarder la télévision lui permettaient de redire l’offrande de lui-même. Plusieurs fois il m’avait exprimé combien son ministère auprès des résidents plus ou moins passagers de l’hôpital spécialisé l’avait marqué, et lui avaient pesé bien souvent. Il avait fait l’expérience de cet accompagnement patient et bienveillant, à l’image de Jésus venu sauver les pécheurs, comme le médecin venu guérir les malades. Il avait fait comme saint Paul l’expérience de l’adversité dans le ministère, au cœur de laquelle le serviteur renouvelle son acte de foi en la puissance salvatrice de Jésus : « qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? ». Le Père Marguier en a rencontré, des personnes envahies par l’angoisse, anéanties par la détresse, isolées dans le dénuement. Il a su dire à chacun, en trouvant les mots, le message de l’Apôtre : « En tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés… rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ». Aujourd’hui, les soins en établissement spécialisé ont évolué, l’accompagnement est différent. Je suis sûr que l’équipe actuelle d’aumônerie à l’EPSMM bénéficie, dans la communion des saints, de la fécondité du ministère du Père Marguier. Ce ministère de délivrance et d’espérance nous rappelle sans cesse que l’Evangile est à la portée de tous, et que nous ne devons pas faire de l’Eglise, selon les mots du Pape François, un bureau de douane, en mettant la barre trop haut. « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits », dit Jésus à son Père dans sa prière. La connaissance de Dieu n’est pas une construction intellectuelle ; mais la rencontre avec Jésus nous donne de le connaître avec notre cœur et de l’aimer. N’est-ce pas notre mission, en tant que baptisés, et quelle que soit notre vocation au sein de l’Eglise, de mettre à la portée des plus fragiles et vulnérables la puissance et la grandeur de l’Amour de Dieu ? Un amour fait de tendresse, de compassion, de délicatesse et de réconciliation. Chacun, nous rencontrons des personnes en détresse. Peut-être sommes-nous tentés de les fuir, de détourner le regard ou de nous en écarter comme le lévite et le prêtre dont le passage sur le chemin précède celui du Bon Samaritain ? Mais en nous, retentit cet appel à donner notre vie pour accueillir et protéger les plus petits, à commencer par les enfants à naître, les enfants en croissance, les malades, les handicapés, les pauvres, les réfugiés et exilés, les mourants. Le ministère de notre frère Paul nous invite à relever toujours ce défi, avec la grâce de Dieu : « venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » nous dit le Seigneur, lui qui est venu prendre sur lui notre fardeau en se chargeant de la croix pour le salut du monde. Nous pouvons être des Simon de Cyrène en donnant notre vie et en portant la croix de ceux qui ploient sous ce poids de souffrance et de détresse.

    En célébrant le sacrement de l’Eucharistie, nous déposons notre offrande sur la patène et dans le calice : nous offrons toute la vie et le ministère du Père Paul, nous renouvelons l’offrande de notre propre vie avec Jésus et comme Jésus ; non seulement nous, les prêtres, parce que nous avons été configurés au Christ prêtre, et que nous redisons et reprenons pour nous les paroles du Seigneur « ceci est mon corps, livré pour vous », ceci est ma vie, ceci est mon amour livré pour vous, c’est quelque chose ! mais aussi nous tous, les baptisés, appelés à exercer notre sacerdoce baptismal dans le monde où nous vivons, au cœur des activités temporelles.

    En célébrant cette messe, ici à St Jean, à l’intention de notre frère le plus ancien, fidèle jusqu’au bout à cette célébration quotidienne de l’Eucharistie depuis 67 ans, nous demandons au Seigneur les prêtres dont notre Église diocésaine a besoin pour qu’ils soient les pasteurs et les modèles du troupeau. Seigneur, donne-nous des prêtres selon ton cœur, des hommes tout donnés et offerts, serviteurs de ta Parole de vie, artisans de communion, guides et pères, frères et amis, des prêtres humbles et joyeux, profonds et rayonnants, bienveillants et solides, hommes de Dieu et frères des hommes, hommes de prière et d’action. Pour l’annonce de l’Évangile dans l’Église de Châlons. Amen.
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    belle exemple à suivre merci Mrg François Que Dieu vous aide aussi dans votre mission

    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Pardon des mariniers - Saint Jean de Losne (Côte d’Or)

    Pardon des mariniers - Saint Jean de Losne (Côte d’Or)Chers frères et sœurs,

    C’est une grande joie pour moi de vous retrouver ici sur la Saône, maintenant que j’habite sur les rives de la Marne et de son canal latéral qui traversent mon diocèse d’Est en Ouest, depuis le Lac du Der en passant par Châlons, et jusqu’à Épernay et la vallée bordée de célèbres vignobles pétillants jusqu’à Dormans.

    Pendant une vingtaine d’années, chaque été, ici à Saint Jean de Losne, je prenais la barre du « Gaudium et Sol » pour 2 ou 3 semaines de camps d’adolescents jusqu’à Ars et Lyon, ou Besançon, ou Paray le Monial, ou même Paris. Que de kilomètres parcourus, que de rencontres et de découvertes, tant pour moi que pour les jeunes. Certains m’en parlent encore. Membre de la confrérie des avalants navieurs, je suis vraiment ému de retrouver les amis qui m’y ont accueilli, moi qui était plutôt tourné vers le grand large par tradition familiale.

    La fête annuelle du Pardon des mariniers permet de vivre cet esprit de famille, dans la fidèle tradition de nos anciens, et le cœur tourné vers l’avenir. La Parole de Dieu nous éclaire pour vivre intérieurement ce que nous vivons à bord de nos bateaux.

    La fête de la Sainte Trinité, célébrée aujourd’hui dans le monde entier, nous invite à ouvrir nos esprits et nos âmes au mystère de Dieu. Pas un Dieu lointain et inabordable qui nous regarderait de haut, pas une construction intellectuelle ni une vue de l’esprit, pas un concept philosophique, mais un Dieu proche qui s’est fait semblable à nous, un Dieu d’amour qui nous donne son amour en partage, vient porter le fardeau de nos vies, et nous ouvrir un beau chemin de foi, d’espérance et de charité.

    La navigation a toujours été pour moi une belle parabole de ce chemin, le chemin de la vie chrétienne.

    Chemin de foi, tout d’abord. Lorsqu’on navigue sur le canal, passant de bief en bief par les portes des écluses, ou sur la rivière, montant ou avalant, qu’on soit à la barre d’une péniche chargée de marchandises ou d’un bateau de plaisance, le temps nous est donné pour contempler la beauté de la création, goûter le silence malgré le bruit ronronnant et régulier du moteur, ressentir la paix intérieure. On navigue par tous les temps, il faut aussi bien rester sur le pont pour tenir les cordages sous la pluie pendant la bassinée, que supporter la chaleur du soleil estival. Tout au long de la voie d’eau, les rencontres sont nombreuses. Il se dégage de cette expérience de la navigation une ouverture du cœur à la grandeur de la vie et de son créateur, au sens de la vie humaine. Il y a un but à atteindre, d’étape en étape. La vie est un chemin de foi nous conduisant, de souffrances en joie, seul et avec d’autres, à la rencontre du Dieu vivant, créateur du ciel et de la terre, principe et fin de toute chose, qui répand son souffle de vie dans le cœur de ses créatures. Chers amis, nous pouvons demander aujourd’hui la grâce de la foi : une foi plus forte si la nôtre vacille, une foi plus joyeuse si la nôtre devient triste, une foi plus rayonnante si la nôtre s’éteint. Avec l’Église, naviguons sur ce chemin de foi.

    Chemin d’espérance aussi. Quand on navigue en eau intérieure, on suit une ligne plus ou moins sinueuse. Sur le canal, c’est assez rectiligne, n’est-ce pas ? Nous passons d’une écluse à l’autre, parfois sur une distance très courte car le relief est accentué. Et le soir, on trouve une bite d’amarrage pour s’arrêter. Et ainsi jour après jour… En mer, le large est plus enivrant, l’eau parfois très agitée et le danger menaçant. Il faut veiller, toujours veiller, se relayer jour et nuit pour faire le quart. On espère toujours voir la côte et aller s’amarrer derrière la jetée, à l’abri. La vie est un chemin d’espérance. Elle est parsemée de biens des angoisses, des questions, des épreuves. La crise que vit notre société, crise sociale et économique, touche de nombreux milieux sociaux-professionnels. Les célèbres gilets jaunes en ont été une expression, et il est bon d’entendre les appels de détresse. La crise morale, crise de confiance, atteint les repères essentiels et fondamentaux de la vie humaine : le sens de la vie, la dignité inviolable de la personne humaine, la justice sociale, l’accueil et la protection de tous. Même dans l’Église, les drames n’ont pas manqué, et nous sommes engagés dans un travail de purification en toute lumière et transparence. Chers amis, nous pouvons demander aujourd’hui la grâce de l’espérance : une espérance belle et limpide si la nôtre est gangrénée par le marasme, une espérance contagieuse si la nôtre s’est cachée, une espérance confiante si la nôtre est affadie par le péché. Avec l’Église, naviguons sur ce chemin d’espérance.

    Chemin de charité, enfin. Quand on navigue, il n’est pas rare de devoir s’arrêter pour rendre service ou porter secours à un autre bateau. Un jour, j’ai ainsi été remorqué à l’approche d’Auxonne, ma jauge de carburant m’ayant trompé. J’apprenais toujours à mes jeunes équipiers à aider à la manœuvre, et c’était parfois assez pittoresque et surtout bien utile dans le sas avec des plaisanciers en location sans permis ! Cet esprit de fraternité, nous l’avons vu ces derniers jours dans le monde de la mer aux Sables d’Olonne, il en est de même parmi les mariniers. L’entraide, la compréhension et le respect mutuel, le service, non seulement entre membres d’un même équipage, mais aussi avec les autres embarcations. Il y a la une vraie expérience de la fraternité comme on voudrait la voir se déployer en d’autres lieux de nos vies familiales, sociales, professionnelles, associatives, ou même paroissiales, n’est-ce pas ? Chers amis, nous pouvons demander aujourd’hui la grâce de la charité : une charité hospitalière si la nôtre se replie sur elle-même, une charité généreuse si la nôtre se dessèche, une charité inventive si la nôtre s’endort. Avec l’Église, naviguons sur ce chemin de charité.

    Parole de Dieu et Eucharistie seront notre compas de navigation et notre gouvernail. Bon vent dans le souffle de l’Esprit de Pentecôte qui nous conduit vers la vérité toute entière ! Amen.
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    Merci Mgr pour ce beau et bon.partage j en suis toute émue merci vivons de ce chemin.d espérance malgré toutes les embûches que nous subissons gardons cet amour du Seigneur en.nous ,union de prières pour tous

    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Pâques - cathédrale Saint Etienne - 21 avril 2019

    Pâques - cathédrale Saint Etienne - 21 avril 2019Homélie du Jour de Pâques

    Chers frères et sœurs,

    Partout cette nuit a retenti le chant de l’Alleluia pascal. Partout dans le monde, dans le cœur des croyants, dans les églises, les monastères, les sanctuaires. La liturgie catholique déploie pour cette grande solennité pascale une richesse insondable de textes bibliques, de gestes rituels, de symboles. La lumière, l’eau, l’encens, le chant, les cloches, le parfum du Saint-Chrême, et tant d’autres encore. Pourquoi ? Parce que nous sommes là au cœur même de la foi chrétienne. Et il est grand le mystère de la foi ! Je me souviens, après avoir visité le Saint-Sépulcre à Jérusalem en décembre dernier, du commentaire d’un guide nous disant : « en fait vous venez de faire la queue pendant 2 heures pour visiter un tombeau. Mais ce tombeau est vide. Il n’y a rien à voir en fait ici à Jérusalem. Jésus est ressuscité. Il vous attend là-bas chez vous, dans la Marne, en France ». Même si la visite du Sépulcre est très émouvante, il avait raison, ce guide. Si Jésus est vraiment ressuscité, ne restons pas là à visiter des tombeaux, à regarder le passé, mais tournons-nous vers l’avenir et accueillons la vie, chantons la vie. Célébrons la victoire de Dieu sur la mort.

    Au début de la Semaine Sainte, nous avons assisté, tous bien impuissants, à l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Au-delà de toutes les débats pour savoir s’il s’agit d’un monument, d’un musée ou d’une église et au-delà des polémiques sur les financements annoncés, la reconstruction à l’identique ou pas, en 5 ans ou en 25 ans, je crois que nous pouvons recevoir ce dramatique événement comme un signe : pas un vestige du passé, mais une promesse de résurrection.

    La vie chrétienne s’enracine dans un triple don que le Seigneur nous fait au jour de notre Baptême. Cette nuit, les néophytes ont reçu la foi, la charité et l’espérance, comme des forces spirituelles pour le combat de la vie. Dans ce contexte et ce marasme ambiant, tant dans la société que dans l’Église, ne faut-il pas que nous, les baptisés, nous renaissions dans la foi, la charité et l’espérance ? N’est-ce pas là que nous pouvons attendre des fruits de la Résurrection de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ?

    Ressusciter notre foi : cette nuit, nous avons renouvelé la renonciation au mal et la profession de foi. Nous allons le faire encore dans un instant au moment de baptiser Mahaut. Certes il y a la foi du charbonnier, la foi du théologien, la foi de l’enfant, la foi de l’adulte. Mais la diversité des situations ne doit pas esquiver le fait que la foi catholique n’est pas relative. Il s’agit du dépôt de la foi que le Seigneur a confié à ses Apôtres, eux qui ont vu le tombeau vide « il vit et il crut » et qui est transmis de génération en génération. Ce dépôt est invariable. Le Credo que nous chantons en est l’expression. Nul n’est autorisé à en changer le texte. De nos jours, on voudrait pouvoir arranger la foi comme une sauce vinaigrette – sel, poivre, échalote, herbes) – « ça j’y crois, ça je n’y crois pas ». Non seulement nous devons veiller à ce que la catéchèse des enfants et des adultes donne effectivement le contenu de la foi, c’est « la foi qui est crue », mais chacun est appelé à renouveler son acte de foi profond, c’est « la foi par laquelle on croit ». Pour cela il faut écarter le sentimentalisme, le relativisme et le rationalisme, et retrouver la fierté, pas arrogante, mais la fierté quand même d’être chrétiens et de croire. Combien de fois n’ai-je pas entendu des fidèles catholiques me dire leur incapacité à parler de religion avec d’autres ? C’est invraisemblable. Frères et sœurs, je vous invite à renaître dans la foi, vraiment.

    Ressusciter notre charité : l’apôtre saint Jacques nous dit « montre-moi ta foi qui n’agit pas ! ta foi est bel et bien morte. Moi c’est par mes actes que je te montrerai ma foi ». Le témoignage le plus crédible que nous pouvons donner au monde dans cette période troublée où le nivellement idéologique a rendu très périlleux la fait d’avoir des convictions, c’est le témoignage de la charité. Comme dans l’Histoire de France l’Église catholique a inventé les hôpitaux, les écoles, les œuvres sociales, les loisirs éducatifs, de même les catholiques d’aujourd’hui sont attendus au tournant. Beaucoup sont devenues des œuvres laïques. Et dans l’Église, on a fini par confier toute l’action sociale chrétienne à des spécialistes, des organismes qui auraient désormais une sorte de monopole. Du coup, on fait un chèque, et on se sent quitte ! « C’est bon, j’ai fait la charité ». Mais chaque chrétien est appelé à donner sa vie pour ses frères, à se faire serviteur des plus fragiles et des plus pauvres. La prière, la liturgie, la profession de foi. C’est bien, mais elles doivent s’incarner aussi dans des actes concrets. Pour cela, nous devons nous convertir chacun, cesser toutes les petites guerres, y compris au sein de nos paroisses ou de nos familles, saisir toutes les occasions de faire du bien, de servir, de donner, de guérir, de réunir, de réconcilier. Frères et sœurs, je vous invite à renaître dans la charité, vraiment.

    Enfin, ressusciter notre espérance : que ferions-nous, que deviendrions-nous sans la petite espérance que chantait si bien Charles Péguy ? Quand le ciel s’obscurcit, quand l’avenir s’assombrit, quand la tristesse ou la honte ou la fatigue s’empare des apôtres d’aujourd’hui, quand la nuit semble interminable… quelle douceur, quelle fraicheur que d’accueillir la clarté du soleil levant et de lever les yeux vers le Seigneur ! L’espérance nous communique cette puissance du Christ victorieux, la force de l’Esprit-Saint que le Seigneur répand dans nos cœurs au jour de la Pentecôte. Le Seigneur est vivant, il ne meurt plus. Il est avec nous, le Seigneur de l’univers ! Il nous rend capables des choses les plus impossibles. Trop souvent nous baissons les bras parce que foi et charité ne sont plus assez vigoureuses. Avec la foi et la charité, au contraire, nous vivons dans l’espérance de la victoire, nous affirmons que le Royaume de Dieu, s’il n’est pas encore totalement advenu, est déjà là au milieu de nous. Rien n’est perdu si nous demeurons fidèles, si nous prions au lieu de nous endormir, si nous agissons au lieu d’attendre, si nous parlons au lieu de nous taire. Frères et sœurs, je vous invite à renaître dans l’espérance, vraiment.

    Dans un instant, nous allons communier au Corps du Christ. « Celui qui mange de ce pain vivra pour toujours » dit le Seigneur. C’est la nourriture de notre foi fragile, de notre charité timide, et de notre espérance vacillante. En disant « Amen », nous dirons trois choses simultanément « je crois, j’aime, j’espère ». Avec les baptisés de Pâques, avec les chrétiens qui « font leurs Pâques », avec les mourants qui vivront bientôt leur Pâque éternelle, avec les messagers de la victoire de la Pâque, renaissons dans la foi, la charité et l’espérance.

    Amen. Alleluia
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    Belle homélie vivifiante, en ces temps difficiles ! Merci, Mgr !

    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Vendredi-Saint : Marche de la Croix et Office de la Passion - 19 avril 2019

    Vendredi-Saint : Marche de la Croix et Office de la Passion - 19 avril 2019Chers frères et sœurs,

    Au cours de cette office et pendant la marche de la Croix que nous venons de faire en silence dans les rues de Châlons depuis l’église Saint-Michel, nous célébrons avec gravité le drame de la Passion de Jésus. Car il s’agit bien d’un drame. Dimanche dernier, l’Evangile nous rappelait comment, des rameaux à la main, la foule acclamait le Messie entrant dans Jérusalem. Aujourd’hui, ces belles pages d’Évangile, la Passion selon saint Jean, si émouvantes et profondes nous décrivent précisément comment, les uns après les autres, presque tous, ils vont lâcher Jésus. Il y a ceux qui s’endorment et ne prient pas, ceux qui trahissent et qui vendent leur maître, ceux qui se lavent les mains (quel courage !), ceux qui renient en disant ne pas le connaître, ceux qui hurlent et qui crient, ceux qui crachent et qui insultent, ceux qui frappent et qui tuent.

    Le corps de Jésus est blessé, défiguré. Le chant du Serviteur souffrant, dans le livre d’Isaïe, nous disait bien qu’il n’avait plus d’apparence humaine. Lui, le prédicateur de l’amour et de la paix, le promoteur du pardon et de la réconciliation est traité comme un bandit, comme un criminel. Lui, le Fils éternel de Dieu. Le voilà conduit à la mort, chargé de sa lourde croix qui lui cisaille les épaules déjà totalement meurtries par les coups de fouet. Pour les disciples, tout semble anéanti, on le comprend. C’est la fin de tout !

    Ce drame de la Passion se poursuit aujourd’hui. Il est toujours actuel :

    - Quand les baptisés s’éloignent de Jésus et le lâchent les uns après les autres, ne prient plus, ne viennent plus à la messe le Dimanche, ne témoignent plus, …

    - Quand le fossé se creuse toujours entre les plus riches et les plus pauvres, et que, avec gilet jaune ou pas, les gens n’arrivent plus à vivre et à boucler la fin de mois…

    - Quand la guerre et le terrorisme continuent de donner la mort à tant d’innocents et de défigurer l’humanité…

    - Quand la dignité de la personne humaine n’est pas respectée : celle du migrant qu’on rejette, celle de l’enfant à naître qu’on rejette, celle du malade en fin de vie qu’on rejette …

    - Quand des enfants, et aussi des adultes, sont victimes d’abus perpétrés par des hommes d’Église…

    Oui, tenez, justement, nous disons bien avec Saint Paul que l’Église est le Corps du Christ et que nous en sommes les membres. Eh bien, le Corps de Jésus, l’Église est frappée, flagellée, défigurée, par le péché de quelques-uns. Elle est insultée, méprisée par une opinion publique bien remontée, par des victimes qui ne se sentent pas reconnues… L’Église est blessée par cette crise engendrée par les révélations en série des dernières semaines et des derniers mois.

    - Jamais nous n’aurions pensé une chose pareille !

    - Le trouble est profond dans vos cœurs, je le sais. Il est intense aussi dans le cœur des prêtres et des évêques, vous le savez. Nous vivons une vraie crise de confiance.

    - Certains sont tentés de lâcher et d’abandonner. Même le quotidien local en fit récemment la promotion sur 2 pages avec un mode d’emploi pour l’apostasie !

    Frères et sœurs, il est important de parler de cela, de ne pas se cacher derrière notre petit doigt. Il y a trop de souffrance. Il faut parler.

    La célébration de la Passion, aujourd’hui, nous ouvre un chemin de guérison et de renouveau. Nous croyons à la résurrection. Je le crois, l’Église sortira grandie d’avoir fait la lumière, et d’avoir été la première à la faire vraiment, sans avoir peur de la vérité. Je vois 3 chemins pour nous tous :

    - Conversion et prière : revenir à Dieu de façon authentique et cohérente. Être vraiment chrétiens, avec une vie évangélique, une vie eucharistique, une vie communautaire et fraternelle. Nous laisser conduire par le Seigneur.

    - Persévérance et vigilance : nous engager tous dans le combat de la vérité avec détermination pour purifier notre Église que nous aimons comme une maman. Et être attentifs à nos relations fraternelles, amicales et pastorales, nos gestes, nos paroles, sans oublier de soutenir ceux qui peuvent être en détresse, ceux qui pourraient dériver vers un abus de pouvoir ou de conscience, un abus sexuel.

    - Confiance et espérance : le Seigneur subit la Passion et la mort mais se relève du tombeau. Nous croyons en l’Amour vainqueur. L’Église, comme dans d’autres crises de son Histoire, se relèvera par la force et la puissance de la vérité et de la foi. Son chemin de croix en ces temps douloureux, avec les abus, la souffrance des victimes, les insultes et les soupçons généralisés… tout cela débouchera sur la lumière d’une Église humble, simple et vraie, une Église qui témoigne de l’Évangile sans artifice.

    Je le crois, et je voulais vous le dire. Tous, membres de ce Corps, y compris l’évêque, nous prenons notre Croix et nous communions au Corps du Christ dans l’Eucharistie. C’est le Pain vivant, c’est la vie donnée. Le Seigneur est avec nous.

    Amen.
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    Quelle chance d'avoir vécu cela avec monseigneur évêque de Chalon quel disciple pour Jésus Christ ressuscité

    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Jeudi-Saint à la Cathédrale Saint-Etienne - 18 avril 2019

    Jeudi-Saint à la Cathédrale Saint-Etienne - 18 avril 2019Chers frères et sœurs,

    Vous l’avez sans doute entendu comme moi, l’archevêque de Paris répondant aux questions d’un journaliste dès le lendemain du dramatique incendie de son église cathédrale il y a 2 jours, disait à peu près ceci : « Notre-Dame de Paris, cet écrin n’est pas un monument ou un musée, il n’a pas été construit par hasard, même pas pour abriter la couronne d’épines du Christ, mais juste un petit morceau de pain. Nous le croyons en effet, ce petit morceau de pain, c’est le Corps du Christ, c’est notre nourriture ». C’est ce pain que l’aumônier des Pompiers de Paris a sauvé des flammes lundi soir en allant dans la cathédrale en tenue de feu le chercher dans le tabernacle.

    En ce soir du Jeudi-Saint, alors que nous célébrons la Sainte Cène, il est bon de méditer sur ce petit morceau de pain. En effet, la routine peut aisément nous détourner de l’émerveillement nécessaire devant le mystère si puissant de l’Eucharistie : par l’action de l’Esprit-Saint et par la médiation du ministère du prêtre, ce pain du boulanger devient, sans changer d’aspect, le Pain de Dieu : « celui qui mange de ce pain vivra pour toujours » dit Jésus. Oui, avec toute l’Église, nous croyons que le Seigneur est réellement présent dans ce pain consacré qui nous est donné par Jésus en nourriture « ceci est mon corps, livré pour vous ». Et lorsque nous le recevons en communion, nous le recevons, nous ne le prenons pas. Et nous disons « Amen » et non pas « merci ». C’est un acte de foi. Un acte de communion avec le Seigneur dans le mystère de sa Pâque.

    Et ce petit morceau de pain n’est pas du pain rassis, ce n’est pas du vieux pain, du pain du passé. Nous ne faisons pas du théâtre avec ce pain pour reconstituer une scène de l’Histoire. Nous sommes réunis autour de Jésus pour la Cène (orthographe distincte de la scène de théâtre !) le repas de la Pâque. Jésus nous y donne son Corps et son sang en nourriture et boisson. Ce n’est pas du virtuel, mais du réel. Nous ne sommes pas tournés vers le passé, mais nous accueillons le présent de Dieu pour notre avenir. Et selon son commandement « vous ferez cela en mémoire de moi », nous partageons ce pain consacré comme notre nourriture sainte, la nourriture de notre charité. Aujourd’hui et demain, nous sommes appelés à faire cela en mémoire de lui. Non seulement en participant à l’Eucharistie, en nous mettant à genoux contempler et adorer, mais aussi en partageant avec ceux qui ont faim une fois que la célébration s’achève et que nous revenons à la maison.

    Il y a tellement de pain gâché et jeté aux chiens. Il suffit de voir nos poubelles, celles des restaurants ou des cantines scolaires. Alors que des enfants squelettiques meurent de faim et que des pauvres nous tendent la main dans rue en disant « juste un petit morceau de pain s’il vous plaît ! ». Quelle valeur inestimable que ce morceau de pain pour ceux qui n’ont rien. Signe que le pain de l’Eucharistie est bien un don extraordinaire du Seigneur pour nous qui ne sommes rien sans lui. Et pourtant, on le dit couramment de quelque chose qui n’a pas de valeur « oh ça vaut une bouchée de pain ». Ce n’est peut-être pas grand-chose pour celui qui mange à sa faim, mais c’est tellement grand pour celui qui meurt de faim. Je me souviens d’ailleurs d’un père jésuite venant diner à la maison chez mes parents – il était mon père préfet des études à Paris – il avait dit ce Benedicite avant de se mettre à table : « Seigneur donne du pain à ceux qui ont faim, et donne faim à ceux qui ont du pain ». « Faites cela en mémoire de moi » a dit Jésus : eh bien justement, allons-y, à la rencontre des pauvres dans un vrai esprit de diaconie et de fraternité. Tout près de nous, pas si loin qu’on le pense trop souvent, certains n’arrivent même pas à gagner leur pain : sans travail, sans abri, sans maison, ils connaissant une misère sur laquelle tout le monde se lamente sans être toujours capable de se relever les manches pour les servir. « Celui qui aura donné à manger un morceau de pain au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi qui l’aura fait » dit en substance Jésus. Nous qui avons du pain, écoutons la voix du Seigneur qui nous appelle à nous lever, à mettre le tablier et nous mettre à genoux, là aussi, devant eux, les plus pauvres, pour leur laver les pieds. Cet acte d’Évangile concret en dit plus que les séances de catéchisme ou les grandes conférences de théologie. Le diacre, ordonné comme serviteur, nous rappelle la vocation de l’Église servante des pauvres. Le prêtre, ordonné comme ministre de l’Eucharistie, nous rappelle que la vraie nourriture spirituelle est là, dans ce petit morceau de pain pour lequel on avait justement construit Notre Dame de Paris il y a 850 ans.

    Quand on pense à l’attachement de notre bienheureuse Sœur Odette Prévost pour l’Eucharistie, au fait qu’elle fut assassinée dans la rue à Alger alors qu’elle se rendait à la messe, nous pouvons grandir dans la foi en Jésus-Eucharistie, tant à l’autel pendant la messe que dans la vie des pauvres et sur leur visage. Elle écrivait : « ceci est mon corps, livré pour vous ; ceci est mon sang versé pour la multitude. Ce signe est aussi un appel pour l’Église et pour chacun de nous. Faites ceci en mémoire de moi. L’eucharistie prend tout son relief et toute sa force pour nous, ici, aujourd’hui, et chaque jour ». Quand on pense à notre bienheureuse Sœur Paul-Hélène qui, en réponse à son évêque venu lui recommander la plus grande prudence lors de ses déplacements dans les rues d’Alger, lui disait : « mais Père, nos vies sont déjà données », nous pouvons grandir dans le désir de mettre vraiment en pratique le commandement de Jésus : faire cela en mémoire de lui, ce n’est pas seulement aller à la messe le dimanche, être chrétien pratiquant, mais c’est aussi donner notre vie par amour, être un chrétien qui met en pratique. Nuance ! C’est tout le sens de l’Eucharistie : avoir une vie toute eucharistique, enracinée dans la nourriture eucharistique et totalement ouverte sur le service de la charité.

    Ensemble, ce soir avec toute l’Église, Corps du Christ blessé et défiguré de tant de façons, nous rendons grâce pour le saint sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, et pour le ministère des prêtres par lequel nous en recevons le don et les bienfaits.

    Que notre communion ce soir, et le temps d’adoration au reposoir fortifient en nous notre foi et rendent plus généreuse notre réponse à l’appel du Seigneur. Amen.
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    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Châlons cathédrale – Messe chrismale

    Châlons cathédrale – Messe chrismaleChâlons cathédrale – Messe chrismale

    Mardi 16 avril 2019

    Chers amis, Chers frères et sœurs,

    Nous voici comme chaque année, rassemblés nombreux dans l’église cathédrale pour la Messe Chrismale. A travers vous, c’est tout le Peuple de Dieu qui est présent. Grâce à notre radio diocésaine RCF Cœur de Champagne, les auditeurs sont en communion avec nous. C’est une joie immense de nous retrouver ainsi, rassemblés auprès du Seigneur qui entre dans sa Passion. Dans tous les diocèses, l’évêque préside cette célébration, entouré des prêtres et des diacres, et tous les baptisés participent activement. Nos pensées et nos prières vont vers nos frères et sœurs de Paris qui ne pourront se rassembler à Notre-Dame demain pour la messe Chrismale. Il est si triste de voir ce joyau partir en fumée, et il est beau de voir tous les français unanimes pour saluer la Dame, leur Dame, Notre-Dame, la Vierge Marie, patronne de la France. Comme je l’ai promis à l’archevêque de Paris, je vous invite à invoquer Marie maintenant :

    Toi Notre-Dame, nous te chantons,

    toi notre Mère, nous te prions.

    Toi qui donnes l'espoir, toi qui gardes la foi,
    toi qui passes la mort, toi debout dans la joie.

    Nous vivons la grande Semaine Sainte au cours de laquelle nous célébrons le cœur de notre foi. Jésus, le Fils éternel de Dieu, meurt sur la croix pour le pardon des péchés, et il ressuscite au matin de Pâques, ouvrant à toute l’humanité les portes de la vie.

    Pour nourrir notre réflexion et notre prière, et notre participation commune à la vie de l’Eglise, je vous propose d’évoquer et de reprendre deux interventions du Pape François.

    Tout d’abord sa toute dernière exhortation apostolique signée le 25 mars. Elle est intitulée « Christus vivit », « il vit le Christ ». Ce texte fait suite au synode des évêques qui en octobre il y a 6 mois avait travaillé le thème suivant : « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». C’est un texte plein de fraicheur et de tonus, écrit dans un langage très accessible. Je vous en recommande vivement la lecture. Un grand et profond souffle de jeunesse nous y est donné pour développer la Mission envers les jeunes et avec les jeunes. Pour vous mettre en appétit, je vous cite quelques lignes du § 37 : « L’Eglise du Christ peut toujours succomber à la tentation de perdre l’enthousiasme parce qu’elle n’écoute plus l’appel du Seigneur au risque de la foi, l’appel à tout donner sans mesurer les dangers, et qu’elle recommence à chercher de fausses sécurités mondaines. Ce sont précisément les jeunes qui peuvent l’aider à rester jeune, à ne pas tomber dans la corruption, à ne pas s’installer, à ne pas s’enorgueillir, à ne pas se transformer en secte, à être plus pauvre et davantage témoin, à être proche des derniers et des marginalisés, à lutter pour la justice, à se laisser interpeller avec humilité. » et au §143 : « Jeunes, ne renoncez pas au meilleur de votre jeunesse, ne regardez pas la vie à partir d’un balcon. […] Vivez ! Donnez-vous à ce qu’il y a de mieux dans la vie ! Ouvrez la porte de la cage et sortez voler ! S’il vous plaît, ne prenez pas votre retraite avant l’heure ! ».

    La deuxième parole du Saint-Père, c’est sa lettre au Peuple de Dieu qui date déjà du mois d’août dernier. Nous n’étions pas encore arrivés au comble de l’horreur avec ces révélations en série concernant des abus de pouvoir, abus de conscience et abus sexuels commis par des clercs. Je peux attester devant vous que la douleur des victimes est effroyable. La souffrance est à son comble désormais de voir notre Église ainsi défigurée. Elle que nous aimons comme notre mère, elle dont nous sommes les membres à part entière ! La crise de confiance qui s’est installée est d’une ampleur inégalée, un trouble profond a envahi le cœur de beaucoup. Les prêtres tout particulièrement, et les évêques avec eux, sont blessés par le soupçon généralisé. Que nous écrivait le Pape ? « L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. […] il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin. Une telle transformation nécessite la conversion personnelle et communautaire […] chaque fois que nous avons tenté de […] réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés[…] sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie […] Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme. ». Le cléricalisme oublie que la visibilité et la sacramentalité de l’Eglise appartiennent à tout le peuple de Dieu, et pas seulement à quelques élus et personnes éclairées. Le cléricalisme réserve la prise de décisions aux seuls clercs sans qu’ils écoutent suffisamment l’Esprit-Saint qui parle aussi chez les autres. Le cléricalisme peut aussi toucher les laïcs lorsqu’ils exercent une mission dans l’Eglise de façon cléricale, se croyant supérieurs aux autres ou propriétaires de leur service. La demande du Pape est donc un appel vigoureux à la vigilance, à la libération de la parole, à la participation de tous. Lutter contre le cléricalisme, ce n’est pas lutter contre le clergé ou vouloir l’effacer du panorama. C’est reconnaître au contraire ce qu’est vraiment le grand et beau mystère du prêtre, configuré au Christ Prêtre et Pasteur par l’imposition des mains. Le prêtre n’est pas supérieur ou meilleur que les autres, il est prêtre. Il ne sait pas tout, il ne fait pas tout, mais il est le pasteur de la communauté. Il a donné sa vie pour ses frères et sœurs. Les prêtres vont renouveler devant vous et moi les promesses de leur ordination ; je voudrais, frères et sœurs, que vous leur exprimiez, sans oublier celui qui a été accusé par pure calomnie, votre soutien, votre estime, votre reconnaissance. Allez-y, faites-le maintenant, applaudissez-les ! …

    Nous le voyons bien, frères et sœurs, le message aux jeunes pour que l’Eglise ne s’endorme pas et le message sur les abus nous invitent à redécouvrir le mystère de l’Eglise et à participer activement à sa vie et à sa mission. L’Eglise n’est pas une association ou une entreprise, elle n’est pas un parti politique ou un club de semblables, elle est le Corps du Christ, le Peuple de Dieu. Elle est sainte de la sainteté de Dieu, même si elle est composée de pécheurs, c’est-à-dire, de nous tous, moi le premier. Dans l’Eglise, chaque baptisé bénéficie de la même et égale dignité. La différence entre le sacerdoce des fidèles et le sacerdoce des prêtres est une différence de nature et non pas de degré. Laissons donc de côté les luttes de pouvoir. L’Eglise est une communion dans laquelle chacun doit apporter le meilleur de soi-même et de sa foi en se réjouissant de ce qu’apportent les autres.

    Frères et sœurs, je la vois devant moi, cette Eglise. Elle est là ! C’est vous ! Elle est belle, l’Eglise du Seigneur. Ensemble, nous nous engageons ce soir à nous convertir, à revenir au Christ de façon authentique. Ensemble, nous pleurons nos péchés personnels et collectifs et nous implorons le pardon du seigneur. Ensemble, nous exprimons notre détermination à veiller sur notre Eglise comme chacun veille sur sa mère. Ensemble, nous voulons la restaurer après l’incendie. Ensemble, nous mettrons en place davantage encore de structures de dialogue et de synodalité pour que chaque pierre vivante participe à la construction de l’Eglise de demain. Je vous en dirai un peu plus à la fin de cette messe.

    Nous qui communions au Corps du Christ, nous devenons et nous sommes le Corps du Christ. En recevant le Pain de vie dans un instant, redites au Seigneur votre communion à son sacrifice, votre communion avec tous vos frères et sœurs. Que le Seigneur soit notre force pour la route à venir afin que nous sachions porter au monde « la joie de l’Evangile »

    Amen.
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    C’est la première fois que j’ai le plaisir de pouvoir assister à cette messe chrismale. Un très beau moment de communion et comme toujours une très belle homélie

    Vraiment rien à branler...

    Très belle messe. Merci pour cette homélie très pertinente 🙏

    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Fête de Saint Vincent au Mesnil sur Oger le 22 janvier et au Breuil le 26 janvier

    Fête de Saint Vincent au Mesnil sur Oger le 22 janvier et au Breuil le 26 janvierMesdames, messieurs, Chers amis, chers frères et sœurs,

    C’est une joie immense pour moi d’être présent aujourd’hui pour cette grande et belle fête de Saint Vincent. Chaque année, nous aimons nous rassembler dans tous nos villages du vignoble champenois pour célébrer notre saint patron. Moi-même, venu de Bourgogne pour être votre évêque, suis tellement heureux de retrouver ici cette noble tradition populaire, d’autant que le vin ici recèle des richesses inconnues et exceptionnelles, peu familières aux bourguignons, et qu’il donne aux retrouvailles, aux fêtes familiales, aux réceptions officielles, un accent tout particulier. Vous me comprendrez, je reste très attaché aux Chambertin, Corton, Pommard ou Meursault dont les noms prestigieux vous feraient presque baver d’envie, n’est-ce pas ? Mais, en tant qu’ambassadeur des vins de Champagne depuis l’année dernière au sein de l’archiconfrérie, je ne manque pas une occasion de vanter la grandeur et la royauté du Champagne.



    Cette tradition populaire de la Saint-Vincent est avant tout une tradition chrétienne. Sinon, on fêterait, ou vous fêteriez sans moi, le dieu Bacchus ! Au cœur de ce moment sacré de la sainte messe, j’ai la mission de vous parler au nom de Celui que je représente bien humblement, et pour lequel saint Vincent a sacrifié sa vie. Jésus le Christ a fait lui-même l’offrande de sa vie en acceptant de mourir sur la croix comme un bandit, lui qui n’avait rien fait de mal sinon prêcher l’amour, le pardon, la paix, annoncer un bonheur éternel dans la joie du Ciel et ouvrir le chemin pour y parvenir. La plupart d’entre vous avez été baptisés, je pense. Vous êtes donc engagés sur ce chemin. Il ne faudrait pas laisser s’endormir le pèlerin que vous êtes, au point de rater la rencontre bienheureuse avec notre Dieu en vous perdant dans les méandres de l’indifférence, du matérialisme ou de l’idéologie. Le Dieu en qui j’ai mis ma foi et pour lequel je me suis engagé à donner ma vie jusqu’à la mort est un Dieu de vie et d’amour. Oui, bien sûr, c’est très à la mode de ranger les catholiques parmi les obscurantistes, de s’acharner sur l’Église tristement secouée par de sombres affaires chez certains membres du clergé, etc …. Mais les mêmes viennent vite pleurer chez l’évêque quand il n’y a plus de curé au village ou de prêtre disponible pour l’enterrement du grand-père, n’est-ce pas ? Alors, chers amis, soyons cohérents. C’est tout simple. Nous les baptisés, avons une grande et belle mission à vivre et mettre en œuvre concrètement. Je vous propose un « assemblage » de 2 pistes d’action et d’engagement personnel : la première envers Dieu, et la deuxième envers le prochain.

    1/ Lever les yeux vers le Ciel et savoir dire MERCI. La vendange a été bonne, et même exceptionnelle cette année. Qui n’a pas été sensible à la beauté de nos rangs de vigne, à la splendeur nos paysages, à l’activité paisible et organisée des vendangeurs, à la clarté du soleil ? à l’abondance des fruits, à leur qualité, à leur saveur, à leur parfum ? Dans un instant, en présentant le vin à l’autel pour le saint sacrifice, je prononcerai ces paroles « tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes. Nous te le présentons, il deviendra le vin du royaume éternel ». Cette prière de l’offertoire nous invite à reconnaître l’œuvre du Créateur plutôt que nous enfermer dans notre orgueil et notre ingratitude. Dieu n’est pas une roue de secours, et l’Église n’est pas le bureau des réclamations. Si nous savons parfois demander à Dieu la pluie quand il fait trop sec, la fraîcheur quand il fait trop chaud, le soleil quand le temps est trop humide, il faut que nous sachions aussi nous tourner vers lui quand la vendange a été bonne et le remercier. Comme ce lépreux, vous avez entendu dans l’Évangile, qui, une fois guéri, fait demi-tour et vient remercier Jésus, alors que les neuf autres reçoivent le bienfait de la guérison sans aucune expression de reconnaissance. « Il revint sur ses pas en glorifiant Dieu à pleine voix ».

    Chers amis, au cours de cette messe de la saint-Vincent, je vous invite à exprimer au Seigneur votre prière, votre merci. N’ayez pas peur de reconnaître que, si bien sûr votre travail de la vigne et celui de vos collaborateurs a été du bon travail, lui, le créateur n’y est pas pour rien dans cette abondance de biens. Cela ne fait pas de vous des bigots ou bigotes, ne vous abaisse pas, mais vous élève, au contraire, vers cette dignité du pauvre qui reçoit pour vivre, vers cette grandeur d’âme qui anime les femmes et hommes de bon sens, comme on en a chez ceux qui cultivent les fruits de la terre. Et si, au fond de vous-même, vous vous sentez appelés à vous tourner vers le Seigneur avec plus d’élan et davantage de conviction pour le louer, si vous éprouvez de l’appétit pour sa parole et de la soif pour ce vin d’éternité, n’hésitez pas à lui ouvrir votre cœur, votre vie.Le Breuil : présentation des dons

    2/ Repérer les besoins de l’humanité et tendre la main de la fraternité. Nous connaissons le climat morose qui règne actuellement en France, nous assistons bien impuissants à des tensions incroyables qui nous inquiètent, nous mesurons la crise sociale et morale, nous entendons la détresse de ceux qui portent le poids du jour, nous constatons avec tristesse que l’autorité souffre d’un immense déficit de confiance. Il suffirait d’une étincelle …

    Je vous appelle tous à vivre la fraternité. Ce mot ne doit pas rester un qualificatif théorique du disciple de Jésus, ni seulement une inscription sur le fronton de nos mairies. Il mérite d’être traduit dans des actes concrets qu’on pourrait appeler la langue de la charité évangélique. Nous connaissons les injustices et les disparités autour de nous, par exemple pour l’accès à un travail et sa rémunération équitable. Nous en rencontrons des familles brisées et des enfants perdus par manque de dialogue. Nous savons que les désirs de quelques-uns sont promus au rang de principe de référence pour tous, contrairement au bon sens et à l’intérêt général. Nous entendons gronder la violence, et pas seulement le samedi dans les grandes avenues parisiennes, mais là tout près de nous, dans les conversations, sur les réseaux sociaux... Mais où est donc passée la fraternité ? Nous, chrétiens, n’en avons pas le monopole, certes, mais elle est pour nous un commandement, pas une option : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». La fête d’aujourd’hui nous oblige à renouveler notre engagement à servir cette fraternité et à la bâtir résolument, selon l’esprit antique de nos confréries, déjà au sein de nos cercles habituels si fragiles (je pense à nos familles, nos villages, nos écoles, nos paroisses…). Et commençons par ouvrir les yeux, les yeux de notre cœur pour percevoir les besoins de l’autre, parfois un voisin si proche. Découvrir la souffrance, la pauvreté, faire l’expérience de la proximité, de la bienveillance, du dialogue. Voilà qui est à notre portée. Partout où la personne humaine est en danger ou en souffrance, partout où le respect de la vie n’est pas honoré, le Seigneur nous appelle à tendre la main, à être là, à écouter, à encourager, à soutenir, à agir.

    Que saint Vincent nous apprenne à recevoir notre vie de Dieu et à la donner aux autres. Ainsi nous porterons du fruit pour une vendange de charité sur le monde entier. Amen.
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    Des paroles pleines de bon sens et de réalisme..... n’oublions pas de rester humble face à ce que Dieu nous donne et de le remercier pour tous ces dons quels qu’ils soient. Je partage votre pensée (et il m’est déjà arrivé de le dire à des personnes de mon entourage !) qu’il est facile de mettre de côté et de discréditer notre Église.... pour s’y précipiter quand finalement on en a besoin! Dieu n’est pas un système de « drive » ou l’on ne passe commande que par intérêt! Espérons que le cœur des hommes revienne à l’essentiel....

    Merci pour ces mots si pertinents et réalistes ... avoir la foi et écouter les paroles du seigneur c’est garder l’espoir que chaque jour, chacun soit meilleur qu’hier. 🙏

    avec l'âge éloignée de toutes les relations avec le vignoble de la Côte des Blancs, je ne peux éviter la nostalgie du passé , car limitée par les ressources financières et peu à peu les limites de l'âge , seule la prière reste le lien essentiel pour moi:

    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Ouverture de la visite pastorale de l’espace missionnaire de Châlons - église Sainte Thérèse - Epiphanie -        6 janvier 2019

    Ouverture de la visite pastorale de l’espace missionnaire de Châlons - église Sainte Thérèse - Epiphanie - 6 janvier 2019Chers frères et sœurs,

    Vous avez bien entendu la 1ère lecture, extraite du prophète Isaïe ? « Debout, Jérusalem, resplendis ! » Eh bien, j’ose reprendre cet appel vigoureux dans les circonstances qui nous réunissent aujourd’hui, ici à Ste Thérèse, toutes les paroisses de l’espace missionnaire de Châlons : Debout, Église de Châlons, resplendis !! … Allez, debout paroisse Ste Thérèse, resplendis ! debout paroisse St Memmie, debout paroisse St Antoine-St Martin, debout paroisse St Etienne, debout paroisse St Jean XXIII, resplendis ! Elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi ! Voici que les ténèbres couvrent la terre, … mais sur toi se lève le Seigneur ! Lève les yeux, tous ils se rassemblent ! Alors tu verras, tu seras radieuse ! Tous les gens viendront, ils annonceront les exploits du Seigneur !

    La fête de l’Épiphanie nous permet aujourd’hui de nous enraciner une fois encore dans la dynamique missionnaire que le Seigneur Jésus a confiée à ses Apôtres, à son Église, à son peuple, à ses frères et sœurs : « allez dire à tous les hommes : le Royaume est parmi vous ! » ou dans la version de St Matthieu : « Allez dans le monde entier, de tous les peuples faites des disciples ». L’Épiphanie nous permet de rendre grâce, comme l’Apôtre Paul dans sa lettre aux éphésiens, pour la révélation du mystère de Dieu que nous avons reçue : oui, comme le dit la 2èmepréface de la nativité, « Dieu qui par nature est invisible, s’est rendu visible à nos yeux ». Cette révélation nous est donnée à contempler, à adorer, à accueillir, à mettre en pratique. Dieu n’est pas venu pour faire joli dans le décor, ou pour occuper nos semaines d’hiver à faire des crèches, il n’est pas venu pour un coup de baguette magique, ni pour prendre notre place : il s’est montré à nous, il s’est fait connaître, il s’est révélé, il s’est manifesté, il est venu vivre au milieu de nous. Et ce grand mystère du créateur rejoignant ses créatures et visitant nos propres cœurs, c’est le mystère de la foi chrétienne. Dieu s’est fait homme ! C’est le trésor de la foi que nous avons reçu au jour de notre baptême, faisant de nous des hommes et femmes renés, illuminés, recréés à l’image et à la ressemblance du ressuscité.



    La fête de l’Epiphanie nous fait aussi passer de la Révélation à la Mission : il nous appartient de témoigner en paroles et en actes, de révéler à notre tour ce trésor que nous avons reçu, parce que, nous dit Saint Paul, « ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile ». Voilà qui est clair ! La révélation ne se limite pas au peuple juif, le peuple de l’ancienne Alliance, ni même au peuple des baptisés, l’Église du Seigneur, mais elle est pour l’humanité entière sans exception. Et toujours « dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile » ! Notre Mission nous est donnée en quelque sorte là, à la crèche de Bethléem avant d’en recevoir le dynamisme à la Pentecôte : le Seigneur nous fait comprendre, par ces mages venus de loin et se prosternant devant l’enfant qui vient de naître et lui offrant leurs présents, que « la joie de l’Évangile » de Jésus est pour tous, hommes et femmes de tous les temps, tous les peuples, toutes les cultures, toutes les races, et même toutes les religions : « dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile », nous dit l’Apôtre, et pas autrement.

    C’est un immense défi qui nous attend. Le Pape François nous a offert en novembre 2013 un texte très riche pour vivre cela : « la joie de l’Evangile ». Il nous dit par exemple : « J’imagine un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation. La réforme des structures, qui exige la conversion pastorale, ne peut se comprendre qu’en ce sens : faire en sorte qu’elles deviennent toutes plus missionnaires, que la pastorale ordinaire en toutes ses instances soit plus expansive et ouverte, qu’elle mette les agents pastoraux en constante attitude de “sortie” et favorise ainsi la réponse positive de tous ceux auxquels Jésus offre son amitié. » (EV §27) et « La pastorale en terme missionnaire exige d’abandonner le confortable critère pastoral du “on a toujours fait ainsi”. J’invite chacun à être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés. »(EV §33). Bien humblement votre pasteur, appelé au ministère apostolique il y a 3 ans, j’ai voulu inscrire mon ministère dans cet élan de renouveau missionnaire. Dans ma lettre pastorale « disciples missionnaires » le 1eroctobre 2016, j’ai cherché à vous partager ma joie profonde, comme l’apôtre Paul, en vous appelant à vous lancer ou vous relancer dans cette grande aventure de l’évangélisation : en commençant par notre conversion personnelle et communautaire, en osant l’innovation, et en nous lançant avec joie dans la mission. Conversion-innovation-mission. Je suis là pour guider l’Église de Châlons sur ce chemin d’Épiphanie : Allez ! debout ! resplendis de la lumière du Christ, resplendis de la joie de l’Évangile, de la douceur de la miséricorde, de la vérité de la foi, de la fraternité de l’Église, de la vigueur de l’Eucharistie, de l’humilité du service, de la chaleur de l’hospitalité. Oui, debout, resplendis !

    Vous le savez, nous vivons aujourd’hui l’ouverture de ma visite pastorale des paroisses de l’espace missionnaire de Châlons. C’est un signe et une grâce de le faire en cette Épiphanie. Révélation et Mission.



    La visite pastorale de l’évêque n’est pas le truc qu’il faut bien caser quelque part dans le calendrier et qu’il va falloir organiser … alors qu’on a déjà tellement de choses à faire dans notre paroisse. Ce n’est pas non plus l’inspection du chef d’Église qui vient contrôler comment la paroisse fonctionne ou pas. Ce n’est pas la visite protocolaire du représentant officiel de l’Église catholique. Ce n’est pas non plus le passage d’un curieux qui souhaite tout visiter de la cave au grenier. Il s’agit de la visite du pasteur à tous ceux qui lui ont été confiés et dont il a la charge. Une visite de proximité, pour rencontrer et écouter, pour vivre la Mission avec ses frères et sœurs dans la foi. L’épiscope, c’est celui qui « veille sur » et pas celui qui « surveille ». Sa visite pastorale lui permet de soutenir et encourager les communautés, tout en prenant précisément connaissance de leurs faiblesses et fragilités. Elle lui offre aussi l’occasion d’être pasteur au milieu de son peuple, et signe de l’Église « en sortie » et en dialogue dans le monde d’aujourd’hui. Vos curés et leurs équipes de conduite me proposent un programme établi selon le schéma directeur travaillé avec le conseil épiscopal. Et je viens témoigner, célébrer et servir avec vous. Vous aurez l’occasion de m’exprimer aussi vos attentes par écrit, par oral, dans un dialogue spontané ou dans un cadre plus structuré. J’ai un grand désir de vous écouter et de vivre avec vous, pour discerner ensuite les orientations que je donnerai à chaque paroisse ou à l’espace missionnaire, comme une feuille de route.

    Je vous invite à porter cette visite dans la prière. Ce n’est pas une visite technique ou administrative, mais une visite pastorale et missionnaire de l’Église locale animée par l’Esprit-Saint à travers nous, pourvu que nous le laissions souffler et agir en restant toujours des serviteurs humbles et joyeux. Nous nous retrouverons tous à la cathédrale pour célébrer ensemble l’autre grand mystère de notre foi chrétienne qui fait écho à celui de Noël : la résurrection du Seigneur. Et là aussi, nous chanterons, tous debouts, « Alleluia ! Christ est ressuscité ! » et nous acclamerons sa lumière « Nous te louons splendeur du Père, Jésus Fils de Dieu ! ». De l’Épiphanie à Pâques, il n’y a qu’un pas. Nous allons le faire ensemble.

    Amen.
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    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Nativité du Seigneur - Châlons - 25 décembre 2018

    Nativité du Seigneur - Châlons - 25 décembre 2018Chers frères et sœurs,



    Il y a quelques jours, je me trouvais en Terre Sainte avec un groupe de pèlerins du diocèse. Malgré le décès brutal de l’un d’entre nous dès le 2è jour sur les bords de la Mer Morte, nous avons poursuivi la Route, visitant Bethléem, Nazareth, Jérusalem, et passant par le Jourdain, le lac de Tibériade, le Mont des Béatitudes, le Thabor, Capharnaüm. Même en saison creuse, il faut faire abstraction de la foule, et des ordres du clergé orthodoxe « Quick ! Quick ! Move ! » pour vivre ces étapes incontournables en vrai pèlerin. Quelle expérience spirituelle inoubliable : se mettre à genoux 5 secondes à Jérusalem, sur le lieu du calvaire et du tombeau de Jésus, ou à Bethléem, sur le lieu de la naissance de Jésus. « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur », cette phrase de l’Évangile résonne de façon incomparable dans mon cœur en cette fête de Noël. Saint Jean nous dit « le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous », autrement dit « la Parole éternelle de Dieu s’est faite chair » : oui, je l’ai vérifié de façon très sensible et physique, le livre des Évangiles à la main en me mettant à genoux avec les bergers de Bethléem pour contempler ce grand mystère. Comme nous le faisons aujourd’hui en célébrant solennellement la Nativité dans notre église cathédrale. Dieu vient visiter l’humanité, il vient nous visiter et faire sa demeure en nous. L’Emmanuel, Prince de la paix est là, au milieu de nous. Nous voyons sa gloire, nous l’adorons, nous accueillons la lumière qui vient en ce monde de ténèbres.

    Notre monde, parlons-en … tellement malmené par le péché des hommes : guerres, violences, mensonges, manipulations, idéologies destructrices, égoïsme… là-bas, sur la Terre Sainte, cette terre sur laquelle le « Prince de la paix » est né, a marché, a prêché l’amour du prochain et le pardon, j’ai mesuré de façon très concrète que la paix est encore loin. Je le savais de façon théorique, et par le prisme souvent déformant des media, mais le témoignage de nos frères chrétiens en Palestine est éloquent : que de souffrances et d’humiliations à supporter. Les murs et les barbelés ne facilitent pas le dialogue, c’est le moins qu’on puisse dire. D’un côté, un peuple arabe, fait de musulmans et de chrétiens, dont les légitimes attentes d’autonomie sur leur terre de Palestine sont déconsidérées par des actes terroristes commandés de l’étranger. De l’autre un pouvoir politique et militaire israélien qui poursuit une colonisation forcée et maintient la pression. Malgré tout, les tentatives de dialogue sont là …et les chrétiens y prennent leur part.

    Et ici en France, nous traversons une crise sociale sans précédent depuis 50 ans. En nous méfiant des politiciens récupérateurs ou des dangereux agitateurs révolutionnaires, il nous faut entendre en chrétiens ce qui est exprimé par nombre de nos concitoyens qui désespèrent devant le coût de la vie, qui se sentent abandonnés et comptant pour rien aux yeux des autorités gouvernementales. Il faut entendre aussi ceux qui sont empêchés de travailler et qui courent à la faillite. Il faut observer ce qui se passe : les manifestations tournent vite au vinaigre, passant des gilets jaunes bon-enfant aux casques et capuches noires des vandales nouvelle génération. On nous annonce finalement un grand débat national. Espérons que ce débat sera plus sérieux que les États-Généraux de la bioéthique qui ne serviront finalement à rien … puisque les avis majoritaires ne vont pas dans le sens de l’organisateur du débat et de son idéologie. Espérons aussi que ce débat soit un vrai dialogue entre les personnes, et non un monologue de l’autorité, ou un catalogue de mesures économiques. Les chrétiens n’en seront pas absents : les évêques de France ont appelé les paroisses qui le pourront à ouvrir des espaces d’expression et de dialogue. On nous accuse déjà de vouloir faire du prosélytisme…, non, nous voulons juste, dans nos 15000 paroisses françaises, permettre aux gens de se parler. Je suis sûr que vous y serez attentifs et participerez.

    Parce que la fête de Noël nous permet de contempler le Dieu de l’Alliance, le Dieu du dialogue : la lettre aux hébreux nous le dit : « à bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils ». Dans la personne de Jésus, c’est Dieu qui nous parle et nous qui parlons à Dieu. Jésus est le médiateur de l’Alliance Nouvelle, à la fois homme et Dieu. Il est le pont, le « Pontife » par lequel la divinité et l’humanité se trouvent réunis. Notre Dieu n’est pas un Dieu lointain que nous ne pourrons jamais atteindre ni rencontrer, il n’est pas une idée, une théorie, une invention. Il est si proche de nous qu’il se fait l’un de nous : un petit enfant pauvre, fragile, vulnérable ; un homme qui connaît la faim, la soif, la fatigue ; un homme qui parle, qui écoute, qui se réjouit et qui pleure ; un homme qui aime et qui meurt. Un Dieu qui se révèle à nous dans la vie quotidienne sous les traits du pauvre qui frappe à notre porte, du malade qui attend notre visite, du migrant qui nous demande un toit, de l’enfant maltraité ou violenté qui exige de l’amour et du respect, de la femme battue qui appelle au secours en silence. Un Dieu qui vient à nous et nous appelle à le suivre, qui nous pardonne et nous invite à pardonner, qui nous nourrit et nous demande de partager notre pain, qui nous guérit et nous donne le bon Samaritain comme exemple. Le Dieu du dialogue. Le Dieu des chrétiens.

    Écoutons cette prière, que le célébrant prononce à voix basse au moment de verser la goutte d’eau dans le vin : « Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité ». Nous faisons l’expérience de ce dialogue que la liturgie appelle « un merveilleux échange » et qui était déjà exprimé dans la prière d’ouverture de la messe de ce jour : « fais-nous participer à la divinité de ton Fils puisqu’il a voulu prendre notre humanité ». En communiant aujourd’hui, nous recevons d’une façon toute particulière l’enfant de Bethléem, nous accueillons notre Dieu qui nous donne de vivre avec lui et comme lui, dès ici-bas dans le sacrement de la Sainte Eucharistie, et dans l’au-delà au banquet de l’éternité.

    Frères et sœurs, je vous appelle à faire de votre cœur la crèche dans laquelle le Seigneur vient vous parler et vous écouter, vous donner son amour et accueillir votre foi. Soyez des hommes et femmes de dialogue. Si des distances ou des murs sont apparus dans vos vies, renouez le dialogue avec vos parents, vos enfants, vos frères et sœurs, vos voisins, vos collègues… Partout où se vit le dialogue dans la confiance et le respect mutuels, partout où s’échange le pardon, partout où la paix se construit, c’est l’œuvre de Dieu qui s’accomplit, c’est Noël ! Que ce grand et profond mystère du Dieu-fait-homme rayonne ainsi, par vous, par votre témoignage et votre engagement concret de disciples de Jésus et de missionnaires de l’Évangile, et avec sa grâce, dans le monde d’aujourd’hui.

    Amen.
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    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Consécration de l’autel - église de Barbonne Fayel - 16 décembre 2018

    Consécration de l’autel - église de Barbonne Fayel - 16 décembre 2018Chers Frères et Sœurs,



    ce 3ème Dimanche de l’Avent est placé sous le signe de la joie, nous venons de l’entendre, la joie de toute l’Église, la joie de tous les chrétiens, et la joie de l’humanité, pourquoi pas, de voir venir le jour de la naissance de Dieu parmi les hommes. En ces temps troublés pour notre société et notre Nation française, alors qu’une grande colère et une immense impatience se font entendre par des moyens plus ou moins sympathiques et pacifiques, nous ressentons cette aspiration qui jaillit du plus profond du cœur de l’homme : une soif de justice et de fraternité, un désir de paix et de concorde entre tous, une attente d’amour et de dialogue. Nos contemporains voudraient un sauveur qui les libère de l’injustice et vienne éteindre leurs peurs et leurs angoisses. Attente légitime, somme toute. Mais pour quelle satisfaction ? Celle d’un instant ? D’une époque ? D’un quinquennat ? Pour quel bonheur et quelle joie ? Comme au temps de la naissance de Jésus : les prophètes l’avaient annoncé, ce Messie qui devait venir, mais les Juifs l’attendaient comme celui qui les libérerait de l’occupant romain et les aiderait à faire lé révolution. Et voilà un petit enfant emmailloté et couché dans une mangeoire, dont le seul trône sera la sainte croix. Dieu est présent dans un enfant fragile, vulnérable, pauvre, humble. Il est présent comme un bandit crucifié qui meurt en offrant le pardon des péchés. C’est la révolution de la charité ! Voilà le Sauveur que nous attendons et en qui nous croyons. Voilà celui qui donne au monde sa lumière éternelle, et que le monde rejette pourtant avec tant de violence ou d’indifférence. Voilà le Sauveur que nous avons la mission de faire connaître aux gilets jaunes et de toutes les couleurs, à ceux qui combattent tout signe et toute expression religieuse, à ceux qui utilisent le nom de Dieu pour répandre la terreur, à ceux qui ne mettent leur espérance que dans les biens matériels et n’aspirent à aucune transcendance. Voilà cette joie qu’il nous faut partager. Le prophète le proclame, nous l’avons entendu : « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Le Seigneur est en toi, Jérusalem. Il te renouvellera par ton amour, il exultera pour toi et se réjouira comme aux jours de fête ».



    La célébration particulière de ce jour vient susciter en nos cœurs une immense joie. Après avoir béni la nouvelle croix pour le sanctuaire de cette église, je vais consacrer le nouvel autel. Ce rite traditionnel mérite que, en plus des remerciements adressés à ceux qui en ont été les artisans, à monsieur le curé et à monsieur le maire qui en ont permis la réalisation, nous en donnions le sens en quelques mots. Ce n’est en effet pas ordinaire. Trois points :



    1/ L’autel est le signe du Christ présent au cœur de son Église. Nous le savons, l’apôtre Pierre nous le dit, l’Église est composée des pierres vivantes que nous sommes chacun. Parmi ces pierres, il y a celle de l’autel. Elle est, selon le psaume 117, la pierre que les bâtisseurs ont rejetée et qui est devenue la pierre d’angle, celle qui soutient tout l’édifice. Nos yeux convergent vers cette table de pierre, et surtout nos cœurs ; c’est le Christ qui nous rassemble autour de Lui. Certes, l’Église nous enseigne que le Christ est présent dans sa Parole, c’est pourquoi nous vénérons le Livre de l’Évangile et on ne proclame pas la Parole de Dieu avec une photocopie en main. Le Christ est présent dans son Eucharistie : le corps et le sang de Jésus que nous vénérons profondément en recevant le pain et le vin consacrés qui sont nourriture et boisson pour la vie éternelle. On ne prend pas l’hostie, on la reçoit avec un grand respect et par un beau geste. Le Christ est présent dans la personne du ministre consacré : l’évêque, sacrement du Christ Pasteur et Docteur, Tête de l’Église, le prêtre configuré au Christ Prêtre éternel qui donne sa vie en offrande, et les diacres configurés au Christ serviteur qui lave les pieds de ses disciples. Le Christ est présent aussi dans son peuple rassemblé, comme aujourd’hui dans cette église de Barbonne-Fayel. Eh bien, le Christ est présent par cet autel disposé au centre de tout, dans l’espace qu’on appelle « sanctuaire » ou « chœur ». Comme dans le Temple de Jérusalem dans l’ancienne Alliance, c’est le lieu où le prêtre offre le sacrifice. Mais quel sacrifice ?



    2/ C’est le deuxième point : Jésus est, selon les paroles de la liturgie dans la préface du 5èmeDimanche de Pâques, à la fois « l’autel, le prêtre et la victime ». Autel, nous l’avons dit à l’instant : l’onction des cinq croix avec le Saint Chrême fait de cette pierre le symbole du Christ, source de vie par ses 5 plaies de crucifié. Prêtre, parce que Jésus est bien celui qui offre le sacrifice pour le pardon des péchés. Victime, parce que Jésus-Prêtre n’offre pas des animaux comme dans l’ancienne Alliance, mais lui-même, en donnant sa vie pour nous. Nous sommes là au cœur du mystère du salut. C’est sur cette pierre que nous déposons le pain et le vin sur lesquels nous invoquons l’action de l’Esprit-Saint qui en fait le corps et le sang du Seigneur. C’est à cette table sainte que nous recevons « le pain de la vie » et « le vin du Royaume éternel ». Et si nous disposons dans cet autel les reliques des martyrs, c’est pour signifier que ceux qui ont donné leur vie pour le Christ l’ont fait comme le Christ, avec Lui, dans un acte d’offrande et de sacrifice pour le salut du monde. Ce fut le cas de saint Vincent, patron des vignerons, et ici, dans le vignoble de Champagne, cela prend tout son sens. Et aussi le cas de la Bienheureuse Sœur Paul-Hélène Saint Raymond, originaire de notre diocèse et assassinée en Algérie le 8 mai 1994. Quand nous célébrons l’Eucharistie, nous offrons nous aussi notre vie « pour la gloire de Dieu et le salut du monde », en communion avec les martyrs, et avec le Christ Sauveur.



    3/ Enfin, voilà pourquoi, nous voulons et nous devons marquer le plus grand respect pour l’autel. Si nous savons et comprenons ce qu’il signifie, et pourquoi c’est l’évêque, successeur des apôtres, qui vient le consacrer, le marquer à jamais pour le réserver à un usage sacré tourné vers Dieu, à la célébration des mystères du salut en Jésus-Christ, et réservé à cela seulement, nous aimerons nous incliner profondément devant l’autel. Nous ne le déplacerons pas (ici, il n’y a pas de risque !) parce qu’il gênerait pour un concert, nous ne déposerons pas notre étui à lunettes ou d’autres objets qui nous encombrent, même en dehors de la messe, nous ne nous appuierons pas dessus… Ce n’est ni une desserte, ni la vitrine du fleuriste, ni une table roulante, ni un bureau, ni un décor.



    L’autel, nous le saluons. Comme le livre des Évangiles, les ministres ordonnés le vénèrent d’un baiser (je le ferai pour la première fois au moment de l’offertoire), le célébrant l’encense en signe de respect et pour signifier que c’est de lui que monte notre offrande vers le Seigneur, comme la fumée vers le ciel, et que c’est de Lui que se répand dans toute l’Église la bonne odeur de son amour. L’autel, nous l’habillons d’une belle nappe propre et digne, et nous l’illuminons de la sainte lumière du Ressuscité, car nous sommes invités au repas des noces de l’Agneau. Heureux sommes-nous ! « Celui qui mange de ce pain ne mourra jamais ».







    Frères et sœurs, que cette célébration extra-ordinaire nous offre la renaissance de notre foi et nous plonge dans cette joie immense d’accueillir au milieu de nous le Sauveur Jésus-Christ qui vient nous visiter. Amen
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    Chers amis du diocèse de Châlons , c’est avec une grande douleur que je vous fais part du décès au cours de notre pèlerinage en Terre Sainte de notre frère Bernard Moretti (paroisse Bx Charles de Foucauld, Vitry le François) qui a succombé à un arrêt cardiaque au bord de la Mer Morte hier, 28 novembre. Nous avons entouré de notre mieux son épouse Brigitte, et avec son accord, nous avons décidé de poursuivre notre pèlerinage dans l’espérance chrétienne, malgré la peine qui nous accable. Nous rendons grâce au Seigneur pour Bernard qui a tant donné pour sa famille et pour notre Église, et le portons désormais dans notre prière sur les pas du Christ. Nous comptons aussi sur la prière de tous, et continuerons à vous raconter notre pèlerinage afin de vous y faire participer à distance. ... Lire plusVoir moins

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    Sincères condoléances à ma cousine Brigitte et à mes petits cousins je pense bien à vous

    En union de prière et courage à Brigitte

    vous pouvez compter sur nos prières. Communauté des Filles de la Charité

    En union de prière.

    Sincères condoléances à toute sa famille

    Sinceres condoléances à Brigitte et sa famille Que notre Bernard repose en paix

    Super mais en union de prière pour Bernard et sa femme brigitte

    Courage à vous tous et particulièrement à son épouse...

    Je suis en union de prières avec vous tous et plus particulièrement avec Brigitte et ses enfants.que Bernard notre ami repose en paix.

    Mes parents se joignent à moi pour vous adresser nos plus sincères condoléances.Nous avons quitté Vitry il y a quelques années mais quelle tristesse d apprendre le départ de Bernard, figure emblématique et engagée dans la paroisse. En union de prière avec vous tous Brigitte, Sophie, Nicolas, Alice, Simon, vos conjoints et vos enfants. Amicalement.

    Mes sincères condoléances et beaucoup de courage

    Courage à tous Toutes mes sincères condoléances

    Toutes nos condoléances

    Quelle triste nouvelle. Ce voyage avait l’air tellement serein.

    En union de prieres

    On souhaite un tre gros courage pour brigitte et tout le groupe ainsi que ms touvet

    Courage à vous.. la suite de ce voyage pour et avec lui dans les pensées et dans les cœurs...condoléances à son épouse, sa famille et ses amis.

    Sincères condoléances Émilie ainsi qu'à ta famille

    En union de prières

    Beaucoup de peine en apprenant le décès de Bernard je pense bcp a Brigitte et ses enfants je reste avec vous tous en union de prière nos sommes ici très choqués courage a tous

    Sincères condoléances à la famille

    Vous êtes tous dans nos prières, particulièrement son épouse et sa famille

    En union de prière. Toutes nos pensées vont vers Brigitte.

    Bon courage, sincères condoléances.

    Sinceres condoleances a toute la famille un depart beaucoup trop brutal beaucoup de courage a toi simon et deborah que son repos soit doux

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    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Toussaint

    ToussaintChers frères et sœurs,

    La grande solennité de la Toussaint nous place aujourd’hui devant notre destinée éternelle, notre vocation. Nous célébrons la sainteté de Dieu, bien sûr, mais aussi celle de tous ceux qui en ont été ou en sont encore le reflet ici-bas. Ici ce n’est pas « Challoween » comme place Foch, mais « Holy wins » (= la sainteté gagnera) : nous chantons la grandeur de Dieu comme les voûtes majestueuses de notre cathédrale nous y invitent, les enfants ont cherché les saints dans les magasins comme chaque année, alors que dans les rues et jardins publics, on nous a ressorti les vieilles sorcières et les squelettes…un folklore d’ailleurs qu’on croyait presque disparu en France…. À en voir la fréquentation des cimetières, on constate que nos contemporains préfèrent la tradition de la prière pour nos défunts dans l’espérance de la résurrection.

    Nous sommes tous appelés à la sainteté. Oui, c’est la vocation universelle des baptisés qui ont reçu le don de la ressemblance avec Dieu dans le bain qui lave de tout péché. Les pères du concile Vatican II nous le rappellent dans la Constitution sur l’Église (§40) : « Cette sanctification qu’ils ont reçue, il leur faut donc, avec la grâce de Dieu, la conserver et l’achever par leur vie. […] Il est donc bien évident pour tous que l’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur état ou leur forme de vie. ». Il s’agit pour chacun de conformer notre vie à la vérité de l’Évangile, et de mettre en cohérence nos paroles et nos actes. Nous ne pouvons pas présenter simplement une apparence de chrétien, alors que notre cœur ne bat pas au rythme de l’Évangile. Comme pour une maison ou un immeuble : qu’y a-t-il derrière cette belle façade ? un lieu de vie agréable et propre ou une masure avec une minable arrière-cour ? Pour autant, la sainteté n’est pas une affaire d’héroïsme qui viserait à réaliser des exploits, à battre des records et à recevoir une médaille. Cela nous entrainerait dangereusement dans le vedettariat et le culte de la personnalité. Il s’agit pour nous de marcher humblement et pauvrement avec ce peuple immense décrit dans le Livre de l’Apocalypse (chap 7), en donnant notre vie pour la gloire de Dieu et le salut du monde : « voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.[…] Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »

    Pour nous aider à bien comprendre cette vocation à la sainteté, pour nous indiquer comment garder la blancheur de notre Baptême, le pape François nous a donné le 19 mars dernier une exhortation apostolique … avez-vous lu « Gaudete et exultate » ? Vous devriez ! Je vous le recommande. Voici 2 grandes lignes à retenir :

    1- La sainteté est bien à la portée de chacun : « cette sainteté à laquelle le Seigneur t’appelle grandira par de petits gestes »(§16). Le Saint-Père évoque de façon concrète comment le baptisé est appelé sur ce chemin de conversion personnelle. Il parle de la sainteté des femmes, de celle des enfants, de celle des pasteurs ou des consacrés. « Chaque saint est une mission, dit-il, il est un projet du Père pour refléter et incarner, à un moment déterminé de l’histoire, un aspect de l’Évangile »(§19). L’un reflétera le Christ qui enseigne, l’autre le Christ proche des plus fragiles, ou le Christ qui prie, qui relève, qui guérit, un autre encore la pauvreté et la vie cachée de Jésus,… Chacun, dans son état de vie, est invité à fortifier sa relation avec Jésus le Sauveur pour en être l’image vivante.

    2- La sainteté est à contre-courant : en développant un beau commentaire des Béatitudes que nous venons d’entendre dans l’Évangile, le Pape nous dit : « Elles sont comme la carte d’identité du chrétien » (§63). Je dirais qu’elles sont comme des balises et des pancartes au bord de la route de l’éternité pour nous éviter le fossé. Nous les recevons comme des lumières qui nous permettent de laisser se développer en nous l’œuvre de la grâce. Et ce chemin de bonheur «Heureux les pauvres en esprit, heureux les doux, etc .. » ne ressemble pas aux chemins proposés par l’esprit du monde. Les Béatitudes « vontvraiment à contre-courant de ce qui est habituel, de ce qui se fait dans la société […] le monde nous mène vers un autres style de vie » (§65). Nous en faisons l’expérience bien souvent dans la vie quotidienne, dans les relations professionnelles ou amicales, ou en regardant la télévision. Les martyrs en font l’expérience d’une façon toute particulière : animés par le Saint-Esprit, ils sont rendus capables de témoigner jusqu’au sang, comme Jésus, en restant fidèle aux promesses de leur baptême, plutôt que de se laisser séduire par les sirènes médiatiques ou guider comme des moutons de panurge. Il en va ainsi cette année pour nous : alors que le rouleau compresseur travaille habilement l’opinion dans le sens inverse de l’expression démocratique des États-Généraux de la bioéthique, nous devons assumer d’aller à contre-courant pour défendre la dignité de la procréation humaine, pour rappeler le principe de réalité selon lequel jamais personne d’autre qu’un homme et une femme n’ont pu donner naissance à un enfant, pour dire qu’un embryon humain n’est pas une marchandise ou un matériau de laboratoire. Il faut du courage, certes. Et la grâce de Dieu en nous.

    A contre-courant, disions-nous, en reprenant l’enseignement du Saint-Père. Il en est une qui a marché ainsi sur le chemin des Béatitudes : Sœur Odette Prévost, Petite Sœur du Sacré Cœur de Charles de Foucauld, née le 17 juillet 1932 et baptisée le 14 août à Oger dans notre diocèse. Elle a vécu des années en immersion humble, pauvre et fraternelle en Algérie, à l’instar de l’ermite de Tamanrasset. Et le terrorisme fanatique s’est attaqué lâchement à cette cible innocente, faible et fragile le 10 novembre 1995, quelques mois avant les moines de Tibhirine. Ils sont 19, les martyrs d’Algérie qui seront béatifiés à Oran le 8 décembre prochain. Notre diocèse en mal de vocations et cherchant à se renouveler dans l’élan missionnaire reçoit comme une grâce le témoignage de cette religieuse, martyre de l’espérance : puisse le don de sa vie apporter, dans le mystère de la communion des saints, des fruits de renaissance à notre Église locale. Puisse son sang versé faire lever des serviteurs de l’Évangile parmi les jeunes de la Marne pour un vrai renouveau de nos paroisses. Puisse l’horrible réalité de cet assassinat nous procurer une joie spirituelle immense et fortifier en nous la confiance et l’espérance. Nous rendrons grâce à Dieu le samedi 23 mars prochain à Oger : en réponse à mon invitation, Monseigneur l’Archevêque d’Alger sera présent parmi nous et nous donnera son témoignage bouleversant.

    Frères et Sœurs, je veux pour terminer, délivrer un message au sujet des prêtres. L’Église est sainte, et ses membres sont tous des pécheurs. C’est vrai, et pas seulement les prêtres. Bien sûr, l’actualité nous présente des faits insoutenables commis au sein de l’Église. Nous ne devons pas nous voiler la face. Et nous devons la vérité aux victimes blessées à jamais dans leur chair. J’ai ainsi été amené à agir au printemps dernier. Et l’enquête n’a débouché sur rien (c’est l’information de la semaine) sinon que les accusateurs sont poursuivis désormais par le Parquet pour dénonciation calomnieuse. Quel soulagement pour le prêtre incriminé, pour moi-même et pour toute l’Église. Mais quelle tristesse de voir la méchanceté, ou l’inconscience…, en arriver là ! Dans le climat de suspicion générale, largement entretenue dans les media, je veux redire ici tout mon soutien, mon estime, mon respect, ma reconnaissance aux prêtres, engagés généreusement par le don total de leur vie pour l’annonce de l’Évangile, la sanctification du peuple chrétien et le service de tous. Ils sont mes collaborateurs. Je ne supporte pas que la faute de quelques-uns retombe sur tous ; je refuse que les prêtres seuls portent la responsabilité de ce que le pape dénonce comme le cléricalisme qui génère les abus ; je n’accepte pas qu’on profite de l’occasion pour me ressortir les vieilles idéologies des années 70 militant pour une Église sans prêtre. Il faut que ça cesse : les déviances et abus commis par des prêtres…et aussi la malveillance envers les prêtres. Il y a beaucoup de sainteté chez eux, et beaucoup de courage et de fidélité. Dites-leur votre soutien, votre estime, vos encouragements. Et priez pour eux. Ils prient pour vous et donnent leur vie pour que vous deveniez des saints.

    Amen.
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    COMMUNIQUÉ DE MONSEIGNEUR TOUVET

    Le 25 mars 2018, la Cellule Permanente de veille contre la pédophilie mise en place par la Conférence des Évêques de France m’a transmis sans délai un dossier d’accusation d’attouchements sur mineurs. Le lendemain, j’ai fait un signalement à la Justice – et le Modérateur Général des Foyers de charité a fait de même – afin que la lumière soit faite. Dans son communiqué du 29 octobre 2018, le Procureur de la République de Châlons déclare que, suite à l’enquête préliminaire qu’il avait diligentée, aucune infraction ne peut être retenue contre le Père François-Jérôme Leroy. Je suis soulagé de pouvoir le dire.

    Aujourd’hui, je prends acte que le Procureur a annoncé des poursuites pour dénonciation calomnieuse à l’encontre de ceux qui ont accusé à tort le Père Leroy. Je redis ma confiance dans la Justice, seule habilitée pour faire toute la lumière sur cette affaire. J’ai manifesté cette confiance depuis le début en signalant les accusations et en prenant des mesures conservatoires dans le seul but de protéger d’éventuelles victimes et de garantir le déroulement serein de l’enquête, sans présumer d’une quelconque culpabilité.

    Je remercie le Père Leroy d’avoir accueilli ces mesures de prudence.

    Je souhaite exprimer à nouveau ma confiance et mon soutien à tous les prêtres du diocèse. Eux aussi ont été blessés. Qu’ils sachent que je les respecte trop pour agir inconsidérément à leur encontre.

    Oui, il y a eu tristement des prêtres au comportement délictueux ou criminel. Je redis ma honte et ma tristesse. L’Église est engagée résolument dans l’éradication de ce fléau. J’affirme mon entière détermination à participer à ce travail de purification par la prévention, la vigilance et l’action. Je demeure toujours prêt à accueillir toute victime ou toute personne désirant me parler.

    La cellule d’écoute des diocèses de Châlons et Reims est aussi à leur disposition : cellule@ecoute.info
    Mgr François Touvet évêque de Châlons le 29 octobre 2018

    On peut écouter l’interview de Mgr Touvet sur RCF dans le post suivant
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    Comment on Facebook

    Très heureux pour ce prêtre et bravo à Monseigneur d’avoir osé faire un signalement c’est comme cela que nous enlèverons l’image prête =pédophile

    Rien de mieux que la transparence comme vous le faites 👏🏻 bravo

    Merci Monseigneur pour ce beau texte, important pour tous. Nous prions pour nos prêtres et nos évêques.

    Comme dans « tout »... il y a des bons et des mauvais. Ne pas fermer les yeux face aux actes de certains mais soutenir et défendre les bons prêtres qui sont victimes de telles accusations. Taches bien difficiles mais indispensables si l’on veut que l’image de l’église et de ses représentants arrête d’être salie...trop souvent. 😞

    Pourquoi ce communiqué sur Facebook ! C’est inutile et cela donne le nom de ce prêtre en pâture à tout le monde ...même si il est innocent... Il faut de la discrétion pour le respect absolu des personnes À mon sens Cela peut mettre des prêtres totalement innocents dans un grand désespoir Triste église....Eglise désemparée

    ce prêtre a été bafoué par des menteurs pourquoi ont t'ils fait ça !!!!!! veulent il nuire a nos églises ? ou autre

    Oui de même prions pour les prêtres et évêques et respectons

    Merci Mgr pour ce beau texte , nous prions pour nos prêtres et nos évêques et les respectons

    va t'il revenir vers nous !!!!! dans son diocèse

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    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Centenaire 1918 au Moulin de Laffaux

    Centenaire 1918 au Moulin de LaffauxMgr Touvet a participé à la commémoration de l’engagement extraordinaire des Fusiliers Marins à Laffaux en septembre 1918. Après la messe au cours de laquelle il a prononcée l’homélie ci-dessous, il s’est joint à la foule pour la cérémonie officielle présidée par le Chef d’Etat-Major de la Marine, en présence du drapeau de l’Ecole des Fusiliers Marins où il a servi comme officier pendant un an et demi en 1988-1989.

    Chers amis, Chers frères et sœurs, chers camarades,

    Même si nous sommes ici dans le diocèse de Soissons, et je remercie Mgr de Dinechin de m’avoir laissé présider cette messe avec mes camarades de « la Mecque du fusil », je prête ma voix un instant à mon vénérable prédécesseur Son Excellence Mgr Tissier, évêque de Châlons pendant 35 ans, de 1913 à 1948 : « Le silence infini des espaces qui plane sur ces terres funèbres y ajoute une sorte d’effroi. La nation entière dans sa fleur tour à tour y passa. Rien qu’à l’odeur du sang une autre France est née. Quand il fut devenu son manteau quotidien, son breuvage ou plutôt sa rosée, elle reparut devant le monde étonné la grande nation d’autrefois, belle un instant de toutes les croyances des vieux âges, belle toujours de toutes les vertus chevaleresques, belle de tous les élans et de toutes les espérances de la victoire ».



    La France est belle aussi, osons le dire car nous avons l’esprit très ouvert, la France est belle grâce aux fusiliers marins. A l’École, entre le Scorff et le Blavet, lors de chaque cérémonie de présentation au drapeau, nous entendions avec émotion, presque religieusement, égrener le chapelet de ces lieux où nos anciens se sont illustrés de façon si magnifique : Dixmude, Yser, Longewaede, Hailles, Laffaux, sans oublier ceux de la 2è guerre mondiale. Je me souviens avec émotion de ce jour de 1988 où j’étais désigné pour représenter mon cours EOR et recevoir la fourragère des mains du pacha, le Commandant Lorin. Je devenais Fusilier marin. En juin dernier, j’ai eu la joie de retrouver pendant 24h la moitié de mes camarades autour de l’Amiral Rebour à Lorient pour fêter le 30è anniversaire !

    Il y a 100 ans, en septembre 1918, après la 2è bataille de la Marne entamée en juillet, les différents assauts allaient conduire les troupes françaises et alliées à la victoire. Après quatre années de feu et de mitraille, de faim et de maladie, de peur et de malheur, de souffrance et de mort, notre pays entrevoit la lumière de la victoire et de la joie. La terre champenoise, où je suis évêque, en a bu des litres de sang, celle du Chemin des Dames aussi, cette terre que nous foulons aujourd’hui à Laffaux, elle est devenue un cimetière géant à ciel ouvert pour nos camarades fusiliers marins. Leur sacrifice a valu à notre drapeau de recevoir de nombreuses décorations dont la Légion d’Honneur : la fourragère que nous avons portée avec fierté sur le bleu de drap ou le treillis, et qui orne encore l’épaule des fusiliers-marins et commandos-marine est le signe de ce qui nous rassemble. Nous sommes les héritiers de formidables héros qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes et sacrifié leur vie pour défendre la paix et la liberté de notre chère France. Nous leur devons une reconnaissance infinie et nous devons relever le défi pour les temps d’aujourd’hui, animé des mêmes valeurs de courage, de bravoure, de volonté, de dépassement de soi, de camaraderie et d’esprit de corps qui font encore la noblesse de notre spécialité. Au cours de cette messe, nous prions pour les morts, et nous rendons grâce à Dieu pour les fruits abondants qu’a porté leur sacrifice. Nous entendions l’apôtre saint Jacques : « C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix ».

    On parle beaucoup aujourd’hui du devoir de mémoire, mais ce n’est pas toujours facile aujourd’hui, c’est vrai, de parler de la France et de son honneur, de chanter son hymne national et de saluer les plis du drapeau tricolore (il faut la coupe du monde de football pour voir le bleu-blanc-rouge aux fenêtres). Ici, à Laffaux, au-delà de nos uniformes et de nos insignes, de nos bachis et bérets verts, ce sont nos cœurs et nos mémoires que nous voulons habiller des couleurs de la victoire et de la fierté d’appartenir au peuple de France, dont l’histoire multiséculaire est forgée de solides traditions et enracinée dans les valeurs de l’Évangile, qu’on le veuille ou non.

    Le rouge de la fourragère nous rappelle le sang versé mais aussi le feu ardent et la foi qui brûlaient au cœur de nos anciens et de tant d’autres qui, en ces lieux de recueillement, nous invitent à nous engager pour la construction de la paix chaque jour.

    Pour cela, je crois que nous devons relever le défi de notre conversion personnelle, car c’est là, au cœur de l’homme que se situe le vrai combat, celui de la vie contre la mort, de la charité sur le péché, de la lumière sur les ténèbres : le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus qui constitue le cœur de la foi chrétienne, a guidé et nourri bon nombre des jeunes soldats et matelots de 14-18 montant à l’assaut dans un élan de fureur et de folie mêlées d’abnégation et de sacrifice. Combien ont été retrouvés avec leur chapelet ou l’image de Sainte Thérèse ou du Sacré-Cœur dans leur poche ! Donner sa vie, mourir pour que la vie triomphe. Jésus en a fait la grâce suprême à toute l’humanité en se faisant « le dernier et le serviteur de tous ». Chaque chrétien est appelé à donner sa vie comme Lui.



    Faisons donc mémoire de notre baptême, et convertissons-nous : rejetons, comme nous y invite saint Jacques, tout ce qui conduit à la guerre (jalousie, rivalités, convoitises…etc) et adhérons à ce qui est vrai, beau, noble, digne d’être aimé, à tout ce qui vient de Dieu. Oh certes, je le sais, à l’Ecole, on m’appelait le « lieutenant-curé », la dévotion n’est pas forcément très répandue dans nos rangs, mais tout de même… pour la plupart d’entre nous, faisons mémoire de notre Baptême et réveillons-nous : le Seigneur nous a fait la grâce de sa ressemblance et nous a envoyés comme témoins au cœur du monde à l’image du levain dans la pâte. Là se trouve le secret de la victoire et de la paix pour aujourd’hui et demain. Écoutons l’apôtre saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens : « Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu ; ainsi, vous pourrez résister quand viendra le jour du malheur, et tout mettre en œuvre pour tenir bon. Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu. »

    Nous voilà envoyés, prophètes de l’espérance dans ce monde à l’horizon souvent si terne. En célébrant l’Eucharistie, mémorial de la Pâque du Seigneur, nous joignons l’offrande de nos vies à celle que firent nos anciens, et à l’offrande sainte de Jésus. « Ceci est mon Corps livré pour vous » « ceci est mon sang versé pour vous », « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne » dit-il. Ou encore : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Voilà ce qui nous reste à faire … Amen.
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    Monseigneur Touvet co-signataire du document des évêques de France sur la procréation

    A l’approche de l’ouverture du débat parlementaire en vue de la révision de la loi bioéthique, alors que l’Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques va publier son rapport et que le Comité Consultatif National d’Éthique va donner son avis, l’Église de France explique sa position sur l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP).

    Dans une Déclaration signée par tous les évêques de France : « La dignité de la procréation » (coédition, Cerf, Bayard, Mame), l’Église catholique rappelle la valeur de la procréation : acte profondément et spécifiquement humain dont la manipulation entamerait gravement la valeur de fraternité qui fonde le pacte social en notre société.

    Le texte intégral sera prochainement en vente dans toutes les librairies, et une version courte en ligne d'ici 24h.

    eglise.catholique.fr
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    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    L’Assomption à Notre-Dame de L’Épine - 15 août 2018

    L’Assomption à Notre-Dame de L’Épine - 15 août 2018Chers frères et sœurs,

    Le mystère de l’Assomption est souvent représenté dans nos églises : de grandes peintures ou vitraux nous montrent la Vierge Marie élevée vers le Ciel par une multitude d’anges et accueillie par son Fils Jésus le Seigneur, Premier-né d’entre les mort, le tout dans un grand rayon de lumière. Moins fréquente est l’image de cette « femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles », et devant elle, prêt à « dévorer son enfant dès sa naissance », « un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et sur chacune des sept têtes un diadème ».

    Cette image, ce « grand signe », décrit par le livre de l’Apocalypse, nous dit et récapitule tout le drame de l’histoire de l’humanité. Depuis le premier péché, acte de désobéissance orgueilleuse d’Adam et Ève envers Yahvé, l’homme et la femme sont soumis aux assauts du mal qui cherche à les détourner du Créateur, et Dieu ne cesse de renouveler son Alliance initiale par ses prophètes et les Rois d’Israël ; le point culminant pour l’éternité étant la venue de Jésus, le nouvel Adam né de Marie, la nouvelle Ève. On trouve même dans le livre de la Genèse (3,15) ces quelques mots qu’on appelle le protévangile, car écrit bien avant Jésus mais contenant déjà une annonce condensée du message de l’Évangile : « je mettrai une hostilité entre toi [le serpent] et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon ».

    Ce drame continue de se jouer dans notre monde contemporain comme il s’est déroulé au long des siècles. Dès la naissance du Christ, Hérode fit mettre à mort les Saints-Innocents, et la folie humaine s’est déchainée à travers les âges et sur tous les continents en toutes formes de violence et d’injustice. Aujourd’hui encore, sous couvert de la loi, mais pas en Argentine (vous l’avez noté dans les actualités de la semaine dernière), on continue de mettre à mort les enfants innocents avant leur naissance ; on voudrait aussi légaliser un soi-disant « suicide assisté » décrit comme un dernier « acte d'amour » (il fallait oser !), mais que le Pape appelle du « nazisme en gants blancs » (il fallait oser aussi).

    Il y a un peu plus de 50 ans, au lendemain de la 2è guerre mondiale, temps d’horreur et de honte pendant lequel les « dragons » et les « serpents » du nazisme et du communisme athées ont répandu leur venin mortel dans l’humanité, des chrétiens (Schumann, Adenauer et de Gaulle) ont eu la force et le courage politique de construire la communauté européenne sur un terreau de réconciliation au parfum d’Évangile. On retrouve en quelque sorte leur acte de foi sur le drapeau européen : les 12 étoiles nous rappellent celles qui couronnent la Vierge de l’Apocalypse et elles nous disent que le dragon qui cherche à dévorer tous les fruits d’amour et de vie est déjà et à jamais terrassé, même s’il continue ses basses œuvres.

    Il y a un siècle, en 1918, nos terres de Champagne et d’Argonne voyaient venir bientôt la fin de la Grande guerre. Les « Magnificat » et les « Te Deum » qui allaient être chantés, accompagnés des cloches de toutes nos églises, diraient au monde entier la joie et l’action de grâce. Dans ces chants de confiance, les chrétiens exprimaient leur foi en la victoire de Dieu sur le mal : non, le dragon ne dévorera pas le Fils de cette Femme aux 12 étoiles, le Prince de la Vie. Mon illustre prédécesseur de l’époque, Mgr Tissier, à qui la ville de Châlons doit son salut en septembre 1914, disait avec force comment le doigt de Dieu avait permis cette victoire, signe d’amour et de pardon donné par le sacrifice de tous ces jeunes soldats tombés sous la mitraille. Nous en reparlerons le 11 novembre à la cathédrale et au monument aux morts de Châlons.



    Victoire assurée, c’est notre foi : Jésus est ressuscité, vainqueur de la mort, et sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir. « Si la mort est venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection » nous dit saint Paul dans sa lettre aux corinthiens.

    Mais victoire pas encore achevée, l’apôtre nous le dit aussi : « tout sera achevé quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père après avoir anéanti parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis ». Aujourd’hui, le combat des puissances du mal contre l’œuvre de Dieu, et celui des forces occultes qui cherchent à relativiser la vérité et à brouiller l’équilibre de la création de Dieu, se poursuit sous forme d’atteintes à la vie humaine, à la dignité inviolable de toute personne, à la famille et à la filiation naturelle, à la liberté religieuse, mais aussi sous forme d’injustices sociales ou économiques, de pratiques et comportements anti-climatiques, de déséquilibres internationaux, et encore sous la forme de notre orgueil, notre égoïsme, notre jalousie, notre péché à chacun. Baptisés, nous sommes déjà vainqueurs, certes, et pourtant, nous faisons l’expérience quotidienne de notre faiblesse. La conversion est devant nous.

    Que pouvons-nous faire alors ? Comment pouvons-nous empêcher le dragon de l’Apocalypse de dévorer et balayer l’œuvre d’Amour et de salut du Seigneur notre Dieu ? Afin que toute l’humanité puisse chanter avec la Vierge Marie « le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom ! »

    D’abord ne pas se laisser mordre au talon par le serpent, ne pas laisser de prise à l’Esprit du mal, le démon, qui cherche à nous diviser et à nous éloigner du chemin de l’Évangile : la conversion personnelle est un combat de chaque jour. En choisissant de rejeter le mal et de répondre à l’appel du Seigneur, nous pouvons enraciner davantage notre vie dans le Christ Jésus notre Seigneur, afin de lui ressembler et d’être ses témoins par le caractère authentique de notre existence quotidienne. Les sacrements nous aident à fortifier et embellir cette ressemblance reçue le jour du saint Baptême : il nous faut laisser se développer en nous les grâces de la Confirmation et de l’Eucharistie, renouveler chaque jour les engagements de notre mariage ou de notre ordination, et accueillir la joie de la résurrection dans le sacrement de pénitence et réconciliation. De même, par notre prière personnelle et communautaire, notre participation à la liturgie de l’église, nous vivons et respirons vraiment du bon air de la charité divine. Quels moyens je me donne pour vivre de la vie du Christ ?

    Autre point pour arrêter le dragon de l’Apocalypse : notre engagement concret dans le monde. Nous sommes appelés, chacun selon notre état de vie, à répondre à notre vocation afin que le bien que nous semons comme le grain puisse rejaillir dans le monde entier : pour les uns, l’accueil de migrants, pour d’autres le service des malades, la visite aux prisonniers,

    la protection des enfants, l’accompagnement des familles, la solidarité internationale, « l’écologie intégrale » selon les mots du Saint-Père, bref … toutes les œuvres de miséricorde, sans oublier la réconciliation pour panser la blessure de la dispute ou de la malveillance ou de la médisance…Quel est mon engagement concret de chrétien pour le bien de l’humanité ?

    Enfin, troisième action : écraser la tête du serpent. Je crois que les temps d’aujourd’hui nous invitent au courage du témoignage et de la parole. En cette fête patronale de la France, prenons la mesure de tout ce qui est en train de se jouer et qui va arriver dans quelques semaines. Ne nous laissons pas bâillonner ou endormir ! Le dragon va encore chercher à nous mordre, et il faut rester vigilants. Tenez, par exemple : les États généraux de la bioéthique ont donné un résultat très nettement défavorable à la procréation sans père, et pourtant, (vive la démocratie !), la loi qui se prépare va élargir cette pratique aux femmes seules et aux couples de femmes (or cette technique a été mise au point par la médecine pour palier à la stérilité .. mais ces femmes ne sont pas stériles, tout le monde sait bien qu’il faut un homme et une femme), … élargissement donc, avec reconnaissance de la double maternité, et cerise sur le gâteau… le remboursement par la Sécurité Sociale. Et vous verrez, viendra la suite sous prétexte de non-discrimination, avec la fameuse GPA pour les couples d’hommes. Mais quelle société voulons-nous pour nos enfants ? Nous n’allons pas assister à ce démembrement de la cellule familiale sans rien dire. Je vous invite au courage de la parole : écrivez à vos députés et sénateurs, ce sont eux qui vont voter. Il est encore temps d’écraser la tête du serpent.

    Sainte Marie, Notre-Dame de L’Épine, Protectrice de la Champagne, toi vers qui sont venus des milliers de pèlerins, nous te prions : veille sur nous, veille sur nos familles et sur nos enfants, protège-nous, marche avec nous ! Apprends-nous à accueillir le souffle divin de l’Esprit-Saint et à proclamer la victoire du Ressuscité à laquelle tu es associée par grâce depuis le jour de ta dormition. « Toi Notre-Dame, nous te chantons ; toi notre Mère, nous te prions » Amen.
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    Merci pour cette homélie courageuse, si peu politiquement correcte !

    Merci pour cette belle messe et belle journée

    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    Mémorial des batailles de la Marne - Dormans - 8 juillet 2018

    Mémorial des batailles de la Marne - Dormans - 8 juillet 2018Chers amis, Chers frères et sœurs,

    Je prête ma voix un instant à mon vénérable prédécesseur Son Excellence Mgr Tissier, évêque de Châlons pendant 35 ans, de 1913 à 1948 : « Le silence infini des espaces qui plane sur ces terres funèbres y ajoute une sorte d’effroi. La nation entière dans sa fleur tour à tour y passa. Rien qu’à l’odeur du sang une autre France est née. Quand il fut devenu son manteau quotidien, son breuvage ou plutôt sa rosée, elle reparut devant le monde étonné la grande nation d’autrefois, belle un instant de toutes les croyances des vieux âges, belle toujours de toutes les vertus chevaleresques, belle de tous les élans et de toutes les espérances de la victoire ».

    Ces paroles nous permettent d’entrer dans le ton juste de cette célébration du centenaire.

    Il y a 100 ans, presque jour pour jour, la 2è bataille de la Marne allait conduire les troupes françaises et alliées à la victoire. Après quatre années de feu et de mitraille, de faim et de maladie, de peur et de malheur, de souffrance et de mort, voici que le Maréchal Foch conduit notre pays à la lumière de la victoire et de la joie. Notre terre champenoise en a bu des litres de sang ! Elle est devenue un cimetière géant à ciel ouvert. Elle est aussi la terre de la victoire. 100 ans après, le mémorial de Dormans (voulu par Mgr Tissier lui-même avec Madame de La Rochefoucauld et le Maréchal Foch), en ce point stratégique de la vallée de la Marne, nous en dit la splendeur. On l’appelle « rempart contre l’oubli ».

    On parle beaucoup aujourd’hui du devoir de mémoire, mais on a du mal à mobiliser toute la nation, à pleurer vraiment ceux qui sont morts, à y intéresser les jeunes générations de toutes origines. Pas facile aujourd’hui de parler de la France et de son honneur, de chanter son hymne national et de saluer les plis du drapeau tricolore (il faut la coupe du monde de football pour voir le bleu-blanc-rouge aux fenêtres).

    Ici, à Dormans, « mémorial de la France, symbole de foi, sanctuaire de la reconnaissance… où la France peut et doit s’agenouiller avec piété, avec fierté » (comme l’écrit René Gobillot dans sa biographie de Mgr Tissier), ce sont nos cœurs et nos mémoires que nous voulons habiller des couleurs de la victoire et de la fierté d’appartenir au peuple de France, riche d’une histoire multiséculaire, forgée de solides traditions, éclairée et enracinée dans les valeurs de l’Évangile, qu’on le veuille ou non.

    Saint Paul, Apôtre du Seigneur Jésus et missionnaire infatigable de l’Évangile, nous donne en peu de mots la leçon qu’il tire de son expérience. Après avoir lui-même pratiqué la violence et la persécution envers les disciples de Jésus, lui, juif converti sur le chemin de Damas, a subi la violence, la prison, la haine. Il sera décapité à Rome. Il nous dit ce qui pourrait être une maxime, un principe, une lumière pour guider notre action dans le monde d’aujourd’hui. « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort ». L’arme du chrétien n’est pas le fusil, la baïonnette, le canon, la grenade ou le char, c’est la charité. Son uniforme n’est ni rouge garance ni bleu horizon, il est blanc, signe de la ressemblance avec le Christ acquise le jour du saint Baptême. Il nous dit dans sa lettre aux Thessaloniciens : « mettons la cuirasse de la foi et de l’amour et le casque de l’espérance du salut ». Dans la vie de l’Apôtre resplendit le mystère pascal : Jésus est mort sur la croix dans une offrande totale de lui-même. Il est ressuscité le 3è jour, ouvrant les portes de la vie à tous ceux qui mettent leurs pas dans les siens. Nul doute que ce mystère, qui constitue le cœur de la foi chrétienne, a guidé et nourri bon nombre des jeunes soldats de 14-18 montant à l’assaut dans un élan de fureur et de folie mêlées d’abnégation et de sacrifice. Combien ont été retrouvés avec leur chapelet ou l’image de Sainte Thérèse ou du Sacré-Cœur dans leur poche ! Donner sa vie, mourir pour que la vie triomphe. Jésus en a fait la grâce suprême à toute l’humanité. Et les milliers de jeunes sacrifiés au champ d’honneur pendant la grande guerre nous font encore aujourd’hui le don de leur vie pour notre liberté et notre paix. Ce n’est pas du passé, c’est l’Histoire.

    Pourtant, nous savons que cette liberté et cette paix sont bien fragiles. A quoi bon tous ces sacrifices ? Les jeunes y seraient-ils prêtes aujourd’hui ? Le monde est blessé et tourmenté par tellement de violence, de terreur, d’angoisses et d’injustices. Il y a les guerres du fanatisme et du terrorisme que nos soldats d’aujourd’hui combattent vaillamment en Afrique ou au Proche-Orient. Il y a les combats idéologiques, plus sournois et pernicieux, qui rongent subrepticement notre société et ses valeurs profondes. Et les combats économiques à coup de taxes sur les échanges, de budgets toujours plus fous, de parachutes dorés, de grèves interminables. Au milieu de tout cela, quel peut être notre rôle, notre mission, au nom de notre foi chrétienne ?

    Frères et sœurs, nous ne sommes pas tous appelés à mettre un casque lourd sur un champ de bataille. Il en faut, malheureusement, et nous respectons et nous soutenons nos soldats avec une infinie reconnaissance. Ne prenons pas les armes de ce monde : armes à feu, langue mensongère, orgueil et violence, injustices, manipulations, … mais en demeurant faibles aux yeux des hommes, nous pouvons être forts de la force de Dieu : « ma grâce te suffit » dit le Seigneur à son Apôtre. Par la douceur de la charité, du pardon, par nos efforts de paix, par notre engagement sans faille pour le respect de la vie, par l’affection familiale, par la droiture, la générosité, la vérité, nous pouvons nous battre pour le bien de l’humanité, pour la liberté, la dignité de la personne humaine. Oui, notre faiblesse sera notre force. Cette force peut désarmer les plus violents. Revêtons-nous de cette armure que saint Paul décrit encore dans sa lettre aux Éphésiens : « puisez votre énergie dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l’équipement de combat donné par Dieu, afin de pouvoir tenir contre les manœuvres du diable. […] prenez l’équipement de combat donné par Dieu ; ainsi, vous pourrez résister quand viendra le jour du malheur, et tout mettre en œuvre pour tenir bon. Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu. »

    Comme Ezéchiel au milieu d’une « engeance de rebelles qui se sont soulevés contre Dieu », nous voilà envoyés, prophètes de l’espérance dans ce monde à l’horizon souvent si terne. En célébrant l’Eucharistie, mémorial de la Pâque du Seigneur, dans ce mémorial national qui est bien une église, nous joignons l’offrande de nos vies à celle que firent les poilus des batailles de la Marne, et à l’offrande sainte de Jésus. « Ceci est mon Corps livré pour vous » « ceci est mon sang versé pour vous », « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne » dit-il. Ou encore : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Voilà ce qui nous reste à faire … Amen.
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    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    9è centenaire de l’Abbaye de Trois-Fontaines - 1er juillet 2018

    9è centenaire de l’Abbaye de Trois-Fontaines - 1er juillet 2018Chers amis, Chers frères et sœurs,

    Je suis souvent frappé par le fait que les parents aiment raconter l’histoire de leur famille, le parcours de leurs enfants, de leurs petits-enfants… la tradition veut que, dans le monde cistercien, on parle aussi de mères et de grand-mères, de filles et de petites-filles pour évoquer les fondations successives des abbayes.

    Le Père Abbé de Cîteaux (une abbaye située dans un diocèse que je connais bien !) nous fait la joie de sa présence. Cîteaux a donné naissance à une fille il y a 9 ans en Norvège. Encore 100 fois 9 ans et Munkeby sera en fête comme Trois-Fontaines ! Sans Révolution Française, il y aura toujours des moines !

    Voici en effet 900 ans que cette abbaye de Trois-Fontaines fut fondée par les moines de Clairvaux, là où l’évêque de Châlons, Guillaume de Champeaux, avait envoyé saint Bernard y fonder une abbaye en 1115. Trois ans après naissait Trois-Fontaines ! (et le même évêque de Châlons n’y est semble-t-il pas pour rien). Trois-Fontaines aura des filles comme La Chalade, tout près d’ici en Argonne, ou Cheminon juste à côté, et plusieurs autres. Les vocations étaient plus nombreuses qu’aujourd’hui ! .. la vie était bien différente aussi… En ce lieu extraordinaire nous sommes saisis au plus profond de nous-mêmes. Ce devait tout de même être un peu plus austère que cette magnifique pelouse : des marécages, comme à Cîteaux. Les moines sont arrivés là et ont dû tout bâtir.

    La maquette de l’abbaye nous dit sa grandeur et son rayonnement. Et depuis 2 siècles, on n’entend plus le chant des moines, des pans entiers des bâtiments ont été démolis, même l’église est là sous nos yeux en l’état de vestige.

    Pourtant, tous ceux qui consacrent une énergie folle à animer et préserver ce lieu (nous pouvons les en remercier), ceux qui le visitent, sont, comme nous aujourd’hui, remués par son mystère, car il y a bien un mystère ici : le silence, la nature, l’éloignement de l’agitation mondaine sont un appel à rencontrer Celui qui en fut le cœur battant pendant presque 700 ans : Jésus le Seigneur.

    En ce Dimanche, nous écoutons sa Parole. « Dieu n’a pas fait la mort…. Dieu a fait de l’homme une image de sa propre identité ». Et dans l’Évangile, nous voyons bien comment Jésus redonne le souffle de la vie à la fille de Jaïre : « Jeune fille, lève-toi ! ». L’œuvre du Seigneur est une œuvre de vie et d’éternité. Si la mort est entrée dans le monde « par la jalousie du diable », c’est-à-dire par le péché, la vie surabonde, nous dit l’apôtre Paul, en Jésus le Seigneur. C’est ce que nous célébrons chaque Dimanche : le mystère de Pâques. Jésus est passé par la mort pour nous en arracher et nous faire le don de sa vie, la vie éternelle. Oui, par Jésus mort et ressuscité, nous sommes sauvés de la mort, du péché, du mal.

    Le jour de notre Baptême, nous avons été plongés dans la mort avec Jésus pour renaître avec lui pour une vie éternelle. Voilà ce grand mystère de l’œuvre de Dieu qui se déploie dans nos existences. Nous sommes appelés à participer à la vie divine et à y communier éternellement. Notre vocation à la sainteté consiste à mourir sans cesse à nous-mêmes pour laisser le Seigneur vivre en nous.

    Les moines et moniales, vivant en communauté autour de leur Abbé ou Abbesse, cherchent justement à répondre à cette vocation, mais d’une façon plus radicale. Le Père Abbé nous le redisait hier. En réponse à l’appel du Seigneur, et non par esprit touristique, originalité excentrique ou goût de l’aventure, ils choisissent de se retirer du monde et de se consacrer à la recherche de Dieu. Par la pauvreté (ne rien posséder en propre), par la chasteté (offrir toute sa capacité d’aimer à Dieu), et par l’obéissance (renoncer humblement à sa propre volonté), les disciples de saint Benoit et de saint Bernard nous donnent un signe. Nous qui vivons dans le monde, qui bénéficions et aimons bien notre petit confort et notre indépendance, nous recevons leur témoignage comme un signe et un appel, pas seulement comme un rappel historique dans lesquels ils seraient comme des êtres d’un autre temps que l’on viendrait, tels des visiteurs de musée, observer derrière les murs de leurs abbayes. C’est à la mode, les reconstitutions historiques. Non, il ne s’agit pas de cela.

    La vie monastique est un signe : oui, frères et sœurs, c’est possible de vivre ce choix radical. Mourir à soi-même : dans la vie de communauté, dans l’obéissance joyeuse, dans la correction fraternelle, dans la prière jour et nuit, dans le travail offert, dans la retenue de sa langue pour éviter toute parole inutile ou blessante ; mourir à soi-même : dans le fait de quitter les siens pour toujours en ce monde, dans le renoncement à toute carrière professionnelle, dans l’absence de relations mondaines. Combien de fois ai-je entendu, à l’issue d’une session de préparation au mariage à Cîteaux ou d’une retraite dans une autre abbaye : « leur visage rayonne » « ils ont l’air si heureux » « quelle paix » « leur chant m’a transporté au ciel » (comme celui du chœur grégorien de Dijon, chers amis, qui a bien voulu répondre à mon invitation et que nous pouvons remercier aussi). Ici à Trois-Fontaines, les moines ont laissé ce témoignage, un signe du Ciel. C’est en quelque sorte un petit coin de paradis. Oui, par la beauté du lieu. Mais surtout parce que ce lieu est béni et sanctifié à jamais par la présence des moines, et leur exercice de la charité.



    C’est aussi un appel: rassurez-vous, je ne vais pas vous faire tous entrer au monastère ! Je crois que le Père Abbé serait bien embêté … mais je vous transmets l’appel que les moines et moniales nous adressent : frères et sœurs, au cœur du monde, dans votre vie de famille, dans votre milieu professionnel, dans les associations que vous fréquentez, dans les écoles de vos enfants, dans vos communautés paroissiales… vous pouvez vivre d’une certaine façon ce retrait de l’agitation et de la violence de ce monde, pour chercher Dieu et pour rayonner de sa présence en vous. Vous pouvez mourir à vous-mêmes pour vivre par Dieu, en Dieu, avec Dieu, pour Dieu. La vie chrétienne ne se réduit pas à des actions de solidarité, à une certaine droiture morale, à l’adhésion à des valeurs, comme on dit aujourd’hui. La vie chrétienne est une marche à la suite de Jésus, sur le chemin qui passe par la croix, par la mort, pour entrer dans la vie.

    Notre diocèse de Châlons ne compte plus aucune communauté monastique et contemplative. Pourquoi ne relèverions-nous pas ce défi d’une vie évangélique chaque jour plus authentique ? Pourquoi ne nous laisserions-nous pas entrainer par le souffle immense de renouveau qui souffle sur l’Église de ce 3è millénaire comme il a soufflé au temps de saint Bernard ? L’évêque que je suis serait heureux, bien sûr, de bénéficier de la présence d’une communauté contemplative où bat le cœur de Dieu, où chacun peut venir se ressourcer, apprendre à prier et contempler, à aimer son prochain, une communauté qui porte la vie diocésaine dans sa prière quotidienne. Je n’ose même pas demander au Père Abbé une autre fille de Citeaux ici… Ce serait un scoop ! Frères et sœurs, formons ensemble une sorte de monastère invisible par les liens de la charité et de la prière. A nous de porter du fruit en abondance. Pour cela, faisons le choix de Dieu, le choix de vivre vraiment en chrétiens, de participer à la mission de l’Église.

    Ne restons pas tournés vers le passé. Mais regardons l’avenir avec espérance « elle n’est pas morte, elle dort… jeune fille, lève-toi ».

    Ne nous contentons pas de rappeler l’histoire de cette abbaye de Trois-Fontaines et d’en sauver les murs. Mais engageons-nous à bâtir aujourd’hui, par le don du Saint-Esprit, l’Église du Seigneur au cœur du monde. Amen.
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    Très belles ceremonie en plein air surtout avec le beau temp

    Des femmes présentes hier et aujourd'hui . Depuis toujours et encore aujourd'hui elles témoignent et œuvrent pour un monde meilleur

    Mgr François Touvet Mgr François Touvet a publié un article.
    Mgr François Touvet
    “Des prêtres pour demain” - Notre Dame de L’Epine - 28 juin 2018

    “Des prêtres pour demain” - Notre Dame de L’Epine - 28 juin 2018Chers amis, Chers frères et sœurs,

    La solennité des saints apôtres Pierre et Paul est traditionnellement le jour des ordinations des prêtres dans les cathédrales. Le jour même ou un Dimanche proche… Notre diocèse n’a pas cette joie… J’ai voulu vous inviter et vous rassembler ce soir dans notre basilique de L’Epine, au cœur du diocèse, et le cœur rempli d’espérance, pour prier ensemble selon 3 intentions : une action de grâce pour le ministère des prêtres qui nous sont donnés et qui nous guident ; une prière pour eux afin qu’ils reçoivent chaque jour la grâce et la force de l’Esprit pour accomplir toutes les tâches de leur ministère ; et enfin une profonde intercession pour que nous connaissions la joie d’accueillir et d’accompagner des hommes qui se lèveront pour devenir prêtres au service de notre Église diocésaine. Cette intention particulière n’empêche pas de prier pour tous les baptisés, tous les consacrés, et aussi tous les incroyants et le monde entier. Mais n’ayons pas de faux scrupule à parler du ministère du prêtre et à prier tout spécialement à cette intention.

    De quoi parlons-nous ? Je vous invite à vous transporter à la Belle Porte du Temple de Jérusalem et à observer cette rencontre de Pierre et de l’infirme. Ce pauvre demande l’aumône : des infirmes, des pauvres, le prêtre en rencontre souvent, pas seulement des infirmes ou des pauvres sur le plan physique ou matériel, mais spirituellement aussi : des incroyants, des pécheurs, des enfants qui n’ont reçu aucune catéchèse, etc… « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas, mais ce que j’ai je te le donne : au nom de Jésus.. lève-toi et marche ». Comme Pierre, le prêtre agit « au nom de Jésus », il relève, il pardonne, il écoute, il lave les pieds, il guide, il ressuscite. « D’un bond, il fut debout » : oui vraiment, debout, ressuscité, évangélisé par la grâce du Seigneur qui agit à travers le ministère de celui qu’il a choisi, appelé, consacré et envoyé en mission. « Entrant avec eux dans le Temple.. » : l’infirme remis debout marche et suit les apôtres pour s’approcher du Seigneur. C’est donc une magnifique rencontre pastorale, figure de toutes les rencontres pastorales du prêtre. Le prêtre n’est pas un simple animateur ou coordinateur ou accompagnateur, il n’est pas là pour dire juste « un petit mot » ou « une petite prière » à la fin, il ne doit pas se cacher ou attendre au presbytère qu’on vienne à lui et répondre aux demandes et exigences des uns et des autres. Comment un jeune, plein de fougue et d’élan, pourrait-il être attiré par un tel avenir ? Ca n’a rien d’exaltant. C’est ce que me disent les jeunes qui m’en parlent, car il y en a …Ce qui suscite le désir apostolique et missionnaire, le désir de devenir prêtre, c’est de parler et agir au nom de Jésus, comme Pierre à la Belle Porte, c’est de guider vers Jésus, c’est de conduire la Mission, c’est de prêcher à temps et à contre-temps, c’est de se donner tout entier, à fond, avec joie, et d’entrainer avec humilité et simplicité et enthousiasme, c’est de célébrer le mystère eucharistique, c’est de donner le pardon des péchés, toujours « au nom de Jésus ».



    En effet, par l’ordination, le prêtre est configuré au Christ Jésus, Prêtre unique et éternel, Pasteur du troupeau, Tête de l’Église. Sans aucun mérite de sa part, avec et malgré ses faiblesses et ses défauts personnels, il reçoit cette grâce inouïe d’agir « in persona Christi Capitis » = en la personne même du Christ Tête. Il n’est pas le Christ, non : comme saint Jean-Baptiste, il doit diminuer chaque jour pour que le Christ grandisse. Il ne représente pas non plus un absent car le Christ est toujours présent. Mais il est le sacrement, signe sacré et efficace du Christ qui rassemble et guide, qui enseigne, qui guérit et pardonne, qui offre sa vie en sacrifice, qui nourrit les foules. On s’arrête trop souvent à l’homme qui est comme ci ou comme ça, qui a le costume ou pas, qui chante juste ou faux, qui est doux ou cassant, dynamique ou bien tranquille. Et dans bien des familles chrétiennes, ça alimente souvent les conversations du Dimanche à table en sortant de la messe, n’est-ce pas ? Je vous invite à regarder d’abord le mystère du prêtre : c’est « au nom de Jésus » que cet homme, pécheur comme nous tous, agit et parle. Il a reçu le pouvoir sacré de dire « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, je te pardonne tous tes péchés » et les péchés sont pardonnés, le pouvoir de dire « ceci est mon corps, ceci est mon sang », et nous pouvons nous nourrir de la vie même du Seigneur Jésus. Le ministère du prêtre n’est pas une œuvre philanthropique, il ne se réduit pas à l’animation, au rassemblement, à la solidarité, même si ce sont bien des aspects importants de sa mission. Il n’est pas un fonctionnaire du culte pour dire des messes à tout bout de champ, même si l’eucharistie est le cœur de sa journée. Son ministère vient de Dieu et est pour Dieu. Il est théologal.

    Bien sûr, la vie des baptisés est elle aussi théologale, et leur engagement comme missionnaires dans le monde est formidable et grand et beau.

    Bien sûr la participation des fidèles laïcs à la vie de l’Église est une grâce de notre temps, dans une juste collaboration avec toutes les autres vocations.

    Bien sûr le ministère des diacres est extraordinaire pour garantir à toute l’Église son caractère évangélique et le promouvoir.

    Bien sûr, quand on manque de prêtres, on cherche et on trouve des solutions palliatives, qui ne sont que palliatives et passagères.

    Mais je veux redire ici avec force et conviction profonde : il n’y a pas d’Église catholique sans prêtre, sans eucharistie, pas de communauté sans pasteur. C’est pourquoi, nous prions pour demander des prêtres pour nous servir, « des prêtres pour demain ».

    Aussi, je termine en posant trois questions. Jésus demande trois fois à Pierre « m’aimes-tu ? ». Je décline cette triple question maintenant :

    A vous tous, à chacun, je demande : quel est vraiment ton désir de voir se lever des prêtres ? de bénéficier de leur ministère ? Comment collabores-tu avec le prêtre de ta paroisse ? Pries-tu pour lui, même s’il t’agace parfois ? Fais-tu appel à son ministère en lui demandant le pardon de tes péchés, en communiant à l’eucharistie, en écoutant sa prédication ? Et vous les parents, parlez-vous de la vocation de prêtre à vos fils ? Êtes-vous prêts à en voir un entrer au séminaire ?



    A vous, chers frères prêtres, et à moi, une question : quel est le témoignage que nous donnons ? sommes-nous dans la joie, comme au commencement ? Avons-nous des amis et des frères sur qui compter quand nous souffrons ? Notre cœur brule-t-il de l’amour de Dieu ? Avons-nous le désir de donner envie de devenir prêtre, même en ces temps difficiles ?

    Et aux paroisses, aux équipes des mouvements de scouts ou d’action catholique, aux communautés religieuses : quelle est la place de la prière pour les prêtres, pour les vocations ? Comment faites-vous appel au ministère des prêtres ? Comment se fait-il que nous n’engendrons pas les prêtres dont nous avons besoin ? Que faudrait-il changer, renouveler ?

    Je souhaite que ces questions nous fassent tous avancer dans la « conversion pastorale et missionnaire » à laquelle je vous appelle tous, en écho et en communion avec le Pape François. Les vocations viendront de notre transformation missionnaire.

    Alors, prions, convertissons-nous, aimons-nous, et agissons. Et demain… nous aurons des prêtres.

    Amen.
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    Très belle homélie !

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