Nominations
  • Octobre 2019 (Complément des nominations publiées le 29 juin 2019)
    • À sa demande, l’abbé Pierre HUBLART est mis à disposition du diocèse de Tarbes-Lourdes où il est nommé par Mgr Nicolas Brouwet, aumônier de la maison de retraite des Sœurs de Saint Frai à Tarbes. Il renonce à son office d’Exorciste diocésain.
    • Une nouvelle équipe de conduite est envoyée en mission dans la paroisse Saint Hildegrin, le Dimanche 3 novembre à Dormans :
      • Curé : P. Gaspard KOMISER
      • Célébrer : M. Thien NGUON et Mme Marie NGUON
      • Témoigner : Mme Hélène GALLAND
      • Servir : Mme Monique DUJARIER
      • Intendant : M. René LECLÈRE
  • Septembre 2019 :
    • Curie diocésaine
      Monsieur Jean-Pierre CASPAR et Monsieur Denis CASTERS sont nommés Délégués Diocésains pour les Équipes Pastorales de Conduite des Paroisses (EPCP).
    • Mission « Diaconie et Solidarité »
      Ayant reçu l’agrément de l’administration hospitalière, Madame Sophie MASSON est nommée Responsable d’aumônerie au centre hospitalier de Vitry-le-François.
      Ayant reçu l’agrément du mouvement, Madame Chantal HOURLIER est nommée Déléguée Diocésaine de Pax Christi.
      L’abbé Jean-Luc GIGET est nommé prêtre accompagnateur du Mouvement Pax Christi.
      Madame Isabelle VELU est nommée Responsable-adjointe du Service Évangélique des Malades (SEM).
      Le Diacre Philippe OUDIN est nommé Délégué Diocésain pour la Pastorale des Personnes Handicapées.
      Le Diacre Philippe OUDIN est nommé Aumônier diocésain des Sapeurs-Pompiers.
    • Mission « Jeunes, Familles et Vocations »
      Madame Blandine SAGE est nommée Déléguée Diocésaine pour la catéchèse des enfants, et Responsable du service diocésain de catéchèse.
    • Mission « Initiation et Formation »
      Monsieur Daniel VIPREY est chargé de la mise en place d’un parcours de Première Annonce pour adultes, avec l’appui de la Mission « Communication et Nouvelle Évangélisation ».
      Monsieur et Madame Yannic et Monique COSSIEZ sont nommés conjointement Délégués Diocésains pour l’unité des chrétiens.
    • Espace Missionnaire du Perthois
      Madame Myriam KUHN est nommée Assistante pastorale du Doyen, chargée des fraternités missionnaires, de la catéchèse, et du catéchuménat.
    • Espace Missionnaire de Châlons
      Madame Christine MENU est nommée Assistante pastorale du Doyen. Elle demeure animatrice pastorale au service de la paroisse Saint Antoine-Saint Martin.
  • Le Dimanche 9 juin 2019, solennité de la Pentecôte, Monseigneur François Touvet publie les nominations suivantes qui concernent les prêtres et prennent effet au 1er septembre 2019 :
    • Avec l’accord de Monseigneur Dominique REY, évêque de Fréjus-Toulon, l’abbé François-Régis FAVRE est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Remi (Épernay) et Saint-Benoit (Côteaux Sud d’Épernay).
    • Avec l’accord de Monseigneur Paul OUEDRAOGO, archevêque de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), l’abbé Edouard Kalo SANOU est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Antoine/Saint-Martin (Châlons Nord) et Saint Jean XXIII (Châlons Rive gauche).
    • Sur proposition de Don Paul PREAUX, Modérateur Général de la Communauté Saint-Martin, Don Martin BONNASSIEUX est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Etienne (Châlons centre), Saint-François-de-Sales (Les Mothées) et Sainte Marie (Sources de la Vesle)
    • L’abbé Claude VIGNIER est autorisé à prendre sa retraite. Il réside à Sézanne.
    • Avec l’accord de Monseigneur Rosario VELLA, évêque d’Ambanja (Madagascar), l’abbé Théophile JAOFENO achève sa mission dans le diocèse de Châlons le 31 août 2019, et recevra une mission dans son diocèse.
    • Don Clément de MONCK d’UZER, ordonné prêtre le 29 juin 2019, est envoyé en mission par Don Paul PREAUX, Modérateur Général de la Communauté Saint-Martin, à Chinon (diocèse de Tours).
  • Le dimanche 10 février 2019, Mgr Touvet a nommé, en la chapelle de l’abbaye d’Andecy, l’équipe pastorale pour la conduite de la paroisse St Alpin du Surmelin :
    curé : Père Matthieu Ouoba
    délégué pastoral : M.Philippe GRUSON
    veilleur pour la prière et la liturgie : M. Bernard Lisch
    veilleur pour l’annonce de la foi : Mme Blandine Pigeon
    veilleur pour la justice et la solidarité : Mme Anne Filiette
    intendant : M. Jean-Pierre Fayet
Avis et prières
  • Prêtres et diacres jubilaires en 2020
    • 75 ans de sacerdoce
      Père François VAXELAIRE ( ordonné en 1945)
    • 60 ans de sacerdoce
      Père Claude NICOLAS (1960)
      Père Henri PETIPAS (1960)>
      Père Étienne ROLLET (1960)
    • 50 ans de sacerdoce
      Père Joël MORLET (1970)
    • 25 ans de sacerdoce
      Père Gaspard KOMISER (1995)
      Père Claude VIGNIER (1995)
  • Décès du père Albert Mathieu : « Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra » (Jn 11,25)Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons,
    les prêtres et diacres du diocèse,
    les paroissiens de Sézanne, Broyes, Allemant, Peas, Mondement-Montgivroux, Sainte Ménehould, Les-Essarts-les-Sézanne, La Noue, Lachy, Verdey, Le Meix-Saint-Epoing, Mœurs, Pierry, Moussy, Sainte Thérèse de Châlons, Courtisols, Somme-Vesle, Poix, Tilloy-et-Bellay, du sanctuaire Notre Dame de l'Épine,
    les salariés et bénévoles de l'évêché et de la bibliothèque diocésaine, vous font part du rappel à Dieu de l’Abbé Albert MATHIEU le 12 janvier 2020 à la résidence Monseigneur BARDONNE à l’âge de 94 ans, dans la 72e année de sa vie sacerdotale. La messe d’Adieu sera célébrée le samedi 18 janvier 2020 à 10h30 en l'église Saint Martin de Courtisols, suivie de l'inhumation au cimetière de Fère Champenoise à 15 heures.
  • Le Foyer de charité de Baye accueille le Père Jean-Claude LENAIN pour quelques mois. Il était le Père du Foyer de Roquefort-les-Pins (diocèse de Nice). Le Père François-Jérôme LEROY quitte Baye après une vingtaine d’années de présence. Suite aux accusations graves dont il avait été la cible au printemps 2018, et au signalement fait à la Justice, après une enquête approfondie menée par les gendarmes d’Épernay et l’annonce du Procureur de les poursuivre pour dénonciation calomnieuse, ses accusateurs ont été condamnés en première instance à Châlons en février 2019 et avaient fait appel. La Cour d’Appel de Reims a confirmé le jugement le 4 septembre 2019 et doublé la peine, les condamnant à 6 mois de prison avec sursis et à 5000 € de dommages et intérets. Le Père Leroy est innocent des faits qui lui étaient reprochés. La diocèse tout entier lui exprime son soutien et l’assure de la prière de chacun.

  • Décès du père Pierre Guyot : Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de Saint-Jean à Châlons, de Vitry-le-François, de Sainte-Menehould, de Fère-Champenoise, les jeunes et les anciens de l'Action catholique de l'Enfance, Antoinette Wiber, Thérèse et René Langlois, ses sœurs et son beau-frère,ses neveux et nièces, et toute la famille, vous font part du décès de l’Abbé Pierre GUYOT le 23 novembre 2019 à l'hôpital de Châlons-en-Champagne à l’âge de 88 ans, dans la 62e  année de sa vie sacerdotale. La messe d’Adieu sera célébrée le jeudi 28 novembre 2019 à 14h30 en la Chapelle de la résidence Monseigneur Bardonne

  • Le diocèse rend grâce pour la présence et le témoignage des Sœurs Passionistes à Anglure et dans la Brie, et invite à prier pour elles qui renouvelleront leurs vœux le 21 novembre à l’issue d’une neuvaine.

 

  • Le diocèse se réjouit de l’entrée de Jeanne le dimanche 20 octobre 2019 à l’Abbaye cistercienne Sainte Marie de Boulaur (diocèse d’Auch). Elle est originaire de la paroisse St François de Sales (Mothées) et fut cheftaine de louveteaux chez les Scouts Unitaires de France de Châlons. Elle peut compter sur la prière de tous. Mgr Touvet lui a demandé de prier pour le diocèse de Châlons.

 

  • Décès du père René Mirault
    Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons,  les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de Saint Martin-d'Ablois, Fontaine-Denis-Nuisy, Barbonne-Fayel, et de l’espace missionnaire d’Argonne, Michèle, son aide au prêtre, ses neveux et nièces et leurs enfants, ses cousins et cousines, les familles MIRAULT-MULHAUSER vous font part du rappel à Dieu de l’Abbé René MIRAULT le 1er octobre 2019 à Sainte Ménehould à l’âge de 95 ans, dans la 71e année de sa vie sacerdotale. La messe d’Adieu a été célébrée le vendredi 4 octobre 2019 à 14h30 en l'église Saint Laurent de Givry-en-Argonne. suivie de l'inhumation au cimetière du Thoult-Trosnay.

 

  • Décès du père Willem Den Ouden
    Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du Diocèse vous font part du décès du Père Willem Den OUDEN survenu le 1er septembre 2019 à Épernay à l’âge de 77 ans, dans la 49 e année de sa vie sacerdotale. Les obsèques seront célébrées le vendredi 6 septembre 2019 à 14h30 à la chapelle de l’hôpital d’Épernay.
    Priez pour lui.
  • 1er Septembre 2019

    • Le diocèse se réjouit de l’entrée de Jean en année de propédeutique à la maison St François de Sales à Paray-le-Monial, et l’assure de la prière de tous. Chacun est invité à persévérer dans la prière diocésaine pour les vocations, et les paroisses et communautés religieuses à reprendre avec fidélité le rythme mensuel du 1er vendredi et du 1er dimanche de chaque mois.

    • Le Diocèse s’associe à l’action de grâce de la Congrégation des Sœurs de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso le 1er août 2019 à l’occasion de la profession perpétuelle de Sœur Adeline (communauté de Dormans) et assure ses sœurs en religion et les membres de sa famille de la prière de tous.

    • Le diocèse s’associe à l’action de grâce de la Communauté de l’Agneau le 18 août 2019 à l’occasion de la première profession de François-Xavier MASSIOU, en religion Petit Frère Ambroise, originaire de Châlons, et assure ses parents de la prière de tous.

  • Mgr TOUVET a reçu la lettre de remerciements suivante :
    Monseigneur,
    Je m’empresse d’accuser réception de la somme de 5.395,00 € que vous avez bien voulu faire parvenir comme contribution de votre diocèse pour le denier de Saint-Pierre.
    Je désire vous transmettre la profonde gratitude du Saint-Siège pour ce nouveau et généreux geste de communion et de solidarité ecclésiale.
    En vous assurant de ma prière pour vous-même et pour votre communauté chrétienne, je vous assure, Monseigneur, de mon cordial dévouement dans le Christ.
    Luigi Ventura
    Nonce apostolique

 

  • Décès du père Pierre Van der BORGH, prêtre du diocèse de Châlons
    Il est entré dans la Maison du Père le 18 avril 2019, Jeudi Saint, dans sa 89e année et la 60e année de sa vie sacerdotale.
    Il fut successivement vicaire à La Chapelle Lasson, à Pargny sur Saulx, à Épernay puis curé à Pargny sur Saulx.
    Depuis plusieurs années il s'était retiré à Amersfoort au Pays Bas.
    Ses obsèques ont été célébrées le 24 avril 2019 à Blaricum (Pays-Bas) où il a été inhumé.
    Monseigneur François Touvet célébrera une messe à son intention le vendredi 14 juin 2019 en l’église de l'Assomption à Pargny sur Saulx à 16 h 30
Communiqués et circulaires

Au nom du Saint Père

  • le Cardinal Léonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, exprime sa profonde gratitude envers les fidèles du diocèse pour leur offrande de 950 €, provenant de la quête du Vendredi-Saint 2019  pour la Terre Sainte.
  • Mgr Andréa FERRANTE, représentant la nonciature apostolique, exprime sa profonde gratitude envers les fidèles du diocèse pour leur offrande de 2 234€, provenant de la quête pour le Denier de Saint-Pierre.

Le casuel

Rappel :
Conformément à la circulaire de Mgr TOUVET en date du 1er juillet 2018, les offrandes indiquées aux familles pour la célébration des baptêmes, des mariages et des funérailles, sont les suivantes :

  • Baptêmes : entre 50€ et 150€
  • Mariages : entre 200€ et 500€
  • Funérailles : 180€ ou plus

Les feuillets réalisés par le SEDICOM sont disponibles à l’évêché pour les paroisses et les pompes funèbres. Ils doivent être donnés aux familles avec une enveloppe-réponse pré-imprimée disponible aussi à l’évêché.

Ces mesures concernent tout le diocèse et doivent être appliquées comme telles.

Il est demandé que les familles établissent un chèque du montant total de leur offrande au nom de la paroisse.

Lettres pastorales et orientations missionnaires

Circulaire sur le catéchuménat des adultes (Repères pratiques) Télécharger le document

Avance au large Télécharger le document

Lettre pastorale Disciples missionnaires Télécharger le document

Orientations diocésaines pour la célébration des funérailles Télécharger le document

En vue des visites pastorales, vivre la joie de l'Évangile Télécharger le document

Homélies
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Fête de Saint Vincent - Epernay - 18 janvier 2020

Fête de Saint Vincent - Epernay - 18 janvier 2020Mesdames, messieurs, Chers amis, chers frères et sœurs, chers confrères et consoeurs,

C’est une joie immense pour moi d’être présent aujourd’hui pour cette grande et belle fête de Saint Vincent qui rassemble toutes les confréries. Moi-même, venu de Bourgogne il y a 4 ans pour être votre évêque, suis tellement heureux de retrouver ici cette noble tradition populaire, comme j’aime le faire aussi dans les villages. Le vin, ici, recèle des accents exceptionnels, peu familiers aux bourguignons, et il donne aux retrouvailles, aux fêtes familiales, aux réceptions officielles, un accent tout particulier. Je ne peux, vous me pardonnerez, délaisser les Chambertin, Corton, Pommard ou Meursault dont les noms prestigieux résonnent aussi dans le monde entier, mais très différemment. En tant qu’ambassadeur des vins de Champagne, puisque l’archiconfrérie m’a fait l’honneur de m’admettre en son sein il y a 2 ans, je ne manque pas une occasion, je vous assure, de vanter la grandeur et la royauté du Champagne.

Si les vendanges de cette année ont été très intéressantes, malgré les gelées tardives et les très fortes chaleurs de l’été, le climat social dans notre cher pays a été nettement moins bon, et nous ne savons toujours pas quelle sera la vendange en ce domaine…Voilà 14 mois que l’agitation, les tensions et aussi la violence se sont installées, souvent de façon bien désolante et déplorable. La crise sociale est profonde, le dialogue difficile voire impossible, les mesures annoncées ou décidées semblent impuissantes pour apaiser. Le peuple est en révolte, et il importe que chacun, dans le cadre de ses responsabilités, prenne le temps d’écouter, de comprendre pourquoi, et de chercher comment contribuer à davantage de fraternité. Partout, on nous parle de solidarité, de dialogue, de cohésion, de partage, de tolérance, et il semble que l’esprit d’une véritable fraternité soit en train de nous échapper.

Certes, il y a des différences parce que nous n’avons pas la même histoire, la même éducation, la même culture. Et pourtant, nous sommes capables, comme à toutes les étapes de l’Histoire de France, l’histoire de nos villages et de nos familles, de nous réunir pour parler, nous soutenir et construire ensemble. La fête de Saint Vincent en est une belle illustration. Nous n’avons pas les mêmes parcelles, les mêmes superficies, nous ne travaillons pas tous la vigne de la même façon, nous sommes propriétaires, récoltants, manipulants, négociants, l’un ou l’autre, l’un et l’autre, nous sommes héritiers d’une longue lignée ou installés plus récemment, … nous voici rassemblés les uns les autres dans cette église Notre-Dame d’Épernay après le grand défilé dans l’avenue de Champagne sous nos bannières et statues du même saint. Nous formons une et une seule assemblée pour vivre en communion un moment important de notre fête de Saint-Vincent, celui de la messe pendant laquelle nous écoutons le même Évangile et pouvons recevoir le Corps du Christ en nourriture et son Sang en boisson, si nous y sommes prêts intérieurement. Cet instant est celui de la fraternité véritable, construite autour de Jésus le Sauveur, et enracinée dans la foi des Apôtres transmise de génération en génération dans nos familles. Les chrétiens que nous sommes, pour la plupart je pense, devons relever ce défi de la fraternité au cœur d’une société où les liens se délitent, chacun tirant la couverture à soi et cherchant ses intérêts particuliers. Nous avons entendu le prophète Isaïe nous rappeler la promesse de Dieu qui est d’établir cette fraternité solide et durable. Pour l’exprimer, le Seigneur nous donne l’image d’un loup et d’un agneau réunis, d’un léopard et d’un chevreau couchés près l’un de l’autre, du veau et du lionceau nourris ensemble conduits par un petit garçon, de la vache et l’ourse dans la même pâture, du nourrisson jouant sur le nid du cobra ou le trou de la vipère… Vous avez entendu ! impensable à vue humaine, et pourtant c’est la promesse de Dieu. Nous qui sommes tantôt un agneau tantôt un loup, tantôt un nourrisson tantôt une vipère, comment allons-nous relever ce défi de la fraternité ? Alors que la crise écologique révèle notre responsabilité dans la dégradation de la planète et génère des mouvements de désespoir et de catastrophisme, … alors que le Parlement étudie un projet de loi qui va, dans un déni incroyable de la réalité de la sexualité et de la procréation, détricoter tout le lien familial des vraies paternité et maternité, … alors que les débats actuels sur les retraites révèlent des manquements à la véritable solidarité entre générations, nous sommes invités à nous engager résolument pour travailler ensemble à la vigne du Seigneur, dans la recherche du Bien commun. Il nous faut pour cela puiser dans le trésor de la foi chrétienne qui est une parole de salut, de délivrance, de libération. Nous croyons que Jésus, Dieu parmi nous, est mort sur la Croix pour le pardon des péchés. Nous croyons que, par sa résurrection au matin de Pâques, il nous ouvre les portes de la vie éternelle, là où le loup et l’agneau sont réunis, où l’enfant joue sur le trou de la vipère. Frères et sœurs, notre passion commune pour le vin de Champagne nous démontre la capacité de tous et de chacun à travailler ensemble pour le bien commun et pour une vie plus fraternelle. Les forces humaines ne suffiront pas, les plans politiques, les mesures sociales, les allocations de toutes sortes, ne suffiront pas à apporter cette fraternité durable. L’Évangile est la Lumière à déployer pour éclairer tous ceux qui doutent et désespèrent. Cette Parole de Dieu est semée dans les cœurs, nous venons de l’entendre. Il y a des cœurs tendres prêts à l’accueillir, mais aussi des cœurs pleins d’épines ou de rocailles… le vigneron chrétien ne fait pas un Champagne chrétien meilleur que les autres, mais, éclairé par l’Évangile et fortifié par sa prière et le soutien de l’Église, il va travailler sa vigne, fait vivre sa famille, participe à la vie coopérative, favorise l’entraide, nourrit le dialogue, dénonce les injustices, protège la création de Dieu… c’est cela la fraternité dont notre société a soif. Un défi à la portée de chacun, de chaque personne de bonne volonté. Pas à coup de volontarisme et de prétention, mais avec humilité et pauvreté pour nous laisser conduire par le Seigneur.

Pour conclure en évoquant le sacrement de l’Eucharistie que nous allons maintenant célébrer, je voudrais évoquer 2 points : tout d’abord, très simplement rapidement mon récent voyage au Vietnam, en visite chez les religieuses qui ont établi une communauté ici à Épernay en 2011. Les catholiques vietnamiens qui n’ont pas de sécurité sociale ni de retraite ni le droit de grève, vivent sous un régime communiste de surveillance étroite après que leurs aïeux ont vécu le sang, le lavage de cerveau et la mort. Ils ont gardé la foi, chevillée au corps. Et nous, volant dans le grand vent de la liberté et du bonheur éphémère, avons tout laissé tomber. Et on s’étonne ! Quelle espérance chez les catholiques du Vietnam, quelle ferveur, des vocations en très grand nombre, les enfants et les jeunes proclamant la foi et participant à la messe dans des églises pleines…. J’évoque aussi le Père Albert Mathieu dont je célébrais les obsèques ce matin. Ambassadeur des vins de Champagne, grand érudit, conteur inimitable de l’Histoire du Champagne, ancien curé de Pierry et Moussy. Il écrivait le soir de son ordination en 1948 : « demain ce sera la 1è messe, le cœur à cœur avec la voix de Dieu, l’hostie mon corps, le vin mon sang. Que ce soit la concrétisation de mon ordination, de mon sacrifice ». Il disait ainsi sa foi en l’Eucharistie, présence réelle du Seigneur, Pain de vie éternelle et vin du Royaume. Il formulait ainsi le don de lui-même en imitant Jésus et faisant de son corps, de sa vie toute entière, un vin précieux de charité. Il doit sourire de là-Haut, lui qui peut goûter le vin de la charité divine, le vin de l’éternité. Même lui nous dit aujourd’hui, j’en suis certain, que ce vin est encore bien meilleur que le Champagne ! Il nous apprenait à nous approcher avec foi de ce grand mystère qui nourrit notre vie et lui donne tout son sens.

Que saint Vincent nous apprenne à recevoir notre vie de Dieu et à la donner aux autres. Ainsi nous porterons du fruit pour une vendange de charité sur le monde entier. Amen.

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Obsèques Abbé Albert MATHIEU - Courtisols - 18 janvier 2020

Obsèques Abbé Albert MATHIEU - Courtisols - 18 janvier 2020Chers frères et sœurs,

La personnalité du Père Albert Mathieu était telle que nous sommes venus nombreux aujourd’hui participer à la célébration de ses obsèques. Chacun, nous entendons encore résonner le ton inimitable avec lequel il nous racontait tant de choses dans les moindres détails. Sans qu’on puisse l’arrêter une fois qu’il avait commencé, il citait Fère Champenoise comme une paroisse exemplaire qui avait donné de nombreux prêtres (le Père Petipas me disait juste avant de commencer qu’ils sont 14 au cimetière de Fère, dont 11 sont natifs du village !), il évoquait l’histoire de l’Église diocésaine, nous faisait rire avec des histoires d’évêque, parlait de Notre-Dame de L’Épine où il fut le dernier curé résident pendant 20 ans, et aussi de Notre-Dame de Chine, sanctuaire créé en 1867 par un évêque originaire de Chantemerle près de Sézanne, il contait les débuts du vin de Champagne avec Dom Pérignon et surtout Dom Oudart dont il remit la tombe à l’honneur dans l’église de Pierry en 1972, il nous transportait au sommet du Mont-Aimé avec passion. Il suffit de lire ou relire ses petits opuscules intitulés « Avec ou sans épines(s) » et « les flûtes enchantées » pour l’entendre encore, comme on l’entendait aussi au micro de RCF, livrer des récits multiples et variés dont on se demande parfois s’il ne mêlait pas de temps en temps à l’Histoire un peu de sa fantaisie personnelle.

En cette époque des mémoires numériques stockées et sauvegardées dans des grands centres informatiques, la mémoire de l’abbé Mathieu va nous manquer. Il était une mémoire vivante, tout autant qu’une bibliothèque qui livre ses secrets. Le diocèse lui doit beaucoup en ce domaine. Il suffisait de l’entendre raconter le transfert en 1987 des cartons de livres de l’ancien Grand Séminaire jusque dans l’évêché actuel pour comprendre la portée de son engagement afin de préserver ce patrimoine. L’équipe de la bibliothèque poursuit son travail en s’appuyant sur les fondations qu’il a su poser. C’est pourquoi notre bibliothèque diocésaine s’appellera désormais la bibliothèque « Albert Mathieu ». Cela nous aidera à faire de ce lieu toujours plus un lieu de partage et de mission, plus encore que de conservation. Cela permettra aussi à cette mémoire de demeurer un point d’appui et une force pour la construction de l’avenir, pour la Mission qui nous attend aujourd’hui et demain, dans le cadre du renouveau missionnaire que nous voulons engager en réponse à l’appel du Pape François. Et chacun pourra continuer d’y repérer comment, selon les mots de l’Ecclésiaste, « toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps », même si, toujours selon l’Ecclésiaste, l’homme « est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin », même le Père Mathieu !

Quelle œuvre en effet ! L’œuvre du salut ! Dans cette grande Histoire, celle de l’humanité, celle du Peuple de Dieu, il y a justement ce moment de la révélation plénière du dessein d’amour de Dieu, ce jour où Il fit irruption dans notre vie, comme un pauvre : « il est venu chez les siens », « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire ». Ce sont des mots extraits du prologue de l’Évangile de St Jean que le Père Mathieu avait lui-même choisi pour ses obsèques. Le disciple bien-aimé de Jésus nous dit le grand mystère de la foi dont le prêtre est à la fois le messager et le sacrement. Pendant un peu plus de 71 ans, Albert Mathieu a cherché à être ce signe vivant et cette voix qui proclame. Il suffit de lire ses notes du 19 décembre 1948, au soir de son ordination célébrée par Mgr Piérard à Fère-Champenoise : « Voici enfin le calme, le silence, au soir de ce jour de grâces et de fatigues, sous ma lampe dans ma chambre toute pauvre, je pense au Seigneur […] que mon sacerdoce s’enracine dans la foi et monte vers la messe, pour que se fasse l’éclatement de la grâce de Dieu qui dit la perpétuelle jeunesse de l’Église et sa pérennité ». Il exprimait ainsi ce mystère de la venue du Seigneur chaque jour de nos vies, comme il est venu un jour de l’Histoire à Bethléem. Il disait comment le ministère du prêtre offre aux fidèles chrétiens la présence du Seigneur qui enseigne, sanctifie et guide. Il affirmait son intention d’offrir sa vie en sacrifice « par Lui, avec Lui et en Lui ». Il se proposait, comme Jean-Baptiste, d’être un « témoin pour rendre témoignage à la Lumière afin que tous croient par lui ». Lui, dont la vue s’était presque totalement éteinte ces dernières années, savait qu’il n’était pas la Lumière, mais qu’il était là « pour rendre témoignage à la Lumière ». Lui, qui nous raconta tant d’histoires circonstanciées, était en fait déjà dans le mystère de l’éternité. C’est là que nous le confions au Seigneur en ce jour, le cœur plein d’espérance. Nous demandons au Père de toute miséricorde de lui pardonner ses péchés, il en avait comme nous, et de l’accueillir en son Royaume comme un bon et fidèle serviteur, afin qu’il voie Celui qu’il a cherché et servi tout au long de sa vie.

Quelques jours avant la messe de Noël où nous entendions ce même Évangile, je l’ai visité à l’hôpital. J’avais remarqué, depuis mon arrivée à Châlons il y a 4 ans, qu’il me reconnaissait toujours grâce à ma croix pectorale. Chaque fois c’était la même question, sur un ton presque bougon : « qui c’est ? »… il voyait ma croix et répondait à lui-même : « ah.. Monseigneur l’évêque ! » Je me suis donc penché pour glisser dans sa main cette croix qu’il a tenue pendant que je tentais de prier avec lui et lui parlais de sa Pâque qui approchait. Nous célébrons justement cette Pâque en ce jour même où l’Archiconfrérie des vignerons de la Champagne qui avait fait de lui un ambassadeur en 2005, célèbre Saint Vincent à Épernay. Sûr qu’il doit sourire de cette amusante coïncidence, je cite encore ses notes du soir de son ordination : « demain ce sera la 1è messe, le cœur à cœur avec la voix de Dieu, l’hostie mon corps, le vin mon sang. Que ce soit la concrétisation de mon ordination, de mon sacrifice ». En s’identifiant ainsi au Christ Jésus mort sur la croix pour notre salut, il disait déjà que le vin des noces éternelles surpasse tous les autres. Puissions-nous, en communiant à l’Eucharistie, nous offrir nous-mêmes et accueillir le pain de la Vie et le vin du Royaume comme le seul nécessaire pour avancer à la suite du Seigneur, témoigner de sa charité et annoncer la grande espérance. N’oublions pas aussi, comme lui, de déposer dans le calice notre prière pour les vocations sacerdotales. Amen.

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Commentaires

Il fut tellement heureux de recevoir votre visite ce jour là MGR Touvet Il vous attendait!!!

Merci monseigneur de nous faire partager ce témoignage de foi .qu il soit accueilli pas le Seigneur.

R.I.P que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en pas

Nativité du Seigneur - cathédrale de Châlons

Nativité du Seigneur - cathédrale de ChâlonsChers frères et sœurs,

Depuis un mois, le temps liturgique de l’Avent nous a permis de préparer nos cœurs au grand mystère que nous célébrons aujourd’hui dans l’allégresse. En effet, « aujourd’hui un enfant nous est né, un fils nous est donné ». Marie le couche dans une mangeoire, pauvre parmi les pauvres, petit parmi les petits, vulnérable parmi les vulnérables. Bien sûr nous faisons mémoire d’un événement de l’Histoire des hommes, la naissance de Jésus, inscrite dans le temps, mais nous célébrons aussi sa venue aujourd’hui même : le Pape nous rappelle dans sa lettre toute récente « Admirabile signum » que, préparer la crèche, c'est célébrer la proximité de Dieu, c'est redécouvrir que Dieu est réel, concret, qu'il est Amour humble, descendu vers nous. L’Avent est un temps d’attente joyeuse et confiante. Et Noël est le jour de la réalisation de la promesse. Après les siècles de la première Alliance au cours desquels le Seigneur a façonné son peuple bienaimé en lui renouvelant sa promesse, il est effectivement venu parmi les hommes en épousant leur condition (Ph2) : c’est l’enfant de la crèche : l’Emmanuel. L’ange avait dit à Marie de Nazareth : « il sera grand, il sera appelé fils du Très-Haut, il régnera sur le trône de David son père et son règne n’aura pas de fin ». Le voici ce roi que chantent les anges dans le ciel, son trône est cette mangeoire avant celui e la Croix. Devant lui viennent se prosterner les bergers de Bethléem et les mages venus de loin. La promesse est réalisée. La parole a été tenue. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière », « la lumière est venue dans le monde ».

Et pourtant, nous continuons d’attendre la venue du Seigneur dans la gloire à la fin des temps, comme nous le chantons à chaque messe après la consécration. La venue du Seigneur dans l’Histoire n’est pas la transformation immédiate, radicale et fulgurante de nos malheurs en paix universelle et en fraternité. Noël ressemble davantage à un mystère d’irrigation du divin dans la réalité charnelle. Tout continue en fait, de l’histoire des hommes, de ses méandres, chutes et régressions. Mais en même temps, tout ne se résout pas à l’absurde, tout s’élève et se relève. C’est l’ordre de la Rédemption : Bethléem en est un signe fort. Un signe d’espérance pour ceux qui attendent son règne.

L’attente. Parlons-en. Dans une époque où on ne sait plus attendre parce qu’on a tout tout de suite. L’attente d’une naissance dans nos familles humaines, vécue par la maman et tout son entourage. L’attente du train, surtout depuis 3 semaines ! Plus sérieusement : l’attente d’un résultat d’examen médical ou même d’une guérison quand la maladie est venue faire irruption dans notre vie. L’attente d’une réconciliation pour échapper à la discorde et au poids du silence, l’attente d’une libération pour évacuer la culpabilité… L’attente du marin qui guette la terre à l’horizon. Et chaque nuit, l’attente du lever du soleil, surtout pour ceux qui ne dorment pas ou sont plongés dans l’angoisse. Fondamentalement, toute personne humaine attend le bonheur, l’avènement d’un monde plus juste, d’une vie plus paisible, d’une belle concorde entre tous. Chrétiens, nous n’attendons pas de façon passive mais nous cherchons à bâtir la terre nouvelle et le ciel nouveau que Dieu a promis. Le cœur plein de confiance, nous emplissons notre attente de l’espérance que la résurrection du Messie crucifié nous donne chaque jour, et du courage qui fut celui des Apôtres pour témoigner de leur attachement à la personne de Jésus, guérir les malades, donner la vue aux aveugles, faire entendre les sourds, libérer les prisonniers, ressusciter les morts. Comme le peuple de l’ancienne alliance qui attendait la venue du Messie, nous attendons dans la foi que se réalise pleinement la venue du règne de Dieu. Nous guettons les signes de ce royaume qui n’aura pas de fin. Et nous agissons !

Dans la crise sociale actuelle, et qui dure depuis plus d’un an sans qu’aucun véritable signe d’apaisement ou de trêve ne soit donné, je crois que l’Église et tous ses membres ont une parole à donner : le Saint Évangile. Cette situation chaotique, dans un contexte de sécularisation et d’indifférence religieuse, n’appelle-t-elle pas en fait un message de rédemption et de salut ? N’est-elle pas l’expression de cette soif de bonheur et de libération ? Nous entendons encore ce matin les échos du traditionnel « Minuit chrétiens » : « Le monde entier tressaille d'espérance / A cette nuit qui lui donne un sauveur / Peuple, à genoux, attends ta délivrance / Noël, Noël, voici le Rédempteur ! » autrement dit : voici ton sauveur : c’est l’enfant Jésus, c’est Dieu qui vient te visiter et te donner son amour et sa grâce, t’offrir le pardon de tes péchés et t’ouvrir les portes de la vie éternelle. Les chrétiens que nous sommes pouvons relever le défi de l’apaisement et de la réconciliation nationale. Je le crois, tout cela est d’ordre spirituel avant tout, c’est le combat pascal que l’enfant de Bethléem est venu mener au cœur de notre monde, le combat de la lumière sur l’obscurantisme, celui de la transcendance sur l’humanisme athée. C’est très bien de chercher recettes et solutions, de négocier pendant des jours et des nuits. Mais la paix sociale viendra de la crèche, cette crèche que tant de visiteurs sont venus admirer à St Alpin depuis un mois, crèche que d’aucuns ont voulu détruire il y a quelques jours à Toulouse, et que d’autres, devinez où…, ont remplacé par des dinosaures !

Autre attente dans laquelle nous sommes appelés à ne pas rester inactifs. Certains pensent que tout est perdu, joué d’avance, et qu’il n’y a plus rien à faire. Non, le combat pour la vie, pour le respect de la vie, doit se poursuivre. Alors que nos sénateurs vont se prononcer en janvier sur le projet de loi de bioéthique déjà adopté par les députés selon les directives reçues des groupes de pensée et des lobbies, nous pouvons et nous devons encore nous prononcer pour la vie. En célébrant la naissance, certes mystérieuse, de Dieu parmi les hommes, en accueillant la vie du Créateur, nous redisons qu’un enfant ne peut naître que d’une mère et d’un père, que le père ne peut pas être une femme (contrairement à ce qu’affirme la ministre de la santé), qu’un enfant n’est pas un produit acheté sur catalogue, que le corps de la femme n’est pas à louer, que l’embryon humain n’est pas un matériau de laboratoire, que la médecine est faite pour soigner une pathologie, et seulement pour cela. Certes, nous écoutons et comprenons la souffrance de ceux qui n’ont pas d’enfant, mais nous n’acceptons pas de nier la réalité, nous refusons la manipulation ou la sélection de l’être humain par des apprentis sorciers convaincus d’être plus forts que le Créateur. Nous n’allons pas rester les bras ballants, justement parce que nous attendons que se réalise en plénitude la promesse du salut, parce que nous croyons à la victoire de la vie. Et cette victoire commence à la crèche.

En communiant avec foi en ce jour de Noël, nous accueillons la vie divine, nous nous laissons transformer par la grâce de ce petit enfant-Dieu qui nous émerveille et nous demande d’être à notre tour des petits bergers qui vont aller dans le monde chercher les brebis perdues pour les conduire à Lui.

Amen.

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Bon Noël Monseigneur 😊👍🙏🏻💒💕

En union de prière en ce soir de Noël.

Merci, Monseigneur et aussi pour vos voeux recus.J'espère que vous avez aussi passer des belles fêtes, semant l'Amour la joie. 0 Vitry nous avons feter Noël avec la communauté de Sezanne.

Fête de la TOUSSAINT - Cathédrale Saint-Etienne de Châlons

Fête de la TOUSSAINT - Cathédrale Saint-Etienne de ChâlonsChers frères et sœurs,

Nous les voyons, tous ces gens qui se rendent au cimetière depuis quelques jours. Aujourd’hui, ils seront nombreux. Ils viennent fleurir les tombes de leurs chers disparus, et peut-être osent-ils formuler, au moins intérieurement, une prière ? A côté du matraquage médiatique et commercial cherchant à nous imposer d’autres traditions, ou des initiatives locales visant à copier « la chasse de la Toussaint » que la paroisse propose aux enfants, la démarche de ces familles dans les cimetières est plus paisible. Elle exprime la profonde intuition religieuse de toute personne humaine, la quête du sens de la vie, et aussi l’espérance de l’au-delà.

Et si l’Eglise consacre une journée à la prière pour les morts, c’est demain, le 2 novembre, elle célèbre aujourd’hui avec joie la sainteté de Dieu en nous proposant une vision de gloire et de victoire, en nous introduisant dans le mystère de l’amour divin, en nous rappelant notre vocation universelle à la sainteté, en nous offrant des modèles de sainteté d’hier et d’aujourd’hui, en nous disant quel est le but de notre vie et la promesse de la vie éternelle.

Le cœur plein de joie, nous chantons le Dieu 3 fois saint, à la fois créateur de tout ce qui existe et l’Emmanuel si proche de nous, le Dieu des commandements et le Père de toute miséricorde, le Messie humilié et le Seigneur de gloire. Avec une immense action de grâce, nous contemplons notre Dieu qui guérit les malades, relève les paralysés, fait entendre les sourds, donne la lumière aux aveugles, ressuscite les morts… et Jésus le Sauveur petit enfant dans la crèche, prédicateur sur les routes, le crucifié offert en sacrifice, le ressuscité vainqueur de la mort.

Nous accueillons sa sainteté qu’il nous donne en partage par le Baptême et les autres sacrements. C’est ce qu’on appelle la grâce sanctifiante. En effet, de jour en jour, par le mystère de sa mort et de sa résurrection, nous pouvons ressembler davantage à notre Dieu. Il s’agit bien de cela : la ressemblance. Les Saintes Ecritures nous disent, dans la Genèse, que l’homme et la femme ont été créés « à l’image et à la ressemblance » du créateur. Mais le péché est venu dans le monde, déformant et détériorant cette image. Le catéchisme de l’Église Catholique parle bien du « péché originel » qui est une rupture d’alliance de l’homme et la femme vis-à-vis de Dieu : en choisissant de se passer de Lui et de ne pas observer sa Loi, ils ouvrent la voie, dans l’histoire de l’humanité, à tout ce qui vient abimer la création : la souffrance et la mort, que Dieu n’a pas créés. Sa création était une œuvre bonne : « Dieu vit que cela était bon ». Le cœur de l’Évangile, Bonne nouvelle du salut, c’est que le Christ Jésus, image resplendissante du Père, Dieu fait homme, vient par sa mort et sa résurrection, nous donner la grâce de lui ressembler à nouveau. C’est pourquoi, dans la Tradition chrétienne, le Baptême est appelé « nouvelle création », « nouvelle naissance » : nous retrouvons l’image originelle lorsque nous sommes plongés dans la mort avec Jésus pour renaître avec lui pour une vie nouvelle.

Frères et sœurs, nous qui avons reçu cette grâce inouïe le jour de notre Baptême, nous devons nous demander quelle image nous donnons de Dieu, et si nous vivons vraiment à la ressemblance de Jésus. Cela, nous devons le faire en tant que personne et aussi en tant que communauté. Il en va de la crédibilité de notre témoignage.

Chacun pourra donc reprendre l’enseignement de Jésus dans l’Évangile et la Tradition de l’Eglise pour se donner tous les moyens naturels et tous les outils spirituels et surnaturels afin de grandir de grandir dans cette ressemblance :

- Les Béatitudes que nous venons d’entendre proclamées dans l’Evangile sont pour nous un chemin de vie : ce sont des balises qui nous permettent de ne pas quitter le bon chemin mais d’aller à coup sûr vers le Royaume.

- Le commandement de la charité qui est au cœur de l’Evangile et qui doit trouver de multiples applications concrètes à chaque instant. Ce commandement n’est pas une option qui nous laisserait le choix de ceux que nous allons aimer ou rejeter, des jours où nous allons aimer ou être odieux. Même l’amour des ennemis est commandé par Jésus comme un chemin de sainteté.

- le don de sa vie : cette invitation plusieurs fois formulée par Jésus pour ceux qui veulent le suivre, y compris pour les apôtres qui voudraient bien la première place, ou plutôt dont la chère maman vient réclamer pour eux la première place.

- la vérité : elle est reliée à la lumière, car dans les ténèbres de la nuit, le menteur et le voleur agissent. Le disciple du Seigneur est appelé à conformer sa vie à Jésus qui est lui-même la vérité. Et la vérité n’est pas relative comme on l’entend aujourd’hui « chacun sa vérité ». Non, s’il y a une vérité, elle est unique. Ce qui n’est pas la vérité n’est pas la vérité.

- la prière : « priez sans cesse » dit Jésus. Même au cœur du monde, en dehors d’un cloître, notre vie doit devenir une prière, une respiration divine, une offrande, une louange, une action de grâce adressées à Dieu.

- le pardon : nous le demandons bien dans le « Notre Père » : c’est une grâce que de savoir et pouvoir pardonner comme Dieu nous pardonne. Le pardon est un signe resplendissant de la présence du Seigneur. En pardonnant, nous ressemblons à Jésus sur la Croix « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »

Mais encore ? Quoi d’autre pour ressembler à Jésus ?

- les commandements de Dieu et de l’Eglise : un peu comme les Béatitudes, ce sont des balises sur le chemin de la vie pour nous aider et nous encourager, non pas pour nous entraver et nous aliéner. Aucun de ces commandements n’est aujourd’hui caduque.

- les 14 œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles que nous avons pu redécouvrir lors de l’Année Sainte en 2016 : donner un verre d’eau, ça va… donner à manger, c’est parfois plus difficile… supporter la personne qui nous agace, beaucoup plus difficile… ! Etc…

- la vie sacramentelle, avec deux points d’ancrage prioritaires : l’Eucharistie pour recevoir en nous le Dieu Très Saint et devenir ce que nous recevons, et la Pénitence et Réconciliation pour progresser de confession en confession vers la sainteté.

- la Mission et l’annonce de l’Evangile, en réponse à l’envoi des apôtres par Jésus : « allez dans le monde entier, faites des disciples, baptisez, apprenez-leur les commandements ». Le disciple est aussi un missionnaire qui sort de sa coquille, de ses vieilles habitudes, de sa routine de pratiquant du Dimanche pour évangéliser. Défi particulièrement urgent pour les temps d’aujourd’hui.

Et enfin, je terminerai par là, l’exemple des saints. Je me souviens avoir dévoré, quand j’étais enfant et adolescent, des vies de saints. Beaucoup sont encore éditées, et il y a des ouvrages formidables pour les adultes. Les saints nous sont donnés comme exemples, comme modèles. Alors apprenons à les connaître. Je pense à la vingtaine de saints que le Pape propose aux jeunes dans sa dernière exhortation, parmi lesquels 2 français (Ste Thérèse de Lisieux et le bienheureux Marcel Callo). On peut aussi reprendre le témoignage de Sœur Odette Prévost, martyre d’Algérie, notre toute dernière sainte locale, béatifiée l’année dernière. Et son témoignage retentit d’autant plus fort ces derniers jours quand on voit ce qui arrive aux chrétiens là-bas : fermetures d’églises etc…

Je pense aussi à Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France, dont nous fêterons le centenaire de la canonisation en 2020 (c’était le 16 mai 1920). Au cours de son épopée pour conduire le Dauphin Charles VII à Reims pour y recevoir le Sacre le 17 juillet 1429, elle s’arrêta à Châlons le 14 juillet, après que l’évêque fut allé à sa rencontre à Lettrée pour se soumettre au Roi de France alors que la Champagne était sous domination du roi d’Angleterre. Je réfléchis à un projet de commémoration, pourquoi pas sous la forme d’une marche de Lettrée à Châlons…

Frères et sœurs, laissons résonner en nous ce chant inspiré des paroles du Saint Curé d’Ars : « le monde attend le passage des saints, là où les saints passent, Dieu passe avec eux, soyez saints comme Dieu ! »

Amen.

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Obsèques de l’abbé René MIRAULT - Givry en Argonne - 4 octobre 2019

Obsèques de l’abbé René MIRAULT - Givry en Argonne - 4 octobre 2019Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, l’Église célèbre la fête de saint François d’Assise, exemple vivant de celui qui choisit la dernière place à l’image de Jésus. La pauvre d’Assise avait renoncé à la première place que lui offrait son rang social, pour épouser Dame pauvreté. Les yeux fixés sur le crucifix, il contemplait Jésus qui « ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais [il] s’est anéanti, prenant la condition de serviteur… » comme le chante l’apôtre Paul dans la lettre aux Philippiens. Nous pourrions même dire que saint François contemplait tellement le Christ serviteur que son être tout entier s’en est trouvé si ressemblant, comme dans un miroir spirituel, selon les recommandations de saint Paul dans le verset précédent : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus ».

En regardant le cercueil du Père Mirault déposé sur le sol selon sa volonté, nous relisons dans sa vie de prêtre cette recherche de la ressemblance avec Jésus et de cette observance de l’enseignement du Seigneur : « quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place… au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place ». Cette place, ici dans l’église, c’est celle qu’il avait lors de son ordination il y a presque 71 ans dans la Collégiale Notre-Dame à Châlons ! Prosterné à même le sol, après avoir dit « me voici », il choisissait de tout donner, de donner sa vie pour être configuré au Christ Prêtre et Pasteur et agir en son nom pour sanctifier ses frères et sœurs par le pouvoir sacré reçu du Ressuscité. Que de baptêmes et de messes célébrés, que de mariages bénits, que de prédications, de visites à domicile. Toujours dans une proximité simple. Et encore ces dernières années et ces derniers mois. En 3 ans et demi, je l’ai connu comme cela : toujours très actif, particulièrement dans cette Argonne qu’il affectionnait d’une façon toute spéciale.

Couché, non plus sur le sol, mais dans son lit d’hôpital à Châlons, il me recevait il y a 10 jours. Bien humblement, et paisiblement malgré sa grande fatigue et la souffrance aigue qui était la sienne. Quelques minutes de sainteté qui m’ont beaucoup ému. Michèle, si fidèle, était là aussi, et a été témoin de cette rencontre spirituelle. L’évêque que je suis recevait l’ultime témoignage de ce serviteur fidèle : tout d’abord il m’a exprimé son souci des vocations de prêtres pour le diocèse dans les années à venir. Je suis convaincu que c’était sa prière jusqu’au dernier moment ; et elle rejoint tellement la mienne ! Et aussi après s’être redressé légèrement, me prenant la main, il m’a regardé d’une façon très profonde et magnifique, et a embrassé mon anneau épiscopal comme jamais on ne me l’avait encore fait : j’ai senti de façon si sensible qu’il redisait l’engagement de son ordination dans les mains de Mgr Piérard, sa foi dans l’Église, son amour pour l’Église qu’il a servie jusqu’au bout, sa joie d’avoir participé à l’annonce de l’Évangile, son bonheur d’avoir tout donné comme à l’autel : « ceci est mon corps, livré pour vous ».

Aujourd’hui, vous ses neveux et nièces, et l’Église de Châlons, nous rendons grâce ensemble pour cette vie de prêtre qui nous a tous tant marqués. Ce qu’il a semé produira du fruit. C’est l’œuvre de Dieu, le travail de l’Esprit-Saint à travers notre pauvreté et notre fragilité. Tous les pauvres et les petits, justement, ceux qu’il a servis, se préparent à l’accueillir dans le Royaume : « quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles…ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes ». Et pourtant, comme nous, il était pécheur et demandait au Seigneur sa miséricorde. Aujourd’hui, nous présentons sa vie au Seigneur comme une offrande et nous demandons pour lui le pardon de ses péchés. Dans la célébration de l’Eucharistie, c’est le repas des noces de l’Agneau qui nous rassemble, un avant-goût du Ciel. Et nous entendons Jésus dire à son prêtre René : « Mon ami, avance plus haut ». Notre frère, qui portait le prénom par excellence du chrétien « René », nous le portons vers le Ciel avec le pain et le vin bientôt déposés sur l’autel que le Seigneur, par le ministère des prêtres, nous donnera comme son Corps et Sang, Pain de la Vie et Vin des noces éternelles.

Chers frères et sœurs, à l’heure où notre Église diocésaine réfléchit à son avenir, je voudrais que nous gardions l’espérance et la foi du Père René Mirault comme une lumière. Et non seulement cela, mais aussi son air toujours jeune, incroyable à plus de 90 ans ! La jeunesse est un état d’esprit. Le Pape François le dit avec force dans son exhortation « Christus vivit ». En voici les premières lignes : « Il vit, le Christ, notre espérance, et il est la plus belle jeunesse du monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie ». Un bel appel à ne pas rester recroquevillés sur le passé, sur nos sécurités et nos habitudes, nos vieilles routines. Nous le voyons bien, je le constate, pas seulement lors d’une assemblée diocésaine comme samedi dernier, l’inconnu nous inquiète et que nous peinons à nous laisser vraiment conduire dans la nouveauté. Merci, cher Père Mirault, pour votre éternelle jeunesse. Là aussi, en fait, vous êtes resté ressemblant au Christ Jésus.

Et je ne doute pas que votre témoignage, comme je l’ai constaté dans mes visites en Argonne, aura marqué des enfants et adolescents dont vous auriez pu être l’arrière-grand-père. Avec vous, nous demandons au Seigneur de recevoir l’offrande de votre vie sacerdotale et de lui faire porter du fruit en vocations, pour que des hommes s’avancent, disent « me voici » et se prosternent sur le sol choisissant de se mettre « à la dernière place ».

« Qui s’abaisse sera élevé ». Amen.

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oui j irais me recueillir sur sa tombe etant donner que mon FILS ET MON MARI SONT enterre au THOULT et nous connaissions bien madame mulhauser ainssi que ces enfants sincéres condoléances

Sincères condoléances à sa famille er son aide aux prêtres, j aimais les rencontrerdetemps temps depuis de nombreuses années,, Qu'il.repose en paix
AMEN

merci Monseigneur pour votre homélie ....R.I.P. pour vous mon pere abbé

Que l'Abbé Mirault repose en paix ! Toutes mes condoléances !

Toutes mes sincères condoléances à la famille. Reposez en paix pére Mirault

Sincères condoléances au pretre decede

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Messe des confréries - Foire de Châlons

Messe des confréries - Foire de ChâlonsChers frères et sœurs,

Vous vous souvenez, il y a quelques jours se tenait à Biarritz le G7. La presse en a parlé abondamment. Nous avons suivi cette réunion de chefs d’état qu’on appelle « les grands » de ce monde. Leurs épouses sont désignées comme « premières dames ». Nous avons observé les mesures de sécurité incroyables et somme toute nécessaires, le faste de ces réceptions, la mise en scène protocolaire, somme toute nécessaire elle aussi.

Mais quel contraste avec les pauvres de notre monde, les migrants entassés sur le pont d’un bateau dont aucun pays n’autorise qu’il accoste, avec les « sdf » qui dorment sur les trottoirs devant chez nous, avec les agriculteurs en difficulté comme celui-ci dont j’entendais parler il y a 2 jours et qui envisageait de se donner la mort, avec les difficultés des services d’urgence, et aussi avec la pauvreté que j’ai pu observer au Burkina Faso cet été.

D’un côté, beaucoup d’artifices. De l’autre, la réalité de la vie concrète de tous les jours.

L’Évangile nous dit l’appel du Seigneur : prendre la dernière place. Ce n’est effectivement pas ce vers quoi le monde nous entraine, ce que nous propose l’esprit du monde. Pour les disciples de Jésus, il s’agit de préférer ne pas se montrer, se mettre en avant et passer devant les autres, ne parler que de soi et de ses réalisations « je »… « je »… « je »…

Dans les églises, les premiers rangs sont souvent vides, et il faut faire avancer les gens. Dans la vie, s’il en était ainsi, nous grandirions, je crois, en vérité, en charité, en respect mutuel.

Mais il ne s’agit pas d’abord et seulement d’une posture sociale, de règles de bienséance, mais d’une attitude spirituelle. Jésus, le Seigneur, a pris la dernière place, celle de l’enfant, du pauvre, de celui qui a faim, de l’esclave, du condamné à mort. A Bethléem dans la crèche, ce petit bébé déposé par sa maman dans une mangeoire pour les animaux : quelle pauvreté, quelle vulnérabilité. En lavant les pieds de ses apôtres, au grand dam de Pierre qui proteste, Jésus redit avec force qu’il est venu pour servir et non pour être servi. Sur la Croix à Jérusalem, alors qu’il n’a rien fait de mal, au dire d’un des 2 condamnés crucifiés à ses côtés, Jésus donne sa vie dans des souffrances atroces.

Vivre en chrétien, c’est imiter Jésus en donnant notre vie pour les autres, c’est renoncer à soi, prendre notre croix et Le suivre sur ce chemin d’’abandon.

C’est aimer les choses simples, droites, belles, franches, généreuses, vraies, plutôt que les exploits éphémères, les médailles, les éloges et les compliments.

Au cœur de cette Foire de Châlons, nous célébrons la « messes des confréries » selon la coutume déjà bien établie. Au cœur de ce grand forum, lieu de rencontres avec les acteurs de la vie locale, élus, artisans, commerçants, croyants ou non, nous sommes là. Le Peuple de Dieu signifie qu’il participe à l’animation du territoire, à la vie sociale, à la recherche de fraternité, de sens et d’espérance. Chacun est le bienvenu à cette messe.

Nos confréries sont des lieux de rencontre et de partage d’n esprit commun, des lieux de fraternité effective, surtout lorsqu’un confrère ou une consœur traverse une difficulté. Et nous aimons nous tourner vers nos saints patrons : eux ont suivi le Christ, ils ont donné leur vie, ils se sont faits serviteurs … saint Victorien, patron des commerçants, sainte Geneviève, patronne des gendarmes, saint Fiacre, patron des jardiniers, saint Eloi, patron des agriculteurs… et tant d’autres… Nous trouvons en eux, dans leur exemple, des chemins de vérité pour notre vie en société. Ils ont fait des choses simples avec beaucoup d’amour. Voilà la recette. Rien ne sert de faire de grandes choses et d’être en première place avec trop peu d’amour et un orgueil démesuré qui écrase et qui domine. « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé ». « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie pour la multitude ». Le Seigneur nous invite très clairement à emprunter cette voie de l’humilité, de la pauvreté, de la discrétion… dans la vérité et la liberté.

A nous d’inviter ceux qui sont à la dernière place, les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles, les migrants… A nous de les mettre à la première place.

A nous d’aller sur les places chercher ceux qui sont perdus, égarés, désorientés, abandonnés.

A nous de refuser la violence qui tue, la calomnie qui détruit, la méchanceté qui divise.

A nous de dire notre attachement au respect de la vie, de la conception jusqu’au dernier souffle, quand la société se croit autorisée à y porter atteinte, surtout chez les plus fragiles.

A nous de dénoncer la prétention idéologique d’une procréation sans sexualité d’un enfant à qui on voudrait faire croire qu’il a 2 mamans. N’a-t-il pas droit à un papa, ce petit ?

A nous d’être témoins comme nos saints patrons. Témoins de la foi, de la charité, de l’espérance. Témoins de la vérité et de la fraternité.

Dans l’Eucharistie, nous puisons la force de Dieu et la puissance de sa grâce. Dans ce petit morceau de pain de rien du tout, nous recevons ce qu’il y a de plus grand et de plus saint : la vie éternelle de Dieu.

Que le Seigneur lui-même nous apprenne à prendre la dernière place. Laissons-nous guider plus haut pour prendre notre place « dans l’immense cortège de tous les saints ». Amen.

Amen.

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Très beau

Très belle photo avec Monseigneur François Touvet félicitations à toute l'équipe

Merci Monseigneur pour ce texte

un grand merci a vous Monseigneur pour ce très beau texte

Assomption de la Vierge Marie -Basilique Notre Dame de L’EPINE

Assomption de la Vierge Marie -Basilique Notre Dame de L’EPINEChers frères et sœurs,

Vous vous souvenez, le lundi saint cette année : nous avons été plongés dans une stupeur sans pareille en découvrant sur nos écrans le violent incendie qui ravageait la cathédrale Notre-Dame de Paris : l’émotion suscitée par ce drame a été très large, et elle s’est accrue, en tout cas dans mon esprit, lorsque nous avons constaté ce vaste élan de prière et de dévotion envers Notre-Dame, qui rassemblait des personnes de toutes conditions, plus ou moins religieuses et catholiques, dans le même mouvement : chacun se tournait vers Elle ! Bien sûr, nous avons entendu et suivi ensuite les débats sur sa reconstruction, avec toutes sortes de lamentables tentatives de récupération de ce qui reste et restera une église. L’archevêque de Paris l’a dit et répété haut et fort en des termes comme ceux-ci : « Ne reconstruisez pas la cathédrale sans les chrétiens pour en faire un musée ! Car sans le Christ, pierre angulaire et clé de voûte, sans la foi des chrétiens qui donne vie et sens à la grande nef, cette église tombera en ruine ».

Cet incendie était-il un signe pour les temps d’aujourd’hui ? Nous le savons bien, le Président de la République devait prononcer ce soir-là une allocution télévisée si importante pour annoncer à tous des mesures et décisions devant résorber la crise dite « des gilets jaunes » ; il a tout annulé et reporté. La réponse à cette crise semblait donc être celle-ci : tournons-nous vers Notre-Dame, pas le monument, pas le bâtiment en feu, mais comme les bâtisseurs des cathédrales, vers Marie, la Sainte Mère de Dieu, l’Immaculée, notre Mère du Ciel qui veille sur nous et intercède pour nous, nous guide et nous protège.

Marie est la sainte patronne de la France. Je le crois, c’est Elle qui peut et pourra nous relever la tête, à nous, peuple de France déchiré par tant de luttes idéologiques, muselé par un prêt-à-penser liberticide, et envahi par un grand manque de confiance. Plus que toutes les recettes politiques et sociales, plus que tous les G7, G20 et autres grands sommets internationaux, c’est la foi et la sainteté qui sauveront le monde de tous ces conflits, de toutes ces menaces (américaine, russe, chinoise, iranienne ou islamiste) sur l’équilibre mondial, de toutes ces révélations sulfureuses dans les milieux de la politique et du cinéma, et des risques du dérèglement climatique (sans catastrophisme). C’est la foi et la sainteté qui sauveront l’Europe de la crise interne qui vient déchirer son emblème d’unité et de communion entre les peuples, à cause du primat accordé à l’argent et au profit, au détriment de la personne humaine. C’est la foi et la sainteté qui permettront à la France de retrouver le chemin de sa vocation de Fille ainée de l’Église. C’est encore la foi et la sainteté qui sauveront l’Église, notre Église, des troubles profonds et des souffrances engendrés par tant de scandales et d’abus en tous genres.

Oui, Notre-Dame brûle et des quatre coins du monde, on se tourne vers Elle. Tout s’écroule et l’image de la Vierge Marie apparaît au milieu des poutres calcinées, du plomb fondu et des tas de pierres tombées de la voûte. Elle est la Vierge qui terrasse le dragon de l’Apocalypse, elle est celle qui participe à la victoire du Sauveur sur les puissances du mal et de la mort. Ce combat est en cours chaque jour dans nos vies et dans notre monde… et l’Écriture nous assure de la victoire.

En la couronnant tout à l’heure selon le privilège accordé par le Pape Léon XIII à l’évêque de Châlons en 1890, nous avons exprimé que nous la choisissons comme Reine et Mère. Elle est pour nous la Mère de l’espérance. Je vous invite à le redire dans votre cœur : je te choisis, Sainte Vierge Marie, comme ma Reine et ma Mère !

Alors ? Suivons les pas de Marie qui vient visiter sa cousine Élisabeth : dans cette rencontre de la Visitation, Jésus s’approche de Jean-Baptiste, c’est le Sauveur qui vient visiter l’humanité. La Nouvelle Alliance déploie un immense mystère d’amour et de grâce au secours de l’ancienne alliance si fragile. L’humanité blessée par le péché accueille et reçoit son sauveur qui va l’arracher à la mort par sa propre mort et la grandeur de son sacrifice. Marie justement est associée à cette victoire, d’abord en versant les larmes de la Pietà, et aussi par son Assomption qui inaugure l’assomption de l’humanité vers la sainteté et la communion bienheureuse dans le ciel. Fêter l’Assomption de la Vierge Marie, c’est se plonger au cœur du mystère pascal auquel nous sommes associés par notre baptême. Nous qui étions morts à cause de nos fautes, nous voilà vivants en Jésus ressuscité. Marie est notre Mère et nous précède dans cette Pâque, d’une façon toute particulière, parce qu’Elle fut préservée du péché : nous le croyons, dès l’instant de sa mort, elle entre dans la gloire de son Fils.

Chers frères et sœurs, il nous faut poursuivre le combat, celui contre le dragon, et Marie nous apprend à lui écraser la tête. Comment ? De 3 façons :

En priant Marie: le chapelet, vous connaissez ? Pratique désuète ? Rite du passé ? Dévotion ridicule ? Tous ces slogans ne mènent à rien sinon à la sécheresse spirituelle. Le Pape François insiste avec force sur la dévotion populaire, la prière des petits et des simples, la prière des enfants. Le chapelet, nous l’avons prié hier soir au cours de cette magnifique procession aux flambeaux qui sera renouvelée chaque année, le chapelet c’est justement la prière des pauvres qui ne savent pas prier autrement, la prière des pèlerins qui, usés par la route, répètent inlassablement l’Ave Maria, la prière des malades qui n’ont plus d’autre force que de redire la salutation de l’ange. C’est la prière de tant et tant de personnes qui, de passage ici dans la basilique, font brûler un cierge et formulent le « Je vous salue Marie » car ils l’ont en mémoire.

Marie nous apprend à écraser le dragon d’une deuxième façon : en accueillant en nous la présence du Verbe fait chair: déjà en écoutant la Parole de Dieu, en méditant son Évangile dont les mystères du Rosaire (joyeux, douloureux, lumineux, glorieux) sont des petits tableaux de contemplation.

Et aussi en communiant à la sainte Eucharistie. Ce n’est pas accessoire dans la vie d’un chrétien, ce n’est pas quand on a le temps, car c’est une nécessité vitale : se nourrir de la vie de celui qui a vaincu la mort, s’abreuver de sa grâce, voilà qui nous permet de tenir bon et ferme dans la foi, et de donner le témoignage de la charité. J’étais au Burkina Faso il y a 10 jours : les églises sont pleines et les prêtres vont donner la communion à l’extérieur !

Enfin Marie nous apprend à écraser le dragon en donnant Jésus au monde: la Mission nous attend, le monde n’attend pas. Il a faim et soif d’amour. Alors qu’on voudrait nous imposer des mœurs étrangères au cadre de la Création, des modes de procréation qui écartent la paternité et ouvrent le champ au commerce de cellules humaines et aux bébés OGM, alors qu’on nous annonce climatiquement la fin du monde sans perspective de salut et sans aucune espérance… à nous de prendre la parole pour dire ce que nous croyons du sens de la vie, de la valeur de la cellule familiale, de la dignité de la personne, de la grandeur de la procréation, de la de l’écologie intégrale, de la liberté religieuse, de l’éducation de la jeunesse. A nous de témoigner de notre foi. A nous de donner et redonner l’espérance.

En venant en pèlerinage ici aujourd’hui invoquer ND de L’Épine, protectrice de la Champagne, nous retrouvons cette attitude profondément ancrée dans l’esprit de nos concitoyens et de nos aïeux à travers les siècles, et dans l’âme française : nous croyons au salut, à la victoire. Comme les pèlerins de Lourdes, demandons la grâce de la prière, demandons la grâce de la conversion du cœur pour suivre Marie sur ce chemin de la montée vers le Ciel et la sainteté. Seule la sainteté sauvera le monde.

Regardons Notre-Dame, et n’attendons pas que la basilique se mette à brûler pour le faire !

Amen.

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Notre-Dame de l'Épine , un souvenir émouvant et inoubliable : ma 1ère sortie "officielle" comme présidente d'Espérance et Vie à l'automne 2002...

Bonne fete a Notre maman du ciel,Notre Dame de l'Epine ,tu te fais toujours très proche!

Bonne fete de l'Assomption
Merci pour votre exhortation très inspirée

Obsèques Abbé Paul MARGUIER– église St Jean - Châlons Mardi 18 juin 2019

Obsèques Abbé Paul MARGUIER– église St Jean - Châlons Mardi 18 juin 2019Sur la photo (2017), l’abbé Paul Marguier est le 2è en partant de la gauche

Chers frères et sœurs,

A quelques semaines de son 100è anniversaire, le Père Paul Marguier s’est endormi dans la paix de Dieu. Chaque fois que je le saluais et bavardais avec lui à la Résidence Mgr Bardonne, nous évoquions cette perspective du 20 octobre 2019. Je dois dire qu’il développait un joli sourire, un peu taquin, lorsqu’il me disait à chaque fois, non seulement son âge, mais aussi le fait qu’il était le doyen des prêtres du diocèse. Il ne pouvait dissimuler cette petite fierté. Il aurait fêté dans quelques jours ses 67 années de ministère sacerdotal. Réunis autour de lui aujourd’hui, nous le portons dans notre prière, le cœur plein de reconnaissance pour son témoignage et sa générosité, et nous demandons pour lui l’abondance de la miséricorde du Père des Cieux. C’est ici qu’il a débuté son ministère paroissial 2 mois après son ordination en 1952, ici qu’il a célébré la messe, qu’il a prêché, avant d’aller à Mairy et Sogny, puis surtout, pendant 30 ans à l’hôpital psychiatrique comme aumônier.

Il était devenu aveugle ces dernières années, à tel point qu’il avait demandé à un laïc, ici même pour des funérailles en 2012, de lire l’Évangile, et qu’il s’était laissé guider à l’oreille pour dire la prière eucharistique. Il ne voyait plus la lumière, mais il était resté clairvoyant sur l’œuvre de Dieu, sur la mission de l’Église et sur la sienne. J’en suis témoin : les longues heures et journées qu’il passait sans pouvoir ni lire ni écrire ni regarder la télévision lui permettaient de redire l’offrande de lui-même. Plusieurs fois il m’avait exprimé combien son ministère auprès des résidents plus ou moins passagers de l’hôpital spécialisé l’avait marqué, et lui avaient pesé bien souvent. Il avait fait l’expérience de cet accompagnement patient et bienveillant, à l’image de Jésus venu sauver les pécheurs, comme le médecin venu guérir les malades. Il avait fait comme saint Paul l’expérience de l’adversité dans le ministère, au cœur de laquelle le serviteur renouvelle son acte de foi en la puissance salvatrice de Jésus : « qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? ». Le Père Marguier en a rencontré, des personnes envahies par l’angoisse, anéanties par la détresse, isolées dans le dénuement. Il a su dire à chacun, en trouvant les mots, le message de l’Apôtre : « En tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés… rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur ». Aujourd’hui, les soins en établissement spécialisé ont évolué, l’accompagnement est différent. Je suis sûr que l’équipe actuelle d’aumônerie à l’EPSMM bénéficie, dans la communion des saints, de la fécondité du ministère du Père Marguier. Ce ministère de délivrance et d’espérance nous rappelle sans cesse que l’Evangile est à la portée de tous, et que nous ne devons pas faire de l’Eglise, selon les mots du Pape François, un bureau de douane, en mettant la barre trop haut. « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits », dit Jésus à son Père dans sa prière. La connaissance de Dieu n’est pas une construction intellectuelle ; mais la rencontre avec Jésus nous donne de le connaître avec notre cœur et de l’aimer. N’est-ce pas notre mission, en tant que baptisés, et quelle que soit notre vocation au sein de l’Eglise, de mettre à la portée des plus fragiles et vulnérables la puissance et la grandeur de l’Amour de Dieu ? Un amour fait de tendresse, de compassion, de délicatesse et de réconciliation. Chacun, nous rencontrons des personnes en détresse. Peut-être sommes-nous tentés de les fuir, de détourner le regard ou de nous en écarter comme le lévite et le prêtre dont le passage sur le chemin précède celui du Bon Samaritain ? Mais en nous, retentit cet appel à donner notre vie pour accueillir et protéger les plus petits, à commencer par les enfants à naître, les enfants en croissance, les malades, les handicapés, les pauvres, les réfugiés et exilés, les mourants. Le ministère de notre frère Paul nous invite à relever toujours ce défi, avec la grâce de Dieu : « venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » nous dit le Seigneur, lui qui est venu prendre sur lui notre fardeau en se chargeant de la croix pour le salut du monde. Nous pouvons être des Simon de Cyrène en donnant notre vie et en portant la croix de ceux qui ploient sous ce poids de souffrance et de détresse.

En célébrant le sacrement de l’Eucharistie, nous déposons notre offrande sur la patène et dans le calice : nous offrons toute la vie et le ministère du Père Paul, nous renouvelons l’offrande de notre propre vie avec Jésus et comme Jésus ; non seulement nous, les prêtres, parce que nous avons été configurés au Christ prêtre, et que nous redisons et reprenons pour nous les paroles du Seigneur « ceci est mon corps, livré pour vous », ceci est ma vie, ceci est mon amour livré pour vous, c’est quelque chose ! mais aussi nous tous, les baptisés, appelés à exercer notre sacerdoce baptismal dans le monde où nous vivons, au cœur des activités temporelles.

En célébrant cette messe, ici à St Jean, à l’intention de notre frère le plus ancien, fidèle jusqu’au bout à cette célébration quotidienne de l’Eucharistie depuis 67 ans, nous demandons au Seigneur les prêtres dont notre Église diocésaine a besoin pour qu’ils soient les pasteurs et les modèles du troupeau. Seigneur, donne-nous des prêtres selon ton cœur, des hommes tout donnés et offerts, serviteurs de ta Parole de vie, artisans de communion, guides et pères, frères et amis, des prêtres humbles et joyeux, profonds et rayonnants, bienveillants et solides, hommes de Dieu et frères des hommes, hommes de prière et d’action. Pour l’annonce de l’Évangile dans l’Église de Châlons. Amen.

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Pardon des mariniers - Saint Jean de Losne (Côte d’Or)

Pardon des mariniers - Saint Jean de Losne (Côte d’Or)Chers frères et sœurs,

C’est une grande joie pour moi de vous retrouver ici sur la Saône, maintenant que j’habite sur les rives de la Marne et de son canal latéral qui traversent mon diocèse d’Est en Ouest, depuis le Lac du Der en passant par Châlons, et jusqu’à Épernay et la vallée bordée de célèbres vignobles pétillants jusqu’à Dormans.

Pendant une vingtaine d’années, chaque été, ici à Saint Jean de Losne, je prenais la barre du « Gaudium et Sol » pour 2 ou 3 semaines de camps d’adolescents jusqu’à Ars et Lyon, ou Besançon, ou Paray le Monial, ou même Paris. Que de kilomètres parcourus, que de rencontres et de découvertes, tant pour moi que pour les jeunes. Certains m’en parlent encore. Membre de la confrérie des avalants navieurs, je suis vraiment ému de retrouver les amis qui m’y ont accueilli, moi qui était plutôt tourné vers le grand large par tradition familiale.

La fête annuelle du Pardon des mariniers permet de vivre cet esprit de famille, dans la fidèle tradition de nos anciens, et le cœur tourné vers l’avenir. La Parole de Dieu nous éclaire pour vivre intérieurement ce que nous vivons à bord de nos bateaux.

La fête de la Sainte Trinité, célébrée aujourd’hui dans le monde entier, nous invite à ouvrir nos esprits et nos âmes au mystère de Dieu. Pas un Dieu lointain et inabordable qui nous regarderait de haut, pas une construction intellectuelle ni une vue de l’esprit, pas un concept philosophique, mais un Dieu proche qui s’est fait semblable à nous, un Dieu d’amour qui nous donne son amour en partage, vient porter le fardeau de nos vies, et nous ouvrir un beau chemin de foi, d’espérance et de charité.

La navigation a toujours été pour moi une belle parabole de ce chemin, le chemin de la vie chrétienne.

Chemin de foi, tout d’abord. Lorsqu’on navigue sur le canal, passant de bief en bief par les portes des écluses, ou sur la rivière, montant ou avalant, qu’on soit à la barre d’une péniche chargée de marchandises ou d’un bateau de plaisance, le temps nous est donné pour contempler la beauté de la création, goûter le silence malgré le bruit ronronnant et régulier du moteur, ressentir la paix intérieure. On navigue par tous les temps, il faut aussi bien rester sur le pont pour tenir les cordages sous la pluie pendant la bassinée, que supporter la chaleur du soleil estival. Tout au long de la voie d’eau, les rencontres sont nombreuses. Il se dégage de cette expérience de la navigation une ouverture du cœur à la grandeur de la vie et de son créateur, au sens de la vie humaine. Il y a un but à atteindre, d’étape en étape. La vie est un chemin de foi nous conduisant, de souffrances en joie, seul et avec d’autres, à la rencontre du Dieu vivant, créateur du ciel et de la terre, principe et fin de toute chose, qui répand son souffle de vie dans le cœur de ses créatures. Chers amis, nous pouvons demander aujourd’hui la grâce de la foi : une foi plus forte si la nôtre vacille, une foi plus joyeuse si la nôtre devient triste, une foi plus rayonnante si la nôtre s’éteint. Avec l’Église, naviguons sur ce chemin de foi.

Chemin d’espérance aussi. Quand on navigue en eau intérieure, on suit une ligne plus ou moins sinueuse. Sur le canal, c’est assez rectiligne, n’est-ce pas ? Nous passons d’une écluse à l’autre, parfois sur une distance très courte car le relief est accentué. Et le soir, on trouve une bite d’amarrage pour s’arrêter. Et ainsi jour après jour… En mer, le large est plus enivrant, l’eau parfois très agitée et le danger menaçant. Il faut veiller, toujours veiller, se relayer jour et nuit pour faire le quart. On espère toujours voir la côte et aller s’amarrer derrière la jetée, à l’abri. La vie est un chemin d’espérance. Elle est parsemée de biens des angoisses, des questions, des épreuves. La crise que vit notre société, crise sociale et économique, touche de nombreux milieux sociaux-professionnels. Les célèbres gilets jaunes en ont été une expression, et il est bon d’entendre les appels de détresse. La crise morale, crise de confiance, atteint les repères essentiels et fondamentaux de la vie humaine : le sens de la vie, la dignité inviolable de la personne humaine, la justice sociale, l’accueil et la protection de tous. Même dans l’Église, les drames n’ont pas manqué, et nous sommes engagés dans un travail de purification en toute lumière et transparence. Chers amis, nous pouvons demander aujourd’hui la grâce de l’espérance : une espérance belle et limpide si la nôtre est gangrénée par le marasme, une espérance contagieuse si la nôtre s’est cachée, une espérance confiante si la nôtre est affadie par le péché. Avec l’Église, naviguons sur ce chemin d’espérance.

Chemin de charité, enfin. Quand on navigue, il n’est pas rare de devoir s’arrêter pour rendre service ou porter secours à un autre bateau. Un jour, j’ai ainsi été remorqué à l’approche d’Auxonne, ma jauge de carburant m’ayant trompé. J’apprenais toujours à mes jeunes équipiers à aider à la manœuvre, et c’était parfois assez pittoresque et surtout bien utile dans le sas avec des plaisanciers en location sans permis ! Cet esprit de fraternité, nous l’avons vu ces derniers jours dans le monde de la mer aux Sables d’Olonne, il en est de même parmi les mariniers. L’entraide, la compréhension et le respect mutuel, le service, non seulement entre membres d’un même équipage, mais aussi avec les autres embarcations. Il y a la une vraie expérience de la fraternité comme on voudrait la voir se déployer en d’autres lieux de nos vies familiales, sociales, professionnelles, associatives, ou même paroissiales, n’est-ce pas ? Chers amis, nous pouvons demander aujourd’hui la grâce de la charité : une charité hospitalière si la nôtre se replie sur elle-même, une charité généreuse si la nôtre se dessèche, une charité inventive si la nôtre s’endort. Avec l’Église, naviguons sur ce chemin de charité.

Parole de Dieu et Eucharistie seront notre compas de navigation et notre gouvernail. Bon vent dans le souffle de l’Esprit de Pentecôte qui nous conduit vers la vérité toute entière ! Amen.

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Merci Mgr pour ce beau et bon.partage j en suis toute émue merci vivons de ce chemin.d espérance malgré toutes les embûches que nous subissons gardons cet amour du Seigneur en.nous ,union de prières pour tous

Pâques - cathédrale Saint Etienne - 21 avril 2019

Pâques - cathédrale Saint Etienne - 21 avril 2019Homélie du Jour de Pâques

Chers frères et sœurs,

Partout cette nuit a retenti le chant de l’Alleluia pascal. Partout dans le monde, dans le cœur des croyants, dans les églises, les monastères, les sanctuaires. La liturgie catholique déploie pour cette grande solennité pascale une richesse insondable de textes bibliques, de gestes rituels, de symboles. La lumière, l’eau, l’encens, le chant, les cloches, le parfum du Saint-Chrême, et tant d’autres encore. Pourquoi ? Parce que nous sommes là au cœur même de la foi chrétienne. Et il est grand le mystère de la foi ! Je me souviens, après avoir visité le Saint-Sépulcre à Jérusalem en décembre dernier, du commentaire d’un guide nous disant : « en fait vous venez de faire la queue pendant 2 heures pour visiter un tombeau. Mais ce tombeau est vide. Il n’y a rien à voir en fait ici à Jérusalem. Jésus est ressuscité. Il vous attend là-bas chez vous, dans la Marne, en France ». Même si la visite du Sépulcre est très émouvante, il avait raison, ce guide. Si Jésus est vraiment ressuscité, ne restons pas là à visiter des tombeaux, à regarder le passé, mais tournons-nous vers l’avenir et accueillons la vie, chantons la vie. Célébrons la victoire de Dieu sur la mort.

Au début de la Semaine Sainte, nous avons assisté, tous bien impuissants, à l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Au-delà de toutes les débats pour savoir s’il s’agit d’un monument, d’un musée ou d’une église et au-delà des polémiques sur les financements annoncés, la reconstruction à l’identique ou pas, en 5 ans ou en 25 ans, je crois que nous pouvons recevoir ce dramatique événement comme un signe : pas un vestige du passé, mais une promesse de résurrection.

La vie chrétienne s’enracine dans un triple don que le Seigneur nous fait au jour de notre Baptême. Cette nuit, les néophytes ont reçu la foi, la charité et l’espérance, comme des forces spirituelles pour le combat de la vie. Dans ce contexte et ce marasme ambiant, tant dans la société que dans l’Église, ne faut-il pas que nous, les baptisés, nous renaissions dans la foi, la charité et l’espérance ? N’est-ce pas là que nous pouvons attendre des fruits de la Résurrection de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ?

Ressusciter notre foi : cette nuit, nous avons renouvelé la renonciation au mal et la profession de foi. Nous allons le faire encore dans un instant au moment de baptiser Mahaut. Certes il y a la foi du charbonnier, la foi du théologien, la foi de l’enfant, la foi de l’adulte. Mais la diversité des situations ne doit pas esquiver le fait que la foi catholique n’est pas relative. Il s’agit du dépôt de la foi que le Seigneur a confié à ses Apôtres, eux qui ont vu le tombeau vide « il vit et il crut » et qui est transmis de génération en génération. Ce dépôt est invariable. Le Credo que nous chantons en est l’expression. Nul n’est autorisé à en changer le texte. De nos jours, on voudrait pouvoir arranger la foi comme une sauce vinaigrette – sel, poivre, échalote, herbes) – « ça j’y crois, ça je n’y crois pas ». Non seulement nous devons veiller à ce que la catéchèse des enfants et des adultes donne effectivement le contenu de la foi, c’est « la foi qui est crue », mais chacun est appelé à renouveler son acte de foi profond, c’est « la foi par laquelle on croit ». Pour cela il faut écarter le sentimentalisme, le relativisme et le rationalisme, et retrouver la fierté, pas arrogante, mais la fierté quand même d’être chrétiens et de croire. Combien de fois n’ai-je pas entendu des fidèles catholiques me dire leur incapacité à parler de religion avec d’autres ? C’est invraisemblable. Frères et sœurs, je vous invite à renaître dans la foi, vraiment.

Ressusciter notre charité : l’apôtre saint Jacques nous dit « montre-moi ta foi qui n’agit pas ! ta foi est bel et bien morte. Moi c’est par mes actes que je te montrerai ma foi ». Le témoignage le plus crédible que nous pouvons donner au monde dans cette période troublée où le nivellement idéologique a rendu très périlleux la fait d’avoir des convictions, c’est le témoignage de la charité. Comme dans l’Histoire de France l’Église catholique a inventé les hôpitaux, les écoles, les œuvres sociales, les loisirs éducatifs, de même les catholiques d’aujourd’hui sont attendus au tournant. Beaucoup sont devenues des œuvres laïques. Et dans l’Église, on a fini par confier toute l’action sociale chrétienne à des spécialistes, des organismes qui auraient désormais une sorte de monopole. Du coup, on fait un chèque, et on se sent quitte ! « C’est bon, j’ai fait la charité ». Mais chaque chrétien est appelé à donner sa vie pour ses frères, à se faire serviteur des plus fragiles et des plus pauvres. La prière, la liturgie, la profession de foi. C’est bien, mais elles doivent s’incarner aussi dans des actes concrets. Pour cela, nous devons nous convertir chacun, cesser toutes les petites guerres, y compris au sein de nos paroisses ou de nos familles, saisir toutes les occasions de faire du bien, de servir, de donner, de guérir, de réunir, de réconcilier. Frères et sœurs, je vous invite à renaître dans la charité, vraiment.

Enfin, ressusciter notre espérance : que ferions-nous, que deviendrions-nous sans la petite espérance que chantait si bien Charles Péguy ? Quand le ciel s’obscurcit, quand l’avenir s’assombrit, quand la tristesse ou la honte ou la fatigue s’empare des apôtres d’aujourd’hui, quand la nuit semble interminable… quelle douceur, quelle fraicheur que d’accueillir la clarté du soleil levant et de lever les yeux vers le Seigneur ! L’espérance nous communique cette puissance du Christ victorieux, la force de l’Esprit-Saint que le Seigneur répand dans nos cœurs au jour de la Pentecôte. Le Seigneur est vivant, il ne meurt plus. Il est avec nous, le Seigneur de l’univers ! Il nous rend capables des choses les plus impossibles. Trop souvent nous baissons les bras parce que foi et charité ne sont plus assez vigoureuses. Avec la foi et la charité, au contraire, nous vivons dans l’espérance de la victoire, nous affirmons que le Royaume de Dieu, s’il n’est pas encore totalement advenu, est déjà là au milieu de nous. Rien n’est perdu si nous demeurons fidèles, si nous prions au lieu de nous endormir, si nous agissons au lieu d’attendre, si nous parlons au lieu de nous taire. Frères et sœurs, je vous invite à renaître dans l’espérance, vraiment.

Dans un instant, nous allons communier au Corps du Christ. « Celui qui mange de ce pain vivra pour toujours » dit le Seigneur. C’est la nourriture de notre foi fragile, de notre charité timide, et de notre espérance vacillante. En disant « Amen », nous dirons trois choses simultanément « je crois, j’aime, j’espère ». Avec les baptisés de Pâques, avec les chrétiens qui « font leurs Pâques », avec les mourants qui vivront bientôt leur Pâque éternelle, avec les messagers de la victoire de la Pâque, renaissons dans la foi, la charité et l’espérance.

Amen. Alleluia

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Belle homélie vivifiante, en ces temps difficiles ! Merci, Mgr !

Vendredi-Saint : Marche de la Croix et Office de la Passion - 19 avril 2019

Vendredi-Saint : Marche de la Croix et Office de la Passion - 19 avril 2019Chers frères et sœurs,

Au cours de cette office et pendant la marche de la Croix que nous venons de faire en silence dans les rues de Châlons depuis l’église Saint-Michel, nous célébrons avec gravité le drame de la Passion de Jésus. Car il s’agit bien d’un drame. Dimanche dernier, l’Evangile nous rappelait comment, des rameaux à la main, la foule acclamait le Messie entrant dans Jérusalem. Aujourd’hui, ces belles pages d’Évangile, la Passion selon saint Jean, si émouvantes et profondes nous décrivent précisément comment, les uns après les autres, presque tous, ils vont lâcher Jésus. Il y a ceux qui s’endorment et ne prient pas, ceux qui trahissent et qui vendent leur maître, ceux qui se lavent les mains (quel courage !), ceux qui renient en disant ne pas le connaître, ceux qui hurlent et qui crient, ceux qui crachent et qui insultent, ceux qui frappent et qui tuent.

Le corps de Jésus est blessé, défiguré. Le chant du Serviteur souffrant, dans le livre d’Isaïe, nous disait bien qu’il n’avait plus d’apparence humaine. Lui, le prédicateur de l’amour et de la paix, le promoteur du pardon et de la réconciliation est traité comme un bandit, comme un criminel. Lui, le Fils éternel de Dieu. Le voilà conduit à la mort, chargé de sa lourde croix qui lui cisaille les épaules déjà totalement meurtries par les coups de fouet. Pour les disciples, tout semble anéanti, on le comprend. C’est la fin de tout !

Ce drame de la Passion se poursuit aujourd’hui. Il est toujours actuel :

- Quand les baptisés s’éloignent de Jésus et le lâchent les uns après les autres, ne prient plus, ne viennent plus à la messe le Dimanche, ne témoignent plus, …

- Quand le fossé se creuse toujours entre les plus riches et les plus pauvres, et que, avec gilet jaune ou pas, les gens n’arrivent plus à vivre et à boucler la fin de mois…

- Quand la guerre et le terrorisme continuent de donner la mort à tant d’innocents et de défigurer l’humanité…

- Quand la dignité de la personne humaine n’est pas respectée : celle du migrant qu’on rejette, celle de l’enfant à naître qu’on rejette, celle du malade en fin de vie qu’on rejette …

- Quand des enfants, et aussi des adultes, sont victimes d’abus perpétrés par des hommes d’Église…

Oui, tenez, justement, nous disons bien avec Saint Paul que l’Église est le Corps du Christ et que nous en sommes les membres. Eh bien, le Corps de Jésus, l’Église est frappée, flagellée, défigurée, par le péché de quelques-uns. Elle est insultée, méprisée par une opinion publique bien remontée, par des victimes qui ne se sentent pas reconnues… L’Église est blessée par cette crise engendrée par les révélations en série des dernières semaines et des derniers mois.

- Jamais nous n’aurions pensé une chose pareille !

- Le trouble est profond dans vos cœurs, je le sais. Il est intense aussi dans le cœur des prêtres et des évêques, vous le savez. Nous vivons une vraie crise de confiance.

- Certains sont tentés de lâcher et d’abandonner. Même le quotidien local en fit récemment la promotion sur 2 pages avec un mode d’emploi pour l’apostasie !

Frères et sœurs, il est important de parler de cela, de ne pas se cacher derrière notre petit doigt. Il y a trop de souffrance. Il faut parler.

La célébration de la Passion, aujourd’hui, nous ouvre un chemin de guérison et de renouveau. Nous croyons à la résurrection. Je le crois, l’Église sortira grandie d’avoir fait la lumière, et d’avoir été la première à la faire vraiment, sans avoir peur de la vérité. Je vois 3 chemins pour nous tous :

- Conversion et prière : revenir à Dieu de façon authentique et cohérente. Être vraiment chrétiens, avec une vie évangélique, une vie eucharistique, une vie communautaire et fraternelle. Nous laisser conduire par le Seigneur.

- Persévérance et vigilance : nous engager tous dans le combat de la vérité avec détermination pour purifier notre Église que nous aimons comme une maman. Et être attentifs à nos relations fraternelles, amicales et pastorales, nos gestes, nos paroles, sans oublier de soutenir ceux qui peuvent être en détresse, ceux qui pourraient dériver vers un abus de pouvoir ou de conscience, un abus sexuel.

- Confiance et espérance : le Seigneur subit la Passion et la mort mais se relève du tombeau. Nous croyons en l’Amour vainqueur. L’Église, comme dans d’autres crises de son Histoire, se relèvera par la force et la puissance de la vérité et de la foi. Son chemin de croix en ces temps douloureux, avec les abus, la souffrance des victimes, les insultes et les soupçons généralisés… tout cela débouchera sur la lumière d’une Église humble, simple et vraie, une Église qui témoigne de l’Évangile sans artifice.

Je le crois, et je voulais vous le dire. Tous, membres de ce Corps, y compris l’évêque, nous prenons notre Croix et nous communions au Corps du Christ dans l’Eucharistie. C’est le Pain vivant, c’est la vie donnée. Le Seigneur est avec nous.

Amen.

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Quelle chance d'avoir vécu cela avec monseigneur évêque de Chalon quel disciple pour Jésus Christ ressuscité

Jeudi-Saint à la Cathédrale Saint-Etienne - 18 avril 2019

Jeudi-Saint à la Cathédrale Saint-Etienne - 18 avril 2019Chers frères et sœurs,

Vous l’avez sans doute entendu comme moi, l’archevêque de Paris répondant aux questions d’un journaliste dès le lendemain du dramatique incendie de son église cathédrale il y a 2 jours, disait à peu près ceci : « Notre-Dame de Paris, cet écrin n’est pas un monument ou un musée, il n’a pas été construit par hasard, même pas pour abriter la couronne d’épines du Christ, mais juste un petit morceau de pain. Nous le croyons en effet, ce petit morceau de pain, c’est le Corps du Christ, c’est notre nourriture ». C’est ce pain que l’aumônier des Pompiers de Paris a sauvé des flammes lundi soir en allant dans la cathédrale en tenue de feu le chercher dans le tabernacle.

En ce soir du Jeudi-Saint, alors que nous célébrons la Sainte Cène, il est bon de méditer sur ce petit morceau de pain. En effet, la routine peut aisément nous détourner de l’émerveillement nécessaire devant le mystère si puissant de l’Eucharistie : par l’action de l’Esprit-Saint et par la médiation du ministère du prêtre, ce pain du boulanger devient, sans changer d’aspect, le Pain de Dieu : « celui qui mange de ce pain vivra pour toujours » dit Jésus. Oui, avec toute l’Église, nous croyons que le Seigneur est réellement présent dans ce pain consacré qui nous est donné par Jésus en nourriture « ceci est mon corps, livré pour vous ». Et lorsque nous le recevons en communion, nous le recevons, nous ne le prenons pas. Et nous disons « Amen » et non pas « merci ». C’est un acte de foi. Un acte de communion avec le Seigneur dans le mystère de sa Pâque.

Et ce petit morceau de pain n’est pas du pain rassis, ce n’est pas du vieux pain, du pain du passé. Nous ne faisons pas du théâtre avec ce pain pour reconstituer une scène de l’Histoire. Nous sommes réunis autour de Jésus pour la Cène (orthographe distincte de la scène de théâtre !) le repas de la Pâque. Jésus nous y donne son Corps et son sang en nourriture et boisson. Ce n’est pas du virtuel, mais du réel. Nous ne sommes pas tournés vers le passé, mais nous accueillons le présent de Dieu pour notre avenir. Et selon son commandement « vous ferez cela en mémoire de moi », nous partageons ce pain consacré comme notre nourriture sainte, la nourriture de notre charité. Aujourd’hui et demain, nous sommes appelés à faire cela en mémoire de lui. Non seulement en participant à l’Eucharistie, en nous mettant à genoux contempler et adorer, mais aussi en partageant avec ceux qui ont faim une fois que la célébration s’achève et que nous revenons à la maison.

Il y a tellement de pain gâché et jeté aux chiens. Il suffit de voir nos poubelles, celles des restaurants ou des cantines scolaires. Alors que des enfants squelettiques meurent de faim et que des pauvres nous tendent la main dans rue en disant « juste un petit morceau de pain s’il vous plaît ! ». Quelle valeur inestimable que ce morceau de pain pour ceux qui n’ont rien. Signe que le pain de l’Eucharistie est bien un don extraordinaire du Seigneur pour nous qui ne sommes rien sans lui. Et pourtant, on le dit couramment de quelque chose qui n’a pas de valeur « oh ça vaut une bouchée de pain ». Ce n’est peut-être pas grand-chose pour celui qui mange à sa faim, mais c’est tellement grand pour celui qui meurt de faim. Je me souviens d’ailleurs d’un père jésuite venant diner à la maison chez mes parents – il était mon père préfet des études à Paris – il avait dit ce Benedicite avant de se mettre à table : « Seigneur donne du pain à ceux qui ont faim, et donne faim à ceux qui ont du pain ». « Faites cela en mémoire de moi » a dit Jésus : eh bien justement, allons-y, à la rencontre des pauvres dans un vrai esprit de diaconie et de fraternité. Tout près de nous, pas si loin qu’on le pense trop souvent, certains n’arrivent même pas à gagner leur pain : sans travail, sans abri, sans maison, ils connaissant une misère sur laquelle tout le monde se lamente sans être toujours capable de se relever les manches pour les servir. « Celui qui aura donné à manger un morceau de pain au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi qui l’aura fait » dit en substance Jésus. Nous qui avons du pain, écoutons la voix du Seigneur qui nous appelle à nous lever, à mettre le tablier et nous mettre à genoux, là aussi, devant eux, les plus pauvres, pour leur laver les pieds. Cet acte d’Évangile concret en dit plus que les séances de catéchisme ou les grandes conférences de théologie. Le diacre, ordonné comme serviteur, nous rappelle la vocation de l’Église servante des pauvres. Le prêtre, ordonné comme ministre de l’Eucharistie, nous rappelle que la vraie nourriture spirituelle est là, dans ce petit morceau de pain pour lequel on avait justement construit Notre Dame de Paris il y a 850 ans.

Quand on pense à l’attachement de notre bienheureuse Sœur Odette Prévost pour l’Eucharistie, au fait qu’elle fut assassinée dans la rue à Alger alors qu’elle se rendait à la messe, nous pouvons grandir dans la foi en Jésus-Eucharistie, tant à l’autel pendant la messe que dans la vie des pauvres et sur leur visage. Elle écrivait : « ceci est mon corps, livré pour vous ; ceci est mon sang versé pour la multitude. Ce signe est aussi un appel pour l’Église et pour chacun de nous. Faites ceci en mémoire de moi. L’eucharistie prend tout son relief et toute sa force pour nous, ici, aujourd’hui, et chaque jour ». Quand on pense à notre bienheureuse Sœur Paul-Hélène qui, en réponse à son évêque venu lui recommander la plus grande prudence lors de ses déplacements dans les rues d’Alger, lui disait : « mais Père, nos vies sont déjà données », nous pouvons grandir dans le désir de mettre vraiment en pratique le commandement de Jésus : faire cela en mémoire de lui, ce n’est pas seulement aller à la messe le dimanche, être chrétien pratiquant, mais c’est aussi donner notre vie par amour, être un chrétien qui met en pratique. Nuance ! C’est tout le sens de l’Eucharistie : avoir une vie toute eucharistique, enracinée dans la nourriture eucharistique et totalement ouverte sur le service de la charité.

Ensemble, ce soir avec toute l’Église, Corps du Christ blessé et défiguré de tant de façons, nous rendons grâce pour le saint sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, et pour le ministère des prêtres par lequel nous en recevons le don et les bienfaits.

Que notre communion ce soir, et le temps d’adoration au reposoir fortifient en nous notre foi et rendent plus généreuse notre réponse à l’appel du Seigneur. Amen.

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Châlons cathédrale – Messe chrismale

Châlons cathédrale – Messe chrismaleChâlons cathédrale – Messe chrismale

Mardi 16 avril 2019

Chers amis, Chers frères et sœurs,

Nous voici comme chaque année, rassemblés nombreux dans l’église cathédrale pour la Messe Chrismale. A travers vous, c’est tout le Peuple de Dieu qui est présent. Grâce à notre radio diocésaine RCF Cœur de Champagne, les auditeurs sont en communion avec nous. C’est une joie immense de nous retrouver ainsi, rassemblés auprès du Seigneur qui entre dans sa Passion. Dans tous les diocèses, l’évêque préside cette célébration, entouré des prêtres et des diacres, et tous les baptisés participent activement. Nos pensées et nos prières vont vers nos frères et sœurs de Paris qui ne pourront se rassembler à Notre-Dame demain pour la messe Chrismale. Il est si triste de voir ce joyau partir en fumée, et il est beau de voir tous les français unanimes pour saluer la Dame, leur Dame, Notre-Dame, la Vierge Marie, patronne de la France. Comme je l’ai promis à l’archevêque de Paris, je vous invite à invoquer Marie maintenant :

Toi Notre-Dame, nous te chantons, toi notre Mère, nous te prions.

Toi qui donnes l'espoir, toi qui gardes la foi,
toi qui passes la mort, toi debout dans la joie.

Nous vivons la grande Semaine Sainte au cours de laquelle nous célébrons le cœur de notre foi. Jésus, le Fils éternel de Dieu, meurt sur la croix pour le pardon des péchés, et il ressuscite au matin de Pâques, ouvrant à toute l’humanité les portes de la vie.

Pour nourrir notre réflexion et notre prière, et notre participation commune à la vie de l’Eglise, je vous propose d’évoquer et de reprendre deux interventions du Pape François.

Tout d’abord sa toute dernière exhortation apostolique signée le 25 mars. Elle est intitulée « Christus vivit », « il vit le Christ ». Ce texte fait suite au synode des évêques qui en octobre il y a 6 mois avait travaillé le thème suivant : « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». C’est un texte plein de fraicheur et de tonus, écrit dans un langage très accessible. Je vous en recommande vivement la lecture. Un grand et profond souffle de jeunesse nous y est donné pour développer la Mission envers les jeunes et avec les jeunes. Pour vous mettre en appétit, je vous cite quelques lignes du § 37 : « L’Eglise du Christ peut toujours succomber à la tentation de perdre l’enthousiasme parce qu’elle n’écoute plus l’appel du Seigneur au risque de la foi, l’appel à tout donner sans mesurer les dangers, et qu’elle recommence à chercher de fausses sécurités mondaines. Ce sont précisément les jeunes qui peuvent l’aider à rester jeune, à ne pas tomber dans la corruption, à ne pas s’installer, à ne pas s’enorgueillir, à ne pas se transformer en secte, à être plus pauvre et davantage témoin, à être proche des derniers et des marginalisés, à lutter pour la justice, à se laisser interpeller avec humilité. » et au §143 : « Jeunes, ne renoncez pas au meilleur de votre jeunesse, ne regardez pas la vie à partir d’un balcon. […] Vivez ! Donnez-vous à ce qu’il y a de mieux dans la vie ! Ouvrez la porte de la cage et sortez voler ! S’il vous plaît, ne prenez pas votre retraite avant l’heure ! ».

La deuxième parole du Saint-Père, c’est sa lettre au Peuple de Dieu qui date déjà du mois d’août dernier. Nous n’étions pas encore arrivés au comble de l’horreur avec ces révélations en série concernant des abus de pouvoir, abus de conscience et abus sexuels commis par des clercs. Je peux attester devant vous que la douleur des victimes est effroyable. La souffrance est à son comble désormais de voir notre Église ainsi défigurée. Elle que nous aimons comme notre mère, elle dont nous sommes les membres à part entière ! La crise de confiance qui s’est installée est d’une ampleur inégalée, un trouble profond a envahi le cœur de beaucoup. Les prêtres tout particulièrement, et les évêques avec eux, sont blessés par le soupçon généralisé. Que nous écrivait le Pape ? « L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. […] il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin. Une telle transformation nécessite la conversion personnelle et communautaire […] chaque fois que nous avons tenté de […] réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés[…] sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie […] Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme. ». Le cléricalisme oublie que la visibilité et la sacramentalité de l’Eglise appartiennent à tout le peuple de Dieu, et pas seulement à quelques élus et personnes éclairées. Le cléricalisme réserve la prise de décisions aux seuls clercs sans qu’ils écoutent suffisamment l’Esprit-Saint qui parle aussi chez les autres. Le cléricalisme peut aussi toucher les laïcs lorsqu’ils exercent une mission dans l’Eglise de façon cléricale, se croyant supérieurs aux autres ou propriétaires de leur service. La demande du Pape est donc un appel vigoureux à la vigilance, à la libération de la parole, à la participation de tous. Lutter contre le cléricalisme, ce n’est pas lutter contre le clergé ou vouloir l’effacer du panorama. C’est reconnaître au contraire ce qu’est vraiment le grand et beau mystère du prêtre, configuré au Christ Prêtre et Pasteur par l’imposition des mains. Le prêtre n’est pas supérieur ou meilleur que les autres, il est prêtre. Il ne sait pas tout, il ne fait pas tout, mais il est le pasteur de la communauté. Il a donné sa vie pour ses frères et sœurs. Les prêtres vont renouveler devant vous et moi les promesses de leur ordination ; je voudrais, frères et sœurs, que vous leur exprimiez, sans oublier celui qui a été accusé par pure calomnie, votre soutien, votre estime, votre reconnaissance. Allez-y, faites-le maintenant, applaudissez-les ! …

Nous le voyons bien, frères et sœurs, le message aux jeunes pour que l’Eglise ne s’endorme pas et le message sur les abus nous invitent à redécouvrir le mystère de l’Eglise et à participer activement à sa vie et à sa mission. L’Eglise n’est pas une association ou une entreprise, elle n’est pas un parti politique ou un club de semblables, elle est le Corps du Christ, le Peuple de Dieu. Elle est sainte de la sainteté de Dieu, même si elle est composée de pécheurs, c’est-à-dire, de nous tous, moi le premier. Dans l’Eglise, chaque baptisé bénéficie de la même et égale dignité. La différence entre le sacerdoce des fidèles et le sacerdoce des prêtres est une différence de nature et non pas de degré. Laissons donc de côté les luttes de pouvoir. L’Eglise est une communion dans laquelle chacun doit apporter le meilleur de soi-même et de sa foi en se réjouissant de ce qu’apportent les autres.

Frères et sœurs, je la vois devant moi, cette Eglise. Elle est là ! C’est vous ! Elle est belle, l’Eglise du Seigneur. Ensemble, nous nous engageons ce soir à nous convertir, à revenir au Christ de façon authentique. Ensemble, nous pleurons nos péchés personnels et collectifs et nous implorons le pardon du seigneur. Ensemble, nous exprimons notre détermination à veiller sur notre Eglise comme chacun veille sur sa mère. Ensemble, nous voulons la restaurer après l’incendie. Ensemble, nous mettrons en place davantage encore de structures de dialogue et de synodalité pour que chaque pierre vivante participe à la construction de l’Eglise de demain. Je vous en dirai un peu plus à la fin de cette messe.

Nous qui communions au Corps du Christ, nous devenons et nous sommes le Corps du Christ. En recevant le Pain de vie dans un instant, redites au Seigneur votre communion à son sacrifice, votre communion avec tous vos frères et sœurs. Que le Seigneur soit notre force pour la route à venir afin que nous sachions porter au monde « la joie de l’Evangile »

Amen.

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Commentaires

C’est la première fois que j’ai le plaisir de pouvoir assister à cette messe chrismale. Un très beau moment de communion et comme toujours une très belle homélie

Vraiment rien à branler...

Très belle messe. Merci pour cette homélie très pertinente 🙏

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