Chers amis, frères et sœurs du diocèse de Châlons,

Je mettais la dernière virgule et le dernier point à la rédaction de ce texte lorsque le coronavirus qui s’invitait chez nous a entraîné un confinement de la population pendant plusieurs semaines. Le pèlerinage diocésain prévu le 10 mai à Notre-Dame de L’Épine a dû être reporté à une date ultérieure, aucun rassemblement de plus de 10 personnes n’étant alors autorisé et aucune célébration religieuse ne pouvant se tenir dans les lieux de culte.

Tout s’est subitement arrêté, le silence s’est établi, les rues sont devenues désertes, les personnes âgées ont été coupées du monde dans les maisons de retraite, les écoles ont fermé, de nombreux commerces ont baissé le rideau, etc. Au cœur de ce temps éprouvant de confinement, beaucoup d’heureuses initiatives ont vu le jour, tant dans le domaine de la prière que du service du prochain. Des oasis d’espérance et de charité sont apparues grâce au dévouement des soignants, des enseignants, de beaucoup de travailleurs. Parmi eux se trouvaient des chrétiens qui ont inventé ou participé à des actions de distribution de repas, de visites aux voisins, de courses pour les personnes âgées isolées, de garde d’enfants, etc.

Est venu ensuite le déconfinement progressif, avec la joie de recouvrer la liberté et l’exigence de garder la prudence nécessaire. La vie communautaire pouvait reprendre tant dans les paroisses que dans les établissements scolaires et autres collectivités. Mais l’angoisse et les mesures très contraignantes freinent encore beaucoup d’entre nous.

La vie reprend peu à peu le dessus avec, nous l’espérons, un retour à la normale, gardant au cœur l’essentiel  : la fraternité humaine. La personne humaine n’est pas qu’un corps biologique à soigner. Chacun a besoin de l’affection familiale, des relations de fraternité, des conversations et des collaborations. Beaucoup auront redécouvert la dimension éminente de l’humanité et sa valeur infiniment plus grande et haute que la seule puissance de l’argent. De même pour la vie familiale et la Création, toutes deux des « maisons communes » à protéger et respecter.

« Sauver des vies » était le mot d’ordre officiel. Oui, mais n’y a-t-il pas aussi l’esprit et l’âme à sauver ?

« Le jour d’après ne sera pas comme avant ». Oui, mais il faut du courage pour que les vieux réflexes ne reprennent pas le dessus.

Le projet missionnaire que je donne au diocèse de Châlons ne pouvait pas ignorer cette réalité : d’une part la lourde épreuve du confinement avec toutes ses conséquences économiques et sociales et d’autre part les élans de solidarité extraordinaires qui alimentent l’espérance. J’ai complété ma réflexion, fort de ce que j’ai vécu ou observé pendant la crise pandémique. Ainsi notre projet missionnaire intègre-t-il certains aspects avec plus de force qu’initialement.

Renés avec le Christ ressuscité des morts, nous sommes appelés à nous mettre debout et à avancer, tels des prophè

tes de l’espérance. Nous le ferons en unifiant en nous le spirituel et le social, en rassemblant et rapprochant ceux qui ont le charisme de la contemplation, celui de la parole ou celui de l’action caritative et solidaire. Il n’y a pas de place pour l’opposition entre les Marthe et les Marie, entre chrétiens comme ci et chrétiens comme ça. Notre monde bouleversé attend, sans toujours le savoir, le témoignage authentique et cohérent des chrétiens, dans le Souffle de l’Esprit-Saint.

Veni Sancte Spiritus !

Châlons-en-Champagne, cathédrale Saint-Étienne le 10 octobre 2020

+ François Touvet
évêque de Châlons

Pour lire “Prophètes de l’Espérance”

Vous pouvez vous procurer le livre imprimé “Prophètes de l’Espérance” au prix public de 2 euros TTC (Format A5, tout en couleur, 108 pages) à la boutique de l’Épine, ou auprès de votre paroisse.

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