«Mineurs migrants, vulnérables et sans voix», c’est le thème de la Journée mondiale du migrant et du réfugié qui aura lieu le 15 janvier prochain. A cette occasion, le Pape François a publié un message ce jeudi 13 octobre 2016, insistant sur la nécessité de prendre soin des migrants mineurs, en particulier ceux qui sont seuls, car ces enfants sont «sans-défense».

«Sans défense» parce que mineurs et étrangers, les enfants sont ceux qui payent en premier lieu «le prix élevé de l’immigration» souligne le Pape François. Une immigration presque toujours «provoquée par la violence, la misère et par les conditions environnementales» , précise le Saint-Père, ajoutant qu’il s’agit d’hommes et femmes contraints d’abandonner leurs maisons pour trouver la paix et la sécurité.

Il faut donc être attentif à la situation des mineurs, car «l’âge de l’enfance à des exigences uniques et inaliénables». Le Pape cite le droit à un environnement familial sain et protégé, le droit et devoir de recevoir une éducation adéquate, «en somme le droit d’etre enfant». Sauf que parmi les migrants, les mineurs sont le groupe le plus vulnérable alerte François. «Ils sont invisible et sans-voix, la précarité les prive de document, en les cachant aux yeux du monde. Les migrants mineurs échouent facilement aux plus bas niveaux de la dégradation humaine» explique le Souverain pontife dans ce message.

«Comment affronter cette réalité ?» demande alors François. D’abord en prenant conscience que ce phénomène «n’est pas étranger à l’histoire du salut», c’est «un signe des temps qui parle de l’œuvre providentielle de Dieu dans l’histoire».  L’Église encourage à reconnaitre le dessein de Dieu dans ce phénomène, «sans sous-estimer les difficultés liées à l’accueil des personnes» souligne le Saint-Père.

Comment affronter cette réalité, c’est aussi devoir viser «la protection, l’intégration et les solutions durables» explique François. La protection contre les abus sexuels, physique ou moraux, car les facteurs qui causent la vulnérabilité chez les mineurs sont nombreux : le manque de moyens, le bas niveau d’alphabétisation, l’ignorance des lois et de la culture du pays hôte.  Il est donc nécessaire souligne le Pape que «les migrants, pour le bien-même de leurs enfants, collaborent toujours plus étroitement avec les communautés qui les accueillent».

Et puis, il faut travailler pour l’intégration des enfants et des adolescents migrants. Dénonçant des politiques qui cherchent uniquement à empêcher leur entrée ou leur renvoi dans leur pays d’origine, le Saint-Père évoque aussi la situation dans les centres de détention. «Le droit des Etats à gérer les flux migratoires doit se conjuguer avec le droit de résoudre la situation des migrants mineurs» indique t-il.

«J’adresse à tous un appel pressant pour qu’on cherche et qu’on adopte des solutions durables» conclut le Pape François. La question doit être traitée à la racine, souligne-t-il, il faut donc «l’engagement de la communauté internationale toute entière à enrayer les conflits et les violences». «Une vision clairvoyante s’impose, capable de prévoir des programmes adéquats pour les régions affectés par de graves injustices» selon le Saint-Père. (XS-SB)

Sarah Bakaloglou – 2016-10-13 Radio Vatican