La parabole des jeunes insouciantes ou prévoyantes

 

La Bible raconte ce que Dieu attend des hommes, et comment les humains se comportent envers Dieu et entre eux. Elle est pour nous « la parole de Dieu ».  Mais la parole de Dieu n’est pas toujours facile à comprendre. Ce n’est pas étonnant. Quand on se parle, il faut parfois préciser ce qu’on veut « vraiment dire » : on ne comprend pas tout du premier coup ! Il faut quelques explications.

Aujourd’hui Jésus raconte à ses disciples une petite histoire. Ecoutons-le avec ses oreilles, mais aussi avec l’intelligence et le cœur. En effet, pour vraiment accueillir cette histoire comme la Parole de Dieu, il faut faire confiance à Jésus, et se dire qu’elle est importante pour nous aujourd’hui : c’est bien plus qu’une histoire dans la Bible. C’est notre guide pour trouver le bonheur.

Ecouter la Parole de Dieu

Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.  Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre ». Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. » Les prévoyantes leur répondirent : « Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter ». Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !» Il leur répondit : « Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.» Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.  (Matthieu  25)

 

Comprendre la Parabole

A plusieurs moments Jésus va insister sur l’importance de « veiller ». Il prendra plusieurs images : le maître parti en voyage qui revient sans prévenir en pleine nuit, ou cette noce où le marié se fait attendre.  C’est la même idée : il va se passer un long moment pendant lequel nous sommes seuls, « livrés à nous-mêmes », avant que le Seigneur arrive. Pendant ce temps, on peut être prévoyant ou imprévoyant., tout préparer pour que la rencontre soit belle, ou se comporter comme si le maître ne devait jamais revenir…  Chacune des paraboles ajoute cependant une touche particulière

Ici, le message est clair : « il faut être prêt », il faut être prévoyant, et ce n’est pas au dernier moment qu’on peut se préparer : c’est trop tard. Ce n’est pas au moment où tu as envie de lire un livre qu’il faut commencer à apprendre à lire.   Jésus dit cela sous forme d’une « parabole » comparable à un conte, une fable, une image, parce qu’il essaie de nous faire comprendre des choses souvent très simples, mais pas facile à expliquer avec des mots, et qu’une histoire, une comparaison est plus facile à retenir. On le fait souvent nous aussi. Par exemple, pour essayer de dire tout l’amour qu’on a pour quelqu’un, on dessine un cœur, on dit que quelqu’un est « un vrai lion », etc.

Cette histoire fait penser à « La cigale et la fourmi » de La Fontaine. La cigale n’avait rien prévu et la fourmi ne lui a rien prêté. Mais il y a une différence. Dans la parabole, celles qui ne veulent pas partager ne le font pas par égoïsme, mais parce que ce n’est pas possible : il n’y en a pas assez.  L’histoire n’est vraiment pas compliquée, mais est-elle facile à comprendre ? En effet une parabole ne dit pas tout. L’histoire comporte bien des mystères. Qui est l’époux ? Pourquoi arrive-t-il si tard ? Qui sont ces jeunes filles ? Pourquoi sortir la nuit ? Pourquoi s’endorment-elles ?  Pourquoi les lampes ont-elles tant d’importance ? Pourquoi être si dur avec les imprévoyantes ?  Qui est la mariée ? Enfin, pourquoi Jésus demande de veiller, si de toute façon on finira par s’endormir ? C’est étrange, mais ce sont justement les choses « bizarres » des paraboles qui aident à comprendre ce que Jésus veut dire. La parabole est comme un coffre-fort : on sait qu’il y a des choses précieuses dedans… Mais il faut des « clés » pour ouvrir le coffre-fort.

Pour ouvrir le coffre, prenons des clés. D’abord qui est l’époux : dans l’Evangile, l’époux, c’est Jésus. C’est comme cela que l’appelle son cousin Jean-Baptiste devant ses disciples. Jésus aime chacun aussi fort qu’un époux aime son épouse. Et le Paradis, à la résurrection, est comparé à un festin de noces.  La nuit est parfois comparée aux difficultés, quand on ne voit plus quoi faire. Le sommeil est une image de la mort. On dit encore « il s’est endormi dans la mort… Qu’il repose en paix ». Quand son ami Lazare était mort Jésus avait dit « il s’est endormi ». Les jeunes filles sont les disciples, chargés de préparer sa venue dans le cœur des hommes. Enfin, l’huile et la lumière, ce sont nos bonnes actions. On disait autrefois « nos bonnes œuvres ». Jésus disait « que votre lumière brille devant les hommes… En voyant vos bonnes actions, ils béniront Dieu».

Jésus voulait préparer ses disciples à ne pas l’attendre trop vite après sa résurrection et son départ vers le Ciel. Puisqu’il avait dit qu’il reviendrait, certains pensaient que Jésus allait revenir sur terre dans quelques semaines, quelques mois ou quelques années. Certains se contentaient donc d’attendre, se décourageaient, ou trouvaient qu’ils en avaient assez fait et qu’ils avaient gagné leur place au Ciel. D’autres continuaient inlassablement à faire le bien, jusqu’à leur mort. « Veiller », ce n’est pas attendre assis sur une chaise, en luttant contre le sommeil ! C’est se préparer activement

Tous les disciples se sont endormis dans le sommeil de la mort sans avoir vu venir Jésus. C’est à la résurrection, en se réveillant de la mort, qu’ils le verront enfin et pourront faire une fête, comme un immense repas de noce. Mais ceux qui se sont fatigués de faire des bonnes œuvres et qui avaient passé leur temps a attendre le nez en l’air seront peut-être moins bien accueillis que les autres

Actualiser et vivre la Parabole

Le plus important pour nous, c’est d’actualiser, de digérer cette histoire car les jeunes filles prévoyantes ou insouciantes, c’est aussi nous. Quand je fais preuve de justice, de partage, de charité, de pardon, je fais des réserves d’huile pour que la lumière de ma vie brille devant le Seigneur, quand j’irais à sa rencontrer pour entrer dans la salle des noces, au Paradis. Si je compte sur les autres pour faire le bien à ma place, ça ne marche pas. La vie éternelle se prépare maintenant. Ça demande de la patience, du courage et de la persévérance.  A chacun de voir comment cela peut guider sa vie.

Alors, suis-je comme ces jeunes filles insouciantes, un peu fofolles, qui comptent toujours sur les autres pour arranger les problèmes ? Ou comme ces jeunes filles prudentes, qui amassent des trésors de bonnes actions? Ça dépend peut-être des jours. Il faut faire confiance à Dieu, et le prier de nous donner la force de ne pas nous décourager. Il y a une parole de la Bible qui dit « je dors mais mon cœur veille ». Cela peut guider notre prière

Seigneur, quand notre esprit et notre corps sont fatigués, quand nos yeux se ferme, que notre cœur reste attentif, prêt à se réveiller quand nous seront appelés à nous rencontrer. Et que l’huile de la bonté ne manque jamais dans la lampe de ma vie.  Amen.

 

  1. Jacques Wersinger