• Octobre 2019 (Complément des nominations publiées le 29 juin 2019)
    • À sa demande, l’abbé Pierre HUBLART est mis à disposition du diocèse de Tarbes-Lourdes où il est nommé par Mgr Nicolas Brouwet, aumônier de la maison de retraite des Sœurs de Saint Frai à Tarbes. Il renonce à son office d’Exorciste diocésain.
    • Une nouvelle équipe de conduite est envoyée en mission dans la paroisse Saint Hildegrin, le Dimanche 3 novembre à Dormans :
      • Curé : P. Gaspard KOMISER
      • Célébrer : M. Thien NGUON et Mme Marie NGUON
      • Témoigner : Mme Hélène GALLAND
      • Servir : Mme Monique DUJARIER
      • Intendant : M. René LECLÈRE
  • Septembre 2019 :
    • Curie diocésaine
      Monsieur Jean-Pierre CASPAR et Monsieur Denis CASTERS sont nommés Délégués Diocésains pour les Équipes Pastorales de Conduite des Paroisses (EPCP).
    • Mission « Diaconie et Solidarité »
      Ayant reçu l’agrément de l’administration hospitalière, Madame Sophie MASSON est nommée Responsable d’aumônerie au centre hospitalier de Vitry-le-François.
      Ayant reçu l’agrément du mouvement, Madame Chantal HOURLIER est nommée Déléguée Diocésaine de Pax Christi.
      L’abbé Jean-Luc GIGET est nommé prêtre accompagnateur du Mouvement Pax Christi.
      Madame Isabelle VELU est nommée Responsable-adjointe du Service Évangélique des Malades (SEM).
      Le Diacre Philippe OUDIN est nommé Délégué Diocésain pour la Pastorale des Personnes Handicapées.
      Le Diacre Philippe OUDIN est nommé Aumônier diocésain des Sapeurs-Pompiers.
    • Mission « Jeunes, Familles et Vocations »
      Madame Blandine SAGE est nommée Déléguée Diocésaine pour la catéchèse des enfants, et Responsable du service diocésain de catéchèse.
    • Mission « Initiation et Formation »
      Monsieur Daniel VIPREY est chargé de la mise en place d’un parcours de Première Annonce pour adultes, avec l’appui de la Mission « Communication et Nouvelle Évangélisation ».
      Monsieur et Madame Yannic et Monique COSSIEZ sont nommés conjointement Délégués Diocésains pour l’unité des chrétiens.
    • Espace Missionnaire du Perthois
      Madame Myriam KUHN est nommée Assistante pastorale du Doyen, chargée des fraternités missionnaires, de la catéchèse, et du catéchuménat.
    • Espace Missionnaire de Châlons
      Madame Christine MENU est nommée Assistante pastorale du Doyen. Elle demeure animatrice pastorale au service de la paroisse Saint Antoine-Saint Martin.
  • Le Dimanche 9 juin 2019, solennité de la Pentecôte, Monseigneur François Touvet publie les nominations suivantes qui concernent les prêtres et prennent effet au 1er septembre 2019 :
    • Avec l’accord de Monseigneur Dominique REY, évêque de Fréjus-Toulon, l’abbé François-Régis FAVRE est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Remi (Épernay) et Saint-Benoit (Côteaux Sud d’Épernay).
    • Avec l’accord de Monseigneur Paul OUEDRAOGO, archevêque de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso), l’abbé Edouard Kalo SANOU est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Antoine/Saint-Martin (Châlons Nord) et Saint Jean XXIII (Châlons Rive gauche).
    • Sur proposition de Don Paul PREAUX, Modérateur Général de la Communauté Saint-Martin, Don Martin BONNASSIEUX est nommé prêtre coopérateur des paroisses Saint-Etienne (Châlons centre), Saint-François-de-Sales (Les Mothées) et Sainte Marie (Sources de la Vesle)
    • L’abbé Claude VIGNIER est autorisé à prendre sa retraite. Il réside à Sézanne.
    • Avec l’accord de Monseigneur Rosario VELLA, évêque d’Ambanja (Madagascar), l’abbé Théophile JAOFENO achève sa mission dans le diocèse de Châlons le 31 août 2019, et recevra une mission dans son diocèse.
    • Don Clément de MONCK d’UZER, ordonné prêtre le 29 juin 2019, est envoyé en mission par Don Paul PREAUX, Modérateur Général de la Communauté Saint-Martin, à Chinon (diocèse de Tours).
  • Le dimanche 10 février 2019, Mgr Touvet a nommé, en la chapelle de l’abbaye d’Andecy, l’équipe pastorale pour la conduite de la paroisse St Alpin du Surmelin :
    curé : Père Matthieu Ouoba
    délégué pastoral : M.Philippe GRUSON
    veilleur pour la prière et la liturgie : M. Bernard Lisch
    veilleur pour l’annonce de la foi : Mme Blandine Pigeon
    veilleur pour la justice et la solidarité : Mme Anne Filiette
    intendant : M. Jean-Pierre Fayet
  • Décès du père Jean-Marie Béal : Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de Sainte Menehould, de Châlons Rive Gauche, de Sermaize-Cheminon-Thiéblemont-Perthes et de tout l’espace missionnaire du Perthois, le Foyer de Charité de Baye, la Communauté du Verbe de Vie, l’Hospitalité diocésaine Notre-Dame de Lourdes, les membres des Équipes du Rosaireles Sœurs de Nazareth à Montmirail, sa famille et ses amis vous font part du décès de l’Abbé Jean-Marie BÉAL, le dimanche 16 février 2020 à la résidence Monseigneur Bardonne à l’âge de 86 ans, dans la 46e année de sa vie sacerdotale. Ayant fait don de son corps à la médecine, une messe sera célébrée à son intention le jeudi 20 février 2020 à 15h00en l’église Saint Pierre Saint-Paul de Orbais-l’Abbaye.
  • Prêtres et diacres jubilaires en 2020
    • 75 ans de sacerdoce
      Père François VAXELAIRE ( ordonné en 1945)
    • 60 ans de sacerdoce
      Père Claude NICOLAS (1960)
      Père Henri PETIPAS (1960)>
      Père Étienne ROLLET (1960)
    • 50 ans de sacerdoce
      Père Joël MORLET (1970)
    • 25 ans de sacerdoce
      Père Gaspard KOMISER (1995)
      Père Claude VIGNIER (1995)
  • Décès du père Albert Mathieu : « Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11,25)Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons,
    les prêtres et diacres du diocèse,
    les paroissiens de Sézanne, Broyes, Allemant, Peas, Mondement-Montgivroux, Sainte Ménehould, Les-Essarts-les-Sézanne, La Noue, Lachy, Verdey, Le Meix-Saint-Epoing, Mœurs, Pierry, Moussy, Sainte Thérèse de Châlons, Courtisols, Somme-Vesle, Poix, Tilloy-et-Bellay, du sanctuaire Notre Dame de l’Épine,
    les salariés et bénévoles de l’évêché et de la bibliothèque diocésaine, vous font part du rappel à Dieu de l’Abbé Albert MATHIEU le 12 janvier 2020 à la résidence Monseigneur BARDONNE à l’âge de 94 ans, dans la 72e année de sa vie sacerdotale. La messe d’Adieu sera célébrée le samedi 18 janvier 2020 à 10h30 en l’église Saint Martin de Courtisols, suivie de l’inhumation au cimetière de Fère Champenoise à 15 heures.
  • Le Foyer de charité de Baye accueille le Père Jean-Claude LENAIN pour quelques mois. Il était le Père du Foyer de Roquefort-les-Pins (diocèse de Nice). Le Père François-Jérôme LEROY quitte Baye après une vingtaine d’années de présence. Suite aux accusations graves dont il avait été la cible au printemps 2018, et au signalement fait à la Justice, après une enquête approfondie menée par les gendarmes d’Épernay et l’annonce du Procureur de les poursuivre pour dénonciation calomnieuse, ses accusateurs ont été condamnés en première instance à Châlons en février 2019 et avaient fait appel. La Cour d’Appel de Reims a confirmé le jugement le 4 septembre 2019 et doublé la peine, les condamnant à 6 mois de prison avec sursis et à 5000 € de dommages et intérets. Le Père Leroy est innocent des faits qui lui étaient reprochés. La diocèse tout entier lui exprime son soutien et l’assure de la prière de chacun.

  • Décès du père Pierre Guyot : Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de Saint-Jean à Châlons, de Vitry-le-François, de Sainte-Menehould, de Fère-Champenoise, les jeunes et les anciens de l’Action catholique de l’Enfance, Antoinette Wiber, Thérèse et René Langlois, ses sœurs et son beau-frère,ses neveux et nièces, et toute la famille, vous font part du décès de l’Abbé Pierre GUYOT le 23 novembre 2019 à l’hôpital de Châlons-en-Champagne à l’âge de 88 ans, dans la 62e  année de sa vie sacerdotale. La messe d’Adieu sera célébrée le jeudi 28 novembre 2019 à 14h30 en la Chapelle de la résidence Monseigneur Bardonne

  • Le diocèse rend grâce pour la présence et le témoignage des Sœurs Passionistes à Anglure et dans la Brie, et invite à prier pour elles qui renouvelleront leurs vœux le 21 novembre à l’issue d’une neuvaine.
  • Le diocèse se réjouit de l’entrée de Jeanne le dimanche 20 octobre 2019 à l’Abbaye cistercienne Sainte Marie de Boulaur (diocèse d’Auch). Elle est originaire de la paroisse St François de Sales (Mothées) et fut cheftaine de louveteaux chez les Scouts Unitaires de France de Châlons. Elle peut compter sur la prière de tous. Mgr Touvet lui a demandé de prier pour le diocèse de Châlons.
  • Décès du père René Mirault
    Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons,  les prêtres et diacres du diocèse, les paroissiens de Saint Martin-d’Ablois, Fontaine-Denis-Nuisy, Barbonne-Fayel, et de l’espace missionnaire d’Argonne, Michèle, son aide au prêtre, ses neveux et nièces et leurs enfants, ses cousins et cousines, les familles MIRAULT-MULHAUSER vous font part du rappel à Dieu de l’Abbé René MIRAULT le 1er octobre 2019 à Sainte Ménehould à l’âge de 95 ans, dans la 71e année de sa vie sacerdotale. La messe d’Adieu a été célébrée le vendredi 4 octobre 2019 à 14h30 en l’église Saint Laurent de Givry-en-Argonne. suivie de l’inhumation au cimetière du Thoult-Trosnay.
  • Décès du père Willem Den Ouden
    Monseigneur François Touvet, évêque de Châlons, les prêtres et diacres du Diocèse vous font part du décès du Père Willem Den OUDEN survenu le 1er septembre 2019 à Épernay à l’âge de 77 ans, dans la 49 e année de sa vie sacerdotale. Les obsèques seront célébrées le vendredi 6 septembre 2019 à 14h30 à la chapelle de l’hôpital d’Épernay.
    Priez pour lui.
  • 1er Septembre 2019

    • Le diocèse se réjouit de l’entrée de Jean en année de propédeutique à la maison St François de Sales à Paray-le-Monial, et l’assure de la prière de tous. Chacun est invité à persévérer dans la prière diocésaine pour les vocations, et les paroisses et communautés religieuses à reprendre avec fidélité le rythme mensuel du 1er vendredi et du 1er dimanche de chaque mois.

    • Le Diocèse s’associe à l’action de grâce de la Congrégation des Sœurs de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso le 1er août 2019 à l’occasion de la profession perpétuelle de Sœur Adeline (communauté de Dormans) et assure ses sœurs en religion et les membres de sa famille de la prière de tous.

    • Le diocèse s’associe à l’action de grâce de la Communauté de l’Agneau le 18 août 2019 à l’occasion de la première profession de François-Xavier MASSIOU, en religion Petit Frère Ambroise, originaire de Châlons, et assure ses parents de la prière de tous.

  • Mgr TOUVET a reçu la lettre de remerciements suivante :
    Monseigneur,
    Je m’empresse d’accuser réception de la somme de 5.395,00 € que vous avez bien voulu faire parvenir comme contribution de votre diocèse pour le denier de Saint-Pierre.
    Je désire vous transmettre la profonde gratitude du Saint-Siège pour ce nouveau et généreux geste de communion et de solidarité ecclésiale.
    En vous assurant de ma prière pour vous-même et pour votre communauté chrétienne, je vous assure, Monseigneur, de mon cordial dévouement dans le Christ.
    Luigi Ventura
    Nonce apostolique
  • Décès du père Pierre Van der BORGH, prêtre du diocèse de Châlons
    Il est entré dans la Maison du Père le 18 avril 2019, Jeudi Saint, dans sa 89e année et la 60e année de sa vie sacerdotale.
    Il fut successivement vicaire à La Chapelle Lasson, à Pargny sur Saulx, à Épernay puis curé à Pargny sur Saulx.
    Depuis plusieurs années il s’était retiré à Amersfoort au Pays Bas.
    Ses obsèques ont été célébrées le 24 avril 2019 à Blaricum (Pays-Bas) où il a été inhumé.
    Monseigneur François Touvet célébrera une messe à son intention le vendredi 14 juin 2019 en l’église de l’Assomption à Pargny sur Saulx à 16 h 30

Quête pour les lieux saints

Prévue le Vendredi Saint, elle est reportée au Dimanche 13 septembre (veille de la Fête de la Croix Glorieuse) par décision du Cardinal Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Églises orientales.

Au nom du Saint Père

  • le Cardinal Léonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, exprime sa profonde gratitude envers les fidèles du diocèse pour leur offrande de 950 €, provenant de la quête du Vendredi-Saint 2019  pour la Terre Sainte.
  • Mgr Andréa FERRANTE, représentant la nonciature apostolique, exprime sa profonde gratitude envers les fidèles du diocèse pour leur offrande de 2 234€, provenant de la quête pour le Denier de Saint-Pierre.

Le casuel

Rappel :
Conformément à la circulaire de Mgr TOUVET en date du 1er juillet 2018, les offrandes indiquées aux familles pour la célébration des baptêmes, des mariages et des funérailles, sont les suivantes :

  • Baptêmes : entre 50€ et 150€
  • Mariages : entre 200€ et 500€
  • Funérailles : 180€ ou plus

Les feuillets réalisés par le SEDICOM sont disponibles à l’évêché pour les paroisses et les pompes funèbres. Ils doivent être donnés aux familles avec une enveloppe-réponse pré-imprimée disponible aussi à l’évêché.

Ces mesures concernent tout le diocèse et doivent être appliquées comme telles.

Il est demandé que les familles établissent un chèque du montant total de leur offrande au nom de la paroisse.

Circulaire sur le catéchuménat des adultes (Repères pratiques) Télécharger le document

Avance au large Télécharger le document

Lettre pastorale Disciples missionnaires Télécharger le document

Orientations diocésaines pour la célébration des funérailles Télécharger le document

En vue des visites pastorales, vivre la joie de l’Évangile Télécharger le document

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Rameaux 2020 - cathédrale de Châlons messe à huis clos

Rameaux 2020 - cathédrale de Châlons messe à huis closChers frères et sœurs,

« Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

Les rues de Jérusalem étaient pleines pour acclamer le Roi qui entrait dans la ville !

Elle est bien vide, notre cathédrale, c’est très impressionnant. Et pourtant, avec vous tous qui êtes confinés à la maison, ici dans la Marne ou ailleurs en France et dans le monde, à Châtillon sur Seine par exemple, et qui suivez la retransmission sur internet, facebook ou RCF, la même acclamation a retenti sous les voûtes magnifiques de notre église-mère. D’une façon très mystérieuse, je vous entendais chanter avec nous 4 lors de la procession d’entrée. Nous sommes réunis dans la prière, chacun avec le poids de la souffrance et de l’inquiétude, mais aussi avec la lumière de l’espérance chrétienne.

Nous entrons dans la Semaine Sainte, après un Carême bien particulier. Dès la 3è semaine, le confinement demandé à toute la population française nous a fait vivre une expérience de désert inouïe (pas encore 40 jours, mais ça pourrait venir !) : davantage de silence dans les rues et les cours de récréation, percé toutefois par les cris de douleur des malades et des mourants, et par les appels de détresse des soignants … une fraternité qui a pris un visage plus concret dans les multiples services à rendre pour faire les courses des personnes âgées ou accueillir les enfants du personnel médical ou d’autres personnes obligées de se rendre au travail… et aussi la privation des réunions, des assemblées et des sacrements, de nos équipes de lectio divina « A la table de la Parole », de nos chemins de croix le vendredi après-midi. Les catéchumènes appelés n’ont pu célébrer les scrutins et voient leur baptême reporté à la Pentecôte, si tout va bien. Je veux leur redire ici, en complément de ma vidéo, combien je pense à eux tout particulièrement.

Beaucoup de textes, prières, méditations circulent sur internet. Et c’est bien. Beaucoup de témoignages d’amitié aussi. C’est bien. Nos smartphones sont en surchauffe. Grande activité tout de même dans ce désert du confinement.



Ce Dimanche des Rameaux est pour nous le moment de nous arrêter un peu pour prendre du recul et regarder comment nous vivons ce temps exceptionnel, et comment nous pouvons vivre cette Semaine Sainte hors norme : n’est-ce pas l’occasion de nous demander quel rôle nous tenons dans le récit de la Passion ….. et donc dans le drame de souffrance et de mort que vit notre humanité aujourd’hui ?

- Suis-je Judas qui ai trahi mon Maître et Seigneur en faisant mine de l’embrasser : après tout, derrière ma façade de disciple fidèle, peut-être que je m’accommode assez bien de ce manque de messe et de confession ?

- Suis-je dans la foule, un de ceux qui hurlent et crachent : c’est facile de hurler sur les autorités, les institutions, et aussi sur l’Église, notre Église ?

- Suis-je comme Pilate, en train de me laver les mains dans mon indifférence devant l’injustice et la souffrance, continuant ma petite vie bien tranquille chez moi comme si de rien n’était ? Et restant dans le déni devant la gravité de la situation … ?

- Ou suis-je Simon de Cyrène, portant la croix des autres, me portant même volontaire, pourquoi pas, pour rendre service, venir en aide, soutenir les soignants… il y a tellement d’appels à saisir dans le cadre de cette mobilisation générale.

- Suis-je Jacques ou Jean qui me suis endormi : spirituellement, je me suis peut-être mis en sourdine, en pause… et concrètement, j’ai tiré les volets un peu trop et je n’entends plus, je n’écoute plus les appels à l’aide …mais il ne faudrait pas que ça dure, je risquerais de ne pas me réveiller !

- Suis-je Pierre qui jure de ne jamais laisser tomber Jésus et qui le renie pourtant à 3 reprises, qui recule devant les obstacles, les prises de parole courageuses, les actes de bravoure et de dévouement ?

Je le crois, cette période, avec ses souffrances et ses deuils, nous permettra providentiellement de renaître à une vie nouvelle. Et l’humilité sera nécessaire à tous et à chacun, et à la collectivité tout entière, pour repartir sur des bases saines, sans se croire si solide et si puissant. Il faudra être vigilants pour garder les réflexes de service et de solidarité, approfondir le sens de l’engagement social et civique, d’autant plus nécessaire que cette crise est et sera aussi sociale et économique. Il nous faudra aussi reprendre le chemin de nos assemblées, redécouvrir le goût et donc la foi en l’Eucharistie, présence réelle du Seigneur Jésus. Sans oublier de nous émerveiller ensemble devant la beauté de la famille, la dignité de la vie humaine à protéger et à sauver quoi qu’il en coûte.

Et je voudrais lancer un vibrant appel au cœur de cette liturgie : nous devons veiller au contact avec les personnes âgées, tout spécialement dans les EHPAD. Leur isolement est très lourd. Un véritable drame est à notre porte. Le téléphone existe. Mais aussi parfois des tablettes mises à disposition par le Département. Prenons du temps avec nos anciens.

Frères et Sœurs, cette Semaine Sainte, vivez-la saintement, non seulement par la prière et la liturgie le mieux possible, grâce aux retransmissions, mais aussi par la charité active en portant la croix de Jésus, la croix de l’humanité souffrante, la croix de nos malades et de nos soignants, la croix des mourants et de leurs familles.

Que vous en ayez aujourd’hui, ou plus tard après le confinement, accrochez les rameaux sur la croix que vous avez chez vous : ce n’est pas un gri-gri mais dites ainsi que la croix n’est pas qu’un gibet, elle est l’arbre de la vie ! Et ainsi préparons-nous à recevoir toutes les grâces de la résurrection.

Amen.









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Appel décisif des catéchumènes          1er mars 2020 - église Sainte Thérèse - Châlons

Appel décisif des catéchumènes 1er mars 2020 - église Sainte Thérèse - ChâlonsChers frères et sœurs,

Pourquoi Dieu impose-t-il au peuple de l’Exode, à peine libéré des eaux de la Mer Rouge, le passage par « le grand et terrible désert » sur la route vers la Terre promise (Dt 1,19) ? Pourquoi dans les évangiles, l’Esprit Saint pousse-t-il Jésus au désert, avant qu’il ne commence sa prédication (Mc 1,12) ? Pourquoi faut-il que, chaque année, pendant le temps du Carême, l’Église entraîne les baptisés et les catéchumènes dans le désert avant de célébrer la Pâque du Christ ?

Laissons de côté les visions romantiques qui transforment le désert en un lieu de haute et belle inspiration poétique. Laissons aussi les magnifiques émotions d’Ernest Psichari dans « le voyage du centurion ». Dans la Bible, le désert s’impose aux hommes comme une terre ingrate, stérile (Is 6,11), chaotique (Jr 2,6), repère de bêtes sauvages et de démons (Is 13,21). Le désert, terre du dénuement et de la soif, est le lieu d’une redoutable épreuve. Il prend les airs d’une malédiction. Le passage par le désert est une expérience rude pour les croyants.

Le peuple de l’Exode va pourtant séjourner 40 années dans le désert hostile. Jésus habitera le désert pendant 40 jours dans des conditions extrêmes. Et nous sommes appelés, nous aussi, à persévérer 40 jours dans le désert symbolique du Carême. En quoi ce passage au désert est-il, aux yeux de Dieu, un passage nécessaire pour les croyants ? Quel sens ce passage a-t-il pour les catéchumènes à quelques semaines de leur baptême célébré pendant la vigile pascale ? Qu’est-ce donc qui est en jeu dans cette traversée spirituelle ? Que nous dit-elle de décisif sur notre humanité et notre vie chrétienne ?

Dans l’immensité du désert, l’homme s’éprouve démuni. Il se sent particulièrement vulnérable et petit. Dans ce monde étrange et vide, il perd ses repères et ses points d’appui. Il est comme mis à nu et prend conscience de sa solitude. Il ne peut plus échapper à sa pauvreté. Et cette confrontation lui fait souvent peur. Pensons à toutes nos expériences personnelles où nous avons éprouvé nos limites, nos échecs, notre pauvreté, notre mortalité... On parle de « traversée du désert », n’est-ce pas ? Expérience éprouvante de notre propre finitude. Inquiétude insupportable, qui peut nous conduire à des voies sans issue ou à l’illusion de pouvoir être délivré de la fragilité.

Ce fut l’expérience des fils d’Israël qui récriminaient contre Moïse à cause de la faim et de la soif. Le peuple n’oublie pas qu’en Égypte, il était réduit en esclavage, mais, enfin, il avait de quoi manger ! Israël est tenté de préférer l’esclavage à sa liberté … le prix de celle-ci lui semble trop cher à payer. Il est tenté aussi d’adorer des idoles. Il se prosterne devant un veau d’or, un dieu misérable remplaçant. Et il espère que ce dieu marchera devant lui pour le sortir enfin du désert. Il cède à la tentation de se révolter contre Dieu, de choisir et d’adorer un autre dieu, de regretter le passé et de faire marche arrière. Mais ce ne sont là que des mirages !

Expérience que Jésus vit lui aussi : dans le désert, Satan tente de le séduire. D’une certaine manière, Jésus revit symboliquement la traversée de l’Exode. Le tentateur cherche à lui faire miroiter, tel un mirage, le rêve d’échapper à sa condition humaine bien difficile, marquée par la faim, la soif, le manque et la pauvreté. S’il est vraiment le Fils de Dieu, ne mérite-t-il pas la toute-puissance et la gloire ? Tout cela, le diable prétend lui offrir à condition qu’il se prosterne devant lui. Mais, Jésus refuse de tomber dans le piège.

Confrontés au désert dans nos vies si fragiles, nous connaissons nous aussi les tentations d’en finir avec les limites de l’existence humaine. Parfois nous refusons de vivre, nous régressons ou nous nous abandonnons à des forces illusoires qui prétendent nous extraire de nos difficultés. À l’image du peuple hébreu au désert, nous crions notre misère, nous nous révoltons contre Dieu, nous nous tournons vers des idoles, nous nous évadons dans toutes sortes de fuites ou d’addictions. Comme pour Jésus dans l’Évangile, Satan renouvelle sous de multiples formes sa proposition de nous transformer en petits dieux sans limites.

L’épreuve du désert nous place devant un appel exigeant : accepter que nous ne sommes pas Dieu et que nous avons besoin de Lui, car tout vient de Lui. Le temps du Carême nous invite à la conversion : c’est le temps favorable pour quitter notre orgueil, nos désirs d’immortalité́ et de toute-puissance, et pour nous laisser accompagner par Dieu dans notre vie.

Chers catéchumènes, comme je vous l’ai écrit à chacun, je vais vous appeler aujourd’hui. Et dans 40 jours, au terme de ce Carême, vous serez baptisés, plongés dans l’eau de la mort pour en ressortir vivants en Jésus-Christ. Vous serez unis à Lui qui est passé par le désert du mal et de la mort et qui nous ouvre à la vie éternelle. Vous recevrez le pardon de tout péché. Vous serez lavés, purifiés. Et vous ressemblerez à Jésus.

Chaque jour, unis dans l’Église, les baptisés se laissent transformer par l’amour du Christ, plus grand que leurs haines, leurs fautes et leurs infidélités. Par la marque de l’Esprit Saint reçue dans le sacrement de la Confirmation, qui leur donne le courage et la force de vivre en témoins, ils sont envoyés dans le monde pour annoncer la victoire de Dieu sur la mort. Chaque dimanche, les baptisés se nourrissent de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Ils deviennent un seul corps, l’Église, Corps du Christ.

L’espérance, enracinée dans la foi reçue au Baptême, donne aux chrétiens le courage de traverser les déserts de chaque jour. Elle leur donne la force d’accepter leurs limites et de reconnaître, dans leur pauvreté, la présence du Seigneur. Il est l’ami fidèle qui les guide vers la Terre promise de la vie éternelle.

Peut-être avez-vous connu cette grâce de croiser un jour quelqu’un qui vient de traverser le désert de la maladie, du chômage ou de la solitude. Vous auriez parié que, face à l’épreuve, il aurait fini abattu, démissionnant, ne croyant plus à rien ni à personne tant l’épreuve était rude, bouleversante, insensée. Et vous le voyez maintenant, marqué encore, certes, par la dureté de la traversée du désert. Mais c’est comme une autre densité de vie, une nouvelle et mystérieuse clarté dans l’existence, un renouveau de la foi, plus profonde, plus lucide et plus courageuse. Une vraie résurrection.

Cette expérience de la renaissance de la vie grâce à Dieu, je l’ai lue dans certaines de vos lettres, et je me suis émerveillé devant la puissance de l’Esprit-Saint à l’œuvre dans vos vies. En ce temps de Carême, temps du désert, avec l’Église, vous voici invités à scruter votre existence pour y reconnaître vos limites et ce qui doit être guéri en vous. Nous vous accompagnons dans la préparation de vos cœurs. Nous prions pour vous. Accueillez le Christ mort et ressuscité qui vient vous libérer du pouvoir du mal et de la mort, et vous faire vivre de sa vie pour toujours.

Bonne marche dans le désert vers Pâques ! Amen.











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Requiem Abbé Jean-Marie BÉAL - Orbais l’Abbaye - 20 février 2020

Requiem Abbé Jean-Marie BÉAL - Orbais l’Abbaye - 20 février 2020Chers frères et sœurs,

Comme une bougie, le Père Jean-Marie Béal s’est éteint tout doucement. Son corps était devenu si fragile, l’homme extérieur « allait vers sa ruine » comme le dit l’Apôtre. Mais l’homme intérieur continuait de se renouveler de jour en jour (2 Co 4,16). J’en ai été le témoin. Son cœur restait illuminé par la foi de son Baptême. Son regard rayonnait il y a 8 jours encore d’une profonde espérance, accompagné de son sourire légendaire. Quand je lui demandai s’il avait quelque chose à me dire, il me confia d’une voix à peine perceptible : « Je rends grâce. Je veux rencontrer l’Éternel ». Je l’ai béni et confié au Seigneur, et il a voulu me bénir en levant péniblement sa main jusqu’à mon front penché sur lui. Son dernier geste de prêtre pour l’Église ! Combien de fois déjà, il m’avait dit offrir ses souffrances pour le diocèse, pour son évêque, pour les vocations. Je demeure impressionné par le parcours de ce serviteur. Il avait beaucoup hésité entre un engagement dans les Foyers de charité et un engagement dans le diocèse. Le Père Georges Blard, dans les années 60, le voulait au Foyer de Baye, et Mgr Piérard, conseillé par les formateurs du séminaire, ne le voyait pas ainsi. Il a été ordonné prêtre à plus de 40 ans alors que de graves ennuis de santé étaient apparus. Et il s’est donné, exerçant son ministère dans le diocèse : fidèle à son évêque, fidèle au Foyer, fidèle à son engagement, fidèle dans la foi, vraiment jusqu’au bout. Sa foi était belle dans sa simplicité. Son amour de l’Église magnifique. Sa confiance en la Vierge Marie indéfectible.

Il s’est endormi dimanche, au matin du jour où l’Hospitalité ND de Lourdes se réunissait à L’Épine. Il effectuait en quelque sorte son 45è pèlerinage. Il avait vécu le 44è comme malade, toujours désireux d’aller à la grotte, de prier avec les pèlerins, d’accueillir les grâces de renouveau spirituel et de conversion. Comme ses deux prénoms associés le disent si bien, avec Jean, il avait pris Marie pour mère, selon les paroles du crucifié à ND des douleurs : « voici ton fils » et à Jean : « voici ta mère ». Il nous apprend à demeurer des disciples fidèles au pied du calvaire et courant au sépulcre à la rencontre du Ressuscité. Il nous aide à rester de petits enfants qui goûtent patiemment au mystère de la charité divine et contemplent le Christ présent. La souffrance ne l’a pas épargné, surtout par de lourdes épreuves de santé et sa blessure de guerre en Algérie. Il est demeuré fidèle, au pied de la croix, avec Marie, sa Mère et notre Mère, et avec saint Jean. Il restait habité par cette conviction profonde et cette grande espérance : « nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous » « notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas » (2 Co). Il marchait doucement vers cette « demeure éternelle dans les cieux » dans laquelle il est désormais invité à entrer. Dans notre prière, nous demandons bien humblement pour lui le pardon de ses péchés, l’abondance de la grâce et de la miséricorde, afin qu’il entre là où il est invité pour voir Dieu face à face.

Le pardon des péchés ! Il l’a célébré, il l’a donné au nom du Seigneur. De nombreuses fois. Un membre de la communauté du Verbe de Vie me disait dimanche dernier que les jeunes exprimaient souvent leur joie d’avoir vécu le sacrement de réconciliation avec lui, d’avoir ainsi vraiment éprouvé la miséricorde de Dieu. Non pas que ce ne soit le cas avec les autres prêtres, n’est-ce pas chers frères…Mais c’est une vraie grâce que de recueillir un tel témoignage à une époque où ce sacrement si beau est tellement délaissé, et méconnu. J’en suis convaincu, le cœur du prêtre se forge de jour en jour en grande partie grâce au sacrement de réconciliation dans lequel il se laisse évangéliser par la sainteté des personnes venant à lui, et dans lequel il devient toujours plus petit pour refléter davantage la grandeur de Dieu et de son cœur. La fidélité du Père Jean-Marie pour accueillir, écouter, discerner, conseiller et relever est une belle lumière sur la route des prêtres que nous sommes, nous invitant à la disponibilité la plus généreuse qui soit pour cela. Elle est aussi une lumière sur la route des baptisés que nous sommes tous, nous appelant à la confiance dans ce pardon qui recrée, guérit et ressuscite celui qui est écrasé, abattu, meurtri. Sacrement pascal s’il en est, sacrement de résurrection.

Frères et sœurs, en célébrant l’Eucharistie aujourd’hui, en l’absence de son corps qu’il a voulu donner à la médecine pour la recherche et l’apprentissage des futurs médecins, nous affirmons ensemble notre foi en la résurrection. En effet, nous croyons que Dieu « nous ressuscitera, nous aussi ». Toute notre vie est appelée à être transfigurée dans la lumière de l’éternité et l’océan de la charité divine. Au-delà de ce que l’entendement humain peut percevoir, telle est notre foi. Nous croyons que Jésus, le Fils de Dieu est mort pour nous. Nous croyons qu’il est ressuscité des morts. Nous célébrons cette victoire de la vie sur la mort, acquise une fois pour toutes, victoire que nous accueillons chaque jour dans nos propres vies, et pour laquelle il nous faut toujours combattre avec la grâce de Dieu. S’il garde les pieds sur terre, en immersion dans les réalités et les engagements de la vie humaine, sociale, familiale, professionnelle, le chrétien doit aussi avoir toujours la tête, ou le cœur dans le Ciel, cherchant Dieu, tourné vers l’éternité : je redis la dernière parole du Père Jean-Marie pour moi la semaine dernière : « je veux rencontrer l’Éternel ». Nous rendons grâce au Seigneur pour le témoignage de notre frère prêtre. Un témoignage simple et joyeux, confiant et fraternel. Sans être parfait, il nous laisse cette image et nous encourage à demeurer tournés vers le Ciel. Dans ses courriers adressés à mes prédécesseurs, j’ai trouvé ce petit texte de Marthe Robin qui devait nourrir sa prière et éclairer son chemin : « Jésus choisit une âme humble, faible, petite. Il la prend dans ses bras, la met sur son cœur. Si elle comprend, si elle s’abandonne à lui, il la fait à son image. Qu’elle est belle et touchante, la mission des petites âmes. Elles reçoivent du Seigneur le secret divin de faire avec lui sans louange, sans bruit, sans vouloir d’humaines récompenses, de grandes choses pour son amour, pour le Ciel ». Amen.









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Fête de Saint Vincent - Epernay - 18 janvier 2020

Fête de Saint Vincent - Epernay - 18 janvier 2020Mesdames, messieurs, Chers amis, chers frères et sœurs, chers confrères et consoeurs,

C’est une joie immense pour moi d’être présent aujourd’hui pour cette grande et belle fête de Saint Vincent qui rassemble toutes les confréries. Moi-même, venu de Bourgogne il y a 4 ans pour être votre évêque, suis tellement heureux de retrouver ici cette noble tradition populaire, comme j’aime le faire aussi dans les villages. Le vin, ici, recèle des accents exceptionnels, peu familiers aux bourguignons, et il donne aux retrouvailles, aux fêtes familiales, aux réceptions officielles, un accent tout particulier. Je ne peux, vous me pardonnerez, délaisser les Chambertin, Corton, Pommard ou Meursault dont les noms prestigieux résonnent aussi dans le monde entier, mais très différemment. En tant qu’ambassadeur des vins de Champagne, puisque l’archiconfrérie m’a fait l’honneur de m’admettre en son sein il y a 2 ans, je ne manque pas une occasion, je vous assure, de vanter la grandeur et la royauté du Champagne.

Si les vendanges de cette année ont été très intéressantes, malgré les gelées tardives et les très fortes chaleurs de l’été, le climat social dans notre cher pays a été nettement moins bon, et nous ne savons toujours pas quelle sera la vendange en ce domaine…Voilà 14 mois que l’agitation, les tensions et aussi la violence se sont installées, souvent de façon bien désolante et déplorable. La crise sociale est profonde, le dialogue difficile voire impossible, les mesures annoncées ou décidées semblent impuissantes pour apaiser. Le peuple est en révolte, et il importe que chacun, dans le cadre de ses responsabilités, prenne le temps d’écouter, de comprendre pourquoi, et de chercher comment contribuer à davantage de fraternité. Partout, on nous parle de solidarité, de dialogue, de cohésion, de partage, de tolérance, et il semble que l’esprit d’une véritable fraternité soit en train de nous échapper.

Certes, il y a des différences parce que nous n’avons pas la même histoire, la même éducation, la même culture. Et pourtant, nous sommes capables, comme à toutes les étapes de l’Histoire de France, l’histoire de nos villages et de nos familles, de nous réunir pour parler, nous soutenir et construire ensemble. La fête de Saint Vincent en est une belle illustration. Nous n’avons pas les mêmes parcelles, les mêmes superficies, nous ne travaillons pas tous la vigne de la même façon, nous sommes propriétaires, récoltants, manipulants, négociants, l’un ou l’autre, l’un et l’autre, nous sommes héritiers d’une longue lignée ou installés plus récemment, … nous voici rassemblés les uns les autres dans cette église Notre-Dame d’Épernay après le grand défilé dans l’avenue de Champagne sous nos bannières et statues du même saint. Nous formons une et une seule assemblée pour vivre en communion un moment important de notre fête de Saint-Vincent, celui de la messe pendant laquelle nous écoutons le même Évangile et pouvons recevoir le Corps du Christ en nourriture et son Sang en boisson, si nous y sommes prêts intérieurement. Cet instant est celui de la fraternité véritable, construite autour de Jésus le Sauveur, et enracinée dans la foi des Apôtres transmise de génération en génération dans nos familles. Les chrétiens que nous sommes, pour la plupart je pense, devons relever ce défi de la fraternité au cœur d’une société où les liens se délitent, chacun tirant la couverture à soi et cherchant ses intérêts particuliers. Nous avons entendu le prophète Isaïe nous rappeler la promesse de Dieu qui est d’établir cette fraternité solide et durable. Pour l’exprimer, le Seigneur nous donne l’image d’un loup et d’un agneau réunis, d’un léopard et d’un chevreau couchés près l’un de l’autre, du veau et du lionceau nourris ensemble conduits par un petit garçon, de la vache et l’ourse dans la même pâture, du nourrisson jouant sur le nid du cobra ou le trou de la vipère… Vous avez entendu ! impensable à vue humaine, et pourtant c’est la promesse de Dieu. Nous qui sommes tantôt un agneau tantôt un loup, tantôt un nourrisson tantôt une vipère, comment allons-nous relever ce défi de la fraternité ? Alors que la crise écologique révèle notre responsabilité dans la dégradation de la planète et génère des mouvements de désespoir et de catastrophisme, … alors que le Parlement étudie un projet de loi qui va, dans un déni incroyable de la réalité de la sexualité et de la procréation, détricoter tout le lien familial des vraies paternité et maternité, … alors que les débats actuels sur les retraites révèlent des manquements à la véritable solidarité entre générations, nous sommes invités à nous engager résolument pour travailler ensemble à la vigne du Seigneur, dans la recherche du Bien commun. Il nous faut pour cela puiser dans le trésor de la foi chrétienne qui est une parole de salut, de délivrance, de libération. Nous croyons que Jésus, Dieu parmi nous, est mort sur la Croix pour le pardon des péchés. Nous croyons que, par sa résurrection au matin de Pâques, il nous ouvre les portes de la vie éternelle, là où le loup et l’agneau sont réunis, où l’enfant joue sur le trou de la vipère. Frères et sœurs, notre passion commune pour le vin de Champagne nous démontre la capacité de tous et de chacun à travailler ensemble pour le bien commun et pour une vie plus fraternelle. Les forces humaines ne suffiront pas, les plans politiques, les mesures sociales, les allocations de toutes sortes, ne suffiront pas à apporter cette fraternité durable. L’Évangile est la Lumière à déployer pour éclairer tous ceux qui doutent et désespèrent. Cette Parole de Dieu est semée dans les cœurs, nous venons de l’entendre. Il y a des cœurs tendres prêts à l’accueillir, mais aussi des cœurs pleins d’épines ou de rocailles… le vigneron chrétien ne fait pas un Champagne chrétien meilleur que les autres, mais, éclairé par l’Évangile et fortifié par sa prière et le soutien de l’Église, il va travailler sa vigne, fait vivre sa famille, participe à la vie coopérative, favorise l’entraide, nourrit le dialogue, dénonce les injustices, protège la création de Dieu… c’est cela la fraternité dont notre société a soif. Un défi à la portée de chacun, de chaque personne de bonne volonté. Pas à coup de volontarisme et de prétention, mais avec humilité et pauvreté pour nous laisser conduire par le Seigneur.





Pour conclure en évoquant le sacrement de l’Eucharistie que nous allons maintenant célébrer, je voudrais évoquer 2 points : tout d’abord, très simplement rapidement mon récent voyage au Vietnam, en visite chez les religieuses qui ont établi une communauté ici à Épernay en 2011. Les catholiques vietnamiens qui n’ont pas de sécurité sociale ni de retraite ni le droit de grève, vivent sous un régime communiste de surveillance étroite après que leurs aïeux ont vécu le sang, le lavage de cerveau et la mort. Ils ont gardé la foi, chevillée au corps. Et nous, volant dans le grand vent de la liberté et du bonheur éphémère, avons tout laissé tomber. Et on s’étonne ! Quelle espérance chez les catholiques du Vietnam, quelle ferveur, des vocations en très grand nombre, les enfants et les jeunes proclamant la foi et participant à la messe dans des églises pleines…. J’évoque aussi le Père Albert Mathieu dont je célébrais les obsèques ce matin. Ambassadeur des vins de Champagne, grand érudit, conteur inimitable de l’Histoire du Champagne, ancien curé de Pierry et Moussy. Il écrivait le soir de son ordination en 1948 : « demain ce sera la 1è messe, le cœur à cœur avec la voix de Dieu, l’hostie mon corps, le vin mon sang. Que ce soit la concrétisation de mon ordination, de mon sacrifice ». Il disait ainsi sa foi en l’Eucharistie, présence réelle du Seigneur, Pain de vie éternelle et vin du Royaume. Il formulait ainsi le don de lui-même en imitant Jésus et faisant de son corps, de sa vie toute entière, un vin précieux de charité. Il doit sourire de là-Haut, lui qui peut goûter le vin de la charité divine, le vin de l’éternité. Même lui nous dit aujourd’hui, j’en suis certain, que ce vin est encore bien meilleur que le Champagne ! Il nous apprenait à nous approcher avec foi de ce grand mystère qui nourrit notre vie et lui donne tout son sens.

Que saint Vincent nous apprenne à recevoir notre vie de Dieu et à la donner aux autres. Ainsi nous porterons du fruit pour une vendange de charité sur le monde entier. Amen.





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Obsèques Abbé Albert MATHIEU - Courtisols - 18 janvier 2020

Obsèques Abbé Albert MATHIEU - Courtisols - 18 janvier 2020Chers frères et sœurs,

La personnalité du Père Albert Mathieu était telle que nous sommes venus nombreux aujourd’hui participer à la célébration de ses obsèques. Chacun, nous entendons encore résonner le ton inimitable avec lequel il nous racontait tant de choses dans les moindres détails. Sans qu’on puisse l’arrêter une fois qu’il avait commencé, il citait Fère Champenoise comme une paroisse exemplaire qui avait donné de nombreux prêtres (le Père Petipas me disait juste avant de commencer qu’ils sont 14 au cimetière de Fère, dont 11 sont natifs du village !), il évoquait l’histoire de l’Église diocésaine, nous faisait rire avec des histoires d’évêque, parlait de Notre-Dame de L’Épine où il fut le dernier curé résident pendant 20 ans, et aussi de Notre-Dame de Chine, sanctuaire créé en 1867 par un évêque originaire de Chantemerle près de Sézanne, il contait les débuts du vin de Champagne avec Dom Pérignon et surtout Dom Oudart dont il remit la tombe à l’honneur dans l’église de Pierry en 1972, il nous transportait au sommet du Mont-Aimé avec passion. Il suffit de lire ou relire ses petits opuscules intitulés « Avec ou sans épines(s) » et « les flûtes enchantées » pour l’entendre encore, comme on l’entendait aussi au micro de RCF, livrer des récits multiples et variés dont on se demande parfois s’il ne mêlait pas de temps en temps à l’Histoire un peu de sa fantaisie personnelle.

En cette époque des mémoires numériques stockées et sauvegardées dans des grands centres informatiques, la mémoire de l’abbé Mathieu va nous manquer. Il était une mémoire vivante, tout autant qu’une bibliothèque qui livre ses secrets. Le diocèse lui doit beaucoup en ce domaine. Il suffisait de l’entendre raconter le transfert en 1987 des cartons de livres de l’ancien Grand Séminaire jusque dans l’évêché actuel pour comprendre la portée de son engagement afin de préserver ce patrimoine. L’équipe de la bibliothèque poursuit son travail en s’appuyant sur les fondations qu’il a su poser. C’est pourquoi notre bibliothèque diocésaine s’appellera désormais la bibliothèque « Albert Mathieu ». Cela nous aidera à faire de ce lieu toujours plus un lieu de partage et de mission, plus encore que de conservation. Cela permettra aussi à cette mémoire de demeurer un point d’appui et une force pour la construction de l’avenir, pour la Mission qui nous attend aujourd’hui et demain, dans le cadre du renouveau missionnaire que nous voulons engager en réponse à l’appel du Pape François. Et chacun pourra continuer d’y repérer comment, selon les mots de l’Ecclésiaste, « toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps », même si, toujours selon l’Ecclésiaste, l’homme « est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin », même le Père Mathieu !

Quelle œuvre en effet ! L’œuvre du salut ! Dans cette grande Histoire, celle de l’humanité, celle du Peuple de Dieu, il y a justement ce moment de la révélation plénière du dessein d’amour de Dieu, ce jour où Il fit irruption dans notre vie, comme un pauvre : « il est venu chez les siens », « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire ». Ce sont des mots extraits du prologue de l’Évangile de St Jean que le Père Mathieu avait lui-même choisi pour ses obsèques. Le disciple bien-aimé de Jésus nous dit le grand mystère de la foi dont le prêtre est à la fois le messager et le sacrement. Pendant un peu plus de 71 ans, Albert Mathieu a cherché à être ce signe vivant et cette voix qui proclame. Il suffit de lire ses notes du 19 décembre 1948, au soir de son ordination célébrée par Mgr Piérard à Fère-Champenoise : « Voici enfin le calme, le silence, au soir de ce jour de grâces et de fatigues, sous ma lampe dans ma chambre toute pauvre, je pense au Seigneur […] que mon sacerdoce s’enracine dans la foi et monte vers la messe, pour que se fasse l’éclatement de la grâce de Dieu qui dit la perpétuelle jeunesse de l’Église et sa pérennité ». Il exprimait ainsi ce mystère de la venue du Seigneur chaque jour de nos vies, comme il est venu un jour de l’Histoire à Bethléem. Il disait comment le ministère du prêtre offre aux fidèles chrétiens la présence du Seigneur qui enseigne, sanctifie et guide. Il affirmait son intention d’offrir sa vie en sacrifice « par Lui, avec Lui et en Lui ». Il se proposait, comme Jean-Baptiste, d’être un « témoin pour rendre témoignage à la Lumière afin que tous croient par lui ». Lui, dont la vue s’était presque totalement éteinte ces dernières années, savait qu’il n’était pas la Lumière, mais qu’il était là « pour rendre témoignage à la Lumière ». Lui, qui nous raconta tant d’histoires circonstanciées, était en fait déjà dans le mystère de l’éternité. C’est là que nous le confions au Seigneur en ce jour, le cœur plein d’espérance. Nous demandons au Père de toute miséricorde de lui pardonner ses péchés, il en avait comme nous, et de l’accueillir en son Royaume comme un bon et fidèle serviteur, afin qu’il voie Celui qu’il a cherché et servi tout au long de sa vie.

Quelques jours avant la messe de Noël où nous entendions ce même Évangile, je l’ai visité à l’hôpital. J’avais remarqué, depuis mon arrivée à Châlons il y a 4 ans, qu’il me reconnaissait toujours grâce à ma croix pectorale. Chaque fois c’était la même question, sur un ton presque bougon : « qui c’est ? »… il voyait ma croix et répondait à lui-même : « ah.. Monseigneur l’évêque ! » Je me suis donc penché pour glisser dans sa main cette croix qu’il a tenue pendant que je tentais de prier avec lui et lui parlais de sa Pâque qui approchait. Nous célébrons justement cette Pâque en ce jour même où l’Archiconfrérie des vignerons de la Champagne qui avait fait de lui un ambassadeur en 2005, célèbre Saint Vincent à Épernay. Sûr qu’il doit sourire de cette amusante coïncidence, je cite encore ses notes du soir de son ordination : « demain ce sera la 1è messe, le cœur à cœur avec la voix de Dieu, l’hostie mon corps, le vin mon sang. Que ce soit la concrétisation de mon ordination, de mon sacrifice ». En s’identifiant ainsi au Christ Jésus mort sur la croix pour notre salut, il disait déjà que le vin des noces éternelles surpasse tous les autres. Puissions-nous, en communiant à l’Eucharistie, nous offrir nous-mêmes et accueillir le pain de la Vie et le vin du Royaume comme le seul nécessaire pour avancer à la suite du Seigneur, témoigner de sa charité et annoncer la grande espérance. N’oublions pas aussi, comme lui, de déposer dans le calice notre prière pour les vocations sacerdotales. Amen.









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Nativité du Seigneur - cathédrale de Châlons

Nativité du Seigneur - cathédrale de ChâlonsChers frères et sœurs,

Depuis un mois, le temps liturgique de l’Avent nous a permis de préparer nos cœurs au grand mystère que nous célébrons aujourd’hui dans l’allégresse. En effet, « aujourd’hui un enfant nous est né, un fils nous est donné ». Marie le couche dans une mangeoire, pauvre parmi les pauvres, petit parmi les petits, vulnérable parmi les vulnérables. Bien sûr nous faisons mémoire d’un événement de l’Histoire des hommes, la naissance de Jésus, inscrite dans le temps, mais nous célébrons aussi sa venue aujourd’hui même : le Pape nous rappelle dans sa lettre toute récente « Admirabile signum » que, préparer la crèche, c'est célébrer la proximité de Dieu, c'est redécouvrir que Dieu est réel, concret, qu'il est Amour humble, descendu vers nous. L’Avent est un temps d’attente joyeuse et confiante. Et Noël est le jour de la réalisation de la promesse. Après les siècles de la première Alliance au cours desquels le Seigneur a façonné son peuple bienaimé en lui renouvelant sa promesse, il est effectivement venu parmi les hommes en épousant leur condition (Ph2) : c’est l’enfant de la crèche : l’Emmanuel. L’ange avait dit à Marie de Nazareth : « il sera grand, il sera appelé fils du Très-Haut, il régnera sur le trône de David son père et son règne n’aura pas de fin ». Le voici ce roi que chantent les anges dans le ciel, son trône est cette mangeoire avant celui e la Croix. Devant lui viennent se prosterner les bergers de Bethléem et les mages venus de loin. La promesse est réalisée. La parole a été tenue. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière », « la lumière est venue dans le monde ».

Et pourtant, nous continuons d’attendre la venue du Seigneur dans la gloire à la fin des temps, comme nous le chantons à chaque messe après la consécration. La venue du Seigneur dans l’Histoire n’est pas la transformation immédiate, radicale et fulgurante de nos malheurs en paix universelle et en fraternité. Noël ressemble davantage à un mystère d’irrigation du divin dans la réalité charnelle. Tout continue en fait, de l’histoire des hommes, de ses méandres, chutes et régressions. Mais en même temps, tout ne se résout pas à l’absurde, tout s’élève et se relève. C’est l’ordre de la Rédemption : Bethléem en est un signe fort. Un signe d’espérance pour ceux qui attendent son règne.

L’attente. Parlons-en. Dans une époque où on ne sait plus attendre parce qu’on a tout tout de suite. L’attente d’une naissance dans nos familles humaines, vécue par la maman et tout son entourage. L’attente du train, surtout depuis 3 semaines ! Plus sérieusement : l’attente d’un résultat d’examen médical ou même d’une guérison quand la maladie est venue faire irruption dans notre vie. L’attente d’une réconciliation pour échapper à la discorde et au poids du silence, l’attente d’une libération pour évacuer la culpabilité… L’attente du marin qui guette la terre à l’horizon. Et chaque nuit, l’attente du lever du soleil, surtout pour ceux qui ne dorment pas ou sont plongés dans l’angoisse. Fondamentalement, toute personne humaine attend le bonheur, l’avènement d’un monde plus juste, d’une vie plus paisible, d’une belle concorde entre tous. Chrétiens, nous n’attendons pas de façon passive mais nous cherchons à bâtir la terre nouvelle et le ciel nouveau que Dieu a promis. Le cœur plein de confiance, nous emplissons notre attente de l’espérance que la résurrection du Messie crucifié nous donne chaque jour, et du courage qui fut celui des Apôtres pour témoigner de leur attachement à la personne de Jésus, guérir les malades, donner la vue aux aveugles, faire entendre les sourds, libérer les prisonniers, ressusciter les morts. Comme le peuple de l’ancienne alliance qui attendait la venue du Messie, nous attendons dans la foi que se réalise pleinement la venue du règne de Dieu. Nous guettons les signes de ce royaume qui n’aura pas de fin. Et nous agissons !

Dans la crise sociale actuelle, et qui dure depuis plus d’un an sans qu’aucun véritable signe d’apaisement ou de trêve ne soit donné, je crois que l’Église et tous ses membres ont une parole à donner : le Saint Évangile. Cette situation chaotique, dans un contexte de sécularisation et d’indifférence religieuse, n’appelle-t-elle pas en fait un message de rédemption et de salut ? N’est-elle pas l’expression de cette soif de bonheur et de libération ? Nous entendons encore ce matin les échos du traditionnel « Minuit chrétiens » : « Le monde entier tressaille d'espérance / A cette nuit qui lui donne un sauveur / Peuple, à genoux, attends ta délivrance / Noël, Noël, voici le Rédempteur ! » autrement dit : voici ton sauveur : c’est l’enfant Jésus, c’est Dieu qui vient te visiter et te donner son amour et sa grâce, t’offrir le pardon de tes péchés et t’ouvrir les portes de la vie éternelle. Les chrétiens que nous sommes pouvons relever le défi de l’apaisement et de la réconciliation nationale. Je le crois, tout cela est d’ordre spirituel avant tout, c’est le combat pascal que l’enfant de Bethléem est venu mener au cœur de notre monde, le combat de la lumière sur l’obscurantisme, celui de la transcendance sur l’humanisme athée. C’est très bien de chercher recettes et solutions, de négocier pendant des jours et des nuits. Mais la paix sociale viendra de la crèche, cette crèche que tant de visiteurs sont venus admirer à St Alpin depuis un mois, crèche que d’aucuns ont voulu détruire il y a quelques jours à Toulouse, et que d’autres, devinez où…, ont remplacé par des dinosaures !

Autre attente dans laquelle nous sommes appelés à ne pas rester inactifs. Certains pensent que tout est perdu, joué d’avance, et qu’il n’y a plus rien à faire. Non, le combat pour la vie, pour le respect de la vie, doit se poursuivre. Alors que nos sénateurs vont se prononcer en janvier sur le projet de loi de bioéthique déjà adopté par les députés selon les directives reçues des groupes de pensée et des lobbies, nous pouvons et nous devons encore nous prononcer pour la vie. En célébrant la naissance, certes mystérieuse, de Dieu parmi les hommes, en accueillant la vie du Créateur, nous redisons qu’un enfant ne peut naître que d’une mère et d’un père, que le père ne peut pas être une femme (contrairement à ce qu’affirme la ministre de la santé), qu’un enfant n’est pas un produit acheté sur catalogue, que le corps de la femme n’est pas à louer, que l’embryon humain n’est pas un matériau de laboratoire, que la médecine est faite pour soigner une pathologie, et seulement pour cela. Certes, nous écoutons et comprenons la souffrance de ceux qui n’ont pas d’enfant, mais nous n’acceptons pas de nier la réalité, nous refusons la manipulation ou la sélection de l’être humain par des apprentis sorciers convaincus d’être plus forts que le Créateur. Nous n’allons pas rester les bras ballants, justement parce que nous attendons que se réalise en plénitude la promesse du salut, parce que nous croyons à la victoire de la vie. Et cette victoire commence à la crèche.

En communiant avec foi en ce jour de Noël, nous accueillons la vie divine, nous nous laissons transformer par la grâce de ce petit enfant-Dieu qui nous émerveille et nous demande d’être à notre tour des petits bergers qui vont aller dans le monde chercher les brebis perdues pour les conduire à Lui.

Amen.

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Fête de la TOUSSAINT - Cathédrale Saint-Etienne de Châlons

Fête de la TOUSSAINT - Cathédrale Saint-Etienne de ChâlonsChers frères et sœurs,

Nous les voyons, tous ces gens qui se rendent au cimetière depuis quelques jours. Aujourd’hui, ils seront nombreux. Ils viennent fleurir les tombes de leurs chers disparus, et peut-être osent-ils formuler, au moins intérieurement, une prière ? A côté du matraquage médiatique et commercial cherchant à nous imposer d’autres traditions, ou des initiatives locales visant à copier « la chasse de la Toussaint » que la paroisse propose aux enfants, la démarche de ces familles dans les cimetières est plus paisible. Elle exprime la profonde intuition religieuse de toute personne humaine, la quête du sens de la vie, et aussi l’espérance de l’au-delà.

Et si l’Eglise consacre une journée à la prière pour les morts, c’est demain, le 2 novembre, elle célèbre aujourd’hui avec joie la sainteté de Dieu en nous proposant une vision de gloire et de victoire, en nous introduisant dans le mystère de l’amour divin, en nous rappelant notre vocation universelle à la sainteté, en nous offrant des modèles de sainteté d’hier et d’aujourd’hui, en nous disant quel est le but de notre vie et la promesse de la vie éternelle.

Le cœur plein de joie, nous chantons le Dieu 3 fois saint, à la fois créateur de tout ce qui existe et l’Emmanuel si proche de nous, le Dieu des commandements et le Père de toute miséricorde, le Messie humilié et le Seigneur de gloire. Avec une immense action de grâce, nous contemplons notre Dieu qui guérit les malades, relève les paralysés, fait entendre les sourds, donne la lumière aux aveugles, ressuscite les morts… et Jésus le Sauveur petit enfant dans la crèche, prédicateur sur les routes, le crucifié offert en sacrifice, le ressuscité vainqueur de la mort.

Nous accueillons sa sainteté qu’il nous donne en partage par le Baptême et les autres sacrements. C’est ce qu’on appelle la grâce sanctifiante. En effet, de jour en jour, par le mystère de sa mort et de sa résurrection, nous pouvons ressembler davantage à notre Dieu. Il s’agit bien de cela : la ressemblance. Les Saintes Ecritures nous disent, dans la Genèse, que l’homme et la femme ont été créés « à l’image et à la ressemblance » du créateur. Mais le péché est venu dans le monde, déformant et détériorant cette image. Le catéchisme de l’Église Catholique parle bien du « péché originel » qui est une rupture d’alliance de l’homme et la femme vis-à-vis de Dieu : en choisissant de se passer de Lui et de ne pas observer sa Loi, ils ouvrent la voie, dans l’histoire de l’humanité, à tout ce qui vient abimer la création : la souffrance et la mort, que Dieu n’a pas créés. Sa création était une œuvre bonne : « Dieu vit que cela était bon ». Le cœur de l’Évangile, Bonne nouvelle du salut, c’est que le Christ Jésus, image resplendissante du Père, Dieu fait homme, vient par sa mort et sa résurrection, nous donner la grâce de lui ressembler à nouveau. C’est pourquoi, dans la Tradition chrétienne, le Baptême est appelé « nouvelle création », « nouvelle naissance » : nous retrouvons l’image originelle lorsque nous sommes plongés dans la mort avec Jésus pour renaître avec lui pour une vie nouvelle.

Frères et sœurs, nous qui avons reçu cette grâce inouïe le jour de notre Baptême, nous devons nous demander quelle image nous donnons de Dieu, et si nous vivons vraiment à la ressemblance de Jésus. Cela, nous devons le faire en tant que personne et aussi en tant que communauté. Il en va de la crédibilité de notre témoignage.

Chacun pourra donc reprendre l’enseignement de Jésus dans l’Évangile et la Tradition de l’Eglise pour se donner tous les moyens naturels et tous les outils spirituels et surnaturels afin de grandir de grandir dans cette ressemblance :

- Les Béatitudes que nous venons d’entendre proclamées dans l’Evangile sont pour nous un chemin de vie : ce sont des balises qui nous permettent de ne pas quitter le bon chemin mais d’aller à coup sûr vers le Royaume.

- Le commandement de la charité qui est au cœur de l’Evangile et qui doit trouver de multiples applications concrètes à chaque instant. Ce commandement n’est pas une option qui nous laisserait le choix de ceux que nous allons aimer ou rejeter, des jours où nous allons aimer ou être odieux. Même l’amour des ennemis est commandé par Jésus comme un chemin de sainteté.

- le don de sa vie : cette invitation plusieurs fois formulée par Jésus pour ceux qui veulent le suivre, y compris pour les apôtres qui voudraient bien la première place, ou plutôt dont la chère maman vient réclamer pour eux la première place.

- la vérité : elle est reliée à la lumière, car dans les ténèbres de la nuit, le menteur et le voleur agissent. Le disciple du Seigneur est appelé à conformer sa vie à Jésus qui est lui-même la vérité. Et la vérité n’est pas relative comme on l’entend aujourd’hui « chacun sa vérité ». Non, s’il y a une vérité, elle est unique. Ce qui n’est pas la vérité n’est pas la vérité.

- la prière : « priez sans cesse » dit Jésus. Même au cœur du monde, en dehors d’un cloître, notre vie doit devenir une prière, une respiration divine, une offrande, une louange, une action de grâce adressées à Dieu.

- le pardon : nous le demandons bien dans le « Notre Père » : c’est une grâce que de savoir et pouvoir pardonner comme Dieu nous pardonne. Le pardon est un signe resplendissant de la présence du Seigneur. En pardonnant, nous ressemblons à Jésus sur la Croix « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »

Mais encore ? Quoi d’autre pour ressembler à Jésus ?

- les commandements de Dieu et de l’Eglise : un peu comme les Béatitudes, ce sont des balises sur le chemin de la vie pour nous aider et nous encourager, non pas pour nous entraver et nous aliéner. Aucun de ces commandements n’est aujourd’hui caduque.

- les 14 œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles que nous avons pu redécouvrir lors de l’Année Sainte en 2016 : donner un verre d’eau, ça va… donner à manger, c’est parfois plus difficile… supporter la personne qui nous agace, beaucoup plus difficile… ! Etc…

- la vie sacramentelle, avec deux points d’ancrage prioritaires : l’Eucharistie pour recevoir en nous le Dieu Très Saint et devenir ce que nous recevons, et la Pénitence et Réconciliation pour progresser de confession en confession vers la sainteté.

- la Mission et l’annonce de l’Evangile, en réponse à l’envoi des apôtres par Jésus : « allez dans le monde entier, faites des disciples, baptisez, apprenez-leur les commandements ». Le disciple est aussi un missionnaire qui sort de sa coquille, de ses vieilles habitudes, de sa routine de pratiquant du Dimanche pour évangéliser. Défi particulièrement urgent pour les temps d’aujourd’hui.

Et enfin, je terminerai par là, l’exemple des saints. Je me souviens avoir dévoré, quand j’étais enfant et adolescent, des vies de saints. Beaucoup sont encore éditées, et il y a des ouvrages formidables pour les adultes. Les saints nous sont donnés comme exemples, comme modèles. Alors apprenons à les connaître. Je pense à la vingtaine de saints que le Pape propose aux jeunes dans sa dernière exhortation, parmi lesquels 2 français (Ste Thérèse de Lisieux et le bienheureux Marcel Callo). On peut aussi reprendre le témoignage de Sœur Odette Prévost, martyre d’Algérie, notre toute dernière sainte locale, béatifiée l’année dernière. Et son témoignage retentit d’autant plus fort ces derniers jours quand on voit ce qui arrive aux chrétiens là-bas : fermetures d’églises etc…

Je pense aussi à Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France, dont nous fêterons le centenaire de la canonisation en 2020 (c’était le 16 mai 1920). Au cours de son épopée pour conduire le Dauphin Charles VII à Reims pour y recevoir le Sacre le 17 juillet 1429, elle s’arrêta à Châlons le 14 juillet, après que l’évêque fut allé à sa rencontre à Lettrée pour se soumettre au Roi de France alors que la Champagne était sous domination du roi d’Angleterre. Je réfléchis à un projet de commémoration, pourquoi pas sous la forme d’une marche de Lettrée à Châlons…

Frères et sœurs, laissons résonner en nous ce chant inspiré des paroles du Saint Curé d’Ars : « le monde attend le passage des saints, là où les saints passent, Dieu passe avec eux, soyez saints comme Dieu ! »

Amen.









#homelie
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Obsèques de l’abbé René MIRAULT - Givry en Argonne - 4 octobre 2019

Obsèques de l’abbé René MIRAULT - Givry en Argonne - 4 octobre 2019Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, l’Église célèbre la fête de saint François d’Assise, exemple vivant de celui qui choisit la dernière place à l’image de Jésus. La pauvre d’Assise avait renoncé à la première place que lui offrait son rang social, pour épouser Dame pauvreté. Les yeux fixés sur le crucifix, il contemplait Jésus qui « ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais [il] s’est anéanti, prenant la condition de serviteur… » comme le chante l’apôtre Paul dans la lettre aux Philippiens. Nous pourrions même dire que saint François contemplait tellement le Christ serviteur que son être tout entier s’en est trouvé si ressemblant, comme dans un miroir spirituel, selon les recommandations de saint Paul dans le verset précédent : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus ».

En regardant le cercueil du Père Mirault déposé sur le sol selon sa volonté, nous relisons dans sa vie de prêtre cette recherche de la ressemblance avec Jésus et de cette observance de l’enseignement du Seigneur : « quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place… au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place ». Cette place, ici dans l’église, c’est celle qu’il avait lors de son ordination il y a presque 71 ans dans la Collégiale Notre-Dame à Châlons ! Prosterné à même le sol, après avoir dit « me voici », il choisissait de tout donner, de donner sa vie pour être configuré au Christ Prêtre et Pasteur et agir en son nom pour sanctifier ses frères et sœurs par le pouvoir sacré reçu du Ressuscité. Que de baptêmes et de messes célébrés, que de mariages bénits, que de prédications, de visites à domicile. Toujours dans une proximité simple. Et encore ces dernières années et ces derniers mois. En 3 ans et demi, je l’ai connu comme cela : toujours très actif, particulièrement dans cette Argonne qu’il affectionnait d’une façon toute spéciale.

Couché, non plus sur le sol, mais dans son lit d’hôpital à Châlons, il me recevait il y a 10 jours. Bien humblement, et paisiblement malgré sa grande fatigue et la souffrance aigue qui était la sienne. Quelques minutes de sainteté qui m’ont beaucoup ému. Michèle, si fidèle, était là aussi, et a été témoin de cette rencontre spirituelle. L’évêque que je suis recevait l’ultime témoignage de ce serviteur fidèle : tout d’abord il m’a exprimé son souci des vocations de prêtres pour le diocèse dans les années à venir. Je suis convaincu que c’était sa prière jusqu’au dernier moment ; et elle rejoint tellement la mienne ! Et aussi après s’être redressé légèrement, me prenant la main, il m’a regardé d’une façon très profonde et magnifique, et a embrassé mon anneau épiscopal comme jamais on ne me l’avait encore fait : j’ai senti de façon si sensible qu’il redisait l’engagement de son ordination dans les mains de Mgr Piérard, sa foi dans l’Église, son amour pour l’Église qu’il a servie jusqu’au bout, sa joie d’avoir participé à l’annonce de l’Évangile, son bonheur d’avoir tout donné comme à l’autel : « ceci est mon corps, livré pour vous ».

Aujourd’hui, vous ses neveux et nièces, et l’Église de Châlons, nous rendons grâce ensemble pour cette vie de prêtre qui nous a tous tant marqués. Ce qu’il a semé produira du fruit. C’est l’œuvre de Dieu, le travail de l’Esprit-Saint à travers notre pauvreté et notre fragilité. Tous les pauvres et les petits, justement, ceux qu’il a servis, se préparent à l’accueillir dans le Royaume : « quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles…ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes ». Et pourtant, comme nous, il était pécheur et demandait au Seigneur sa miséricorde. Aujourd’hui, nous présentons sa vie au Seigneur comme une offrande et nous demandons pour lui le pardon de ses péchés. Dans la célébration de l’Eucharistie, c’est le repas des noces de l’Agneau qui nous rassemble, un avant-goût du Ciel. Et nous entendons Jésus dire à son prêtre René : « Mon ami, avance plus haut ». Notre frère, qui portait le prénom par excellence du chrétien « René », nous le portons vers le Ciel avec le pain et le vin bientôt déposés sur l’autel que le Seigneur, par le ministère des prêtres, nous donnera comme son Corps et Sang, Pain de la Vie et Vin des noces éternelles.

Chers frères et sœurs, à l’heure où notre Église diocésaine réfléchit à son avenir, je voudrais que nous gardions l’espérance et la foi du Père René Mirault comme une lumière. Et non seulement cela, mais aussi son air toujours jeune, incroyable à plus de 90 ans ! La jeunesse est un état d’esprit. Le Pape François le dit avec force dans son exhortation « Christus vivit ». En voici les premières lignes : « Il vit, le Christ, notre espérance, et il est la plus belle jeunesse du monde. Tout ce qu’il touche devient jeune, devient nouveau, se remplit de vie ». Un bel appel à ne pas rester recroquevillés sur le passé, sur nos sécurités et nos habitudes, nos vieilles routines. Nous le voyons bien, je le constate, pas seulement lors d’une assemblée diocésaine comme samedi dernier, l’inconnu nous inquiète et que nous peinons à nous laisser vraiment conduire dans la nouveauté. Merci, cher Père Mirault, pour votre éternelle jeunesse. Là aussi, en fait, vous êtes resté ressemblant au Christ Jésus.

Et je ne doute pas que votre témoignage, comme je l’ai constaté dans mes visites en Argonne, aura marqué des enfants et adolescents dont vous auriez pu être l’arrière-grand-père. Avec vous, nous demandons au Seigneur de recevoir l’offrande de votre vie sacerdotale et de lui faire porter du fruit en vocations, pour que des hommes s’avancent, disent « me voici » et se prosternent sur le sol choisissant de se mettre « à la dernière place ».

« Qui s’abaisse sera élevé ». Amen.









#homelie
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Messe des confréries - Foire de Châlons

Messe des confréries - Foire de ChâlonsChers frères et sœurs,

Vous vous souvenez, il y a quelques jours se tenait à Biarritz le G7. La presse en a parlé abondamment. Nous avons suivi cette réunion de chefs d’état qu’on appelle « les grands » de ce monde. Leurs épouses sont désignées comme « premières dames ». Nous avons observé les mesures de sécurité incroyables et somme toute nécessaires, le faste de ces réceptions, la mise en scène protocolaire, somme toute nécessaire elle aussi.

Mais quel contraste avec les pauvres de notre monde, les migrants entassés sur le pont d’un bateau dont aucun pays n’autorise qu’il accoste, avec les « sdf » qui dorment sur les trottoirs devant chez nous, avec les agriculteurs en difficulté comme celui-ci dont j’entendais parler il y a 2 jours et qui envisageait de se donner la mort, avec les difficultés des services d’urgence, et aussi avec la pauvreté que j’ai pu observer au Burkina Faso cet été.

D’un côté, beaucoup d’artifices. De l’autre, la réalité de la vie concrète de tous les jours.

L’Évangile nous dit l’appel du Seigneur : prendre la dernière place. Ce n’est effectivement pas ce vers quoi le monde nous entraine, ce que nous propose l’esprit du monde. Pour les disciples de Jésus, il s’agit de préférer ne pas se montrer, se mettre en avant et passer devant les autres, ne parler que de soi et de ses réalisations « je »… « je »… « je »…

Dans les églises, les premiers rangs sont souvent vides, et il faut faire avancer les gens. Dans la vie, s’il en était ainsi, nous grandirions, je crois, en vérité, en charité, en respect mutuel.

Mais il ne s’agit pas d’abord et seulement d’une posture sociale, de règles de bienséance, mais d’une attitude spirituelle. Jésus, le Seigneur, a pris la dernière place, celle de l’enfant, du pauvre, de celui qui a faim, de l’esclave, du condamné à mort. A Bethléem dans la crèche, ce petit bébé déposé par sa maman dans une mangeoire pour les animaux : quelle pauvreté, quelle vulnérabilité. En lavant les pieds de ses apôtres, au grand dam de Pierre qui proteste, Jésus redit avec force qu’il est venu pour servir et non pour être servi. Sur la Croix à Jérusalem, alors qu’il n’a rien fait de mal, au dire d’un des 2 condamnés crucifiés à ses côtés, Jésus donne sa vie dans des souffrances atroces.

Vivre en chrétien, c’est imiter Jésus en donnant notre vie pour les autres, c’est renoncer à soi, prendre notre croix et Le suivre sur ce chemin d’’abandon.

C’est aimer les choses simples, droites, belles, franches, généreuses, vraies, plutôt que les exploits éphémères, les médailles, les éloges et les compliments.

Au cœur de cette Foire de Châlons, nous célébrons la « messes des confréries » selon la coutume déjà bien établie. Au cœur de ce grand forum, lieu de rencontres avec les acteurs de la vie locale, élus, artisans, commerçants, croyants ou non, nous sommes là. Le Peuple de Dieu signifie qu’il participe à l’animation du territoire, à la vie sociale, à la recherche de fraternité, de sens et d’espérance. Chacun est le bienvenu à cette messe.

Nos confréries sont des lieux de rencontre et de partage d’n esprit commun, des lieux de fraternité effective, surtout lorsqu’un confrère ou une consœur traverse une difficulté. Et nous aimons nous tourner vers nos saints patrons : eux ont suivi le Christ, ils ont donné leur vie, ils se sont faits serviteurs … saint Victorien, patron des commerçants, sainte Geneviève, patronne des gendarmes, saint Fiacre, patron des jardiniers, saint Eloi, patron des agriculteurs… et tant d’autres… Nous trouvons en eux, dans leur exemple, des chemins de vérité pour notre vie en société. Ils ont fait des choses simples avec beaucoup d’amour. Voilà la recette. Rien ne sert de faire de grandes choses et d’être en première place avec trop peu d’amour et un orgueil démesuré qui écrase et qui domine. « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé ». « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie pour la multitude ». Le Seigneur nous invite très clairement à emprunter cette voie de l’humilité, de la pauvreté, de la discrétion… dans la vérité et la liberté.

A nous d’inviter ceux qui sont à la dernière place, les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles, les migrants… A nous de les mettre à la première place.

A nous d’aller sur les places chercher ceux qui sont perdus, égarés, désorientés, abandonnés.

A nous de refuser la violence qui tue, la calomnie qui détruit, la méchanceté qui divise.

A nous de dire notre attachement au respect de la vie, de la conception jusqu’au dernier souffle, quand la société se croit autorisée à y porter atteinte, surtout chez les plus fragiles.

A nous de dénoncer la prétention idéologique d’une procréation sans sexualité d’un enfant à qui on voudrait faire croire qu’il a 2 mamans. N’a-t-il pas droit à un papa, ce petit ?

A nous d’être témoins comme nos saints patrons. Témoins de la foi, de la charité, de l’espérance. Témoins de la vérité et de la fraternité.

Dans l’Eucharistie, nous puisons la force de Dieu et la puissance de sa grâce. Dans ce petit morceau de pain de rien du tout, nous recevons ce qu’il y a de plus grand et de plus saint : la vie éternelle de Dieu.

Que le Seigneur lui-même nous apprenne à prendre la dernière place. Laissons-nous guider plus haut pour prendre notre place « dans l’immense cortège de tous les saints ». Amen.

Amen.





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